‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 106 sur 309 · FLAMMAXT ROSE Flamii/f/o — Fiannniiigo · texte numérisé non relu

FLAMMAXT ROSE Flamii/f/o — Fiannniiigo

PHOK.NICOPTKIU'S liOSKUS Pallas.

Bec, selon la courbe, environ deux fois la tête et presciae moitié du torse (voy. tig. 53). Doigt médian passablement jdus court <pie le tiers du tarse, légèrement plus long (pie II externe. Jambes nues sur trois quarts environ de leur longueur. F et F rémiges échancrées au bord interne, ‘F et 3” rétrécies au bord externe; 2° lapins longue; l'° égale à 3° ou presque à 2'. Pennes cubitales un peu courbées, déqmssant les rémiges et (ïtteignant qmrfois le bout de la queue (ad.). — Rose ou d’un blanc rosé, avec les couvertures alaires rouges, les rémiges primaires noires, le bec rose, noir vers le bout, et les pieds roses.

Long. tôt. (bout de la queue) 9 — FfiO — F,50 f ; aile

qdiée 0'^,390 — ddO; queue 0'“,140 — 170 — 180; tarse 0‘“,300—350 ■ — 380; médian, avec ongle 0'^,0S5 — 095; bec, selon la courbe 0'^,140

Phcenioopteeus eoseos l'allas, Eoogr., II, ii. 207, 1811. Bailly, Ornitli. Savoie, lY, p. 282, 1854. JJegl. et Gerbe, Oruith. eur., II, p. 334, 1867. Friiseh,\ôge\Enl'op., Tab. 44, Fig. b,juv., 1871. Salvadori, Cat. B. Brit. Mus., XX VU, p. 12, 1896. Sharpe, Hand-Iist, 1, p. 205, 1899. — Pu. buber Meisneru. Sch.(nec Linnéj,\ügel (1er Scbweiz, p. 242, 1816. Friden'clt, Deutsche Yôgel, 4“ éd., p. 841, 1891. — Ph. eueopæus Vieillot, N. Dict., XXV, p. 517, 1819. — Pu. aotkjuoküm Temminck, Man. Oruith., II, p. 578, 1820. Savi, Omit, tosc., II, p. 363, 1829. Scliinz, Fauna helv., p. 114, 1837. Riva, Omit, ticin., p. 424, 1865. — Pu. eeythrævs Salvadori, Cat. Ucc. di Sard., p. 102, 1864.

Mtde adulte: D'un rose claii'. un peu plus vif sur la tête, le dos et les harbes externes des pennes caudales, avec les couvertures alaires d'un beau rouge carmin et les rémiges primaires noires. Nudité des loi'ums et tour dos yeux roses. Bec d’un rose plus rouge, avec le bout noir; pieds d’un rose i-ouge; iris jaune.

P'emelle adulte : Plus p('tite et d’un blanc rosé, avec le haut de l’aile généralement d'un rouge moins vif.

PllÉNICOPTKKlUKS

Jeunes, avant la mue : D’un gris cendrp, avo'C dos macules noirâtres sur les rémiges secondaires et les i-ectrices. Bec grisâtre'. l)run à la pointe. Pieds livides. Iris jaune pâl('.

la naissance: Couverts d’un duvet court et laiiu'ux. avec fines soies .sur la tête, en majeure partie Idanc, mais cendré clair sur la tête, le dos et les ailes. Bec droit, plissé longitudinalement vers la pointe de la mandibule inféiâeurc, et d’un l'oux rembruni, avec nudité latérale prolongée jusfpi'au delà dos yeux. Doigts antérieurs entièrement palmés, d’un roux pâle, avec ongles bruns {sec. Vian).

Le Flammant n'a fait tpie de très rares apparitions en Suisse, et les quelques individus qui y ont été rencontrés, parfois en petits gi'oupes. le plus souvPTit isolés, étaient bien certainement îles oiseaux erratiques égarés. Je ne connais que les quelques ob.servations suivantes; mais il est probable (pi'il y en a d’autres encore qui m'ont échappé. Nous vendons, je crois, toujours moins de ces oiseaux bizarres dans le pays, par le fait ipie les lieux de nichée les plus voisins, dans le midi de la France, sont de moins en moins fréquentés et productifs.

Dans des notes manuscrites, mon père a .signalé un Flammant tué, en 1777, dans des marais près d'Aubonne (Vaud), où d'auti-es oiseaux de la même espèce auraient été vus. à peu près à la même époque. L’individu en question ayant, .selon mon père, fait partie des collections du Musée de Genèvi', je me demandi' si ce n’est pas le sujet très vieux et mauvais qui. seul Flammant du pays, figure aujourd'hui dans la collection locale du dit ùlusée. sans date et comme censément tué à Divonne, également dans le bassin du Léman, non loin de Genève. Il est fort possible qu’il y ait eu quelque confusion entre ces deux noms si voisins, et que le nom de Divonne ait été écrit par erreur poiii' Aubonne ou vice-versa. Autri'inent cela ferait deux Flamniants au lieu d'un.

