‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 2)Chapitre 9 sur 59 · LE LÉZARD VIVIPARE Die Bergeideghse oder GsBiSRECHSE · texte numérisé non relu

LE LÉZARD VIVIPARE Die Bergeideghse oder GsBiSRECHSE

Lacebta viviPASA^, Jacqnm

Gris verdâtre^ roussâire ou brun^ avec une ligne dorsale ou des taches fwirâtres et des poitUs jaunâtres, en dessus; un^ large bande latérale foncée plus ou moins continue^ au haut des flancs; gorge bleuâtre ou rosée; ventre d^ ordinaire jaunâtre clair avec des reflets cuivrés, chez la fenidle, et d'un jaune plus ou moins rougeâtre avec des points nairs, chez le mâle; extrémités foncées. Membres postérieurs plutôt courts. Queue d\m diamètre presque eonstant sur la majeure partie de son étendue^ égalant environ tme fois et deux tiers la longt^eur du corps, chez le mâle, beaucoup moins chez la femdle. Tête petite, mesurant, en largeur, près des trois quarts de sa longueur. Écailles dorsales irrégulières, fortes, con$parativemefit courtes^ et en inajorité juxtaposées. Des margi--

^ SouTent anssi nommée KupferscldôngéU par les montagnards de la Suisse allemande. Lûtschema en Engadine.

' Je conserve à cette espèce le nom de Vivipara, quoiqu'il ne soit qu'une répétition du mot Zootoca, puisque ce dernier nom, ne caractérisant qu'une section, ne doit point entrer dans la nomenclature binaire.

T. ni. G

rudes externes, Nasofrénales gméralenwnt simples, Pcls de defUs pakUines. Préanale bordée^ en haut^ par deux demi-cerdes sqtiameux. Longueur totale moyenne = 145"

rmm

Lacertus terrestris vulgaris ventro nigro maculato, Merre«, Pinax. p. 169.

» vuLGARis, Ray^ S^nops. Anim. p. 264. Lacerta vulgaris, Charlet, Exercit. Anim. p. 28.

» vrviPARA, Jacquin, Nov. Act. Helv. T. I, p. 33, tab. 1.

» AGiLis, Berkenk, Syn. I, p. 56.

» iEDURA, Sfieppard, Brit. Liz. Trans. à Lin. Soc. VII, p. 49.

» CROCEA, Wolf, Deutsch. Fauna, III, Heft 4.

» MONTANA, Mikan, Deutsch. Fauna, III, Heft 4.

» NiGRA, Wolf, Deutsch. Fauna, III, Heft 4.

» PYRRHOGASTER, Mert\ Tcnt. Syst. Amph. p. 67.

» UNICOLOR, Kuhl, Beitr. p. 121.

» ScHREiBERSiANA, Milnc-Edwards^ Ann. S. N. XVI, p. 83, pi. 5.

» PRATICOLA, Eversm. Nouv. Mém. Soc. Imp. Moscou, III, p. 347. Seps montanus, Sturm, Deutsch. Fauna, III, Class. p. 7, sp. 4.

» CROCEUS. Stui^m, Deutsch. Fauna IH, Class. p. 8, sp. 6. ZOOTOCA viviPARA, WaglcT, Syst. Amph. p. 155.

» cuocEA, Wiegtn. Herpet. Mène. I, p. 5 et 9.

» Jacquin, Cocteau y Mag. Zool. Guer. Class. III.

» GuERiN, Coct. Mag. Zool. Guer. Class. III, tab. 9.

» PYRRiiOGASTRA, Z. .MONTANA, Tschiidi, Monog. Schweiz. Echsen. Nov. Mem. Soc. Helv. S. N. p. 37.

» MURALis, Gray, Catal. Slend. tong. Saur, in Jardinets. Anx. N. H. I, p. 279.

Tête petite, courte, assez épaisse et faiblement acuminée; la plus grande largeur mesurant entre les deux tiers et les trois quarts de la longueur ; cette dernière dimension entrant de trois fois à trois fois et demie dans le reste du corps jusqu'à Tanus, chez les mâles, et de quatre fois à quatre fois et trois quarts, chez les femelles, à cause du plus grand allongement du tronc faisant paraître la tête moindre chez ces dernières. Occipitale petite. D'ordinaire une seule nasofrénale de chaque côté, quelquefois cependant Tune ou T autre subdivisée accidentellement en deux ou trois parties.

