La seconde, trouvée dans les environs de Genève, est re
marqoablement jolie. L'individu, femelle, est, en dessus, d'un gris cendré très-clair avec de petites bandes transverses irrégulières et entièrement noires. Une large bande, noire et par- &dtement franche, occupe, depuis la poitrine, toutes les faces inférieures, à Texception seulement des bords des gastrostèges à droite et à gauche. La gorge, le cou, une partie de la poitrine et le bas des flancs sont d'un gris rosé qui tranche agréablement, sur les côtes, avec le noir du ventre.
Ce sujet, qui m'a frappé d'emblée par l'étroitesse de sa tâte, et qui pourrait être appelé var. paUida \ rappelle assez la CoraneHa Girondka de Daudin. Il s'en rapproche, non-seulement par le nombre élevé de ses gastrotèges (183) et la présence de 8 suslabiales d'un côté, mais encore par sa livrée claire en dessus et par la disposition des taches dorsales réunies en bandes transversea; toutefois, il ne compte que 19 squames sur une ligne oblique au milieu du corps, au lieu de 21, et ne présente, également, que 2 temporales au lieu de 3.
(Var. palIidsÇ)
Longnear totale 0",530— 0»,670 à 0",600 à 0»,660
» de la téta (au bout des pariétales). 0,011 0,014 0,015 > de la tète (à rangle des mâchoires). 0,014 0,016 0,018 » delaqueoe 0,088 0,103 0,140
Diamètre yertical (au milieu du tronc). 0,012 0,012 0,012
Cette espèce habite principalement l'Europe moyenne et méridionale ; toutefois, on la rencontre aussi çà et là jusque dans le nord de l'AUemagne et en Danemark. Elle se trouve presque partout en Suisse, au nord comme au sud des Alpes, et jusqu'à 1900 mètres d'élévation dans nos montagnes; c'est, dans notre pays, le Serpent le plus commun, après la Couleuvre à collier.
L'on peut voir quelquefois la Coronelle lisse dans des localités humides ; cependant, eUe préfère les lieux secs et arides, dans les champs, les broussailles et les rocailles. Souvent on la rencontre, traversant la poussière des chemins, à la chasse des Lé-
^ Cette Tarièté possède un faciès si particulier, que j'eus peut-être été porté à en faire une espèce, si j 'avais eu entre les mains plusieurs exemsemblables.
18t PAUNB DES YERTÊBRÊS.
zards et des Orvets, qui constituent sa principale nourriture et qu'elle tue en les étreignant entre ses replis musculeux. Elle avale quelquefois des Insectes ; par contre, elle prend beaucoup plus rarement de petits Mammifères, à cause de l'extension trop faible de sa cavité buccale qui limite forcément le volume de ses proies. Elle est ovo-vivipare et fait annuellement de 10 à 12 petits. Ceux-ci, qui se développent dans Tœuf avant la ponte, sortent quelquefois libres du ventre de leur mère, ou, plus souvent, déchirent la coquiUe qui les retient peu après avoir été mis au monde. Parents et enfants se retirent, en arrière-automne, dans des galeries souterraines, pour reparaître d'assez bonne heure au printemps.
Malgré sa taUle peu respectable, notre Coronelle est assez belliqueuse et mord, souvent avec rage, la main qui veut la saisir. Toutefois, Tégratignure imperceptible qu'elle peut faire est tout à fait sans conséquence, et il est grand dommage que la livrée brunâtre et maculée de cette gracieuse espèce la fasse constamment tuer comme Serpent venimeux par tous les habitants de nos campagnes.
Famille HL DIACRANTÉRIDÉS
DIACRANTERID.E
Les repn'sentants de cette troisième famille se distinguent de ceux de la précédente, en ce que leurs dernières dents susmaxillaires, lisses comme toutes les autres et toujours les plus grandes, sont constamment séparées des précédentes par un intervalle ou espace libre bien évident.
Cette famille renferme encore, comme celle des Syncrantéridés, des Serpents exclusivement terrestres, des
Serpents arboricoles et des espèces de préférence aquatiques que l'on pourrait, au besoin, séparer dans différentes tribus, d'après les formes de la tête et du museau, et selon la position variable des yeux, ainsi que suivant les diverses proportions du corps «t de la queue, et l'apparence des écailles.
