‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 179 sur 309 · FULiaULE MILOUIN Tafelente — ^loriglione · texte numérisé non relu

FULiaULE MILOUIN Tafelente — ^loriglione

FiîLicaiLA FELUXA Linné.

Bec ntédiocremeid large, nu, peu plus loj/g, aux cotes du front, <pie le doigt interne avec ongle, déprimé ainsi qu’un peu retroussé en avant, légèrement pincé vers le milieu, bien qu’à jieu près de même largeur à la base et vers le bout, à arête écrasée devant le front, entre

‘ M. Mottiiz il trouvé dans l’cstoinac de iimdques Milouiniius tués près de Genève des Valmta antiqua, Bythinia lentaculala et Pisidium amnicum, avec beaucoup de Liinnées, Limtnea aurieularia et L. s/agnaUUs principalement, mêlées à des débris de larves de Ditisques, de Libellules et de végétaux, toujours avec de petites pierres et encore avec des noyaux de cerises.

LAIIELLIROSTRES

din(X carènes assez saillantes, jn'ohrmfées jiassablenient an delà de l’aplomb de la commissure des mandibules; onfilet relativement petit et p)eu courbé, occupant moins que le tiers de la laryear maximale (voy. fig. 74). Pas de vériicdjle huppe. Pennes cubitales subarrondies ou subconiques, assez lonques, (f ad. noces. 4™ rémige un peu érhancrée au bord inter ne, légère-

ment rétrécie au bord externe. — Tête et moitié du cou d’un rouoi rougeédre; bas du cou, haut de la poitrine et du dos, croupion et sus-caudales d’un noir brun; milieu du dos, scapulaires, cubitales et flancs flnement chinés noirâtre sur blanchâtre; vendre d’un blanc, satiné; miroir cendré, peu apparent; bec noir et bleu, cf noces. Tête, cou, haut de la poitrine et du dos d’un brun roussâtre, (piasi-noirütre suj' le vertex et l’occflut, jdus pâle à la gorge, vers le. bec et autour des yeux; dos brun chiné de blanchâtre; bec en majeure partie noirâtre, Ç.

Long. tôt. 0“‘,d.‘i5 — 500; aile pliée 0"‘,'30d — 225; queue O'", 051 — 070; tarse O'", 032 — 037 ; doigt ext., avec ongle 0"\065 — 072; bec, an bout des carènes fronto-latérales (>'",057 — 002 (0'^,052 — 055 à. la commissure).

Aras ferina Linné, Syst. Nat., éd. 10, 1758, et éd. 12, 1, p. 203, 1766. Meisner II, Sch., Vôgel der Scliweiz, p. 296, 1815. Temminck, Man. Orn., II, p. 868, 1820. Schinz, Fauna lielv., p. 129, 1837. Bailly, Ornitli. Savoie, IV, p. 388, 1864. Fridericli, Deutsche Vôgel, 4» éd., p. 673, Taf. 34, Fig. 5 et 6, 1891. — A. penelope Brisson (nec Linné), Ornitli., VI, p. 384, 1760. — A. rupioollis Seop., A nu., I, Ilist. Nat., p. 66, 1769. — A. lurida, A. erytiirocepiiala Gniel., Reise RussL. ji. 70-71, 1770. — A. RüFA Giml, Syst. Nat, 1. p. 515, 1788.

Nyrooa PERIRA Flem., Phil. of Zool., II, p. 260, 1822.

Aythya perina Boie, Isis, 1822, p. 564. Fritsch,Yôgel Europ., Tab. 48, Fig. 3, $ Pt Tab. 49, ]?ig. 9, (j', 1871. — Ayt. ehythrocephala BreJim, Isis, 1830, p. 999. Vôgel Deutschl., p. 919, 1831. — Ayt. Hojieyeri Brehm, Naumannia, 1855, p. 298.

Füliqula ferina Sleph., in Shaio., Gen. Zool., XII, 2, p. 193, 1824. Savi, Oriiit. tosc., III, p. 136, 1831, Nüsson, Skaiid. Fauna Fogl.,II, p. 422, 1835. jBira, Omit, ticin., p. 545, 1866. Begl. et Gerbe, Orn. eur., II, p. 538, 1867. Dubois, Faune Vert. Belgique, Oiseaux, II, p. 472, 1894.

Platypüs ferinus Brehm, Lohrb., 11, p. 828, 1824.

Fdlix perina Salradori, Fauna dTtalia, ücc., p. 265, 1872.

Noms vülo. S. F. : Milouin. Tête-rouge, Bouge!, Rougeau, Genève. — S. A. : Bothkôpfige graue Ente. Bothlcopf, Zurich; Tafelente, St-Gall; Bothmoor, Lac de Constance. — S. I. : Coll ross, Loearno; Moglm, Lugano.