Pas de dents palatines. Intermaxillaires coniques et pointues; maxillaires le plus souvent trilobées.

Œil moyen et au milieu de la distance qui sépare le museau de T occiput.

Cou mesurant environ les trois quiarts de la longueur de la tête.

Tronc épais, plus carré chez le mâle, plus arrondi chez la fe* melle, et constamment beaucoup plus allongé chez cette dernière. Le dos plus ou moins bombé transversalement.

Membres courts ; doigts de moyenne dimension et armés de petits ongles crochus. La patte antérieure, étendue sur le côté de la tête, dépassant à peine le bord antérieur de Tœil. La patte postérieure ramenée le long des flancs à la rencontre de r antérieure, les orteils moyens atteignent aux doigts ou croisent plus ou moins profondément avec eux, chez les mâles ; tandis que le plus grand orteil arrive au plus au contact des ongles des doigts, et en demeure même, la plupart du temps, fort distant, chez les femelles.

Queue ronde, peu effilée et ne variant guère de diamètre sur une grande partie de son étendue ; sa longueur égalant environ une fois et deux tiers celle du tronc avec la tête, chez le mâle, et une fois et un sixième ou au plus une fois et un quart, chez la femelle. Les écailles des verticilles, allongées, hexagones et carénées.

Pores fémoraux généralement moins nombreux que chez les autres espèces de notre pays ; variant de 8 à 13, sous chaque cuisse *.

Flaque préanale petite, tronquée en arrière avec des angles d'ordinaire arrondis, entourée par le haut de deux demi-cercles de squames imbriquées, et divisée parfois elle-même en deux pièces distinctes (Voy. PI. II, fig. 4).

Écailles dorsales comparativement grosses, courtes, saillantes, ainsi que généralement assez irrégulières et juxtaposées ou en pavé. De forme plutôt carrée ou faiblement allongées et hexagones, chez le mâle; toujours sensiblement plus fortes et plus arrondies ou ovales, chez la femelle. Ces pièces, dans les deux sexes, quelquefois un peu plus longues, plus régulières, légèrement tectiformes et se recou-

^ Meisner, Amphibioruro quaruindam p&pillis, etc., donne un maximum de 22 que je n'ai jamais trouvé sur plusieurs centaines d'individus que j'ai examinés ; peut-être a-t-U été trompé* par quelque variété de la X. muraiië.

vrant faiblement par leur bord, sur la partie postérieure du tronc, vers la racine de la queue.

Celles des flancs plus irrégulières encore que celle du

dos ; parfois grossières et nettement séparées en lignes

verticales entre lesquelles la peau largement à nu, chez

les femelles.

Semi-collier composé de 9 à 12 squames ; le sillon gulaire peu

accentué.

Scutelles abdominales imbriquées et disposées en six séries majeures, plus une petite ligne de marginales de chaque côté. Les médianes tétragones et plus ou moins allongées transversalement; celles de la seconde rangée, depuis le centre, toujours de beaucoup les plus grandes. Les marginales externes très-irrégulières et faisant assez souvent défaut, surtout chez les femelles et les jeunes. Faces supérieures : chez les mâles ^ d'un gris verdfttre plus ou moins foncé, plus rarement brunfttres, avec des taches brunes ou noirfttres plus ou moins réunies sur le dos et formant une ligne médiane étroite, de Tocciput à la queue. Après cela, une large bande foncée, brunâtre ou noirfttre et plus ou moins accentuée, de chaque côté du corps sur le haut des flancs, depuis les narines jusque sur la queue. Enfin, de petits points jaunâtres, blanchâtres ou roussâtres distribués irrégulièrement sur toutes les faces sapérieures et latérales, et accompagnant d'ordinaire les bords des bandes foncées.

Les flancs verdfttrcs ou brunfttres vers le haut et, la plupart du temps, d'un joli rosé pointillé de noir près du ventre.

