SYRRHAPTE PARADOXAL Steppenhalm — Sirmtte
SVKHIIAI'TES l’AllAmiXU.-f PallilS.
Bec, au front, un peu plus loiifj que le doigt interne, à peu près égal à l’externe. Tarse quasi-égal au. doigt médian avec ongle. T° rémige plus ou moins effilée, dépassant plus ou moins les rectrices latérales. Penne cuhitale max. ne dépassant guère la T ou la 8° grande rémige. Sus et sons-caudales longues et pointues. Redrices médianes terminées en fil noirâtre plus ou moins prolongé. — Dos gris-jaunâtre, maculé de noir. Têteja une-roussâtre. Un plastron cendré, bordé de noir et de blanc sur la poitrine; une large ceinture noirâtre ou brune sur le bus-ventre. Sous-caiulcdes et pieds blancs, f ad., roussâtres, $.
Long, tôt,, sans fil terminal des rectrices médianes, 0'",270 — 290, avec fil terminal, 0"',-l00 — 130 à O"', 47 O ; aile pliée, sans ou avec prolongement de 1" rémige, (>"',200 — 225 à O”‘,205; queue, sans ou avec fils terminaux, O'",! JO — J20 à0“‘,230 (0”‘,250); tarse, comme le médian c(vec ongle, 0"‘,0J(J — 013; bec, au front ()”',(> 10 — OU.
Tetrao paradoxa Fallas, Reise, II, p. 712, 1773 (Voyages, tnid., VIII, App., p. 54, 1794). — T. PARADOXUS Gmelin, Syst. Nat., I, p. 755, 1788.
Syrrhaptes PARADOXUS IlUger, Prodrom., p.243, 1811. JDegl. et ffepi/e,Oi'nith. eur., IL p. 28, 1867. Fritsch,y6ge\ Europ., Tab. 32, Eig. 12, 1871. P'riderieh, Deutsche Vogel, 4® éd., p. 936, Taf. 48, Fig. 8, 1891. Ogilvie-Grant, Cat. R. Brit. Mus., XXII, p. 2, 1893. Dubois, Faune Vert. Belgique, Oiseaux, II, p. 27, 1894. Sharpe, Hand-list, I, p. 50, 1899. — S. Palx,asu Temminck, Pig. et Gall., III, p. 282 et 716, 1815. — S. iietehoclita Vieillot, Gai. des Oiseaux, III, p. 64, pl. CCXXII, 1825.
Nematura paradoxa Fischer, Méin. Soc. nat. Moscou, III, |). 271, 1812.
Heteroclitus T.tRTARicus Vieillot, Nouv. Dict., XIV, p. 453, 1817.
Mâle adulte: Face.s doitsales, y compris crouiiioii, couvortuics alaires et sus-caudakvs, d’un cendré jaunâtre, tacliées et barrées transversalement do noir; les grandes couvertures bordées de rouxmarron. Tête grise sur le sommet et la région parotique, d’un jaune roussâtre sur la face et les côtés, teinte passant plus ou moins à l'orangé sur le derrière et le devant du cou. Haut de la poitrine couvert d’un large pla.stron cendré, bordé au bas de petits croissants noirs liserés de blanc. Ventre jaunâtre ou gris-jaunâtre.
SARCLEURS
immaculé. Ba.s-ventre traversé par uue large ceinture noirâtre, remontant plus ou moins sur la région crurale. Région anale et sous-caudales blanches. Grandes l'émiges d’un cendré bleu, la première bordée de noir. Rectrices grises en dessus, largement barrées de roussâtre sur le côté et terminées de blanc. Pieds blancs ou blanchâtres; ongles noirâtres. Bec et iris bruns.
Femelle adulte: De teintes moins vives, avec le dessus de la tête varié de petites macules longitudinales noirâtres et un étroit demicollier noir sur le devant du cou. Plastron pectoral cendré, |)lus étendu et tacheté de noii'âtre sur les côtés. Bande ventrale jaunâtre, plus pâle et plus étroite. Ceinture du bas-ventre d’un brun foncé. Sous-caudales roussâtres. Pieds d'un gris roussâtre. Filets terminaux de la P" rémige et des rectrices médianes moins prolongés.