Sur les dix genres qui ont été groupés, par Duméril et Bibron, dans les Diacrantéridés, grâce à leur dentition semblable, deux seulement figurent en Europe; un seul, celui des ZameniSj se trouve en Suisse ; l'autre est représenté par le Periops Mppocrepis (Wagler) , en Italie et en Espagne.
Genre ZAMÉNIS
ZAMENIS, Wagler
Dents susnmxïttaires postérieures plus grandes que les cndres et séparées des précédentes par un intervalle constaM^. Tête obUmgue, épaisse y aplatie en dessus et peu élargie en arrière. Chu piutôt étroit et distinct. Neuf plaques suscé^ phaliques lisses ; les surcUiaires surplombantes. Bouche assez fendue^ suivant une ligne légèrement incurvée. Yeux latéraux j à pupille ronde. Narines latérales. Tronc élancé^ allongé et subcylindrique. Écailles hsangiques et dépourvues de carènes. Queue longue, très-effilée et d'u/n diamètre à fanus un peu plus petit que cdui du tronc.
* Ainsi que je l'ai dit plas haat, le genre Zatneim rentre, ponr Gflnther et pour Jan, avec les Elaphis et quelques autres, dans leurs famiUes des (Johibrida.
i 84 PAUNE DES VERTÉBRÉS.
Des dents I toutes également lisses et recourbées en arrière, sont distribuées sur les deux mâchoires, les palatins et les ptérygoldiens ; les deux ou trois crochets susmaxillaires postérieurs, de beaucoup les plus grands, sont constamment séparés des précédents par un espace libre.
La tête est oblongue, assez haute, et, quoique peu renflée en arrière, toujours assez distincte du cou, par le fait de la forme étroite et un peu comprimée de celui-ci. La face supérieure est presque plate, et en majeure partie recouverte par neuf plaques assez lisses, parmi lesquelles les surciliaires se distinguent par la manière dont elles surplombent ou avancent au-dessus de l'œil.
Le maxillaire inférieur est de longeur moyenne et la bouche généralement assez fendue, suivant une ligne un peu relevée en arrière et en haut.
Le museau est subconique et la rostrale plus ou moins Baillante; les narines sont latérales fVoy- PI* U, fig. 20).
Les yeux sont sur les côtés presque verticaux de la tète, plutôt grands et à pupille arrondie.
Le tronc est élancé, allongé et subcylindrique. • Les écailles sont losangiques ou rhomboïdales, plus ou moins allongées, toujours lisses et arrondies à l'extrémité (Voy. PL II, fig. 19); leur nombre varie, sur une ligne transverse au milieu du corps, de 19 à 21, avec les espèces.
Les gastrostèges sont larges et assez brusquement relevées sur le bas des flancs.
La plaque préanale est divisée ou semi-divisée.
La queue est loqgue, très-effilée et, à Tanus, d'un diamètre généralement un peu plus faible que celui du tronc.
Les nrostèges sont doubles.
Les divers représentants de ce genre habitent l'Europe
OPHIDIENS. i8!(
méridionale et orientale, le nord de l'Afrique et quelques parties de l'Asie. Quoiqu'on les voie çà et là dans les lieux humides, ils préfèrent cependant les localités sèches et arides, les rocailles et les broussailles, où ils se nourrissent indiflférenunent de petits Reptiles, de Souris ou même d'Oiseaux. Us sont très-lestes, grimpent facilement sur les arbres, et sont généralement aussi méchants qu'adroits ; ils mordent très-volontiers, quoique leur blessure soit, du reste, tout à fait inoffénsive.
Ds sont tous, semble-t-il, également ovipares.
Ce genre compte, en tout, sept espèces, parmi lesquelles trois se rencontrent en Europe, et une seulement en Suisse; il nous manque les Zamenis tràbaUs (Pallas) et Z. DaUii (Dum. et Bib.), tous deux propres aux contrées orientales de notre continent.