‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 159 sur 309 · PI. I. = IV · texte numérisé non relu

PI. I. = IV

Bec, aux côtés du front, A peu près de la longiieur du doigt médian avec ongle, à arête carrément' aplatie devant le front, avec onglet ovale occupant environ le tiers de sa largeur maximale. 2^ rémige rétrécie au bord externe, et 3° d’ordinaire légèrement; 1”^ échancrée au bord interne, volontiers un peu plus longue que la 3’. Queue à 18 ou 20, plus rarement 16 rectrices'. Quatre pennes caudales médianes recoquillées en deux doubles boucles ou crochets superposés, en dessus^; cubitcdes très larges, assez longues et coniques (chez cf ad., en hiver et en noces). — Tête et haut du cou d’un vert brillant, avec étroit collier blanc; poitrine d’un, roux marron; sus et souscaudales noires, cT hiver et noces. Livrée roussâtre, variée de brun, 9 toujours, et (f en été. Miroir alaire d’un bleu violacé f', violet 9, bordé de noir et de blanc, en avant et en arrière. Bec jaune, verdâtre o'U brunâtre. Pieds d’un jaune orangé-rougeâtre, ou citron.

Long. tôt. 0'^,525 — 600 (0'^,620J; aile pliée 0“,555 — 290; queue 0'“,093 — tll; tarse O'", 038 — 043; médian, avec ongle 0'^,035 — 065; bec, aux côtés du front 0'^,055 — 067.

Anas BOSCHAS Lûmé, Syst. Nat., éd. 10, 1758, et éd. 12, 1, p. 205, 1766. Meisner u. Sch.,\ôge\ der Sch wciz, p. 300, 1815. Teinminck, Man. Orn., II, p. 835, 1820. Savi, Omit. tosc..IlI, p. 161, 1831. ATteon, Skand. Fauna,Fogl., II, p. 390, 1835.

Fauiia lielv.,p. 129, 1837. Bailly, Ovnith. Savoie, IV, p. 352, 1854. Biva, Omit, ticin., p. 533, 1865. Degl. et Gerbe, Orn. enr., II, p. 506, 1867. FriUch, Vôgel Europ., Tab. 51, Fig. 2 9, et Fig. 10 f, 1871. Friderich, Deutsche Vôgel,

‘ Le pins souvent 18 rectrices (plus rarement 16) chez la femelle, et 20 (parfois 18 seulement) chez le mâle.

Dans le chiffre maximum 20 sont comprises quatre pennes médianes noires, retroussées dans la livrée du mâle en hiver et en noces, dont deux médianes, un peu plus courtes que les voisines et implantées un peu plus haut, pourraient passer pour sus-caudales maximales, si leur forme conique et leur rigidité ne devaient pas les faire ))lutnt considérer comme rectrices médianes supérieures.

* Au lieu de 2 doubles boucles superposées, on n’en trouve parfois, momentanément ou accidentellement, qu’une, chez des mâles en livrée d’hiver.

LAMELLIROSTREtl

4e éd., p. 655, Tilf. 33. Fig. 2 hiver, Fig. 3 çf, tête en été, 1891 . Dubois, Faune Vert. Belgique, Oiseaux, 11. p. 432, 1894. Salvadori, Cat. B. Brit. Mus., XXVII, ]). 189, 1896. Sharpe, Hand-list, I, p. 210, 1899. — A. addnca Linné, Syst. Nat., p. 205, 1766. — A. FERA ürmojj ex Gessner', Ornith., VI, p. 318, 1700. — A. do- MESTiOA Gmelin, Syst. Nat., 1, p. 638, 1788. — A. .abchiboschas, A. sdbboschas, A . OONBOSCHAS Brehiii, Isis, 1830, p. 997. — A. pürpüreo-vîbidis Sclihis, Fauna lielv., p. 120, 1837 (bâtard).

Boschas DOMESTiCA Swaüison, Fauu.Bor. Amer., II, 1831.

Noms vül(î. S. F. : Col-vert. Canard sauvage, Marèche, Genève; Halbran jeune; Canâ, S‘-Maurice. — S. A. : Wildente, Gemeine Wildente, Moosente, Grabenenle ; Tôni, O, Soleure (selon de Burg, notes man.). — Maser, Sils (Eng.adine). — S. I. : Aneda salvadegha, Anadun, Anet salvetsch, ïessin.