La tête bnme ou brunfttre en dessus.

Les membres reproduisant, en dessus et sur les côtés, à peu près les colorations différentes du dos et des flancs, quoique souvent avec des teintes plus sombres. Les doigts généralement d'un brun verdfttre foncé.

I^ queue colorée à peu près comme le tronc.

Chez les fhnrUes, la teinte fondamentale d'un gris plutôt brunfttre ou jaunfttre et d'intensité variable. Sauf quelques exceptions dont je parlerai plus loin, la ligne médiane

en général plus nettement tracée et les taches dorsales plus symétriquement réparties à droite et à gauche de celle-ci; les bandes latérales plus franchement accentuées et ordinairement brunes, les points clairs moins irrégulièrement distribués sur le corps et formant plus souvent des lignes au bord des bandes foncées.

Les flancs rosés, verdàtres ou bleuâtres et pourvus de reflets métalliques; quelquefois avec de petites taches sombres, chez des sujets de taille moyenne ; d'autres fois avec de grandes taches rousses, chez certaines femelles plus fortes et à bandes latérales généralement irrégulières.

Iris d'un jaune doré dans les deux sexes. Faces inférieures : chez les mâles^ les mâchoires, la gorge et le cou d'un bleu clair ou quelquefois rosés. Le ventre, ainsi qu'une bonne partie du dessous de la qujeue et des membres, d'un beau jaune safran tirant plus ou moins sur le rouge et généralement pointillé de noir. Les pattes postérieures souvent maculées régulièrement de bleu et de noir, sur le côté externe; les antérieures d'un gris verdâtre et volontiers tachetées de noir, vers le bras.

Chez les femelles , les mâchoires, la gorge et le cou bleuâtres ou rosâtres ; le ventre jaunâtre, rosé, verdâtre ou bleuâtre avec des reflets métalliques et, chez la majorité, sans taches.

Jeunes caractérisés par une tête un peu plus forte et une livrée plus sombre que celles des adultes. A leur naissance, longs en tout de 35 à 45"""", noirâtres ou d'un brun noirâtre plus ou moins foncé, en dessus, noirâtres ou d'un gris noirâtre avec des reflets verdàtres, en dessous. Souvent presqu' entièrement noirs ; parfois déjà une légère indication de la ligne dorsale, ou quelques traces des points clairs qui n'apparaissent d'ordinaire que plus tard.

Au printemps suivant, très-petits encore et plus bruns en dessus avec des dessins foncés et de petits points clairs &iblement accentués; les faces inférieures d'un gris noirâtre, la queue et les pattes toujours presque noires.

Dans l'automne de la seconde année, les dimensions

déjà passablement plus fortes, la coloration de même plus voisine de celle des adultes, les extrémités toujours encore très-foncées, la teinte noirfttre se retirant petit à petit du centre, ou du corps, vers les pattes et le bout de la queue. Beaucoup sont déjà capables de reproduction dans leur troisième année; enfin, dans la quatrième, tous ont acquis à peu près la taille et la livrée des adultes.

Cette espèce varie énormément, soit d^un sexe à Tautre, soit avec Tftge et les conditions d'existence, non-seulement dans la livrée et la taille, mais encore dans les proportions et les différentes parties de Técaillure. Une foule de noms ayant été successivement attribués aux formes nombreuses de ce Lézard, et quelquesunes de ces dernières passant encore aux yeux de bien des zoologistes pour espèces distinctes, je crois devoir dire ici quelques mots des principales variétés que j'ai pu constater dans notre pays, parmi plusieurs centaines d'individus que j'ai collectés dans des conditions très-diverses.

Et d'abord, il est bon de rappeler : l"" que les mftles varjent bien moins que les femelles ; 2"* que plusieurs des descriptions de formes distinguées par les auteurs reposent sur l'étude de femelles seulement ; 'à^ que l'alcool change souvent beaucoup les couleurs et fait, en particulier, passer, suivant les cas, au verdfttre, au bleuâtre ou au blanchâtre les faces inférieures ordinairement d'un jaune rougeâtre et pointillées de noir du mâle de cette espèce.