Jeunes de première année ; De teintes moins tranchées, avec prolongements de la première rémige et des rectrices médianes encore peu accusés.
Le Syrrhapte paradoxal ou Hétéroclite, découvert par Pallas, en 1771, dans le Gouvernement d’Orenbourg et chez les Kirghises, puis retrouvé plus au nord, dans les steppes de Gobi, en Asie, était encore peu connu, quand il vint, en 1851 , se jeter en si grand nombre dans les environs de Pékin, que bien des naturalistes purent alors l’étudier à loisir. B était cependant encore étranger à notre continent lorsque, poussé peut-être par le même besoin d’émigration qui l’avait porté vei-s la Chine, il fit, en 1859, quelques incursions en Russie d’Europe, en Hollande et ju.sque dans les Res Britanniques. On en était encore à chercher les causes de ces apparitions insolites, quand enfin, en 1863, des bandes très nombreuses de cet oiseau envahirent de nouveau l’Europe, où on les ob.serva dès les premiers jours de mai et où, se divisant de plus en plus, elles se répandirent assez vite dans presque tous les pays. Le prof. Newton, dans une notice qu’il publia sur le sujet dans l’Ibis, en 1864, signala la présence du Syrrhapte sur le continent, en 1863, depuis Brody en Galicie, à l’est, jusqu’à Naran sur les côtes occidentales du Donigal, en Irlande, à l’ouest, et depuis Thorschavn, dans les îles Færoë, au nord, jusqu’à Biscarolle, au pied des Pyrénées, au sud. Ajoutons, selon Salvador!, onze à douze caidnres faites à la même latitude à peu près, en Italie supérieure et centrale, en 1863 et jusqu’en 1864’. Des troupes plus ou moins fortes séjournèrent assez longtemps dans dittérentes contrées incultes et sablonneuses de l’Europe moyenne et septentrionale, dans quelques parties du nord de
’ Elenco degli Uccelli italiani, p. 193, 1887.
SYRRHAPTIENS
la France, en Allemagne, en Danemark et en Angleterre, par exemple; quelques paires y nichèrent même et l’on tua çà et là, en 1864, de jeunes Syrrhaptes nés sur le continent.
C’est pendant cette grande invasion de 1863 que ce curieux oiseau a été rencontré sur trois points en Suisse, ainsi que je l’ai déjà raconté en 1865 Deux individus i.solés furent tués dans les champs, près de Genève, vers le milieu d’août; un autre, seul aussi, fut capturé au commencement de novembre, près de Ziegelried, dans le canton de Berne ; enfin un quatrième, également isolé, fut tué, le 9 décembre, à Sumpf, près de Zoug. Nulle part on ne vit de bandes de Syrrhaptes eu Suisse ; les quelques rares sujets capturés devaient avoir été accidentellement séparés de leurs semblables et s’être foui’voyés dans notre pays, si différent de leur habitat ordinaire.