Mâle adulte, en hiver et eu noces .• Tête et moitié supérieui-e du cou d’un vert foncé à reflets, avec un étroit collier Itlanc, iniparfaitenient formé en arrière, entre le vert et le roux-marron foncé qui recouvre le ha.s du cou, en avant, et la poitrine. Ba.s du cou. en arrière, et haut du dos d’un pris brun et chinés ou très finement ondés de hi'un. Scapulaires et cubitales nuancées do blanchâtre, de pris, do brun et plus ou moins chinées. Bas du dos d’un brun noirâtre. Sus-caudales et quatre rectrices médianes recoquillées en doubles boucles ou crochets, noires, avec reflets verts. Rectrices moyennes et latérales d'un gris brun ou grisâtres sur les barbi's internes, blanchâtres ou blanches au côté externe. Couvertures de l’aile d'un pris brun, les grandes blanches vers le bout et terminées de noir. Rihuiges secondaires d'un bleu violet sur les baiRes externes, Itrunâtres à la base et sur les barbes internes, noires vei’s le bout et terminées de blanc, formant sur l'aile un large miroir à reflets métalli(iues. bordé de noir et de blanc en avant et en arrière. Rémiges primaires d’un gris brun. Dessous et côtés du corps blanchâtres ou légèrement jaunâtres, chinés ou finement striés transvei-salemcnt de noirâtre. Sous-caudales noires. Bec jaune ou d’un jaune verdâtre avec onglet noir; pi('ds d’un oi-angô plus ou moins rouge; iris brun ou brun-rougeâtre.

Feiuelle adulte fquasi-setuhlable en toute saison) : Tête et cou romssâtres, mouchetés et striés de noirâtre en dc.s.sus et sui- les côtés; le sommet de la tête et les .sourcils plus foncés. Faces dorsales d'un brun foncé, toutes plumes largement bordées de roussâtre. Faces inférieures et latérales roussâtres, rembrunies au bas du cou et à la poitrine, avec taches et macules allongées brunes. Couvertures de l'aile et rémiges primaires d'un brun cendré, avec miroir

* Anas fera torquata niinor Gcssncr.

ANATIKNS

violot, hovdô flo noir ot de Idaiie, «ir les rémiges secondaires. Kectrices hrunes. bordées de blane-roussâtre. Bec parfois d'un gris verdâtre ou bruuâtrc, souvent jaune ou jaunâtre, plus ou moins taelié de noir. Pieds d'un jaune plus ou moins orangé. Bec et pieds bien plus petits que ceux du mâle.

Mâle adulte, en livrée d'été (voy. ])!. I. au |)remier plan, et comme comparaison, à gauche en arrière, mâle et femelle en livrée d'biver et de noces) : Rappelant assez la femelle, eu plus sombre, avec les cubitales moins développées qu'(‘n liiver et en noces, et pas de rectrices retiwissées en crochets sur la ([uem''. Dessus et dei’rièrc de la tête d'uu bnin noirâtre, avec un large sourcil roussâtre moucheté de noirâtre; côtés de la tète et cou d'un roussâtre pâle et finement mouchetés de noii-âtre. les mouchetures généralement plus courtes que chez la femelle, avec lorum et une bande allongée derrière l’œil, noirs ou noirâtres. (L'individu (pii a servi pour ci'tte description avait encore, lin juin, une ou deux petites traces de vert métallique sur rune des joues)-. Gorge d'un roussâtre clair immaculé. Dos et couvertures alaires d'un brun foncé notalilement plus uniforme qui' chez la femelle; croupion, sus-caudales ('t rectrici'S médianes d’un brun par places plus ou moins foncé; rectrices externes d'un blanc un pi'u sale. Rémiges d’un gris brun; miroir, comme en hiver, d'un bleu viob't bordé de noir et de blanc, en haut et en bas, ainsi (pie de noir et de marron en arrière, sur les cubitales. Bas du cou sans traces de collier; poitrine et flancs d’un brun roussâtre, avec taches d'un brun noir plus ou moins arrondies, en croissant ou anguleus(*s; ventre gris-roussâtre, un pim tacheté de liriin; région anale et sous-caudales nuancées de blanchâtre et de grisâtre, et légèrement variées de brunâtre. Bec d’un vert un peu sombre, avec l'onglet et souvent l'arête supérieure noirâtres. Tarse et doigts d'un jaune orângé pâle ou citron; les uumibranes brunâtres ou mâchurées de brunâtre.

Cette livrée estivale e.st portée par le mâle sauvage pendant trois à (piatre mois, de mi-mai ou juin à mi-août ou septembre, y compris les deux périodes de mue ou de livrées transitoires^; et. dans

‘ Les rectrices alors parfois au nombre de dix-iuiit.

