XXXV. — Famille II : TÉTRAONIDÉS
TEÏRAONIDÆ
Bec court ou assez court, peu ou rnédiocreinent fendu, large en arrière, à bords unis, avec mandibule supérieure convexe, passablement courbée ou subcrochue en avant, et envahie à la base par de petites plumes préfrontales couvrant entièrement les narines, généralement basales (voy. flg. 10). Tarses courts ou moyens, en tout ou en majeure partie emplumés et sans éperons. Pouce élevé. Doigts antérieurs relativement longs, franchement reliés à la base par une membrane épaisse, souvent nus, parfois emplumés (voy. flg. 6, 7 et 9). Ailes moyennes, plus ou moins ari-ondies L Queue large, bien développée, plate ou plus ou moins tectiforme. Le plus souvent un espace nu au-dessus des yeux. Corps lourd; cou moyen ou un peu ramassé ; tête plutôt petite.
Œufs nombreux. — Poussins courant très vite après leur éclosion.
Les représentants de cette famille, de taille relativement grande, avec formes assez lourdes, courent vite sur le sol, perchent plus ou moins selon les espèces ou les circonstances et ont iin vol qui, bien que généralement droit et peu élevé, peut être, à l’occasion, exce.ssivement rapide. Leur nourriture consiste en graines, baies ou petites feuilles, et plus ou moins en insectes, vermisseaux ou |)etits mol-
‘ Chez beaucoup d’entre eux, chez nos représentants de la famille, eu particulier, les grandes rémiges ont le bord externe en ai>parence régulier, tandis qu’elles sont généralement un peu rétrécies en avant de leur base, sous les couvertures antérieures.
SAKCLEDRS
lusques. Ils grattent et fouillent très souvent le sol soit poui’ y chercher quelque proie à piquer, soit pour se rouler dans la poussière. Sociables ou vivant en famille, ils sont généralement sédentaires et, suivant les genres, monogames ou polygames. Ils établissent à terre des nids peu compliqués et pondent das œufs généralement nombreux ou assez nombreux.
Les Tétraonidés sont assez répandus en Europe, en Asie et dans le nord de l’Amérique. Les ti'ois genres, Lagopus, Tetrao et Bonma, qui les représentent en Europe et en Sui.sse, peuvent être répartis dans deux sous-familles assez naturelles, Lagopinæ et Tetraoninæ, que séparent des cai'actères morphologiques, oologiques et biologiques particuliei’s.
Sous-Famille I, des LAGOPIENS
LAGOPINÆ
Tarse assez bas, entièrement emplumé. Doigts également tout couverts de plumes, sauf en dessous. Ailes moyennes, soit relativement plus longues et moins arrondies que chez les Tétraoniens qui suivent.
Œufs plutôt gros, oblongs, avec petit bout largement obtus, et d’ordinaire tout couverts de grandes taches brunes ou noirâtres plus ou moins confluentes, sur fond clair.
Les Lagopiens sont -sociables et monogames. Ils ne perchent généralement pas et leur vol, qui rappelle parfois un peu celui des Pigeons, est beaucoup plus léger et accidenté que celui des autres Gallinacés galliformes.
Un seul genre, représenté par quelques espèces et sous-espèces, dans les régions élevées et le nord de notre hémisphère.
H4. — Genre 1 : LAGOPÈDE
LAGOPüS Brisson '.
Bec sif b globuleux, à peu près égal à demi-tête, couvert par de petites plumes jusqu’ au milieu environ, un peu plus
* Ex Gessner.
LAGOPIEXS
lafQC que haut à la base et bien convexe en avant ; la mandibule supérieure dépassant léqèrement l'inférieure. Tarse trapu, entièrement enveloppé de plumes douces et assez longues. Doigts couverts de plumes subpili formes jusqu'aux ongles , sauf sur la ligne médiane, en dessous ; le pouce élevé, mais court, portant généralement à terre par son ongle.
Ongles ant. larges, plus ou moins obhis, évidés en dessous et plus ou moins allongés (voy. flg. 6). Ailes moyennes, médiocrement larges, subaiguës ou subobtuses , couvrant moitié de la queue ou un peu plus; P''rémige généralement un peu, plus longue que 7'. Queue moyenne, subcarrée oti un petc arrondie, quasi-plate, avec 10 à 18 rectrices carrément arrondies , les médianes plus ou moins confondues dans les sus-eaudales. Un petit espace nu et papilleux au-dessus de l'œil.
Œufs : Voyez la .sous-famille.
Les Lagopèdes habitent les régions septentrionales de notre hémisphère, jusqu'assez avant dans le nord, et les Ali)e.s, généralement en pays découvert. Ils sont monogames, vivent, suivant les conditions ou les saisons, par paires, en famille ou en plus ou moins nombreuse société, et sont, selon les circonstance.s, sédentaires ou plus ou moins ei-ratiques. -Le mâle u’abaudonne d’ordinaire pas la femelle pendant l’incubation, comme le font ceux de beaucoup de Tétras. Ils courent vite et volent très bien. Leur nourriture consiste surtout en baies, graines, petites feuilles et bourgeons.
Leur livrée, à peu d’exceptions près généralement blanche en hiver, varie avec les .sai.sons et est sujette â deux mues plus ou moins complètes, compliquées de transformations estivales s’opérant avec ou sans changement de plumes. Les tarses, les doigts, les rémiges et les rectrices paraissent cependant ne muer qu’une fois l’an ; il n’y a pas jusqu’aux ongles qui ne se renouvellent aussi, en changeant un peu de forme, soit en devenant par usure plus étroits en été qu’en hiver. Les plumes de la livrée d’automne et d’hiver
Fifî. t». Pied gmifliG du Laooi’Us ALiM.Mîs, {id. on hiver, coté externe.
SAIÎCLEUKS
sont généralement plus longues et plus Iburnies que celles d’été, mieux doublées et plus duveteuses.
Les œufs sont presque semblables dans les differentes espèces.
Ce genre compte plusieurs espèces eu Europe, eu Asie et dans le nord de l’Amérique, dont trois, comprenant quelques races ou variétés locales, se trouvent on Europe; ce sont : notre Lagopus alpimis Nilss. {L. mtiiits Mont.), du nord et des Alpes, auquel, malgré l’antériorité du nom de Montin, j’attribue de préférence le qualificatif (Valpmus, notre Lagopède ne pouvant guère être taxé de muet par qui l’a un peu observé dans nos Alpes; le Lagopns albus Gmol. {L. saliceM Temm.), de Scandinavie, de Russie et du nord de l’Amérique, notablement plus fort que le précédent, blanc aussi en hiver, mais sans bande noire devant l’œil, chez le mâle, et en partie rouxmarron en été; et le Lagopns scoücKsBviss. (Grouse), des Iles Britanniques, en toute sai.son presfiue entièrement d’un brun rouge et peut-être sous-espèce géographique du précédent.
Le premier seul figure en Suisse.