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* Los Ronros in-^rritî» stir ro tabbau sont rotix qui fitiTiront on Enropo, dans los tribus soulomont dont la SuisK<» possrdo qtioiqno.s niombros. Pour romjib'tor la li^to ouro|MH'nno, il faudrait ajoutor : au nonibro dos Cbrlonions, lo pi-nro Tr>(u(h, dans la faniiJb* di*s Tk»tii»ijfii».i: et los tronros Sjflutrffvi ot Chclnnin dans Ofllo drs CiiKi.oMo.f. ; parmi los Saurions, U*îJ VlahjdacUjluSy llrmidaitt/twi, PhifWni<irti/IuH^ SUwtfhutifUts et ShVio^ dans Iadi\isi<>n dos pA(iiYnu»NM, ot lo t'onro (liamthn, dans los Si'km»on<»(.i.4.shi; aiuM qiio los r>^imnuHlwmwi^ AcanthndociifhiA ot Er*minA dans los Piiintii»%ci>li.n\ dos IiArKiMio.«, ot los JWiuUtpwt ot AMphish<nia, dans los ZoNtm^t Rin.K ot los (ÎDOTopKiiMiit^. Kntin, au nombro d(*s ^ouroi d*Ophidions ouroiM-ons. tl fatulrait onroro insrriro: b» jronro Tt/phhpH dans la division dos Sii:v>si<iifi, ot colui do.s Knjx^ dans la faniillo d^s Piroi*miiiim: ; ainsi quo los TarlHiphis et les (jmhpcîtùiy parmi lob (fLiriU'iHixiA, ot lo TrigmiOirphiltts^ dan*» les Cb<>taud.c.
GHÉLONIENS. 27
Ordre L CHELONIENS
CHELONII
Les Chéloniens, généralement connus sons le nom de Tortues, ont un corps court, plus large que haut et plus ou moins enveloppé d'une carapace et d'un plastron formés aux dépens des vertèbres, des côtes et du sternum. Us n'ont pas de dents, et sont tous pourvus de quatre pattes. Le cou et les membres sont souvent rétractiles ; les narines sont simples ; les yeux sont munis de paupières.
Les Tortues s'accouplent, d'ordinaire, une fois par an, et pondent des œufs à coque dure et résistante. Les petits ne subissent aucune métamorphose.
Nous distinguerons d'emblée, avec la majorité des zoologistes, quatre familles dans cet ordre : les Tortues terrestres ou CïiERSiTES J€studinidœ{Testiiclo, Cinyxis^ etc.); les Tortues paludines, Elodites ou Emydes, Emydce {CistudOj EmySj Chelj/dra, etc.); les Tortues fluviales ou POTAMITES Trionychidœ {Trionyx^ Cryptopus^ etc.); enfin, les Tortues marines ou Thalassites Clielonklœ {Chelonia, SphargiSj etc.).
Les divers représentants de ces familles possèdent,
* N'abordant ici les Giéloniens qu'à propos d'une seule espèce qui n'appartient pas même avec certitude à notre faune actuelle, je traiterai, naturellement, d'une manière beaucoup plus succincte de ce premier ordre de nos Reptiles que des suivants.
S8 FAUNE DES TBRTÊBBÊS.
comme leurs noms l'indiqaent, des modes d'existence bien différents; aussi remarque-lH)n, dans leur taille et dans leurs formes y des dissemblances très-notables. Toutefois, les Chéloniens, qui abondaient sur notre sol, durant les époques antérieures, sont maintenant trop mal représentés dans notre pays pour que je croie opportun d'entrer ici dans beaucoup de détails à leur égard ^ Je me contenterai donc de fitire observer que les membres offrent d'importantes modifications dans leur structure, suivant qu'ils sont destinés à servir de pieds ou de nageoires. Passant des espèces exclusivement terrestres aux Tortues vraiment marines, l'on voit, en effet, les extrémités formées, chez les premières, en moignons munis de sabots, se développer petit à petit, avec un genre de vie de plus en plus aquatique, d'abord en pattes pourvues de doigts et de palmures, puis en véritables nageoires ou palettes aplaties plus ou moins grandes. De même, l'on trouve des formes différentes et généralement parallèles, soit de la tète, du cou et de la queue, soit surtout de la carapace et du plastron.
L'Europe compte, sur ses côtes et dans divers pays, quelques Tortues terrestres, paludines et marines réparties dans cinq genres: les Testudo grœca (Linné), T. marginata (Schœpf.)y T. Màuritanica (Duméril), Cisludo Europœa
^ La Suisse a en effet compté, durant l'époque tertiaire, bien des espèces dans les quatre famiUes des Chéloniens : des Tortues, des Émydes, des Cistudes, des Chélydres, des Trionyz, des Trachyaspis, des Platychelis, des Chélonées, etc. Au nombre des ouvrages qui traitent de nos espèces perdues, U suffira, je pense, de citer ici : la Manogrt^hie des CMlomens de la moUasm mdtae, par F.-J. Pictet et A. Humbert, 1656 ; le Mémoire dn ly Biedermann, Dk SchUdkrôten Winterthur$, 1862, et les tra- Taux du prof. L. Ratimeyer, Die foêtUen SchUdkrôiem ton Sdhthmn^ 1867, etc.
(Schneider), Emys Gaspica (Schweîg.), E. Sigriz (Dum.), Sphirgis coriacea (Rondel.), Chdonia Caoucma (Schweig.), G. imbricata (Schweig.) et O. Midas (Schweig.).
La Oistudo Enropœa^ de la famille des Paludines, est la seule, parmi ces Tortues, qui doive nous arrêter ici quelques instants ' ; encore est-il bien difficile d'affirmer qu'elle soit autochthone dans notre pays. Je n'ai pas l'intention de mettre cette espèce sur le même pied que celles d'autres ordres qui nous appartiennent incontestablement ; cependant, avant de rapporter les quelques trouvailles venues à ma connaissance, je pense qu'il sera bon de bien &ire connaître cette Cistude, en la décrivant suffisamment et en relevant les principaux caractères des subdivisions de la famille à laquelle elle se rattache ' .
^ J'ijoaterai, cependant, que diverses espèces ont été importées dans notre pays, soit d'Europe, soit des autres continents. Ces Tortues captives s'étant souvent échappées, ont parfois fourni matière à des commentaires que je crois inutile de rapporter ici. Parmi celles-ci je dois signaler la Testudo graca^ du midi de la France, de Grèce et d'Italie, comme étant le plus volontiers élevée par nos amateurs, et comme ayant été, à maintes reprises, rencontrée évadée et libre dans les jardins ou les campagnes. Cette espèce orientale et méridionale appartient à la famille des Chersites ; elle est exclusivement terrestre, et n'a rien de commun avec notre Oistudo Europaa, Ses pattes en moignons, ainsi que la forme très-relevée de sa carapace, suffisent à la faire de suite distinguer de la Paludine qui seule a quelques chances de pouvoir nous appartenir.
* Bien des auteurs se sont occupés, à divers points de vue, de l'ordre des Chéloniens ; je n'en citerai que quelques-uns : Schnsidbb, ÂUgemeine Naturgeschichte der Schildkrôten, nebst einem systematischen Yerzeichnisse der einzelnen Arten, 1783. Bojanus, Anaiome Tesiudinis ewropœœ, Yilnœ, 1819. Bkli. Th., Characters of the order, families, and gênera of the Testudinata, 1827.Waoler Joh., Natûrliches System der Amphibien, 1880. BoKAPABTB, Tesitidinarum gênera, 1830; Amphibia eurqpœa, etc., 1839. FrrznrosB, Entwurf einer syst. Anordnung der Schildkrôten, 1835. Dn- MÉBiL et BiBBOH, Erpétologio générale, vol. n. 1835. Rathkb, H. IJeber die Entwicklung der Schildkrôten, 1848. Gbat J.-E., Catalogue of Schield Reptiles in the coUection of the British Muséum 1855, etc., etc.
FamîUe des PALUDINES ou ÉM YDES
EMYD.E
Les Émydes ont les doigts mobiles, distincts ou réunis par des membranes natatoires plus ou moins développées. Les m&choires sont, chez elles, dépourvues de lèvres charnues et simplement recouvertes d'une substance cornée. Le cou et les membres possèdent une rétractilité variable et sont, par exemple, chez bien des espèces, susceptibles de se retirer entièrement entre la carapace et le plastron, largement séparés à cet effet, en avant et en arrière. Les doigts, en général au nombre de cinq à chaque patte, portent des ongles acérés, d'ordinaire 5 devant et 4 derrière, rarement 5 ou 4 partout. La carapace, peu élevée, présente une voûte fort surbaissée et une forme à peu près ovale; elle est à peine bosselée, mais montre souvent, sur la ligne médiane, une carène plus ou moins prononcée; le disque est formé généralement de 13 plaques; le bord marginal, légèrement incliné et faiblement relevé audessus du cou et dos membres, compte de 23 à 25 pièces distinctes. Le plastron est ovale, comme la carai)acc, et nest jamais plus long que celle-ci; ces deux parties de Tarmure sont solidement attachées Tune à lautre dans le plus grand nombre des genres, mais consenent, par con-
* Élodîtes de Daméril et Bibron.
GHELONIENS. 31
tre, une certaine mobilité chez quelques-uns, chez les Cistudes en particulier. Le plastron, presque plane, est composé, suivant les espèces, de 8 à 13 plaques. Les membres antérieurs et postérieurs sont à peu près égaux et légèrement déprimés ; les écailles qui les recouvrent sont petites , plates et assez généralement imbriquées. La queue, enfin, présente des proportions très-variables, et, sauf chez quelques genres exotiques, ne porte pas l'étui terminal corné qui se voit chez beaucoup d'autres Tortues.