^ ,J’ai relevé cette description, le 28 juin 1899, sur un mâle de 2® année, choisi entre quelques autres quasi-semblable-s, qui avait porté déjà pendant dix mois la livrée de noces adulte parfaite; c’est aussi l’individu que j’ai fait figurer sur la pl. I, en avant, avec une paire d’adultes en livrée d’hiver et de noces, comme point de comparaison, en arrière.

’ Cette limite peut être quelquefois plus reculée encore, avant que l’oiseau ait complètement rei)ris sa belle livrée. J’ai dit que la mue m’a jiaru se faire bien plus irrégulièrement chez nos Canards domestiques.

LAMELLIKOSTRES

le premier cliangeiiient de son plumage, (jui dure suivant les cas trois à quatre semaines, l'oiseau perd rapidement toutes ses pennes alaires et caudales, toutes ses rémiges en particulier, si bien qu’il est absolument incapable de voler pendant quelques semaines, souvent de mi-juin à mi-juillet ou pai-fois au commencement d'août. — La femelle fait une mue beaucoup plus limitée et moins précipitée, bien que perdant aussi passablement de duvet; mais, ne changeant d’ordinaire que peu à peu ses rémiges, elle est rarement désemparée comme son époux

■Jeunes, avant la mue: Ressemblent assez à la femelle.

■Jeunes, après la mue: Les jeunes mâles portent, dès la première année, la livrée d’hiver et de noces i)arfaite du mâle adulte. Les jeunes semblent muer un peu plus vite que les vieux.

A la naissance: Couverts d'un duvet ass('z épais, de couleur olive ou olivâtre foncée, aux faces supérieures, avec quatre taches symétriques d'un jaune pâle sur le dos. Côtés de la tête et gorge, ainsi que devant et côtés du cou jaunes; cette couleur dessinant une large bande .sourcilière, au-des.sous de laquelle se trouve, sur les lorums et en ai-rière jusqu'à la nuque, un bandeau d’un olive noirâtre; une tache de même couleui- sur l’oiTille. Faces inféi-ieun's d'un jaune pâle. Bec d’un brun olivâtre, avec onglet pâle, en dessus, jaune en dessous; pieds bruns, marbrés de jaunâtre.

Variétés et hybrides: On rencontre frécpiemment. en domesticité surtout, des individus plus ou moins tachés de blanc, parfois même entièrement blancs, ou de couleur Isabelle. On cite aussi des sujets pâles, chez le.squels toutes les teintes sont très atténuées, ou, au contraire, quoique plus rarement, des sujets plus foncés ou plus sombres que la moyenne. Linné a décrit, sous le nom d’. lwus adunca (Canard à bec courbé), une monstruosité de foi-me purement accidentelle de notre Anas boschas. La présence de 18 rectrices à la queue chez l'A. conhoschas Brehm, du Groenland, n’est pas pour motivei' une espèce, car elle se voit aussi souvent clu'z Anus boschas ordinaire. On a créé, dans divers pays, des races variées, parfois très différentes de la forme typique ou primoi-diale, sur le comiffe desquelles je n'ai pas l'intention de m’étendre ici. 11 y en a, comme le Canard dit de Rouen, qui sont beaucouiJ plus grosses, avec la brillante livrée de l'espèce mère ; d'autres, également très fortes, sont par contre blanches, avec bec jaune, comme YAylesbury. Le Canard de Pékin e.st aussi blanc comme le dernier, mais un peu

* Un mâle de Boschas sauvage ayant opéré, en captivité trop resserrée, une mue très irrégulière et très retardée, était encore incapable de voler vers le milieu d’août 1901.

AXATIEXS

moins gros. Le Canard du Labrador, de la taille d'un fort Marèrlu’ (Boschas), est entièrement noii-, avec reflets verts. Le Canard mignon, blanc ou gris, est une race de petite taille et de pui- ornement. On voit souvent dans différentes races, petites comme le Mignon ou grandes comme le Rouen, des individus dits liu]>2)és qui portent sur la tête une forte houppe de plumes duveteuses.