{a) et {h) Les individus qui vivent dans les prairies humides ou les marais, dans nos montagnes comme en plaine, prennent une taille plus forte et souvent une coloration un peu différente, principalement chez les femelles. Ces dernières ressemblent alors on peu, quelquefois à celles du Lézard des murailles, dans la plaine, souvent à celles du Lézard des souches, dans la montagne. Dans le premier cas (a) les bandes latérales sont continues, mais d'un brun roussfttre et tranchent nettement sur un fond clair, rappelant ainsi la planche que donna Cocteau de sa Zootoca Ouvrin. Dans le second (6), ces mêmes bandes se convertissent en grandes taches foncées pointillées de clair, la ligne dorsale disparaissant plus ou moins, et les faces inférieures présen-

tant parfois un léger semis de points noirs sur les bords ; cette yariété parait alors mériter le nom de Lacerta agUis que lui attribua Berkenk.

(c) Les sujets qui se tiennent plus volontiers dans les gazons pierreux ou sur la lisière des forêts de nos montagnes, portent d'ordinaire des bandes latérales et une ligne dorsale plus régulières et plus foncées. Les femelles ne présentent pas en dessous le semis de points noirs qui est alors le propre du mâle. C^est la Lacerta pyrrhogastra de Merrem ou la L. crocea de Wolf . Ce dernier donne une bonne planche du mâle de T espèce, vu pardessous, dans la Deutschlands Fauna de Sturm, sous le titre de L. crocea h. mas. C'est la forme partout la plus commune dans nos Alpes.

(d) J.-J. Tschudi (Monographie der schweîzerischen Echsen) maintient la distinction spécifique entre les Zootoca pyrrhogastra et Z. mofUana; mais cet auteur me semble avoir quelquefois confondu les sexes, et d'autres fois relevé ses descriptions sur des sujets dont les couleurs avaient été altérées ou modifiées. Les teintes vertes et bleues qu'il attribue entre autres aux faces inférieures du mftle sont dues probablement aux effets de l'alcool ou de quelque autre mode de conservation *. De même les rapports de dimensions, comme 1 à 4 et 1 à 5, qu'il établit entre la tête et le corps pour distinguer les deux espèces, sont exacte^ ment comparables à ceux que j'ai toujours trouvés entre les deux sexes. Enfin, les différences qu'il signale dans l'écaiUure des faces supérieures de ces deux Zootoca sont aussi celles qui existent entre ces téguments du mâle et de la femelle de mon espèce unique.

(e) La Lacerta nigra de Wolf n'est encore qu'une variété mélanienne de notre espèce; c'est peut-être, sous l'influence de certaines conditions, une persistance ou une augmentation, chez l'adulte, de la livrée caractéristique du jeune âge ^ Cette co-

^ Sous l'influence de la pourriture et de la dessication, ces parties deviennent aussi quelquefois vertes ou bleues. (Voyez, à propos de ces décolorations, y. Fatio, Les Reptiles et les Batraciens de la Haute-Engadine ; Archiv. des Se. Phys. et Nat. XXI, nov. 1864.

* Cette teinte mélanienne générale qui recouvre les dessins omemen-

78 PArNE DES VERTÉBRÉS^

Faces supérieures présentant, chez le mâle^ depuis T occiput jusque sur la queue, une large bande dorsale d'un gris verdâtre, brune, noirâtre ou rougeàtre avec des taches plus ou moins apparentes, brunes ou noires, quadrilatères ou allongées, disposées par paires ou alternantes, ou encore réunies en une sorte de seconde bande superposée ; des traits ou des points blancs ou jaunes bordant généralement ces taches foncées, et souvent aussi distribués sur leur centre. Les flancs, jusque sur les côtés du dos, d'un gris-verdàtre ou d'un vert brillant, semés de taches assez irrégulières brunes ou noirâtres, plus grandes près du dos et souvent marqués d'un point clair au milieu K

Tête brune en dessus, avec ou sans taches noir&tres; verte, grise ou même roussâtre sur les côtés.

Membres giis, verdfttres, bruns ou verts, et marqués de petites taches noirâtres et blanchâtres. Doigts clairs, verts ou d'un gris brunâtre.