Les Émydes sont d'une taille moyenne ou petite. Elles vivent indifféremment sur le bord des rivières, dans les eaux des marais ou dans les prairies humides. Leur nourriture est presque exclusivement animale. Elles pondent leurs œufs dans des trous qu'elles pratiquent dans le sol.
Cette nombreuse famille , qui possède des représentants sur les divers continents, a été divisée, par Duméril et Bibron, en deux tribus : les Oryptoderina et les Heuroderina ; la première seule figure en Suisse et en Europe.
Tribu des CRYPTODÈRES
CRYPTODERINA
La tête des Émydes cryptodères est épaisse, de forme à peu près conique et susceptible de rentrer, entre les pattes, sous la carapace. Cette rétractilité tient à ce que le cou est lisse et cylindrique, et que la peau nue qui le recouvre peut se replier sur elle-même par suite de son dé&ttt d'attaches aux muscles. Les yeux sont toujours
Zt FAUNE DES VERTÊBBÊS.
grands et latéranx. Les mâchoires sont fortes, tranchantes et souvent munies d'an bec supérieur analogue à celui des Oiseaux de proie. Les pattes sont plus ou moins palmées. A très-peu d'exceptions près, les Cryptodères comptent 25 plaques marginales au limbe de la carapace; quelques espèces seulement manquent d'axillaires et d'inguinales. Enfin, un caractère plus profond se trouve encore dans le fait que le bassin des représentants de cette tribu est articulé en arrière avec la carapace et libre en avant du côté du plastron ; tandis qu'il est solidement soudé à ces parties chez les Émydes de l'autre groupe.
Au nombre des sept genres qui rentrent dans cette tribu, deux seulement sont représentés, en Europe, par les trois espèces citées plus haut : VEmys Caspica de Grèce et de Dalmatie, VEmys Sigritz d'Espagne et la Cistudo Eiirqpœa qui va nous occuper.
Genre GISTUDE
CISTUDO, Gray
Bouclier forme de 13 plaques; bord marginal comptant 25 ('Cailles. Plastron large et ovale, garni de 12 plaques, et mobile, en avant comme en arrière, sur une charnière moyenne. 5 ongles devant et 4 derrière. Cou lisse. Tête subconique, apHaiie en dessus et sans véritables plaques écailleuses. Yeux grands et latéraux. Menton d/pourvu de barbillons.
Comme nous l'avons dit, le cou des espèces de la tribu est lisse et rétractile, et la tète, épaisse et subconique, est
GHÉLONIBNS. 33
pourvae d'yenx grands et latéranx; ajoutons que, dans ce genre, le menton est dépourvu de barbiUons et que la mâchoire supérieure est presque droite. — Les pattes antérieures portent 5 ongles, les postérieures 4 seulement. — Le plastron, large, ovale et formé de 12 plaques, est attaché à la carapace, ou bouclier, par un cartilage qui lui laisse une certaine mobilité en avant et en arrière. — Le bouclier, composé de 13 plaques, n'est jamais bien relevé, quoique plus ou moins bombé; le limbe, ou bord marginal, compte 25 pièces distinctes. — La queue, variable en dimensions, est recouverte par de petites écailles.
Les espèces de ce genre ont été réparties par Duméril et Bibron dans deux sous-genres différents, les Baillantes (Mantes) et les Clausiles (CZaitôi/es), suivant la présence ou l'absence des plaques axiUaires et inguinales. La carapace et le plastron demeurent, chez les premières, continuellement séparés, sur la partie moyenne de leur bord, par l'interposition de ces plaques ; tandis que ces deux parties de l'armure peuvent, au contraire, se rapprocher l'une de l'autre, suivant la volonté de l'animal, chez les secondes. Notre Cistude appartient au premier de ces sous-genres, aux Cistudes dites Baillantes.
Sous-genre des BAILLANTES
HiANTEs, Dum. et Bib.
Le bouclier est de forme ovalaire plus ou moins arrondie, peu relevé et à peine plus long que le plastron. — Le plastron, presque plat, est large et ovale, quoique tronqué en avant et un peu échancré en arrière. — Des plaques axillaires et inguinales.
34 FAUNE DES TBRTÊBIIÉS.
LA CISTUDE EUROPÉENNE * Die EUE0PJCI8CHE Teicuschildkrœte
CiBTUPO EtTBOFiBA, Schneid.
Baudier avale et surbaisse, noirâtre au brutiâtre avec des lignes rayonnantes jaunes. Plastron large et presque aussi long que la carapace^ jaunâtre^ plus ou nwins marqué de stries ou de taches rougeâtres ou noirâtres. Tête et membres noirâtres ou brunâtres avec des macules jaunes. Tête et cou, depuis le limbe, mesurafU légèrement pius que la moitié de la carapace. Queue égalattt à peu près la moitié de la longueur du plastron. Longueur totale trèsvariable: Adulte = 240 à 340^.
Testudo lutajua, BonM, Hist. Aquat. lib. Amph. II, p. 239.
» AQUiE DU LOI s sEU LiTARU, Jonstofi, Hîst. Nat. de Quad. p. 146.
» ORBiciLARis, Linné, Syst. Nat. I, p. 351.
» Ei'ROPiCA, Schneider, Schildkr. p. 3i3.
» FLAVA, Lacep. Quad. ov. I, p. 35.
» ROTUNDA, Latr, Rept. I, p. 107.
» PUNCTATA, Gottw, Schildkr. tab. K, fig. 13.
> MELEAORis, ShauK Nat. Mise. IV, p. 144.
> PULCiin.LA, Schœpff. p. 113, tab. 26, juv. Emys lutaru, Merr, Sm. Amph. p. 34, sp. 14.
» EuROPiiiA, Schwcigg, Prodr. Testud in Koenî^b. Arch. I, p. 305.
' Cette CîBtade est souvent connue sous le nom de Ibriue bourbeuse. Je ne dois pas négliger de dire en passant que, si, fidèle à mes principes, j'ai bien pa décrire Tespèce sur des individus provenant du pays, gr&ce à Pamabilité avec laquelle plusieurs échantillons m'ont été communiqués, je n'ai pourtant pu, ni l'étudier de rûru, sous tous ses aspects, ni la suivre moi-même, comme je l'ai fait pour nos autres Reptiles, dans toutes ses habitudes et dans tout son genre de vie, à cause de la rareté de ses apparitions. Ce sont ces diverses considérations qui, jointes à mes doutes ior son autochthonéité, en Suisse, m'ont engagé à ne donner aucun numéro d'ordre à cette première espèce et à suivre, dans sa description, un arrangement particulier, ainsi que je l'ai déjà fait pour mes Mammifères douteux et afin de la distinguer d'emblée des autres Reptiles décrits dans cê Tolome.
EkiTS PULCHELLA, Merv. Syst. Amph. p. 25. Tebbapent: EunoPiGA, Bell, Zool. Journ. II, p. 299. CiSTUDO EuROPiEà., Gray, Synops. Rept. p. 19.
Boudier composé de 13 plaques, 5 vertébrales sur la ligne dorsale et 4 costales de chaque côté ; cette partie supérieure de la boite, de forme ovale quoique plus ou moins arrondie et un peu plus large au niveau des membres postérieurs que près des antérieurs. Le profil longitudinal faiblement relevé ; le profil transverse on peu plus bombé. Une légère carène médiane parcourant le sommet de la carapace, plus saillante en arrière et généralement plus accentuée chez les jeunes que chez les adultes. La première plaque vertébrale grande et pentagone; les trois suivantes hexagones ou légèrement octogones ; la dernière, la plus petite, hexagone ou octogone suivant que ses bords postérieurs sont plus ou moins rectilignes. Les plaques latérales, ou costales, avec un bord inférieur arrondi ; la première à quatre côtés ; les deux suivantes à cmq côtés ; la dernière, la plus petite, affectant à peu près la forme d'un carré à angles émoussés. Toutes ces plaques présentant des stries concentriques et comme des ondes formant, en arrière de leur centre, une copie de leur contour d'autant mieux dessinée que Tindividu est plus jeune.
Lifnbe, ou bord marginal, étroit, non dentelé, échancré vers la queue, légèrement relevé au niveau des membres, et d'une inclinaison un peu variable, quoique généralement à peu près semblable à celle du bouclier. Sur 25 écailles composant le pourtour, d'abord une antérieure impaire, la plus petite et en forme de carré long, puis 12 paires, dont la plus grande au niveau des pattes, et toutes également à quatre côtés.
Plastron de forme ovalaire allongée, tronqué en avant et échancré en arrière ; très-légèrement plus court que la carapace et un peu élargi, comme elle, au niveau des membres postérieurs ; offrant une surface aplatie, quoique faiblement creusée au centre et un peu relevée aux deux bouts. Cette partie inférieure de l'armure composée de 6 pahres de plaques ; celles de la paire antérieure, dites gulaires, les plus petites et triangulaires ; celles de la seconde paire, soit brachiales, à quatre côtés, dont le médian de beaucoup le plus court ; celles des deux paires suivantes, éga-
S6 FAUNE DBS VERTÉBRÉS.
lement à quatre cdtés, allongées dans le sens transversal et à peu près égales, si ce n'est que les antérieures, soit de la troisième paire ou pectorales, ont leur bord le plus petit vers le centre, tandis que les suivantes, de la quatrième paire ou abdominales, ont, au contraire, ce c6té plus court vers le bord externe. Les plaques de la cinquième paire, dites fémorales, les plus grandes, à quatre côtés dont le plus petit tourné contre le centre et assez semblables aux brachiales. La dernière paire, ou les plaques anales, en forme de losange, leurs deux bords marginaux arrondis et plus courts que les autres. Toutes ces plaques marquées d'ondes et de stries répétant leur forme vers Tangle externe inférieur et, à ce qu'il m'a paru, beaucoup moins accentuées chez les jeunes que chez les adultes.
