‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 141 sur 309 · OIE CENDRÉE' (jrnuyaus — Oca parjlwttaua · texte numérisé non relu

OIE CENDRÉE' (jrnuyaus — Oca parjlwttaua

ANsnu ci.NiîiiKus .Meyer.

Bec, pur le côté, seiisihletiieiit pins court (pie le tarse et léyèrenwnt moindre que le doigt interne avec ongle, relatirement éjmis, à arête quasi-droite, avec onglet snbarrondi, généralenient aussi large que long, et saillies maxillaires latérales assez fortes. Ailes demeurant

* Souche (le notre Oie domestique ordinaircc

LA JIELLI ROSTRES

sensiblement en arrière du bout de ki queue; l'° et 2° rémifjes franchement éehancrées au bord interne, ^ et ô’” rétrécies au bord externe. Queue subarrondie, à 18 redrices assez larç/es, avec, jietite pointe conique nu sommet. — Tête et cou d'un cendré brunâtre. Bas du dos et croup'ion d’un cendré bleuâtre; ventre blanchâtre, le plus souvent sans taches. Bec entièrement jaune, avec onglet blanchâtre.

Long. tôt. O"', 7 H — 90 fO“',9S); celle pliée ü"',42 — 47 ; ciueue O"', 1.5 — 17; tarse O"', 009— 075; médian, avec ongle. 0'^,083 — 091 ; bec, aux côtés du front O'", 001 — 008.

Anas ausek Linné ex Gessner, Syst. Nat., éd. 10, 1 758, et éd. 12, 1, p. 197, 17G6.

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Noms vues. S. F. : Oie cendrée. Oie sauvage. — S. A. : Wilde Gans, Schneegans. — S. I. : Oca salvadegha.

Mâle et femelle adultes : Tête et cou d'un cendré brunâtre, souvent avec une étroite liordure de petites plumes lilanclies à la hase de la mandibule supérieure. Haut du do.s, scapulaires, cubitales, grandes couvertures et moyennes eu grande partie, d'un bimn cendré, avec bordure des plumes gris-roussâtre pâle ou blanchâtre; petites couvertures, couvertures moyennes en partie, couvertures antérieures, bas du dos et croupion d'un cendi'é bleuâtre ; sus-caudales extrêmes et latérales blanches. Eectrices d'un brun un peu cendré en dessus, finement bordées et largement terminées de blanc, les deux externes entièrement blanches ou à pem près. Rémiges noires ou noirâtres, sauf les trois premières cendi-ées au coté exteime. Poitrine et ventre d'un cendré blanchâtre; les flancs ondés de brun, la région anale et les sous-caudales blanches. Les faces inférieures parfois un peu maculées de noir ou de noirâtre (chez de vieux sujets). Bec entièrement d’un jaune plus ou moins orangé, avec onglet blanchâtre; pieds jaunes ou rougeâtres; iris brun foncé.

— Femelle plus petite et de teintes plus claires.

AXSÉRIBKS

Jeunes: D’abord en inajeuro partie d'un gris roussâtre; puis, (qnès la mue: rappelant b's adultes, quoique d’ordinaire sans macules sombres aux faces inférieures et volontiei-s sans trace de blanc il la base du bec.

A la naissance : Entièrement couverts d’un duvet épais, ferme ('t assez long, sauf sur la tête et le cou. laineux et liarbolé à la liase, filiforme à rextrémité, surtout aux faces supérieures. \’ei‘tex et manteau de teinte cuivrée, vert-jaunâtre un peu .soml)re; ailes et cui.sses lavées de jaune et do gris; front et côtés de la, tête d'un jaune terne; poitrine d'un jaune faiblement lavé de roux; gorge et faces inférieui’os jaunes; loiainis et tour des yeux pâles, comme les joues. Bec conique et noirâtre, avec, onglet d’un lilanc terne. Pieds bruns, avec les membranes lavées de jaune. lias gris-brun [sec. Vian).

Variabilité: Cette espèce, dès longtemps privée et élevée dans diverses conditions, a pris en domesticité des proportions et souvent une livrée passablement différentes de celles du type sauvage. Ses fréquents croisements, non seulement avec des Anséridés d’autres genres, mais encore avec certaines espèces d’Anatidés. môme de Cygnidés, ont donné lieu, en outre, à la création de plusieurs formes intermédiaires embarrassantes, dont je ne parlerai point ici, comme résultant pour la plupart de rapprochements en privé 011 artificiels (voyez tà ce propos: De. Hdys-Longclmmx>s : Récapitulation des hybrides oliservés dans la famille des Anatidés ‘.

