‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 125 sur 309 · CIGOGNE BLANCHE · texte numérisé non relu

CIGOGNE BLANCHE

Weisser Storch — CicogHci hianca.

CICONIA .\i-BA Willughby.

Bec Hotablenieid 2>liis court que le tarse, assez r/raduellemeid coiujirinié, avec arête stq). quasi-redilig ne etqwiute droite. Tarse heaucouj) ]}lus long que deux fois le médian avec ongle (voy. lig. 57). T', 2° et 3" grandes rémiges jirofondément érhancrées au bord interne, 4° moins; 2°, S” et 4° rétrécies au bord externe, moins; 4° souvent légèrement plus longue que 3"; T' égale « jjeu qirès à (T. Espace nu de la région orbitaire assez étroit. Pas de plumes prolongées à l’ocxiput; jtlumes allongées du jabot pointues. — Plumage blanc, à l’exception des couvertures grandes et antérieures, des scapulaires, des rémiges et des cubitales qui sont noij:es, ainsi que. la nudité des loriims et des orbites. Bec et pieds rouges (ad.), d’un noir rougeédre (juv.).

Ijong. tôt. P, 030 — T", 200; aile pliée O'’’, 550 — 070; queue 0'°,220 — 260; tarse 0'^, W0 — 235; médian, avec ongle O'", 085 — 098; bec, au front 0"',140 — 193 ((é^, 127, juv.).

Ardea ciconia Linné ex G-essner, Syst. Nat., éd. 10, 1758, et éd. 12, 1, p. 235,

Ciconia alba Brisscm, Ornith., V, p. 365, 1760. Meisner u. Sch., Vôgel der Schweiz, p. 194, 1616. Temminck, Man. Orn., H, p. 560, 1820. Savi, Omit, tosc., II, p. 336, 1829. Nihson, Skand. Faiitia, Fogl., II, p. 157, 1835. Sehinz, Fauua liclv., p. 106, 1837. Bailly, Ornith. Savoie, IV, p. 103, 1854. liiva, Omit, ticin., p. 106, 1865. Begl. et Gerbe, Orn. eur.. H, p. 316, 1867. Fritsch, Vcigei Europ., Tab. 41, Fig. 3, 1871. Friderich, Deutsche Vôgel, 4« éd., p. 844, Taf. 44, Fig. 2, 1891. — C. ABBESCBNS, C. NtVEA, C. OANDiDA Brekm, Isis, 1830, p. 988. Vôgël Deutschl., p. 574 et 775, 1831. — C. major Brehm, Naumnnnia, 1855, p. 289. — • C. alba VAE. MAJOR, C. AZEETH, C. ALBA ASiATicA Severtz., Turkest. levotiL, p. 68 et 145, 1873. — C. myctbeioehyncha Severtz., Journ. für Orn., 1875, p. 182. — C. ciconia Sharpe, Cat. B. Brit. Mus., XXVI, p. 299, 1898. Hand-list, I, p. 190,

Noms vulo. S. F. : Cigogne, Cigogne blanche. — S. A. ; Storch, Geineiner Storch. — S. I. : Cicogna, Seigogna.

Mâle et femelle, adultes. •VA\i[ève\\m\t (riiii blanc assez pur, mais sans éclat, sauf les couvertui'cs grandes et anterieures, b's scapu-

CICONIIÜÉS

laires, les pennes cubitales et les rémiges qui sont noires, avec légers reflets verdâtres et violacés. Parties nues des lorums et de.s orbites noires ou noirâtres. Bec, jambes et pieds d’un rouge vermillon, le premier un peu jaunâtre vers la pointe. Iris brun foncé.

Jeunes de l’année ; Passablement plus petits. D’un blanc moins pur; noir des ailes un peu nuancé de brun; souvent un petit trait brun sur la baguette des plumes frontales. Bec et pieds d’un noir rougeâtre.

A la naissance ; Couverts d’un duvet l)lanc, laineux, moyen et assez épais, plus court et plus clairsemé sur les flancs, le bas du cou et le milieu du ventre, n’accusant pas la queue. Bec relativement court et noirâtre, avec le bout de la mandibule supérieure d'un blanc jaunâtre ; pieds noirâtres aussi, avec le dessus des doigts d'un blanc jaunâtre, vers la base surtout.