Tête subconique, épaisse, aplatie en dessus, lisse et sans plaques écailleuses, mais présentant de faibles traces linéaires. Mâchoires faiblement curvilignes, tranchantes et sans dentelures. Œil brun, latéral et très-grand, d'un diamètre vertical à peu près égal à la moitié de la hauteur de la tête à cet endroit.
Coté allongé et cylindrique ; la peau, sur cette partie, libre, sans écailles, semée seulement de tubercules ou granulations et capable de recouvrir entièrement la tête dans le mouvement de rétraction. Le cou et la tête, depuis la carapace, mesurant environ la' moitié de cette dernière.
Pattes légèrement déprimées, en partie recouvertes de petites écailles imbriquées et pourvues de membranes interdigitales également écailleuses. Cinq ongles acérés et un peu crochus devant, quatre derrière. Le pied antérieur arrondi en dessous et plus court que le postérieur; ce dernier, avec les ongles, à peu près égal au tibia.
Qtictie allongée, arrondie, pointue et couverte d'écaillés aplaties disposées en verticilles; mesurant, depuis l'anus, environ la moitié du plastron, ou à peu près égale à la largeur de celuici au niveau postérieur des brachiales. Ce membre d'ordinaire un peu plus épais chez le mAle que chez la femelle.
Faces suj)érieures de la carapace d'un noir brunfttre ou verdfltre plus ou moins foncé, ou d'un brun rougefttre, avec de petite points et des lignes rayonnantes jaunes. Pattes, queue, tête et cou noirs, noirfttres ou bruns et semés de points jaunes.
Faces imférieuires: le plastron jaune avec des stries rougefttres, ou gris-jaunàtre et taché de brun ou brunfttre. Les côtés de la tête, les mâchoires, la gorge et le dessous du cou maculés de jaune, comme en dessus ; mais d^une teinte générale plus claire, ou plus grisfttre.
hesJeuÊ^es conservent, jusqu'à un certain ftge, des défauts d'ossincation sur les côtés du bouclier et sur le centre du plastron; ils offrent également, souvent, comme nous Pavons dit, des stries plus franches sur la carapace, et par contre des ondes beaucoup moins accentuées sur le plastron. Les plaques vertébrales sont relativement plus grandes chez eux, la carène médiane est plus saillante et la queue est souvent comparativement plus longue et plus grêle. Enfin, ils sont généralement plus sombres aux foces supérieures et plus mâchurés aux inférieures.
Cette espèce varie passablement avec Page et les conditions d^existence, soit dans les formes de la carapace plus ou moins circukdre ou aUongée, soit dans la taille et les diverses proportions, soit encore dans la coloration. L'on trouve, quelquefois, des exemplaires très-clairs et presque entièrement jaunâtres en dessus, tandis qu'il y en a d'autres qui sont d'un brun verdfttre presque noir.
La Cistude européenne peut atteindre, dans de bonnes conditions, jusqu'à 34 centimètres de longueur totale; toutefois, le plus grand individu trouvé en Suisse que j'aie pu examiner ne dépassait guère la longueur totale maximum de 23 centimètres.
Voici d'abord le relevé de quelques dimensions de cette Tortue, en France et en Allemagne; je donnerai ensuite les proportions des plus grands sujets de Suisse qui sont tombés entre mes mains. France *; Longueur totale =0",270. Tête, long. s=0",035 ; hauteur de la tête = 0^,020; largeur ant. de la tête = 0'',00d ; larg. post. = 0^,028. Cou, long. = 0^,055. Carapace, long, (en dessus) = 0^,170; Carap., haut, (en dessus) 0'',056; largeur (en dessus) au milieu — 0",160. Sternum, long, antér. = 0"',040; long. moy. = 0",040; long. post. = (y,060; Stem. larg. ant.= 0",034; larg. moy. = 0",090; larg. post. = 0",035. Queue, long. = 0^,070.
' Erpétologie générale de Duméril et Bibron, tome n, p. 226.
Allemagne * ; Longueur totale » 1 pied à 1 pied, 2 pouces, 2 lignes. Carapace, long. ^ 7 pouces, 2 lignes ; carap. larg. s 5 pouces, 9 lignes. Plastron, long. = 6 pouces, 9 lignes; plast. larg. = 4 pouces, 5 lignes.
Suiiêé Froa^et AUemagne
Nyon Voavry
Longueur totale 0",196 à 0»,236 — 0»,270 — 0»,34O
de la tête (à l'occîpat) 0,033 0,036
da pied postérieur (avec ongles). 0,026
de la qaeue (depuis Panns) 0,050 0,060
de la carapace 0,110 0,184
dn plastron . 0,104 0,126
Liargear mATîmnm de la carapace (aux
membres postérieurs) 0,089 0,104
» du plastron (milieu des abdom.) 0,063 0,078
Hauteur m^^mnm 0,044 0,050
' La Cistude européenne habite, depuis le midi de la France, ritalie et la Grèce, jusque dans certaines parties de T Allemagne, et même de la Russie. EUe se tient de préférence dans les marais et les ruisseaux, nageant et plongeant avec beaucoup d'adresse, et se nourrissant également de Vers, d'Insectes, de Mollusques ou de petits Poissons. Cette Tortue passe la plus grande partie de la journée dans Teau, et se retire sur terre à la tombée de la nuit. En automne, en octobre ou novembre, elle s'enfouit dans la vase pour ne reparaître qu'au printemps suivant, généralement en avril. Peu après son réveil, elle se livre à ses amours, et fait entendre alors de curieux petits sifflements. L'accouplement a lieu dans l'eau et dure quelquefois plusieurs heures. Un mois plus tard, cette espèce cache sous le terrain sec, soit en dehors de l'eau, de 6 à 10 œufs blancs (suivant quelques auteurs jusqu'à 20 ou 30), gros à peu près comme ceux des Pigeons ou des Tourterelles. La femelle creuse le sol, à cet effet, d'abord avec la queue, puis avec les pattes, et dépose son précieux fardeau dans le trou qu'elle a ainsi fait ; après cela, elle recouvre l'ouverture
* Wolf, in Deutsrhlands Fauna von Jacob Storm. III. Abth. Hcft 3. Los dimensions sont, probablement, en pieds allemands qui ne valent que 0«,2N?7.
avec le déblai qu^elle a soin d'aplanir consciencieusement à Taide de son plastron. Plusieurs naturalistes font naître les petits déjà vers la fin de juin ou dans le courant de juillet, d'autres, connue Miram, semblent plutôt croire que les jeunes n'apparaissent qu'au printemps suivant. La rareté de cette espèce dans notre pays ne m'a pas permis, jusqu'ici, de faire moi-même des observations sur ce point particulier. La croissance des Tortues est, en tout cas, fort lente, et leur vie de très-longue durée.
La question de savoir si cette espèce est réeUement indigène en Suisse a été souvent débattue et demeure encore sans solution. Si l'on aborde le sujet sans idées préconçues, l'on doit, en effet, reconnaître et du pour et du contre. D'un côté, quelques citations anciennes portent à croire que cette Paludine était abondante dans certaines parties de notre pays, il y a deux siècles environ; d'un autre côté, la rareté actuelle de cette espèce et le peu d'extension qu'elle acquiert en Suisse semblent démontrer qu'elle n'y trouve pas, en réalité, des conditions d'existence bien favorables.
Souvent des Cistudes européennes ont été apportées dans notre pays, de contrées étrangères, et relâchées ou égarées sur divers points de notre sol, et souvent aussi des individus de cette espèce ont été capturés, sans que l'on pût toujours décider d'une manière certaine, s'ils devaient être considérés comme des captifs évadés. A chaque nouvelle découverte, la question se présente de nouveau ; les uns veulent reconnaître dans l'animal trouvé une Gistude qui s'est échappée dans les environs, quelque temps auparavant, les autres nient, au contraire, tout rapprochement, les Tortues, à les entendre, n'étant pas rares dans la localité. Le fait est qu'il est bien difficile, dans la majorité des cas, de se prononcer dans un sens ou dans l'autre.
n me semble donc, qu'avant d'émettre une opinion, je dois d'abord citer les faits tels qu'ils sont arrivés à ma connaissance, et autant que possible par ordre chronologique ^
^ Je prie les quelques personnes qui ont bien voulu me fournir des renseignements^Isur ce si^jet, d'agréer ici l'expression de ma gratitude.
40 FAUNE DBS VERTÉBRÉS.
Schinz, dans sa Fauna Hdvetica, p. 134, rapporte, en 1837, que M. F.nT. Nager, d'Urseren, loi a signalé plusieurs trouvailles de VEmys luiaria (Cisi, Eurapœa) dans la vallée de la Reuss, sans que Ton eût aucune preuve que ces Tortues eussent été importées ^
M. Chenaux, curé à Vuadens, dans une lettre de novembre 1868, raconte à M. Roux qu'une Tortue bourbeuse a été trouvée, il y a 20 à 30 ans, aux marais de Bouleyres, canton de Fribourg, dans une forêt située à une demi-Ueue au sud-est de Bulle.
En 1844, un jeune homme recueillit, par une forte bise, au bord du quai de Nyon, une Cistude de taille moyenne ' que les vagues ramenaient sans cesse contre le mur. D la porta, à moitié assommée et toute saignante, à M. Roux, chez lequel elle ne vécut que peu d'instants.
Le professeur Schnetzler m'écrit qu'en 1857, une petite Cistude européenne fut ramassée morte près de Vevey, dans une vigne située au delà de l'église de St-Martin. Cet individu, trèsjeune encore, puisqu'il ne mesurait que six centimètres, était caché sous des feuilles et devait, suivant M. Schnetzler, avoir succombé au froid ou à la faim.