Depuis lors, on a revu à diverses reprises des Syrrhaptes en Europe, dans le nord principalement, mais jamais en aussi grande quantité et sur une aussi grande étendue de pays qn’en 1863. Je ne crois pas qu’aucune capture certaine ait été faite en Suisse depuis les quatre dont je viens de parler. A deux ou trois reprises on m’a signalé, il est vrai, de prétendues rencontres ou captures de cet oiseau dans différentes parties du pays; mais il m’a été impossible d’obtenii' des preuves positives de ces assertions et, pour la plupart des cas où j'ai pu remonter à l’origine de la nouvelle, il s’agissait d’un dire plus ou moins douteux, parfois même d’une erreur de détermination k Cependant, à des demandes d’informations que j’adressai au D' P. Vouga, à St-Aubin, cet excellent observateur me répondait, fin août 1895 : « Je ne connais pas d’Hétéroclitc paradoxal tué dans notre canton ; mais, il y a cinq ou .six ams, j’ai vu trois de ces oiseaux passer ensemble tout près de moi, sur le lac de Neuchâtel, et je les ai parfaitement reconnus. »
Le Syrrhapte vit, comme je l’ai dit, en .sociétés plus ou moins nombi’euses, de préférence dans les steppes ou sur les sables, se nourrissant surtout de graines et de jeunes pousses de plantes diverses. Il court vite, malgré l’exiguité de ses pattes, et vole très rapidement avec ses ailes si longues et pointues. Il voyage d’ordinaire en rangs serrés, un peu comme les Pluviers, mais, avec la tête plus rentrée dans les épaules, il paraît avoir les ailes plus en avant. Il est de naturel farouche. Son cri, variant avec les circonstances, a été traduit par les syllabes : quoiiick, quonicJc, alors qu’il vole, et par kock, kock ou kri, kri, quand il court.
' Bull. Soc. orn. suisse, I, jiart. I, p. 111, 1865.
^ Un censé Syrrhapte tué près de Zurich n’était par exemple, m’a-t-on assuré, qu’une simple Gelinotte.
SARCLEUUS
Il pond, à terre, dans une petite dépression à peine garnie de quelques débris végétaux, 4 œufs oblongs, ii bouts largement obtus, et assez gros, d’uii fauve clair, roussâtres ou grisâtres, avec des taches terreuses ou d’un brun roux, et niesui-ant 0"‘,03S) — 042 sur 0'",027— 030.
L’espèce est asiatique et vit principalement dans les steppes de Tartarie et de la Sibérie occidentale.
Division II, des GALLIF’ORMES
GALLIFORMES
Bec plus OU moins ramassé et courbé en avant, à angle mentonnier peu accusé; narines en fente ou oblongues, avec revêtement nu ou emplumé. Tarses plus ou moins élevés, parfois emplumés, le plus souvent nus, écussonnés ou scutellés en avant, plus ou moins réticulés ou écussonnés en arrière, avec ou sans éperons. Pouce constant, sauf chez les Turnicidés, inséré généralement plus haut que les doigts antérieurs ; ceux-ci d’ordinaire moyens et plus ou moins reliés à la base par une épaisse meml)rane, avec ongles plus ou moins gros. Ailes voûtées et arrondies, courtes ou moyennes, à rémiges généralement non échancrées au bord interne. Queue plus ou moins développée, plate ou tecti forme. Tète emplumée ou en partie nue, avec ou sans appendices charnus.
Œufs généralement nombreux.
Les représentants de cette riche division, sarcleurs ou pulvérateiirs par excellence, sont répandus dans les diverses parties du globe et peuvent être distribués dans plusieurs familles, dont quati'e, Tetraonidæ, Phamaniâæ, Ferdicidæ et Tnrincidæ, figurent à l’état sauvage en ïlurope, la première et la troisième comptant seules des reitrésentants autochthones en Suisse.
La famille des P//n,9mw.idrP, cpû comprend nos Coqs et poules domestiques {Oallns ilomesticus Brisson), d’origine asiatique, est représentée aussi sur le continent par le Faisan ordinaire (Phasianus colcJiicusL.), importé d’Asie Mineure dans bien des pays d’Eui-ope et, comme je le dirai plus loin, assez récemment introduit sur quelques
TÉTRAONIDÉS
points en Suisse. Les Tnrnicidæ, oiseaux de petite taille, à queue très courte et généralement sans pouce, sont propres à l’Afrique, ainsi qu’au sud do l’Europe et nous font complètement défatit.
Trois autres groupes, familles ou sous-familles suivant les auteurs, Pavonidæ, Meleagridæ et Numididæ, sont représentés snr le continent et en Suisse, par dos espèces domestiques : le Paon {Para eristatus L.), des Indes, le Dindon {ileleagris gallopavo L.), de l’Amérique, et la Pintade {Numida meleagris L.), d’Afrique.