L'Oie cendrée, .souclie première de notre Oie domestique ordinaire. est oiseau de passage régulier, plus ou moins rai-e, dans nos diverses régions, au nord et au sud des Alpes, moins fréquente que l’espèce suivante, sur les lacs et les grands cours d’eau, sur les grèves, dans les prairies et dans les marais. Elle passe liant, le cou tendu, on criant beaucoup et <à coups d’ailes relativement lents, indifféremment de jour ou de nuit, fin février ou surtout en mars, et dans la seconde moitié d'octobre ou plus souvent en novemlire, exceptionnellement déjà tin septemlire. Scs bandes, de 5 à 10, 20 ou 30, parfois 40, plus rarmnent (iO individus disposés en large V ou en simple ligne oblique, suivant qu’ils sont plus ou moins nombreux, se voient ou s’entendent assez fréquemment durant les époques de migration. Elles font de longues étapes, beaucoup ne s'arrêtent pas, et, si elles s’abattent quelque, part sur l'eau, pour se ri'poser, ou dans ([uelque marais ou prairie, pour y prendre un peu

^ Acad. Roy. des Sc. de Bruxelles, XII, u® 10, 1845 et XXllI, n» 7, 185G.

LAMELLIROSTllES

fie nourritui-e. elles s'y montrent toujours très faroiiclics et difticiles à ap])roelier. Beaucoup de troupes suivent la plaine suisse, aussi scinl)lent-(;lles. en antoinne. plus noinhreuses du côté de (lonève qu'ailleurs dans le pays, à cause <le réti-anglonient du large entonnoir (jiii. du nord et du nord-e.st, conduit au sud-ouest, enti'e le Jura et les Alpes. D'autres traversent les Alpes par des cols élevés, la Maloya. le Splügen. le Lukinanior et le Gothard. par oxeniple; au-dessus de 2000 ni., en s'engageant dans ditt'ércides vallées, celles de l'inn. du Rhin et de la Reiiss en particulier. On en a vu entre autre à diverses reprises près d'Anderinatt, dans la vallée d’ürseren. au printemps, et sur les lacs de la H'^-Engadine. Je ne crois ])as qu'elle ait jamais niché dans le pays. On tue peu de ces oiseaux on Sui.sse, tandis que dans les contrées septentrionales où ils opèrent la mue, on peut en capturer beaucoup en été. pendant les quelques semaines où, privés de leurs i-émiges. ils ne peuvent pas voler.

Les cris très discordants de l'Oie cendrée, qu'on entend de fort loin dans les airs, rappf'llent beaucoup ceux de l'Oie domestique. L'appel ordinaiiv a été traduit par f/alikah/cahyak- plusieurs fois répété, ou \w f/nihkik, quand les sexes s'entre-répondent; en conversation ce serait plutôt toffr/ftoftoffoL eu joie .sous l'in-

fluence de la crainte kaahkahkak,kahkak,kaknknkahk(ik prolongé; en colère c'est encore une sorte de sifflement ou (h' soufflement émis la tête en avant et le bec entr'ouvert. Sa nouri'iture consi.ste surtout en herbes et graines diverses qu'elle broute ou recueille dans les prairies et les champs ensemencés, auxquelles elle ajoute quelques iusectes et mollusques. Elle pèse environ 3 à 3 kilos et me- .sure jusqu’à 1“‘,50 à L'éGO d'envergure.

Dans les pays plus septenti'ionaux. où les Oies se reproduisent surtout, elles nichent ilès le mois de mars, volontiers en colonies, mais un peu à distance les unes des autres, dans les parties les plus cachées et reculées des grands marais, où elles biltissent sur terre, souvent sur quelque îlot, des nids a.ssez volumineux et plus ou moins écrasés ; c('ux-ci, composés de petites branches et surtout de roseaux à peine entrelacés, sont garnis à l'intérieur d'abondantes plumes, ainsi que de duvet (pie les femelles s'arrachent aux parties ventrales de leur pei-sonno et dont elles recouvrent souvent leurs œufs. L'inculiation dure quatre semaines. Los mâles, très jaloux, se livrent souvent de terribles combats, à l'époque des amours.

Scs teufs. assez semblables à ceux de l'Gie domestique, .sont au nombre de 7 à 12. parfois même 14. et généralement moins nombi-eux chez les jeunes femelles ipie chez les vieilh's. Ils sont rela-

AN8ÉKIENS

tivement forts, comparés à ceux des Cygnes, de forme sulielliptique plus ou moins allongée, à coquille assez épaisse, finement poreuse et assez lisse, et d’un blanc jaunâtre. Ils mesurent généralement O^.OSô — 090 (parfois jusqu'à 0'",09(i) sur 0"‘,058 — 004 (except. O^.Oàd).

L’espèce se reproduit enti-e les 45" et 00" degrés nord, en Europe et en Asie, et se répand eu automne dans les contrées méridionales de ces continents, jusqu’entre, les 90" et 20" degrés. Elle niche en particulier en Russie, dans le nord de l’Allemagne, dans les Pays- Bas, en Danemark, en Suède et en Angleterre, et se répand eu automne vei's le sud. pour hiverner dans les régions méridionales de l’Europe et le nord de l’Afrique, en Algérie et au Maroc.

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