Variétés : Le Musée de Berne possède, dans sa collection suisse, une intéressante variété de la Cigogne blanche adulte, tuée, le 25 août 1885, à Kandersteg, dans le canton de Berne, qui, avec un mélange de tons gris et une taille plutôt grande, semble aftéctée de tendance au mélanisme. Toutes les faces supéideures, y compris la tête, le cou et la queue, sont ornées d’une teinte cendré-bleuâtre, surtout foncée sur le dos ; le.s couvertures alai res, petites et moyennes, sont blanches; les grandes couvertures et les rémiges sont noires. Toutes les faces inférieures sont blanchâtres, un peu salies de gris, particulièrement sur les côtés. Le bec et' les pieds sont d'un brun jaunâtre. Elle mesure : long. tôt. P", 120; aile pliée 0™,580; queue 0'",250; tarse 0'”,205 ; médian, avec ongle 0'",087 ; bec, au front 0“,1()0.

La Cigogne blanche est oiseau de passage régulier et nichemr plus ou moins répandu, mais aujourd’Imi moins fréquent qu’autrefois. Elle se reproduit aussi bien au nord, du côté do Bâle, que dans les différentes régions de' la plaine suisse, entre Alpes et Jura, principalement dans celles de la Thour, de la Limmat, de la Rcuss, de l’Aar et do la Sarine, dans les cantons de Soleure et d’Argovie surtout. Cependant, dans quelque.s localités, comme à Lucerne, bien des nids, auti’cfois occupés chaque année, ont été peu à peu abandonnés. Elle est rare par contre, pendant la Itelle saison, dans le liassin du Léman et le Bas- Valais, au sud-ouest, bien qu’on l'y voie passer tous les ans, parfois même en assez grand nombre, et assez rare aussi, maintenant, à Test, dans les Gri.sons, dans le Rheinthal particulièrement où elle nichait très volontiers autrefois. Enfin, elle n’est guère que de passage irrégulier ou exceptionnel, suivant les localités, dans le Tessiu. au sud des Alpes. Le dessèchement succe.ssif des marais et des pi'airies a beaucoup contribué à la diminution

IIÉRODIONS

(lu iioiiibro dos nichousos dans le pays, depuis le iiiilipu du dernieisi(>dc onvii-on.

Elle iriiiveriie pas d'ordinaire dans le pays', et Je ne sache jtas (lu’elle ait reiicojitrée, sur teire, à une certaine hauteur dans les Alpes. Cependant, il est très prohalde (pie, passant (rordinaire en silence, très haut, parfois à. perte de vue, et faisant généralement de longues étapes dans s(>n migrations, elle traverse souvent sans s’arrêter des cliaînes ou des cols fort élevés dans le pays. Elle voyage d’ordinaire de jour, pattes et cou tendus, et c’est généralement entre mi-février et mi-mars, exceptionnellement déjà fin janvier, tjii’elle nous arrive, (d on août, souvent entre le 10 et le 20, parfois encore en septembre, (libelle nous (|uitte, en mêiüe temps (jue celles qui. venant de contré('s plus septimtrionales. pa.ssent souvent (Ui assf^z grand nombre.

La Cigogne blanche recherche, ainsi que je l'ai dit, le pays découvert. les plaines bien arrosées, les prairies humides et les marécages. Elle tient moins, semble-t-il, que l’espèce suivante, la Cigogne noire, à la proximité des bois ou des forêts pouvant lui offrir de hauts perchoirs pour la nuit, au moins en été; car. durant la saison do reproduction qu'elh* passe chez nous, elle dort volontiers près de son nid. sur une muraille édevée ou sur le. faîte d’une toiture. Elle marche posément, avec une sorte de dignité, le cou un peu plié en S. Son vol est aisé, puissant, généralement élevé, volontiei-s planant et très soutenu. Souvent elle exécute, les ailes tendues et immobiles. de largos voltes ou spirabrs. à la façon des Rapaces. Quasimuette, elle ne produit guère qu'une sorte de silflement. mais, elle trahit par contre très bruyamment toutes ses impressions par de vigoureux claquements des mandibules de son bec. varié's sur tous les tons et plus ou moins précipités, jja nourriture qu'elle prend, alternativement sur le sol ou dans l’eau, s'y avançant souvent jusqu'au ventre, consiste en animaux petits (A grands; elle absorbe non seulement des serpents-, (h's lézards, des grenouilles, des pois.sons. d('s mollusques, des vers (A des insectes, mais aussi divers petits

‘ Ce n’est pas, je crois, (pie la Cigogne soit très frileuse car, raconte Meisner, Sprüngli conserva plusieurs années un de ces oiseaux apprivoisé, qui, eu hiver, malgré la neige et les plus grands froids, ne manquait pas d’aller tous les jours en quête de nourriture près de l’eau, au bord de la Limmat en particulier, où à plusieurs reprises on dut la dégager au matin de la glace dans laquelle elle avait les pattes prises.