Le même correspondant me signale qu'un second échantillon, d'égale dimension, fut pris vivant sur l'omnibus qui, pour la dernière fois, faisait le service entre Vevey et {Lausanne, avant l'ouverture du chemin de fer, et qu'il vécut, pendant quatre ans, dans un bassin au jardin du collège de Vevey.
Je n'aurais certes pas parlé de cette dernière capture, si elle ne m'avait semblé devoir jeter un certain jour sur l'un des modes de propagation de l'espèce dans notre pays. En effet, quoique échappée du mouchoir d'un voyageur, cette Cistude eût bien pu, quelques jours plus tard, passer pour indigène.
Est-ce peut-être à la même époque que feu Yersin, de Morges,
^ F. de TBchadi qai a répété le dire de Schiiu, dans son Thierleben, M trompe évidemment quand il i^oute que la Tortue grecque {Testudo ffraea) a été trouvée plosiours fois à Tembouchure du Rhtae dans le lac Léman ; il entend probablement la Tortue bourbeuse {OitUêdoEnropML).
* Voir, pour les dimensions, la première colonne à gauche du tableau.
CHBLONIENS. 41
troava, ditron, une Bourbeuse près de cette ville ; n'ayant ni date ni aucun détail sur cette observation, je ne puis que Tenregistrer en passant.
U y a quelques années, en 1859 ou 1860, M. le notaire Chausson, de Noville, rapporta des marais de Vouvry, en Valais, non loin de l'embouchure du Rhône, la plus grande Cistude que j'aie vue dans le pays. Elle est maintenant conservée au Musée de Lausanne ^
En 1860 également, me dit M. Bastian, |une autre Tortue bourbeuse, de même taille à peu près que la précédente, fut trouvée par des faucheurs dans un pré humide à Lussy, près de Morges, et vécut quelque temps chez lui.
Trois années plus tard, en 1863, une petite Cistude ^ fut prise vivante dans un verger à Denantou, près Ouchy, ainsi que je Tai appris de M. Roux qui m'a fourni aussi les deux citations suivantes, en même temps qu'il me procurait la facilité d'examiner les dits échantillons.
 la fin de juillet 1864, on trouvait une autre petite Bourbeuse, à Ouchy même, le jour de la fête de la Navigation ^
Au mois de mars 1868, quelques enfants jouaient à l'embouchure du Cordon, petit ruisseau qui se jette dans le lac près de Nyon, lorsque, tout à coup, l'un d'eux poussa un cri de joie en élevant dans l'air un animal qu'il venait de sortir de l'eau. C'était une petite Tortue bourbeuse de même taille que les précédentes, que M. Roux parvint à obtenir, et qui, refusant toute nourriture, périt au bout de quelques semaines.
La même année (1868), on trouva à Vidy, près de Lausanne, quatre jeunes Cistudes dont deux, très-petites encore, sont peutêtre nées au pays. Toutefois, ajoute M. Bastian, qui me racontait le fEUt en me montrant les Tortues, un étranger qui demeurait à Vidy passait pour élever beaucoup de ces animaux, et ceux-ci lui échappaient souvent.
C'est au commencement de l'année 1869 que les trouvailles ont été les plus nombreuses.
^ Voir, pour les dimensions de cette Tortue, la seconde colonne du tableau.
* Longueur maximum de la carapace = 65'
* Longueur maximum de la carapace = 53*
Le 12 mars 1869, le Journal de Genève^ reproduisant un article de la Revue de Lausanne^ m^apprenait que sept Tortues bourbeuses, dont six mortes et une encore vivante, avaient été recueillies dernièrement sur la grève de notre lac, près de Villeneuve.
Fort intrigué par cette récolte surprenante, j'allai aux informations et appris bientdt que M. Rinsoz, restaurateur à Vevey, avait jeté au lac, peu de temps auparavant, quelques Tortues malades qui lui venaient du midi. Dans le courant de Tété, j'eus le plaisir de recevoir, par un de mes amis, un des individus ramassés à Villeneuve ; c'était un sujet jeune, de coloration sombre, avec une carapace de 8 centimètres environ et par place encore incomplètement ossifiée. Un peu plus tard, dans une visite au Musée de Lausanne, je vis encore cinq des Tortues de ViUeneuve, de taiUe à peu près semblable et conservées dans Talcool ; Tune d'elles était en tout pareille à la mienne, les autres portaient une livrée plus claire et plus tachée de jaune.
Enfin, au mois de septembre de la même année, M. Rinsoz, répondant aimablement à une lettre que je lui avais adressée à ce sujet, m'écrivait qu'en effet il avait fait jeter au lac, quelques jours avant la trouvaille de Villeneuve, douze Tortues malades provenant de Nice et d'une grosseur égale a peu près à la moitié de la main. Nulle doute, pour moi, que les sept individus trouvés à Villeneuve, presque tous morts, ne fissent partie des douze malades livrés au lac à Vevey, peu de jours auparavant. Leur taille, aussi bien que la direction des vents régnant alors, semblent suffisamment établir la connexité entre ces faits.
Peu de temps après, deux nouvelles captures dont je dois la connaissance au prof. Scbnetzler, ont été faites dans la même partie du bassin.
En effet, au printemps de ISOO, on trouva, presque simultanément, deux jeunes Cistudes ; l'une à l'embouchure de la Veveyse, l'autre à l'entrée du village de St-Légier, près d'un ruisseau qui fait marcher une scie. Toutes deux avaient l'air vivace et furent placées dans un bassin au jardin du collège de Vevey.
Ces dernières Tortues ontrelles aussi fait partie des douze de M. Rinsoz, et ne seraient-elles point des individus de cette petite troupe qui, moins malades que les autres, ont pu lutter contre
les flots et regagner plus vite la cdte? Leur taille semblable à celle des sujets trouvés à Villeneuve semble devoir appuyer cette hypothèse; toutefois, les preuves ne sont point encore suffisantes.
Pour en finir avec cette aride nomenclature des faits, il ne me reste plus à citer que deux dernières observations. L'une est consignée dans le numéro 9 de 1870 du Hameau de Sapin, par M. F. Chevalier écrivant de Neuchâtel, en date de septembre de la dite année, qu'il a trouvé récemment une petite Gistude, grande comme la main, dans une mare du bord du lac à Pembouchure du Seyon. L'autre, ne remontant pas au delà du mois de juin de cette année (1871), m'est transmise par M. E. D. qui m'apprend que l'on vient de capturer une jeune Gistude dans un ruisseau, au fond d'un petit vaUon, à Morillon près de Genève. Ge Reptile, dont la carapace mesurait trois pouces environ, semblait en parfait état, et montra, à ce qu'il parait, tant d'indocilité et tant de répugnance à la captivité que son détenteur crut devoir lui rendre la liberté. Les conditions locales semblent avoir bien convenu à ce dernier petit animal qui, maintenant libéré, deviendra, probablement bientôt, l'objet d'une nouvelle découverte.
Ajoutons maintenant à cette liste des trouvailles, pour ainsi dire récentes, les deux anciennes citations dont j'ai parlé plus haut, et nous verrons quelles conclusions probables peuvent ressortir de ce catalogue des captures signalées dans le pays.
Wagner * rapporte, en 1680, que la Tortue bourbeuse était alors abondante dans le petit lac de Weiden du canton de Zurich, et M. L. Goulon m'écrit que d'anciens actes font mention de la Bourbeuse (Cistudo Europœa) comme se rencontrant fréquemment, il y a près de deux cents ans, dans le petit lac de Loclat, près de StrBlaise, dans le canton de Neuchâtel.
Bien ne permet, jusqu'ici, de contredire ces deux citations, et je veux bien admettre que l'espèce a pu exister autrefois dans le pays, puisqu'elle prospère encore dans d'autres contrées qui
* Historia natoralis Helvetiœ curiosa, anthore Joh. Jac. Wagnero, 1680.
44 FAUNB DES TCRTÉBRÊS.
nous avoisineiit, en Allemagne et dans le nord de Tltalie ^ J'ajouterai même que son existence sur le sol suisse, i une époque bien plus reculée, est à peu près constatée par la découverte qui a été faite de la moitié antérieure d'un plastron de cette Cistude parmi les restes de la station lacustre de Mosseedorf, près Berne ^ Mais pourquoi Tespèce a-t-elle entièrement disparu des localités où elle prospérait jadis, pourquoi plus de citations nouvelles pendant près d'un siècle et demi, pourquoi, enfin, ne se trouve-t-elle plus, à deux ou trois exceptions près, que dans le bassin du Léman, où elle n'avait pas été signalée autrefois'? Ne serait-ce pas que les conditions naturelles ont petit à petit changé dans bien des lieux, avec les progrès de la ciiôlisation, et que des facilités nouvelles de transport ont permis, depuis quelques années, l'introduction, dans certaines localités, de denrées jusqu'alors peu connues?
N'avons-nous pas vu la preuve évidente de l'importation de quelques-unes des Gistudes qui furent trouvées dans le pays, et, pour la grande majorité des cas, comment expliquer le fait que ces Tortues soient, presque toujours, recueillies dans le voisinage immédiat des demeures de l'homme, dans la campagne d'un amateur de Tortues, dans un village, en pleine place publique ou même sur un omnibus.
Ce n'est pas tout : la taille des individus trouvés est généralement celle de la moyenne des jeunes Bourbeuses que l'on a jusqu'ici importées dans le pays et que l'on s'est plu, tout demiè-
^ Le prof. Pavesi m'écrit, de Lun^no, que quelques personnes élèvent cette espèce dans le canton du Tessin, mais qu'il n'a pas connaissance qu'elle y ait été jamais trouvée libre, tandis qu'elle est assez commune en Lombardie, le long de la rivière du Tessin.