Queue participant généralement aux diverses teintes et taches du tronc; mais, souvent aussi, de même que les membres postérieurs, un peu rousse sur les côtés.

La femelle plus claire, généralement grise ou brune en dessus, avec une bande dorsale moins foncée ; en sorte que les taches sombres, souvent plus fortes que chez le mâle, paraissent davantage. Les flancs gris ou brunâtres, et rarement verts conune chez le mâle, mais présentant, dans leur, partie supérieure, des taches brunes ou noires, plus grandes, carrées ou au moins plus régulières et plus nettement marquées sur le centre d'un point blanchâtre ; souvent aussi une seconde ligne de taches foncées plus petites et de traits clairs, en dessous de cette première.

Iris, dans les deux sexes, jaunâtre, brunâtre ou rougeàtre avec des reflets dorés.

Faces inférieures, chez le nude^ d'un vert un peu moins brillant que celui des flancs, ou jaunes, ou jaunâtres et constamment semées de i)etits points noirs.

^ Ra/ournowski (P'nune du Jorat) appelait Lézard Léopard cette forme oceUée si commune chez notre Lacrrta ëtirjnum.

Les femdles d'un verdfttre clair, grisâtres ou jaunâtres, souvent avec des reflets cuivrés, et présentant rarement, en dessous, le pointillé noir caractéristique du mâle. Jeunes : tête grosse, presque aussi large que longue ; écailles dorsales plus courtes que chez les adultes, arrondies ou carrées. Les points clairs apparaissant, dans le premier âge, avant les taches foncées.

Cette espèce varie moins que la précédente dans notre pays. Je n'ai jamais trouvé, en Suisse, la forme dite Seps stdlatus ou 5. ruber qui présente, sur toutes les faces supérieures, une large bande longitudinale d'un rouge de brique. Je n'ai rencontré, comme variétés plus accentuées, que des femelles d'un gris trèsclair avec des macules presque eflfacées, et des mâles d'un vert assez brillant avec des taches dorsales formant sur le dos une bande noire, large et continue.

Femelle M&le

Longaeur totale 0«,182à0»,228à0'»,232

» de la tête (à T occiput) 0,015 0,0195 0,021

> du tronc (du collier à l'anus) 0,050 0,057 0,057 » , du membre antérieur (de Paisselle au bout

des ongles) 0,023 0,024 0,027

> du membre post. (jusqu'au bout des ongles). 0,031 0,035 0,037

> du quatrième orteil (du côté du troisième). 0,0105 0,0115 0,0125

> de la queue (depuis l'anus) 0,110 0,141 0,143

Le Lézard des souches habite une grande partie de l'Europe et quelques contrées limitrophes de l'Asie. Il s'étend beaucoup plus au nord que le Lézard vert, mais par contre un peu moins vers le sud. On le rencontre en Angleterre, en France, en Allemagne, jusqu'en Suède et assez avant en Russie, aussi bien qu'en Crimée et dans le nord de l'Italie.

J'ai trouvé cette espèce, plus ou moins abondamment, dans la plupart de nos cantons; elle m'a paru, toutefois, plus commune dans la partie occidentale de notre pays.

Ce Lézard vit de préférence dans le fond des vallées et ne s'élève guère au-dessus de 1200 mètres dans les Alpes où il est remplacé par son congénère vivipare. Il se tient surtout dans les broussailles, dans les haies et le long de la lisière des bois; ce-

même espèce dans les taillis d'aulnes qui bordent les marais d'Orbe, dans le canton de Vaud. L'existence de ce Lézard dans des conditions si différentes peut sembler en opposition avec son habitat constamment supérieur dans les Alpes; cependant, cette apparente contradiction peut s'expliquer d'une manière naturelle par le fait que la même espèce se trouve, comme je l'ai dit, en d'autres pays, dans les marais de la plaine et qu'elle va très-volontiers à l'eau, nageant et plongeant avec beaucoup d'adresse.

H m'est arrivé, à plusieurs reprises, dans nos montagnes, de voir un Lézard vivipare que j'avais dérangé sous son abri près d'un ruisseau, se précipiter dans l'eau sans hésitation et sans que je Ty pousse, y plonger résolument et se maintenir caché dans le fond où je finissais parfois par le découvrir blotti immobUe sous les herbes.

