LV. — Famille III: ANATIDÉS
ANATIDÆ
Bec généralement plus large en avant qu’en arrière ou quasi-égal (parfois légèrement plus étroit), droit ou retroussé, plus rarement courbé ou feuilleté vers le bout, et médiocrement fendu, soit d’ordinaire un peu au delà de l’aplomb du front, avec ou sans caroncule; généralement un peu plus haut que large, à la base, ou quasi-égal, parfois légèrement plus large, avec un onglet terminal plus ou moins large ou long, aux deux mandibules. Mandibule inférieure plus ou moins enveloppée par la supérieure. Lamelles latérales généralement étroites et plus ou moins allongées. Narines ouvertes sur les côtés, dans des fosses nasales plus ou moins étendues (voy. fig. 65, 67, 68, 71, 73 à 77, 79, 80, 83 et 85). Membres postérieurs plus ou moins reculés: jambes plus ou moins courtes, généralement nues sur un très petit espace. Tai’ses courts ou assez courts et plus ou moins pincés, généralement réticulés, avec de petites plaques on avant, sur tout ou partie de la ligne médiane et plus ou moins haut, au côté externe de celle-ci. Doigts antérieurs plus ou moins longs, généralement entièrement palmés, l’interne en outre largement bordé au côté intérieur; pouce surmonté et court, avec ou sans lobe membraneux inférieur. Ongles relativement courts, plus ou moins arqués, aigus, subaigus ou obtus (voy.
IjAJIELLIEOSTRKü
flg. 66 et 72). Ailes plus ou moins longues et écliaucrées, généralement aiguës ou subaiguës, plus ou moins étroites et effilées, avec gi'ancles rémiges antérie\ires en général plus ou moins échancrées. rétrécies ou entièi'es (voy. fig. 69 et 81). Pennes cubitales plus ou moins prolongées, larges ou effilées et acuminées. Queue généralement courte ou assez courte et plus ou moins souple ou rigide, parfois avec rectrices médianes prolongées (voy. flg. 78 et 84). Corps plus ou moins ramassé et arrondi, ou allongé et déprimé. Cou élargi à la base, plus ou moins allongé et dégagé, mesurant assez souvent, avec tète et bec, deux cinquièmes environ de la longueur totale, un peu plus ou un peu moins. Tête ovale, plus ou moins forte, avec ou sans huppe, ainsi qu’avec ou sans appendices charnus ou peaussiers*.
Œufs assez nombreux, ovales ou subelliptiques, «à coquille assez épaisse, dui-e, assez lisse {Erismatura except.) et d’apparence plus ou moins graisseuse au toucher, jaunâtre ou verdâtre à Tintéi-ieur, blanchâtre, grisâtre, jaunâtre ou verdâtre et immaculée à l’extérieur.
Les représentants de cotte riche t'aniille, généraloiiient sociables et inigrateurs, sont, suivant la position plus ou moins avancée ou reculée de leurs membres postérieurs, plus ou moins marcheurs, même percheurs, ou nageurs et plongeurs; la plupart {Erismcdmu except.) tiennent la queue appuyée sur l’eau, et non relevée comme la majorité des Longipennes.
Plus ou moins diurnes ou nocturnes, ils recherchent, suivant le cas, leur nouriiture sur terre ou dans l’eau, de nuit ou de jour; et, à ces allures différentes correspondent des formes variées des diverses parties de leur individu, des pieds, des ailes et du bec, en particulier, [qui permettent de les grouper dans diflérentes sousfamilles. Ils habitent, selon les espèces, les bords des mers et des lacs, les cours d'eau ou les marais. C’est là qu'ils trouvent les éléments plus ou moins végétaux ou animaux de leur alimentation, avec lesquels, comme les Gallinacés, ils avalent volontiers des corps
‘ J’ai lUt jihis haut, .à propo.'i de l’ordre des Lamellirostres, que la plupart des Anutidés portent, au bas du cou, chez le mâle, une sorte de loupe en partie ossifiée et plus ou moins déveloiipée sur le larynx inférieur. On ))eut au besoin sentir au doigt, deiuiis l’i'xtéricur, ce déveloj)pement, toujours assez dur, pour détermine!' le sexe, quand les caractères extérieurs ne sufiisent pas.
AKATIDÉS
durs, petites pierres surtout, destinés à opérei- une sorte de tidturation dans leur estomac musculeux. Us voyagent généralement en bandes plus ou moins nondireiises. volant le cou tendu, de nuit ou de jour, et nichent près de leur élément favori, dans les roseaux, sur terre, même dans des trous ou sur tics arbi-cs, les petits descendus au l)esoin par leur mère, pendus à son hoc. ou siu- son dos.
Leur mue. généralement double et le plus souvent estivale, fournit, suivant les genres, des livrées d’été et d’hiver plus ou moins différentes; et, selon que les sexes se distinguent plus ou moins l'un de l’autre, les transformations du mâle en été sont aussi plus ou moins profondes. Chez beaucoup, les mâles, qui portent leur belle livrée dès rautomue et sont souvent très différents des femelles en hiver, prennent, après l'époque des amours, une livrée d’été qui rappelle assez celle de leur épouse. La plupart, perdant aloi-s presque toutes leurs rémiges à la fois, sont complètement désemparés et, pour quelques semaines, incapables de voler'. Les femelles, qui font une mue bien moins complète et moins précipitée, suivant le cas plus précoce ou plus taialive, sont l'arement désemparées comme leurs époux. — Les jeunes sont volontiers différents des adultes ou rappellent la femelle.
Les croisements entre espèces congénèr(‘s ou de genres différents sont, dans cotte famille, très fréquents, et les hybrides divers par conséquent nom1)roux.
Nous rangerons nos différents Canards, abstraction faite de trois espèces privées, membres de groupes qui nous sont étrangers, dans les quatre .sous-familles suivantes : Tadorninæ, Anatituv, Fulifjiilii/æ et Ermnaturinæ.
Le Canard musqué ou de Barbarie, Cainm nmehata Linné, représentant américain de la sous -famille des Flectropterinæ, de grande taille, avec fort caroncule sur le bec, est élevé en domesticité et se présente, .sous différentes variétés, en divers lieux dans le pays.
Le Canard mandarin, Aix galericnJata Linné, de Chine et du Japon, et le Canai-d sponsa, dit de la Cainline, Æa; (Lampronessa) spoHsa Linné, de rAméi-ique du Nord, au nombre des Canards percheurs (Dendrouessiiiæ), sont élevés en privé dans diverses propriétés particulièi'es et plusieurs jardins publics, en Suisse. Le dernier (A. sponsa), a été rencontré quelquefois en liberté dans
‘ Pour quelques espèces qui ne se reproduisent jnis chez nous et ne s’y ' trouvent pur conséquent pas en livrée d’été, je suis obligé d’emprunter i)arfois à des auteurs mieux placés sous ce rapport des descriptions sommaires des mâles en été.