* L. RAtimeyer, Untersuchung der Thierrcste aus den Pfahlbauten der Schweis, 1800, p. 18.
' Je n'ai trouvé aucune mention certaine de la Tortue bourbeuse dans notre pays entre la citation de Wagner (1630) et ceUe de Scbinz (1637). Toutefois, je ne voudrais pas affirmer qu'U n'ait été fait, depuis deux siècles environ, aucune trouvaille en dehors de celles que j'ai signalées, car il est fort possible que quelques-unes aient pu m'échapper ou passer inaperçues.
CHÉL0N1EN8. 45
rement encore, à répandre dans diverses localités K Seuls un ou deux sujets, particulièrement favorisés du sort, ont été rencontrés dans des lieux plus écartés où ils avaient acquis une taille plus forte, grftce à des circonstances plus propices.
Ici encore, je suis en droit de supposer que ces quelques Gistudes plus grandes sont peut-être seulement des Tortues qui, échappées depuis plus longtemps, ont eu le bonheur d'arriver saines et sauves dans des parages plus hospitaliers ; est-il d'ailleurs bien certain que ces sujets, mâles ou femelles, aient eu la chance de rencontrer dans ces lieux les individus qui pouvaient leur permettre de reproduire leur espèce?
Aucun fait ne prouve, jusqu'ici, la propagation libre de la Cistude européenne dans le bassin du Léman qui semble, pour le moment, le rendez-vous général de ces animaux, en Suisse.— Non-seulement la plupart des sujets capturés sont trop jeunes pour être considérés comme déjà capables de reproduction; mais encore, beaucoup d'entre eux sont ramassés si malades qu'ils périssent bientôt, témoignant par là des privations qu'ils ont dû endurer.
Nous devons cependant reconnaître que les Tortues peuvent s'accoupler bien avant d'avoir atteint la taille de l'adulte, et que la croissance très-lente de ces Reptiles peut faire penser que nos sujets majeurs ont eu plusieurs années d'existence dans le pays. Mais pourquoi, encore une fois, si les parents vivent dans les marais, les petits sont-ils, presque toujours, dans nos villages?
' Le prof. A. Chayannes a ea l'obligeance de me signaler qu'il a, ce printemps (1870), l&ché lui-même, dans un endroit marécageux et bftcheuz des bords de notre lac, près Lausanne, au lieu dit les Pierrettes, sept individus de la Oistudo Ettropaa achetés à des marchands italiens qui aTaient passé de Genève à Lausanne et successivement traversé plusieurs de nos viUes avec une forte cargaison de ces animaux.
Je souhaite aux Tortues volontairement rendues à la liberté, en divers Uenx, de ne pas venir trop vite grossir la liste des captives; mais, il me semble évident que, d'ici à quelque temps, de nouveUes découvertes viendront encore réveiller le doute dans l'esprit de bien des personnes.
Peut-être est-ce déjà à quelque vente de ces marchands italiens qu'il faut attribuer la dernière trouvaOle consignée plus haut, qui ne date que de 1871 et qui n'a été portée à ma connaissance que pendant l'impression de cette feuille.
46 FAUNE 0B8 TERTEBRÉS.
Ces derniers forment, du reste, la presque totalité de ma liste, et si nous en fEÙsons abstraction, Tespèce est bien pauvrement représentée dans le pays.
Si Ton veut accepter l'abondance de la Bourbeuse, il y a deux siècles, en Suisse, il faut bien convenir, en même temps, qu^elle a, dès lors, disparu presque complètement, si ce n'est tout à fait, des lieux où elle prospérait. Peut-être ses habitudes aquatiques et plutôt nocturnes ont-elles pu la faire passer encore inaperçue dans quelques localités ignorées ; peut-être aussi, comme le croient certaines personnes, y a-t-il, à Test de notre bassin, près du Rhône, dans les marais vaudois et valaisans, certaines localités qui pourraient lui convenir? Ce n'est pas impossible, toutefois je ne puis partager complètement ces idées, et je pense plutôt que le dessèchement toujours croissant des petits lacs et des marais que fréquentait autrefois cette espèce, Ta petit à petit décimée et finalement anéantie, en la chassant de ses pénates et la réduisant peu à peu aux eaux plus froides, plus pauvres et bien moins propices de nos rivières, comme je Tai dit, encore trop voisines de leurs sources glaciaires.
En un mot, si je n'ai pas mis de numéro en tête de la description de cette espèce, c'est que je la considère, maintenant, conmie étrangère, et que je penche fortement vers l'opinion que, si elle venait à prospérer de nouveau dans telle ou telle localité, il faudrait l'attribuer i l'importation et à quelque naturalisation volontaire ou involontaire ^
' J*ai été contraint, bien malgré moi, à entrer ici dans une foule de petits détails, par le fait que beaucoup de gens, chez nous, attachent on intérêt tout particulier à chaque nouvelle trouvaille de la Cistude européenne dans notre pays.
Ordre U. SAURIENS
SAURII
Les Sauriens possèdent en common quelques traits caractéristiques capables de les faire distinguer au premier abord, soit des Cbéloniens qui précèdent, soit des Ophidiens qui suivent. Ainsi, ils ont un corps allongé et plus ou moins cylindrique, avec un sternum et des côtes parfaitement distinctes et mobiles. Ils n'ont pas de carapace, mais une peau écailleuse ou chagrinée. Les mâchoires ont, chez eux, les branches soudées, et sont généralement dentées. La grande majorité présente quatre pattes plus ou moins développées et des doigts onguiculés. Les yeux sont pourvus de paupières ; enfin, la queue est toujours d'assez grande dimension.
Ils pondent, pour la plupart, des œufs à coque résistante, et leurs petits ne subissent aucune métamorphose.
L'ordre des Sauriens, établi par Brongniart, a été, depuis 1799, souvent bouleversé par les découvertes de la science et maintes fois remanié par les différents zoologistes'. Le nombre, non-seulement des subdivisions, mais en-
^ Je pourrais dter ici de nombreux auteurs qui se sont successivement illafltrés dans diverses parties de l'étude des Sauriens ; je me contenterai, tOQtefois, de signaler en passant quelques ouvrages qui m'ont été plus
core des ordres, varie, dans les Sauriens, avec chaque nouvel auteur, et l'on voit, tour à tour, les formes de la langue ou des dents présider à un autre arrangement.
Si nous répartissons tous les Sauriens, d'après le développement, la forme et la position de leurs dents, dans les trois sous-ordres suivants* : les Thécodontes (Crocodiles, Paléosaures, Ptérosaures, Plésiosaures, etc.), les Ano- MODONTES (Cryptodontes et Dicynodontes) et les Athéco- DONTES (Monitores, GljTitodermes, etc.), nous pourrons de suite éliminer les deux premières de ces grandes subdivisions de Tordre, comme n'ayant plus de représentants vivants, ni en Suisse *, ni en Europe.
spécialement utiles, à divers points de jne : Stubm, Deatschlands Fauna, die Amphibien, 1797 à 1828. — Fitxxnosb, Systema Beptiliom, 1826. — Wagleb, Nat. Syst. d. Amph. 1830. — Duhébil r Bibsov, Erpét. gén., tom. n, m, IV et V, 1835 à 1839.— Boxapartb, Amph. Eorop., 1839, et Iconografia délia Faana italica, vol. U, 1832 à 1841.— Tschudi, J.-J. Monographie der schweizerischen Echsen. ^owr. Mém. de la Soc. HeW. des S. N. 1837. — Schihs, Europ&ische Fanna, 1840. — Geat, Catalogne of the spécimens of Lixards in the collection of the British Muséum, 1845. — Uaktixo, Leerboek van de Orondbeginselen der Dierkunde, derde stuk, 1864.— Brehm, Illustrirtes Thierleben, Band V, 1867.— Clacs, Grundzûge der Zoologie, 1868. — Gbtau, Reptiles vivants et fossiles, Bibl. des Se. Nat., 1869, etc., etc.
^ Je suivrai, encore, dans rétablissement des principales subdivisions de cet ordre, Harting (loc. cit.) dont j*ai déjà, comme je Pai dit, emprunté la classification générale, et qui, dans ce cas particulier, me parait rapprocher, d'une manière à la fois simple et naturelle, les formes étein* tes des actuelles.
' La Suisse, si pauvre maintenant en représentants de cet ordre, a compté cependant, avant Tépoque quaternaire, de grands Sauriens dans le premier de ces sous-ordres : des Crocodiles, comme le Mègaheaurua^ des Ichthyosaures, des Plésiosaures, des Téléosaures, etc.
Sous-ordre des ATHÉOODONTES
ATHECODONTA
Les Athécodontes, caractérisés par des dents disposées sur le bord de la mâchoire ou appliquées contre la face interne de celle-ci, sont répartis dans quatre grandes divisions et en nombreuses familles, d'après les formes diverses de la langue : les ScmSTOGLOSSES {Monitoridœ, Ameividœ et Lacertidœ), les Pachyglosses {Iguanoidœ et Ascotobor fid<é)j les Spexdonoglosses (Ghamœleonidœ) et les Bra- CHYGLOSSES {ZonosauriclcBy Sincoidœ et Glyptodermidœ).
La Suisse ne peut revendiquer que deux familles se rattachant à la première et à la dernière de ces divisions, et qui, par conséquent, devront seules nous occuper.