Meisner et Schinz ( Vôgel der Scbweiz) raconti'iit, en 1815. d’après M. Amoretti, (pie, de temps à autr('..des Flamniants se voyaient sur les rives des lacs Majeur et de Lugano. Les mêmes auteurs citent un de ces oiseaux tué, en 17ù:i. à Grandson. au bord du lac de Neuchâtel. Peut-être ('st-ce à cette capture qu’il faut rapporti'r la donnée de Brelini d'un Flammant tué sur les bords du lac de Neuchâtel, en 171)5. — Selon les mêmes encore, plusieurs Flammants auraient été vus, en 1811. sur les bords du lac de Constance, d'où cpielquesuns allèrent se faire tuer sur divei's points, en Allemagne. — Necker (Oiseaux des environs do Genève) disait, en 1823. ijiie la collection locale de Jurine conti'iiait un Flammant, évidemment tué

KOHASSIEKS

non loin do cotto ville. — Un do ces oiseaux aui-ait été vu près de Berne, en 1805, et, peu après, sur les hord.s du lac de Neuchâtel. — On en cit(! un aussi, mais .sans date, près du lac de Jlorat. — jM. a. D., de Genève, urallirnu.' avoir vu et parfaitement reconnu à leur bec coudé, au commencement de septembre 1S53, en Valais, à Gampenen, entre La Souste et Tourtemagne. dans un pré, entre le Rhône et la route, une paire de Flammants, dont on lui dit qu'ils étaient dans ces parages depuis quinze jours au moins. — Riva (Orn. ticin., 1805) rapporte qu'un Flammant fut tué, en 1858, .sur les bords du lac de N(‘ucbâte]. — Le iMusée de Zui'ich compte deux Flammants tués près de Berne, l'un en 18()4, l'autre en IBIit); le dernier est peut-être celui qui m'a été signalé comme rencontré la même année également près de Berne. — Un autre aurait été vu sur rAaregrien. près de Berne encore, en ISbO.

De ces quelques données il semble ressortir ([ue la majorité des rencontres de Flammants constatées en Suisse l’ont été dans les parties ouest ou sud-ouest du pays.

Le Flammant rose est un oiseau très sociable, suivant les conditions plus ou moins erratique ou migrateur, qui voyage et vit généralement en nombreuse compagnie, recherchant surtout les lacs, les grands marais ou les étangs saumâtres des Imrds de la mer. B vole bien, cou et pattes tendus, marche posément ou court rapidement, pai'fois en s’aidant dés ailes, s’il est très pressé, et nage aisément, quand l'eau est suffisamment profonde. B prend des postures assez comiques et exécute volontiers, sur ses longues pattes en apparence si maladroites, avec ses semblables rangés en tile. des courses ou des danses fort amusantes, durant lesquelles ces oiseaux semblent se plaire à montrer la jolie parure rose de leurs ailes entr'ouvertes. Haut perché, avec un très long cou qui lui fait atteindre la hauteur d'un homme, et avec un bec gros, comme cassé au milieu, ce dégingandé pei'sonnage a souvent l’air un peu grotesque. Son cri semble exprimer le mot krnk. B se nouriàt surtout de petits animalcules aquatiques, vers, insectes, larves, petits mollusques, etc,, qu'il recueille dans la vase, en barbotant, le bec renversé sous l’eau, la mandibule supérieure contre le sol, et tamisant ainsi les aliments entre les lamelles qui bordent son bec à l'intérieur. B niche dans les grands marais, sur des îlots ou dans l’eau, bâtissant, avec de la terre nu do la vase, une sorte de petit monticule conique, creusé au sommet, sur lecfuel il couve en se couchant, les jambes l'epliées, comme d’autres oiseaux, selon quelques auteurs, ou en y appuyant seulement la partie postérieure du corps et tenant les jambes écartées de cbaqiie côté.

IIKRODIOXS

Ses œufs, généralement au nombre de 1 ou de 2 au plus, de forme ovéc allongée ou elliptique, à bouts un peu inégaux, et relativement ti'ès gros, avec coquille crétacée très épaisse, d’un blanc de chaux, sans taches, bien que souvent plus ou moins salis, mesurent génél'alenient 0'”,0S9 — 095 sur 0"',055 — OGO, plus rarement 0”,080 sur 0'''.050 selon Gei'be,

L’espèce babite le sud de l'Europe et l'Afrique, ainsi que l’ouest et le centre de l'Asie, les bords des Alers Eoire et Caspienne, entre autres, et jusque dans les Indes. Elle se reproduit en Sardaigne et dans le midi de la France, ainsi qu'en Espagne, où elle hiverne même sur quelques points. Erratique plutôt que migratrice, elle se répand plus ou moins du côté du nord, particulièrement vers la tin de l’été ou en automne, et cela parfois jusqu’en Angleterre.

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