Fuifiu, on connaît des hybrides de Boschas avec divers Anatidés. résultant d'accouplements entre sujets captifs ou en liberté, qui ont donné lieu pai-fois à la création de fausses espèces. Je citerai, en particulier, parmi les hybrides produits d’accouplements eu privé, ceux de Cairina mosebata et A. hosciuis on l'inverse, et de Tadorna mrnutn avec A. boschas; ainsi t|uc, parmi les bâtards trouvés eu lilierté, plus noml)reux mais plus ou moins avérés, ceux résultant de l'accouplement de Boschas avec: A/ws acuta. Ch. streperus, Sp. clgpeata, M.penelojic et Querg. crecca, dans nos Canards européens, avec A. americann,A. obscura ' ,Aix sgmnsa et Fuligula rujitorgues d'Amérique. Je reviendrai, chemin faisant, sur un ou deux de ces hybrides rencontrés dans le ]jays, remvoyant, pour la description des livrées forcément varialfles de ces formes intermédiaires, aux études spéciales de de Selgs'^ et de SucheieC.

Je signalerai plus particulièrement le bâtard qui a été décrit par Schinz (Fauna helv., 1837, p. 126) comme espèce nouvelle, sous le nom d'Aufos purpureo-viridis, et ([ue l’on attiàbue assez géuérah'ment au croisement d’A. boschas femelle avec le Cauarrl de Barbarie (Cairina moschata) mâle.

Avec une taille notablement plus forte, il présente une livrée qui, bien qu’assez variable, est cependant constamment différente de celle de Boschas. Le premier sujet décrit par Schinz, un mâle, avait la têt(' et le haut du cou d’un vert foncé, à reflets d’un rouge pou)-pré. le dos d’un vert foncé à reflets métalli(iues, le miroir d’un vert cuivré, la poitrine d'un brun rouge clair, les flancs d'un brun pâle, le vcjitre blanchâtre, les sus-caudales d’un vert brillant et les sous-caudales rougeâtres. — L’individu que je possède dans ma collection. /ew<eZ/c tuée près de Genève en 1841 (long. tôt. O™, 630), a le dessus de la tête et le derrière du cou d’un noir brunâtre à lé-

‘ Peut-être sous-espèces lociiles seulement de Boschas.

® Récapitulation des liybridos observés dans la famille des Anatidés, jiar Ed. de Selys-Longehamps : Acad. roy. de Bruxelles, XII, n» 10, 1845, et XXIIl, n“ 7, 1850.

® Oiseaux hybrides rencontrés à l’état sauvage, jjar A.Suchetet: Mém. de la Soc. zool. de France, IV, 1® et 2® parties : Palmipèdes, p. 1 17-178, 1891, et : Additions et modifications, vol. à part, 1897.

[.AJIEIJJEOSTKES

"crs l'cllets verdâtres; toutes les faces supcideui-es d’uii l)ruii foncé, avec fine hoi'dnre l■oussâtre des plumes dorsales, scapulaires et suscaudales; l'aile hrune, avec miroir moitié violet, moitié noir, bordé de blancliâtro et noir en avant, finement liseré de blanc en ai-rière; les joiu's roussâtres mouchetées de noirâtre; les flânes et la région crurale d’un brun noirâti-e; toutes les faces inférieures, de la gorge aux sous-caudales inclusivement, d’un roussâtre claii' immaculé, sauf vers le bas du cou et le haut de la poitrine qui sont d'un roux un peu plus foncé et. par places, légèrement ondes de noirâtre; rectrices brunes, largement bordées de blanchâtre. Bec verdâtre devant le front et en avant, noirâtre, entre deux en des.sus et sui- l'onglet; pieds orangés.

Des sujets de cet hybride ont été capturés, à diverses i-eprises, sur diflérents lacs de la Suisse, où ils se trouvaient mélangés à d'autres Canards sauvagt's. Deux furent tués sur le lac de Constance, dont l'un vint dans la collection du Colonel Frey, à Aarau. Vouga cite cet oiseau comme de passage accidentel sui- le lac de Neuchâtel, où un aurait été tué. Trois ont été successivement capturés sur le lac Léman, un premier en avril 1815. ainsi qu'un second en mars 1824, qui ont été au Musée de Lausanne', et un troisième, en 1841. qui est dans ma collection. Enfin, je rappellei'ai l'individu tué près d'Orbe. en 181)4. et sommairement décrit, jjlus haut, en note à la page 128(). à propos de TOie hyperhorée. Aucun de ces bâtards ne portait à la tète des traces des verruquosités rouges d(' Cnirim^.