Tscliudi a vu, près de SCGall, une Cigogne qui, s’envolant avec une forte Couleuvre qu’elle n’avait pas sufBsamnient étourdie à coups de bec, retomba bientôt d’assez haut sur le sol, étouffée par le.s contractions musculaires du serpent enroulé autour de son cou.

CICOKIIDlis

mammifères, souris, taupes et même jeunes lièvi-es à roeea.sion, ainsi (jue (litfér('nts oiseaux 1ms nieheurs. C'est un véritable prédateur (|ui détruit beaucoup <lc poissons et de couvées; aussi est-on en droit de se demander si les services (pdelle peut rendre, en avalant l)eaucoiip de campagnols, peuvent compenser les dégâts (pfelle, fait, en détruisant aussi bien du gibier, ainsi (|ue de petits auxiliaires emplumés de l'agricnlture. Ne serait-ce pas plutôt à la croj'ance populaire qu'elle porte bonheur aux demeures choisies par elle pour recevoir le précieux dépôt de sa famille qu'il faut attiàbuer la protection si anciennement et si généralement accoi-dée à cet oiseau '.

Il semble que les doux sujets d'une paire n'arrivent pas toujours ensendtle sur le lieu de nichée, mais que parfois la femelle précède de quel(|ues jours le mâle. C'c'st généralement en mars, plus ou moins tôt ou tard, (pie c(*s oisea'ux comnu'ncont ou à l'éparer l'ancien nid (pi'ils viennent retrouver, y superposant d(> nouveaux matériaux. ou à construire un bercimu neuf pour leur futui-e famille, quelquefois .sur un arbre, plus souvent sur le haut d'un éditice, dans une ville ou un village, ou sur le faîte du toit de (piehpie maison dans la campagne, parfois sur une cbeinirnh’. Ce nid. vaste et épais, est bâti, en très large coupe, de branchages enchevêtrés, avec base (le teiTc ou de gazon et garniture intérieure d'berbes, de ])lumes, de chiffons ou de morceaux de papier. La femelle pond d’ordinaire (‘U avril et couve assidûment pendant 29 à 31 joui's. Les poussins re(;oivent d'abord, assis sur leurs tarses, leur première nourriture, des moIlus(pies nus mi particulier, mais, plus tard, ils se dressent complètement dans le nid. pour dévorer les ju-oies diverses (pie leur apportent les iiarents; c’est alors (pie ceux-ci, pi’écautioniu'iix. relèvent souvent, par l'adjonction ib' nouveaux brancbage.s,le.s bords du berceau de leurs petits, qui m* le ipiitteront guère (pi 'après cimi à six semaines d'existence, plus nu moins tôt ou tard dans h' courant de juin, suivant les années et les circonstances, parfois même au comiiK'nccmeiit de juilhff seulement,

L('s (l'iifs. au nomlire ordinaire de 3 ou 4. parfois 5. le dernii'r ne venant pas toujours à bien, sont de forme (‘llipti(pie plutôt allongée, à bouts obtus et (las très gros, à cocpiille épaisse. as.s(>z lisse, quoique ffnement grenue, et d'un blanc mat immaculé. bi(‘n (pie (piehpiefois légèrement salis de jaunâtre. Ils mesurmit d'ordinaire 0"',073 — 078 .sur 0"'.051 — 055, rarement jusqu’à 0''‘.085 sur 0'",0(i0.

L'espèce est assez répandue en Europe (ff dans le centre occidental de l'Asie, hivernant généralement dans les Imb's ou en Afriipie,

' Les anciens Egyptiens considéraient déjà la Cigogne comme une divinité bienfaisante.

HÉKODIOXS

On la trouve sui' notre, continent, plus ou moins rouimune, depuis l’Angleterre, le sud de la Scandinavie et la Finlande, jusque sur les côtes de la Méditerranée; cependant, elle ne se reproduit guère eu grand nombre que dans les pays où. comme dans le nord de l’Allemagne et en Pologne, par exemple, on lui accoi*de protection.

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