Les cinq espèces suivantes, toutes étrangères à notre pays et comprises dans cinq genres différents, représentent, dans les contrées orientales et méridionales de l'Europe, le grand groupe des Pachyglosses ; ce sont: les Platy-^ dadylus muràlis (Dum. et Bib.), Hemidadyltis verrucidatm (Cuvier), FhyUodadylus Européens (Schinz), Stenodactyhs gidtcrtus (Cuvier) et Stdlio vulgaris (Daudin). Une seule espèce de Spendonoglosse, le Ghamœleo vtdgaris (Cuvier), habite notre continent^ dans le midi de l'Espagne.
^ Vertèbres généralement procœliennes.
Les Saariens présentent une telle variété de mœurs et de structures^ qu'il serait bien difficile et, du reste, tout à fait superflu de placer, ici, des considérations générales sur l'ensemble de leurs genres de vie et de leurs caractères.
Première division. SCHISTOGLOSSES
SCHISTOGLOSSI
Les Schistoglosses ont la langue mince, extensible, allongée et bifide, soit plus ou moins profondément échancrée à Textrémité. Le tympan est, chez eux, superficiel et toujours découvert. Les paupières sont bien développées. Le tronc est cylindrique. La queue, plus ou moins allongée, est conique ou un peu comprimée. Ils ont constamment 4 membres, d'ordinaire avec 5 doigts devant et derrière, rarement avec 4 seulement. Beaucoup portent de grandes écailles ou plaques abdominales.
Les Athécodontes schistoglosses sont divisés en trois familles, ainsi que je Tai indiqué plus haut, les Monitoridœ, les AnieivuUp et les LaceditUc. La dernière seule figure en Suisse et en £]urope.
FamUle des LACERTIDÉS
LACERTIDiE
Les nombreux représentants de cette famille ont les dents creuses et appliquées contre la paroi interne des mâchoires, sans qu'elles adhèrent jamais par leur base dans une rainure des maxillaires. En outre de ces premières dents, à une ou plusieurs pointes, quelques-uns portent aussi des dents sur le palais. La tète, conique et plus ou moins acuminée, est couverte de plaques polygonales. Les faces inférieures du tronc sont garnies de grandes écailles, soit scutelles abdominales, généralement disposées par séries et, chez la plupart des espèces, polygones et transverses.
Ces Sauriens vivent principalement sur le terrain sec, aussi leur queue conique présente-t-elle une section arrondie ou légèrement carrée, et non comprimée^ comme celle d'autres Schistoglosses qui mènent un genre de vie presque exclusivement aquatique.
Les doigts, allongés, accusent des formes assez différentes pour avoir permis à Duméril et Bibron d'établir deux tribus dans cette famille. Les Lèiodactyles dont les doigts ne sont ni dentelés sur les bords, ni carénés sur la ligne médiane, et les Pristidactyles chez lesquels ces extrémités
^ Aatoeaori cœlodontes (Dum. et Bib.).
5t FAUNE DES VERTÉBRÉS.
offrent, au contraire, des dentelures latérales ou des carènes médianes.
Ces derniei-s, entièrement étrangers à la Suisse, sont représentés en Europe par les quelques espèces suivantes : les I^immnodromus Edwardsli (Dum. et Bib.) et Ps. ânereus (Bonap.) du midi ; VÂcanthodactylus vulgaris (Dum. et Bib.) de l'Espagne et du sud de la France, et VAranth. Savif/nyi (Dum. et Bib.) de Crimée ; enfin, les EirmUis variabUis (Fitz.) et Er. ccpruleo-ocellata (Dum. et Bib.) de Crimée également.
Tribu des LÉIODACTYLES
LEIODACTYLIXA
Los Lacertiens de cette sous-famille ont, comme nous l'avons dit, les dpigts allongés, minces, inégaux et toujours dépourvus soit de dentelures latérales, soit de carènes médianes.
Ils sont généralement moins sauvages que les autres et vivent volontiers, pour la plupart, jusque dans le proche voisinage des demeures de Thomme.
Duméril et Bibroo ont reconnu, dans cette tribu, les trois genres Ttuln/dromus^ D'oj/tdasaura et Lacnia. Le premier de ceux-ci est entièrement étranger à notre continent, le second n'y est représenté que par mie seule espèce, la Trop. Ahj'na qui se trouve en Espagne et en Italie, le troisième figure seul dans notre pays.
Les divers Lacertidés léiodactyles ont des mœurs assez >emblables à celles de nos Lézards.
.Genre LÉZARD
LâCERTA; Linné
Cinq doigts effilés^ sans dentelures ni carènes et léger ement comprimés. Langue non engainante, bifide et recouvre de papiUes squamiformes. Des dents sur VintermaxU- Imre, sur les maxillaires et parfois sur le palais. De grandes plaques sur la tête ; la rostrale s' étendant d'une narine à Vcuftre. Tympan constamment découvert. Un collier squameux sous le cou. Des plaques ahdotninales, disposées en séries longitudinales et parallèles. Une ligne de pores fémoraux. Queue conique ^ allongée et à section arrondie ou cydotétragone.
La tête des Lézards affecte à peu près la forme d'une pyramide à quatre pans dirigée en avant et plus ou moins acominée. Elle est généralement plus petite chez la femelle que chez le mâJe et plus forte ou plus renflée chez les jeunes que chez les adultes. Les divers os qui composent la partie supérieure du crâne, sont soudés entre eux, de manière à former, jusqu'au-dessus des yeux, un bouclier assez solide. Des plaques écailleuses, en nombre et proportions un peu variables, recouvrent en outre les diverses faces de la tète et des m&choires. Le plan supérieur compte, par exemple, dans la majorité des cas, 17 plaques distinctes, paires ou impaires, 21 même, si l'on veut comprendre aussi les deux plus petites susorbitaires qui ne
sont pas constantes. Toutes ces pièces extérieures ont reçu (les noms particuliers rappelant leur position '.
Toutefois, je ne signalerai, parmi les plus importantes, que les suivantes : à l'extrémité et sur les côtés de la tête, d'abord une première impaire recouvrant le bout du museau, d'une narine à l'autre, et dite rostrale, puis, derrière celle-ci et au-dessus des labiales qui protègent le bord des mâchoires, des plaques paires simples ou subdivisées et perforées par les orifices nasaux, dites nasales, après ces dernières d'autres, paires aussi et simples ou doubles, dites nascf rénales, plus en arrière encore, devant l'œil, une plus grande, paire, que Ton peut considérer comme préoculaire; autour de l'œil de plus petites écailles et après cellesci des squames temporales en nombre et proportions variables. A la face supérieure, en arrière de la rostrale et de l'angle des nasales, d'abord une plaque impaire que j'appelle nas( frontale, puis, en arrière de cette première, une paire de préfrontales^ plus loin encore et sur le centre de la tète, un grand écusson ou plaque frontale simple, à droite et à gauche de laquelle deux paires principales de susorbltaires ; derrière encore, une paire de i)ost frontales, deux grandes pariétales et une petite interj>ariétale ; enfin une occipitale plus ou moins développée suivant les espèces (Voy. PI. II, tig. 1 et 5).
Cette distribution des plaques sur la tète des Lézards, offre cependant assez de variabilité pour qu'il soit souvent difficile de s'en servir comme trait spécifique constant. C'est à peine si quelques-unes d'entre elles pourront nous founiir des caractères réellement solides, car, celles même
^ Je n*ai pas ton jours employé los noms composés et compliqués de Du* méril et Bibron qui ont, à mon scni», attribué trop de fixité et une trop Iprande im|)ortance à beaucoup de ce§ plaques.
qui semblent présenter généralement des différences régulières entre les espèces, sont encore soumises à de nom*breuses modifications. Si, faisant abstraction des plaques principales les plus invariables chez tous les Lézards, nous nous attachons plus particulièrement à quelques pièces qui, comme les temporales, les nasof rénales et Voœipitale^ nous ont paru accuser le plus constamment des différences entre certaines espèces, ou dans leur disposition, ou dans leur nombre et leur développement, là encore nous trouverons une irrégularité incontestable. En effet, soit par soudures, soit par subdivisions, nous verrons les plaques céphaliques varier facilement, dans le nombre comme dans les formes, non-seulement chez les divers individus d'une même espèce, mais encore sur les deux côtés de la tète d'un seul sujet. Ces modifications peuvent se présenter à toutes les époques de la vie ; cependant elles sont plus fréquentes chez les vieux Lézards dont les plaques se boursouflent souvent avec l'âge.
Les narines sont latérales et largement ouvertes.
Les yeux, vifs et biepi éveillés, sont munis de paupières; leur dimension moyenne, suivant le diamètre horizontal, est comprise généralement de trois et demi à quatre fois dans la longueur de la tête.
L'orifice externe de l'oreille, situé sur la limite de la tète, est toujours à découvert et affecte une forme triangulaire ou ovalaire plus ou moins allongée. Le tympan est presque à fleur de tète et laisse voir, à travers son épaisseur, le point d'attache des osselets. L'ouïe et la vue paraissent être les sens les plus développés chez les Lézards.
La langue n'est pas engainante, ou ne peut pas rentrer dans un fourreau par la base, ainsi que cela existe, par contre, chez d'autres représentants de la famille; elle est
étroite, moyennement allongée, susceptible de se projeter en partie au dehors de la bouche, profondément échancrée à l'extrémité, et granuleuse ou couverte de papilles squamif ormes, souvent imbriquées et en général dirigées en arrière.