Le Canard sauvage ou Marèche est commun ou assi'z commun dans toute la Suisse, au sud comme au nord des Alpes, ainsi qu’à Test et à l'oue.st. et jusqu’à (ras.soz grandes hauteurs dans le Jura et les Alpes. Il est sédentaii-e, de pas.sage ou hôte d'hiver, plus ou moins abondant suivant les localités. Des bandes plus ou moins nombreuses, qui nous viennent de contrées plus septentrionales, pa.ssent l'hiver sui- heaiicoup de nos lacs; on en voit même, aux emliouchures. jusque sur ceux de la II'‘'-Engadine. Plusieurs centaines de ces Canarda ont hiverné, entre autri's, pendant bien des années, sur le Léman, plus ou moins groupés entre Hermance, Coppet et Versoix. C’est d’ordinaire en février et en mars qu'une partie de

' Il existerait eu outre, au Musée de Lausauiie, selon le D*' Larguier, uu 3' de ces bâtards, siqiposé du Léman, mais dont la provenance ne serait jias aussi certaine.

* C’est par erreur, je pense, que G. de Burg (Ornith. Beobaeht. aus dem Jahre 1900, p. 89, 1902) cite, comme nicheur très commun, Anas boschas mr. purpureo-viiidis, au lieu de ..4. bouchas, tout simplement.

Al Id

QQ

. — Par suite d'un défaut dans le tirage de cette trichromogravure, le principal sujet, mâle en été, est ici un peu trop pâle, trop gris et trop rose ou rougeâtre (voyez p. 1667, note 2).

fî.oî) i.ob6 on i.oiiSefffLc (aoXgs U' nofc 5)*

ANAS BOSCHAS, mâle ad., en éié.

; BOSCHAS, mâle et femelle aci., en hiver.

AXAT1EX8

coux qui out passé l'iiivev sur nos eaux nous quittent, en luênie temps que ceux (pii, du midi, gagnent d'autre.s régions, plus au nord ; et c’e.st généralement vers la tin de scptemlire ou en octobre que nous voyons arriver ou passer ceux qui reclierclieut des contrées plus méridionales, ou viennent pi'endre cliez nous leurs quartiei-s d'hiver. 11 niclie le long des cours d'eau, dans les marais ou parmi les roseaux des bords des lacs, non seulement en plaine, mais aussi en montagne, là où il trouve un endroit propice, quelquefois une petite mare bordée do roseaux ou de (|uelques rocliei's seulement, jusqu'à 1500, même 1700 ou 1800 mètres, dans les Alpes. M. Pitard de Genève m'a, en particulier, dit avoir trouvé un nid de Marèche sur le bord du petit lac dit poun i, au pied des Tours d'A'i, à 1500 m.. dans le canton de Vand; et Saratz (1. c.) signale des nichées irrégulières de Boschas près de S -Moritz. à 1800 mètres environ dans la IP^-Engadine.

Ses immirs et allures sont bien connues. Son cri ordinaire rappelle a.ssez. en un peu plus vif. le quoi)/ quoi// quow qiioiu de notre Canard domestique; la plupart le traduisent pai- un qiiMk quaak qiiiiak très sonore, chez la fcimdle, et un qiiank quaak plus bas, chez le mâle. 11 vole et nage bien, mais jdonge relativement peu ou peu profondément, se contentant souvent de basculei-, le cou et la tête en bas, pour cherchei- sous l'eau, le long des rives, soit des plantes aquatiques, soit dos larves d'insectes, de petits crustacés ou des œufs de poissons, même dn menu fretin à l'occasion. 11 varie du reste volontiers ses menus, en allant chercher dans le.s prairies humides des hci-hes et de petits mollus(|ues, ou en rôdant de nuit sous les chênes, sur les lisièi-es ou dans les campagnes, pour y avaler des glands en ([uantité.

E commence à s’accoupler dès le mois de février, parfois môme déjà en janvier, mais ne' s'occupe guère de nicher qu’en mars, pondant, suivant les années, dans la seconde moitié de ce dernier mois ou seulement en avril, de neuf à douze œufs qui, après 28 jours d'incubation, donnent naissance à de petits poussins très vite hors du nid. sur terre ou à l'eau avec leur mère. En cas de nichée sur des arbres ou en lieu élevé, la mère transporte ses petits un à un jusqu’à l'eau, les prenant avec son bec, suivant divers observateurs '.

J'ai dit plus haut que le mâle privé pai‘ la mue de ses rémiges et incapable de voler, assez vite après l'éclosion des petits, se cache

‘ Peut-Être la Cane transportc-t-elIc aussi ses petits, comme la femelle Uarle, en les faisant monter sur son dos, entre ses épaules, et en planant doucement jusqu’à l’eau.

