I.A.MKLLIROSTEES
lisse, blanchâtres, jaunâtres, roussâtres, olivâtres on verdâtres pâles et, coniine ceux des Lamellii'ostres en généi'al, immaculés.
Les nombreux représentants de cette sous-famille, avec des membres inférieurs un peu plus i-eculés, sont moins bons marcheurs (|ue les précédents, mais peut-être plus naffeurs, (|uoi(|uo pour la plupart moins plongeurs que les Fuliguliens du groupe suivant. Ce sont aussi des oiseaux sociables et migrateurs, volant Inen, généi'alement haut et en troupes plus ou moins uondireuscs, aux époques des migrations, qui recherchent les eaux douces surtout, les marais, les lacs et les cours d'eau.
Ils prennent une nourriture plus ou moins mélangée d'éléments végétaux et animaux qu'ils recherchent, selon les espèces, sur terre ou sur l’eau, de nuit ou de jour; ils nichent le plus souvent à terre, sur les gi-èves ou dans les marais, parfois sur des arbres ou dans des troncs creux.
Avec une mue estivale double, les imiles, généi'alement différents des femelles, en livrée d'hivei' et de noces, leur ressemblent plus ou moins dans les mois d’été, à part la taille chez eux ordinairement un peu plus forte. Alors que leurs époux sont complètement désemparés par la chute quasi-simultanée de toutes leurs rémiges, les femelles, qui opèrent une mue moins complète, conservent généralement la faculté de voler (jui leur est nécessaire pour accompagner et protéger leurs petits.
Les Anatiens sont représentés dans les diverses parties du globe. Des six à huit ou neuf genres que certains auteurs comptent en Europe', six figurent (ui Suisse, soit h's genres Anus, Chaulelasiitus, Spatida, Dafila, Marmi et Qiierqiicd/iln. 11 nous manque la Sarcelle à faucilles. Qiiei-quediila (EinæUa) falcata Bonap.. et la Sarcelle formose, Querqitedida (Xettiu m) fnnmsn Georgi, qui. d’Asie, ont fait de rares apparitions en Europe, ainsi (pic la Sarcelle de la Caroline. Qiierqiiedida fXottiiiiii) ' cnralinei/sis Gm., et la Sarcelle soucrourou. Qiiei qnodiila disrors Linné, ipii, du nord de rAinérique, sont venues se montrer accidentcdlement jusque sur les côtes de l'Europe occidentale. Entin, nous .serait aussi étranger, je crois, le petit Canard marbré, Mnniinrniiptta nuf/Hstirostris Ménét., d’Asie, du nord de l’Afrique et des contrées méditerranéennes d'Europe,
* Sei)t, même huit ou neuf, si l’on détache du genre Qiierguedula Steph. la Marmaroneffa angustirosiris Mén., et V Emietta falcata Bonap., ainsi que les Nettium formosum Georgi et N. carolinense Gmelin.
ANATIENS
malgré le dire, peut-être un peu sujet à caution, d'un chasseur préparateur qui prétendait l’avoir tué une fois sur le Léman. Cette donnée m’engage néanmoins à fournir plus loin une brève diagnose de cette espèce, facile à reconnaître, pour la signaler à l’attention de nos observateurs.
no. — Genre 3 ; CANARD
ANA8 Linné.
Bec à peu p7'ès de la longueur de la tète, quasi-droit, assez large, bien que pa.ssa.hlem.ent et graduellement rétréci en arrière, légèrement plus haut que large à la base, assez aplati, avec bords largement arrondis en avant, et onglet moyen, convexe, peu prolongé; arête sup. p)'esque droite, un peu ascendante depuis l’avant des fos.ses nasales, aplatie et brusquement élargie en arrière, arec légers prolongements sur les côtés du front. Mandibule inf. droite, découverte en arrière seulement. Lamelles de la mandibule sup. assez courtes, obliques, un peu visibles vei's le milieu du bec. Narines ovales, au quart du bec enviro7i. Pieds assez forts; tarse robuste, légèrement plus court que le doigt interne avec ongle; ongles moyens, faiblement arqués et .subaigus (voy. fig. 66). Ai tes pliées demeurant légèrement en arrière du bout de la queue, avec miroir à refels tnétalliques; S' rémige la plus longue, volontiers rétrécie aubord externe et .'P plus ou moins, P''-, pui'fois quasi-égale, et généralement échancrée au bord interne' . Scapulaires et cubitales larges. Queue courte, légèrement conique, à 16, 18 ou 20 rectrices assez larges et plus ou moins coniques. Cot'ps assez long , U7x peu déprimé; cou plutôt long et dégagé.
Œufs : voyez sous-famille et espèce.
Les espèces groupées autoui- de l’Awas boschas, dans le genre auquel a été réservé plus pai-ticulièrement le nom de Canard, sont
‘ Au moins chez quelques espèces et probablement chez la majorité, si vraiment de même genre.
LAMELLIROSTRES
de taille grande dans la soiis-fainille. Ce sont des oiseaux sociables et plus ou moins migrateurs cpii fréquentent les eaux salées et les eaux douces, et cherchent, suivant les circonstances, leur nourriture, à la fois animale et végétale, sur l’eau durant le jour ou sur terre pendant la nuit. Ils volent et nagent bien, mais plongent rarement ou peu profondément. Ils nichent le plus souvent à terre, dans les champs ou les marais, parfois dans des arbres creux.
Leur mue est double. Le mâle, très différent en livrée de noces de la femelle, s'en rapproche beaucoup en été, abstraction faite do la taille, généralement un peu moindre chez celle-ci, ainsi que du bec et des pieds toujours plus petits. Les jeunes ressemblent à la femelle, jusqu’à leur première mue.
Bien que des auteurs relativement anciens aient signalé déjà le changement de livrée qui s’opère chez le mâle du Canard sauvage (A. boschasj en été, Meisner et Scliinz (VOgel der Schweiz, p. 301), en 1815. en particulier, beaucoup de Traités d’Ornithologie ont passé sous silence, jusqu’à ces dernières années, cette livrée e.stivale du Bosclias et de plusieurs autres Canards de la même sousfamille. C’est le Baron d’Hamonville qui a surtout contribué à ramener l'attention des ornithologistes sur ce fait intéressant, en décrivant pas à pas, en 1886*. la mue d’un mâle du Boschas. Depuis loi’s, j’ai eu l'occasion de suivre simultanément cette unie sur quelques Canards, partie sauvages élevés en captivité, partie domestiques, et ai remarqué que le retour à la belle livrée paraît être plus ou moins retardé, et que la mue est volontiers plus irrégulière et parfois moins complète chez les sujets dome,stiques ou privés que chez les individus entièrement libres.
Le Canard sauvage, Anas boschas, type du geni-e. très répandu et plus ou moins sédentaire en diff'érentes conditions, dans l’ancien et le nouveau monde, et souvent croisé avec d'autres espèces de genres différents, a été la souche de beaucoup de formes hy- Itrides et de races qui ont parfois reçu des noms de vaidétés ou même des noms spécifiques particuliers.
Des quatorze ou quinze espèces vivantes et plus ou moins justifiées du genre Auas, une seule se trouve en Europe et en Suisse.
'■ Bull. Soc. zool. de France, n“® 1-3, 1886, p. 286.
ANATIENS