Les dents sont réparties de deux manières : chez toutes les espèces contre le bord interne des mâchoires, et chez quelques-unes, eu outre, sur le palais. Dans ce second cas, elles sont disposées à droite et à gauche et en quantité variable, souvent au nombre de 20 à 25, sui* de petits groupes allongés et irréguliers; toutefois, il ne faudrait pas attacher une trop grande importance à la présence ou à l'absence de ces dernières dents, car elles ne sont pas toujours très-constantes dans une même esi)èce. Celles des mâchoires peuvent être distinguées en intermaxlUaires, en avant et en haut, au nombre de 6 à 10, simples, coniques et souvent un peu couchées ou recourbées en arrière, et en nuixillairesj supérieures et inférieures, généralement droites, plus ou moins émoussées et partagées au sommet en deux ou trois lobes, dans la majorité des cas, chez nos espèces en particulier, 30 à 38 eu haut et 36 à 50 en bas. P]ncore ici, il ne faut pas accorder trop de valeur à la forme et au nombre de cette sorte de dents ; car il n arrive pas toujours de trouver la même apparence et les mêmes chiffres chez deux sujets d'une même esi)èce. La multiplicité de ces organes favorise leur irrégularité et déprécie ainsi leur importance caractéristique.
Le cou, parfaitement distinct et un peu plus étroit que la tête, mesure d'ordinaire entre la moitié et les deux tiers de celle-ci. £n dessus, il se distingue nettement des grandes plaques céphaliques par la fine écaillure qui recouvre la nuque; en dessous, il se termine, vers la poitrine, par
une rangée de squames en partie soulevées et formant comme un semi-collier.
Le tronc, plus ou moins cylindrique, mesure généralement trois à quatre fois la longueur de la tête chez les adultes, et atteint, dans la majorité des cas, à des dimensions passablement plus fortes chez les femelles que chez les mâles, probablement à cause de la nécessité d'une plus grande place dans le corps des premières, pour les germes qui s'y doivent développer. En eflfet, cette différence se remarque surtout chez la Lacerta vivipara dans le ventre de laquelle les petits font un séjour beaucoup plus prolongé. A ce point de vue, comipe à celui des dimensions de la tête, et des proportions de la queue dont nous parlerons plus loin, il sera donc parfois nécessaire d'étudier séparément les deux sexes, car cette distinction, pour avoir été trop négligée jusqu'ici, a bien souvent amené des erreurs.
Toutes les faces supérieures et latérales du cou et du tronc sont couvertes de petites écailles qui, par leurs dimensions et leurs formes assez constantes, acquièrent, dans quelques cas, une certaine importance. Non-seulement, elles sont déprimées ou saillantes, arrondies, hexagones ou presque carrées; mais encore, elles peuvent être juûctaposéesovL en partie superposées, soit imbriquées (Voy. PI. n, fig. 2). Dans ces deux conditions, elles seront aussi ffranukuses, simplement saillantes ou encore tediformes; parmi ces dernières, l'on pourra même distinguer une arête médiane plus ou moins franche, et trouver, chez les différents Lézards, des écailles à carène douce non débordante, et des écailles à carène comprimée plus ou moins prolongée. Ces petites pièces dorsales sont, généralement, d'autant plus entuilées ou imbriquées qu'elles sont plus
58 FAUNE DBS VERTÉBRÉS.
voisines de la racine de la queue. Ajoutons, enfin , que la direction des écailles, ainsi que la comparaison entre les dorsales et les latérales présentent, également, des différences quelquefois notables.
Quant aux faces inférieures, nous distinguerons les quelques particularités suivantes : d'abord, sous la gorge et parmi de petites écailles plus ou moins imbriquées, une ligne d'écaillés plus petites encore, formant ce que l'on appelle le pli gulaire qui joint les deux an^^Ies des mâchoires et indique nettement l'endroit où se plie la peau à l'ouverture de la bouche ; ensuite, nous rencontrerons le semi-cdUer dont j'ai parlé plus haut et qui est constant chez tous les Lézards. Les s<iuames de cette bande transverse, plus ou moins superposées par le côté et recouvrant un espace presque nu, varient un peu en nombre, même chez différents individus d'une même espèce. Plus bas, la poitrine est couverte par quelques plaques en quantité un peu variable, polygones, irréfnilières et composant, entre les membres antérieurs, une sorte de coin triangulaire. Plus bas encore, toute la région abdominale est parcourue par des séries de plaques, ou si^utelles imbriquées et parallèles, jusqu'entre les membres jK^stérieurs. Ces séries sont au nombre de six plus rarement de huit principales, auxquelles se joint, de chaque côté, chez quelques esjH'ces, une dernière ligne beaucoup plus petite, dite marginaleexterne. Parmi les premières, les deux médianes sont d'ordinaire plus étroites que celles qui leur font suite à droite et à gauche. Les scutelles majeures sont généralement allongées dans le sens transversal, avec une forme tétragone, pentagone ou parfois même hexagone. L'absence ou la présence des marginales externes peut avoir quelque valeur dans la caractéristique de certains Lézards; cependant, il
est bon de remarquer qu'elles fout parfois défaut chez des individus d'espèces qui en ont d'ordinaire, et que l'on en trouve, par contre, quelquefois des traces chez des Lézards qui n'en portent pas régulièrement.
Les membres présentent un mode d'écaillure assez constant : sur le côté et en avant, ce sont des plaques polygones imbriquées; en dessus et en arrière, ce sont des écailles assez semblables à celles du tronc; en dessous, ce ne sont plus, enfin, que ;de très-petites écailles granuleuses. La paume de la main et la plante du pied sont couvertes de granulations.
Les doigts, au nombre de cinq devant et derrière, sont, comme nous l'avons dit à propos de la tribu, dépourvus de dentelures et de carènes, plus ou moins comprimés et terminés par de petits ongles crochus. Le troisième et le quatrième doigts sont presque égaux ; tandis que les orteils vont croissant graduellement jusqu'au quatrième toujours de beaucoup le plus long, le cinquième étant constamment bien séparé et situé très en arrière des autres.
En étendant le membre postérieur, le long des flancs maintenus droits, à la rencontre du bras ramené en arrière, l'on pourra constater facilement des différences de rapports entre les membres et le tronc, soit entre les espèces, soit entre les sexes.
Tous les Lézards portent, le long de la tranche inférieure de la cuisse, depuis le jarret jusqu'au bas du ventre, • une série de pertuis régulièrement disposés sur une seule ligne et percés au sommet d'une écaille saillant en forme de cône tronqué (Voy. PI. II, fig. 3 et 4). Ces petites cavités, dites pores fémoraux^ renferment une sorte de papille glanduleuse qui sécrète une humeur visqueuse et peut, suivant les circonstances, faire saillie au travers du trou de
l'écaillé. Ces organes, plus ou moins nombreux chez les diverses espèces, de quantité même un peu variable selon le sexe et Fâge des individus, me paraissent, comme à lileisner ' , devoir jouer un certain o)le dans Tac te de l'accouplement, car j'ai souvent rencontré, au moment des amours, des Lézards chez lesquels les papilles, trés-développées, étaient entièrement sorties de leur écaille protectrice.
L'anus s'ouvre dans une fente allongée transversalement sous la base de la queue et limitée en avant par une grande plaque dite préande. Cette plaque majeure, assez variable dans ses formes, est, selon les espèces, entourée en haut et sur les côtes, par un ou deux demi-cercles de squames imbriquées et encadrées elles-mêmes dans de plus petites écailles (Voy. PI. II, fig. 3 et 4).
La queue des Lézards, toujours allongée et plus ou moins effilée, quoique non comprimée, présente, surtout près de la base, une section tantôt ronde, tantôt légèrement can*ée ou cyclotétragone. Les écailles qui la recouvrent sont disposées en verticilles et allongées, ainsi que plus ou moins carénées et imbriquées; toutefois, celles de la face inférieure sont, dans la partie basilaire, d ordinaire plus plates et à angles plus arrondis. La queue du Lézard peut encore servir à faire distinguer les sexes à première \Tie ; elle est, en effet, chez les mâles souvent plus longue et toujours • sensiblement renflée sur le côté vers la base, à cause de U place nécessitée par les deux verges engainantes qui se dissimulent dans son épaisseur, en arrière de l'cmverture cloacalc.
La coloration est assez variable dans une même espèce
' C.-F. Meitmer, Dt Amphibiorum qttoruwiam Papillis Glandulisqut fmoraUbus^ 1832.
pour avoir souvent amené des erreurs. Cependant, l'étude de la livrée du jeune âge pourra, presque toujours, nous expliquer la formation de certaines livrées, pour ainsi dire anormales, des adultes dans différentes conditions. Dans la majorité des cas, les femelles varient plus que les mâles, et il sera souvent très- important de considérer séparément les deux sexes sous leurs aspects divers. Enfin, ajoutons, en terminant, que quelques espèces sont affectées parfois d'un mélanisme plus ou moins profond * .
Le genre Lézard est représenté dans tout Fancien monde ; cependant, ses diverses espèces sont tout particulièrement abondantes dans les contrées méridionales de l'Europe.
Sur une dizaine de Lézards propres à notre continent, la Suisse ne peut compter que quatre espèces. Il manque à notre pays les Lacerta nigro-puyidata (Dum. et Bib.) de Corfou, L. Moreotica (Dum. et Bib.) de Grèce, L. Fitzingeri (Dum. et Bib.) de Sardaigne, L. ocellata (Daudin) d'Italie, du midi de la France et d'Espagne, L. Taurica (Pallas) de Morée, de Crimée, etc., et L. oxycephala (Schlegel) de Corse et de Dalmatie.
Les divers Lézards ont été distribués, avec plus ou moins de raison, par différents auteurs dans des genres distincts qui, pour la plupart, ne doivent pas nous occuper
^ Quant à la méthode suivant laquelle j'établis mes proportions pour chaque individu, je crois devoir faire observer que je prends la longueur de la tête du museau à la base de la plaque occipitale et sa largeur en arrière, plus on moins près des yeux. Je mesure le cou depuis le tympan jusqu'au bord du semi-collier, le tronc de ce collier à l'anus, au bas de la plaque préanale, et la queue de ce point à son extrémité ; je mesure, également, le membre antérieur depuis l'aisselle jusqu'au bout des ongles et la patte postérieure du bas de la cuisse, en arrière, au bout de l'ongle du plus grand orteil. J'entendrai toujours par corps le tronc et la tête.