Cette espèce met au monde des petits vivants qui sortent de l'œuf au moment où ils sont pondus ou peu de minutes après, et courent bientôt lestement à droite et à gauche.

C'est quelquefois vers la fin d'avril ou le plus souvent en mai que le Lézard vivipare sort de sa cachette, dans nos Alpes. Durant les premiers jours, après la fonte des neiges, il est encore à demi engourdi et se laisse prendre facilement ; mais bientôt fl secoue tout à fait ces derniers restes de torpeur hivernale et, réveillé par l'ardeur du soleil, il commence joyeusement le prélude des amours. On le rencontre alors, comme je l'ai dit, un peu partout, et jusqu'à de grandes hauteurs, dans les petits bois, sur la lisière des forets, dans les prairies humides, sur les pentes gazonneuses ou encore volontiers dans les amas de rocailles. Il s'éloigne peu de sa demeure ou de ses galeries souterraines dont les ouvertures sont généralement cachées sous quelque abri, une grosse pierre, une racine ou un tronc renversé. Sa nourriture consiste principalement en petits Coléoptères, en Mouches, en Sauterelles et en Araignées.

Les conditions locales et les années plus ou moins favorables avancent ou reculent également l'époque de l'accouplement et celle de la parturition. Les petits naissent parfois dès la fin de juillet, mais le plus souvent en août ou seulement en septembre ; ils jouissent ainsi peu de temps de leur premier été, dans

les régions élevées. Ce n^est pas avant leur troisième année qne ces Lézards sont capables de reproduction ; et encore les jeunes femelles ne mettent-elles au monde, le plus souvent à cet ftge, que trois à cinq petits, tandis que les vieilles en font, chaque année, généralement de cinq à huit, dans les Alpes, plus rarement dix *, par exception jusqu'à douze ^ en plaine.

A une époque également plus ou moins h&tive, suivant les sai* sons et les niveaux, tous ces petits êtres, jeunes et vieux, à demi transis, se retirent dans leurs quartiers d'hiver où, groupés en famille, fls attendent, endormis et profondément ensevelis sous la neige, le retour d'un nouveau printemps.

Sous-GENRE 2. LÉZARDS PÉTROPHILES

PoDARCis, Wagler

Le tronc est plus ou moins déprimé et le dos aplati.

Les écailles des faces supérieures sont très-petites ou granuleuses et partout juxtaposées ; celles des flancs sont à peu près de même forme et de même grosseur.

La tête est grande, large en arrière et acuminée en avant, déprimée et beaucoup moins haute que la moitié de sa longueur ; l'occipitale est très-petite, les nasofrénales sont simples d'ordinaire. La région temporale présente généralement une grande plaque circulaire, dite disque massetérifiy entourée d'écaillés beaucoup plus petites.

' Ce chiffre de dix cité par Tschudi (Monog. der schw. Echsen) me pantt très-rare chez les individus de nos Alpes qui habitent au-dessus de 13 k 1400 mètres.

' M. J. Combe m'a assuré qu'une femelle de cette espèce, prise près d'Orbe, avait mis au monde, sous ses yeux, une douzaine de petits noirâtres. Je n'ai jamais rencontré ce nombre extrême qui me parait tout à tait exceptionnel.

Les verticilles de la queue sont composés d'écaillés allongées, mais non acuminées et franchement tronquées à l'extrémité, chez l'adulte; ce membre diminue rapidement de diamètre, peu après la base.

Les scutelles abdominales sont disposées sur six ou sur huit séries parallèles. Le membre postérieur et piîncipalement le quatrième orteil sont allongés, comparés au tronc et à la patte antérieure.

Les Lézards de ce groupe recherchent de préférence les terrains découverts, arides et escarpés, les graviers, les murailles et les rochers; ils sont généralement ovipares.

La Suisse ne possède qu'un seul représentant de ce sous-genre ; une seconde espèce européenne, la Lac. oxyceph(da, habite la Corse, la Dalmatie, etc.

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