LAMELLIEOSTRES

alors clans le plus épais des roseaux, change même parfois de localité, pour faire dans l’isolement et à l’abri ce renouvellement annuel de sa livrée. Il laisse ainsi à son épouse, qui n’nst pas désemparée comme lui, le soin et l’éducation des petits qui, en août, sous le nom de Halbmns, sont en train d’échanger contre la livrée d’adultes, la première robe qu’ils avaient prise en quittant leur duvet, robe qui d’abord ressemblait beaucoup à celle de leur mèi'e. Dès la fin de juin, il n’y a plus guère de mâles adultes capables de voler; mais, vers la fin de juillet, ils ont d’ordinaire refait leurs ailes, quoique encore pour la plupart dans leur livrée bmne d’été, sous laquelle ils ne voyagent pas volontiers. Peut-être y a-t-il parfois, sous l’influence de l’âge ou des conditions, des exceptions à cette règle générale, car certains chasseurs veulent avoir rencontré, en juillet, des mâles de Canards sauvages déjà en livrée de noces, avec la tête verte, etc., tandis que, comme je l’ai dit plus haut en note, on a vu des individus désemparés encore au milieu d’août.

Son nid, établi entre les roseaux ou dans les brous.saillcs, au bord des lacs, le long des com-s d’eau ou dans les marais, parfois dans les champs non loin de l’eau, ou sous des blocs de rochers, à l’occasion dans un ai'bre creux, même, dit-on, dans un vieux nid de Pie ou do Corneille, est généralement composé de petites racines et d’herbes sèches grossièrement entrelacées, avec garniture intérieure de bourre, de duvet et de plumes.

Ses œufs, généralement au nombre de 9 à 12 (selon quelques autours jusqu’à 14 ou 15), sont d’ordinaire un peu plus petits que ceux du Canard domestique, de forme ovalaire, à coquille assez épaisse, grasse, assez lisse, même un peu luisante, et d'un verdâtre pâle; ils mesurent O"”, 055 — 060 sur 0'“,041 — 043 (0'“,045).

L’espèce est très répandue dans toute l’Europe, jusqu’au 70° degré environ, ainsi qu’en Asie, dans l’Afrique septentrionale et dans l’Amérique du Nord.

ni. — Genre 4 : CHIPEAU

CHAULELASMUS Gray.

Bec relativement étroit, sensiblement plus court que la tête, quasi-droit, passablement comprimé en arrière, très légèrement plus haut que large à la base, un peu aplati et

ANATIEN8

suharrondi en avant, avec onglet moyen, assez brusquement recourbé vers le bas ; arête sup. presque droite, un peu ascendante depuis l'avant des /bsses nasales, aplatie et graduellement élargie en arrière, avec très faibles prolongements fronto-latérauœ. Mandibule inf. droite, découverte en arrière seulement. Lamelles sup. longues, minces, quasi-verticales et bien visibles sur les deux tiet^s post. du bec, au moins. Narines au cinquième du bec environ (voy. fig. 67). Pieds relativement petits; tarse pincé, passablement plus court que le doigt interne avec ongle. Ongles moyens, assez arqués et aigus. Ailes pliées demeurant légèrement en arrière du bout de la queue; rémiges primaires médiocrement larges; !'"> sexUe échancrée au bord interne,

2® rétrécie au bord externe, 3® légèrement ;

et 2® subégales; scapulaires et cubitales médiocrement larges et plus ou moins aiguës ; miroir blanc, non métallique. Queue courte et arrondie, à 16 rectrices subarrondies et assez larges. Corps plutôt long, légèrement déprimé; cou assez long, rétréci dans le haut.

Œufs : Voyez sous-fauiille et espèce. .

Fig. 67. Bec, par dessus, de ClIAÜI.lil.AS- MUS STKEIMv-

Uüs, mAle.

La urne est double. Le mâle et la femelle sont assez différents, sauf en été. Les jeunes ressemblent assez à leur mère.

Ce genre n’étant guère représenté que pai’ une espèce très répandue en Europe, en Asie, dans le nord de l’Afrique et dans l’Amérique du Nord, je renvoie à notre Chipeau bruyant (Ch. streperus) pour les quelques données biologiques relatives à ce petit groupe qui, pour quelques auteurs, compterait une seconde espèce voisine à tous égards de la nôtre, le Ch. Couesi, de l’île Fanning. dans le Pacifique.

LAJIELLIIIOSTKES

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