6t FAUNE DBS VERTÉBRÉS.
ici ^ Qu'il me suffise de dire que nos quatre espèces ont été, en particulier, rangées par Wagler' dans ses trois genres Lacerta, Zootoca et PodarciSy et que je conserverai les dénominations de ce naturaliste, tout en leur donnant une beaucoup moindre importance. Je réunirai les Lacerta et Zootoca dans un seul sous-genre, en classant, dans un groupe de même valeur^ les espèces dont il a fait ses Podarcis.
Les différents Lézards habitent, suivant les espèces, tantôt les terrains arides, sablonneux ou dénudés, tantôt les rocailles ou les murailles, quelquefois, la lisière des bois, les broussailles ou les ronceraies, d'autrefois, enfin, les prairies humides ou les marais. Partout ils établissent également leurs demeures dans des galeries sous le sol, dans des trous d autres animaux ou dans des fissures naturelles. Plusieurs creusent eux-mêmes ces habitations souterraines qui leur servent, suivant les cas, soit de refuges contre les poursuites d'un ennemi ou d*abri contre le mauvais temps et les froidures de la nuit, soit de dortoir où ils passent Thiver dans une léthargie plus ou moins profonde. Ces gentils Sauriens sont généralement lestes à la course et montent facilement contre des parois même verticales. Quelques-uns grimpent sur les buissons et
' Parmi les estières européennes, signalées ci-dessiiSf qol nous sont étrangères f les trois premières ont été rangées par Bonaparte dans son genre XotophuliM^ la quatrième a été claHM^e par Tbchudi dans le genre Thimon et par Fit/.inirer dans son genre Chryêdampriu^ la cinquième a été mise tour à tour dans le genre Phencuc de Fitzinger, ou dans les gen* res Thimon et PwiarcU ; entin, la dernière est réunie à notre Lac, muraUê dans le genre Podarcië de Wagler.
" Wagler, Nat. Syst. der Amphibien, liy'M).
jasque sur les branches inférieures des arbres, mais ils ne se hasardent pas volontiers et ne s'établissent guère, connue les représentants d'autres genres du sous-ordre, dans les ramifications supérieures de ceux-ci.
Les variations atmosphériques exercent sur les Lézards une très-grande influence. Le froid les retient, plus ou moins engourdis, dans leurs demeures, et la pluie les fait loir rapidement dans leurs cachettes ; mais sitôt que la chaleur revient et que le soleil se montre, ces gracieux animaux reparaissent aussi bien vite. Chacun cherche, dans les conditions qu'il habite, la nourriture qui lui convient. L'un guette et happe avec rapidité la Mouche qui a eu l'imprudence de se poser près de lui, un autre est en quête d'Araignées et d'Insectes de diverses natures, ou recherche des Vers et des Mollusques, d'autres enfin, et les plus gros, s'attaqueront même à de petits vertébrés. Tous avalent leur proie presque sans mâcher, et cependant tous sont armés de dents assez aiguës et mordent volontiers la main qui les saisit; toutefois, aucun n'est venimeux, ainsi que le pensent à tort beaucoup de gens. Ils sont passionnés de la chaleur et font de longues siestes sous les ardeurs du soleil, dans une complète immobilité. Le matin de bonne heure, quand ils viennent de sortir, et le soir au moment de rentrer dans leur domicile ils sont d'ordinaire, sous rinfluence de la température, moins lestes et moins éveillés qu'en plein jour. Leurs divers sens, et particulièrement l'ouïe et la vue qui sont surtout développées chez eux, semblent alors comme émoussés et moins délicats.
Les Lézards changent de peau, soit d'épiderme, plusieurs fois dans le courant de l'été, et présentent toujours une livrée d'autant plus claire et brillante qu'ils sont plus près du moment où ils ont renouvelé leur robe.
64 FAUNE DES VEBTÊBRÊS.
Un fait bien connu et commun aux Lézards et aux Orvets, est la fragilité de la queue. En e£fet, ce membre se rompt au moindre choc ou à la moindre traction. L'animal , ainsi privé d'une partie plus ou moins longue de lui-même, fuit sans paraître incommodé par l'accident, tandis que le bout séparé du tronc s'agite sur le sol pendant longtemps encore. Ces ruptures arrivent fréquemment dans la vie ordinaire des Lézards; la chute d'une pierre dans une rocaille, ou la simple morsure d'un congénère jaloux, suffisent souvent à briser ce membre fragile ; à bien plus forte raison se rompra-t-il si un Chien s'amuse avec le petit Saurien ou si quelque gamin le frappe sur cette partie. La plaie est promptement cicatrisée, et la queue repousse assez vite, mais non sans laisser des traces de la fracture, soit dans un trouble de l'écaillure, soit dans un brusque changement de dimension ou de coloration. U arrive quelquefois que, par suite de lésions secondaires ou de pressions faites par un corps étranger, la queue se divise en repoussant en deux ou plusieurs branches, et Tanimal, ainsi pourvu de deux ou de trois queues, devient, pour beaucoup de gens, un être fabuleux '. Cette partie semble presque, chez le Lézard, un moyen de salut et comme une manière de tromper qui le poursuit ; il laisse volontiers, sinon srm habit, du moins sa queue, dans les mains de celui qui veut s'emparer de sa personne. Cette précaution de la nature n'est pas de trop, car quelques Mammifères, beaucoup d'Oiseaux et plusieurs Serpents font une guerre incessante à ces petits animaux.
Mais laissons là le sujet des accidents et de la destruction, pour dire quelques mots de la repnuluction.
A peine les Lé/ards ont ils secoué leur torpeur hiver-
* L*OD a obtenu aioM facilement, d^uno manière artificielle, des U^ aards à plusieuri queues.
nale qu'ils sortent de leurs quartiers pour jouir du grand air et se réveiller tout à fait sous l'influence bienfaisante de la chaleur du soleil printanier. Au bout de peu de jours, et à une époque variable, suivant les années ou les localités, de la fin de février à la fin de mai, ces petits Sauriens ont retrouvé l'usage complet de leurs sens et toute leur activité. Les sexes se recherchent alors et le jeu des amours commence ; chacun traduisant ses sentiments, tantôt par de brusques agaceries, tantôt par un mouvement de Textrémité de la queue. Le mâle se rapproche de la femelle en recourbant en haut la partie basilaire de la queue et fait ainsi, dans des attitudes variées et burlesques, plusieurs promenades autour de la compagne qu'il a choisie ; enfin, les diverses simagrées d'usage dûment exécutées, l'accouplement s'opère, et cela à plusieurs reprises dans la même journée*.
Il y a peu de fidélité dans la gent Lézard, et les deux sexes aiment également le changement. Cependant, il m'a paru que les mâles se montraient souvent fort jaloux et se bousculaient volontiers les uns les autres, distribuant à tout propos des coups de dents, ainsi que semblent l'indiquer de nombreuses ruptures de queues et autres traces de morsures remontant à cette époque.
Quatre à cinq semaines après l'accouplement, chez les Lézards ovipares de beaucoup les plus nombreux, la femelle va déposer les fruits de ses amours dans une cachette
^ Le mâle saisit la femelle avec les mâchoires au bas des reins et lai comprime le yentre, puis il tord sensiblement le tronc de celle-ci en le tournant contre loi et faisant ainsi saillir la partie cloacale ; bien vite alors, il pose une patte sur le dos de la femelle et se glisse contre elle, pour aboucher, en se tordant, son orifice avec le sien. Il demeure deux ou trois minutes dans cette position, après quoi, il laisse aller son épouse.
T. ni. 5
qu^elle prépare à cet effet, soit à quelques pouces sous le sol, soit sous des débris végétaux, soit encore dans quelque amas de pierre ou dans une fissure de muraille. Les œufs, en quantité variable avec les espèces, sont généralement ovales, blanchâtres, élastiques, à coquille semi-dure et phosphorescente et, d'ordinaire, réunis en un paquet par une sorte de colle naturelle. Cette future famille demeure ainsi cachée à tous les regards jusqu'en août ou en septembre où les petits déchirent la coquille qui les retient encore avec une sorte de bec dur et conique développé à cet effet au bout de leur museau, mais promptement caduque. Ces nouveaux-nés déploient très- vite une aussi grande agilité que leurs parents.
Chez les Lézards vivipares, chez celui de nos Alpes, par exemple, la femelle conserve plus longtemps sa tournure et sa prestance maternelles. Son état de grossesse la rend plus lente et moins agile. Elle court moins que son éi)0ux et reste plus volontiers auprès xle sa demeure, dessus ou dessous la pierre qui couvre sa retraite. En août ou en septembre, elle met au monde des petits vivants qui rompent leur enveloppe au sortir même du ventre de leur mère. Dans ce cas, comme dans le précédent, ce n'est guère avant leur troisième année que les jeunes Lézards acquièrent l'apparence et les facultés des adultt»s.
Enfin, en automne, et plus ou moins tard suivant les années et les conditions, tous disparaissent dans leurs trous. Chassés et engourdis par le froid, ci»s petits Sauriens vont passer l'hiver dans une sorte de léthargie, quelquefois isolés ou par ])aires, souvent réunis en compagnie ou groupés par familles * .
' Tsichudi (Moiiot(. dor ««chw et/. KchM*ti) si^'nulc <iuo les Ix-zards sVngdordisent entre 4-7°et — 2® li. et qu'ils meumit iinarialilomcnt à — 5 degrés.