Fin. 74. Bcfc, par dessus, de Fuli«ui..\

FERINA, mâle ad.

FL'LIGULIKNS

Mâle fidiiUe, hiver et noces : Tête et moitié supérieure, rlu cou (l'un roux rougeâtre; bas rlu cou, haut de la poitrine et du dos, croupion et sus-caudales d’uii noir brun; milieu du dos, scapulaires. cubitales, couvertures alaii'es et flancs chinés noirâtre sur blanc ou blanchâtre. Rémiges primaires d'un cendré brunâti-e, plus ou moins bordées de lirun; secondaires grises ou chinées de gris sur blanc, les postérieures bordées d(' blanc dessinant un miroir cendré assez peu appai-ent; i-ectrices brunes. Ventre et bas de la poitrine d'un blanc satiné. Derrière do la jambe et région anale chinés et fortement nuancés de bi-iiii; sous-caudales d'uu lirun noirâtre. Bec noirâti-e vers la base, avec onglet noir et bande transversale d'un bleu clair, en airière de celui-ci. Tarses et doigts bleuâtres, avec palmures noires; iris orangé.

Femelle adulte : Un peu plus petite que le mâle : tête, cou, haut de la poitrine et du dos (run brun roussâti'e, plus foncé ou presque noirâtre sur le vertex et l’occiput, plus pâle, soit roussâtre varié de brunâtre, près du bec, autour des yeux et à la gorge, avec bordur(> (les plumes blancbâtrc' à la poitrine. Dos, scapulaires et flancs d'un gris brun un peu roussâtre. avec .stia’e-s blanchâtres en zigzags; croupion et sus-caudales d'uu lu'un plus noirâtre. Bas de la poitrine et ventre d’uu blanchâtre satiné; région anale et .sous-caudales d'un brun cendré, plus ou moins chiné. Couvertures brunes, tiuement poiiitillées de cendré; rémiges brunâtres, plus foncées vers le bout; miroir cendré-brun. Rectrices d'uu cendré brunâtre. Bec noirâtre, un peu bleuâtre avant le bout; pieds d’un cendré verdâtre, varié's de brunâtre; iris jaune.

Mâle adulte, en été: Ressemlilc à la femelle, avec la tête et le cou un peu plus roux, le dos un pou plus claii-, le miroir plus apparent, le croupion ainsi que les sus-caudales plus foncés, et l'œil plus orangé.

Jeunes, avant la mue: Rappellent assez la femelle, avec faces supérieures, poitrine et flancs d’un brun foncé, h^s plumes bordées de clair, mais sans dessins en zigzags.

A la naissance : Couverts d’un duvet assez ('‘pais, d’un brun olivâtre aux fac('.s supéia'eures, avec quatre taches fauves eu carré sur le dos; gorge blanchâtre; c.()t(w de la t(‘te et cou jaunâtres; parties inférieures d’un blanc jaunâtre, mâchuré .sur la région anale et les sous-caudales. Bec d'uu lirun plombé en dessus, jaunâtre en dessous, avec onglet carné; pieds de même couleur brune, avec bandes jaunâtres ou verdâtres sur les palmures, le long des doigts.

Variétés et hybrides : La Fuliyula (Aytliya) americana Bonap..

LA.MÏ]LLmOSTEES

fin nord de l’Amérique, n'est, pour quelques autours, qu’une variété de notre F. ferina.

Ou a rité. eu pays étrangers, dos liylirides résultant de l'accoupleuieut du 'b.lWoxnn'CF. ferinaj avec des Fiiligulieus voisins, les Morillon fF. rristntaj, Milouiuan (F. )iiarUa) et Nyroea (F. )tyroraj', ainsi que des luitards présumés provenant du dit Milouiu avec le Canard sauvage (A. hoschas)?, le Filet (Dcifila acuta), la Sarcelle d'hiver (Q,. créera) ? et le Canard de la Caroline (Aix sponsa). Voyez, à cet égard. Suchetet (1. c.).

Le Milouiu est oiseau de passage et hivernant, assez répandu dans le pays, quoique moins ahondant (pie le Morillon. On le rencontre assez communément dans nos diverses régions aux époques des migrations, en mars, ainsi que tin octobre et en novembre, au nord et an sud des Alpes, sur diliérents lacs de la plaine suisse, comme sur ceux du Tessin. et qà et là dans les marais. Il voyage par petites troupes, tantôt massées, tantôt sans ordre, évitant, semble-t-il, les zones élevées de nos Alpes, et passe volontiei-s tout ou partie de la mauvaise saison sui- nos lacs inférieurs, entre celui de Constance au noial-est et celui du Léman au sud-ouest.

Il revient en particulier chaque hiver, en petites sociétés, dans la rade de Genève, depuis tantôt dix-huit aus. arrivant généralement en novembre, un peu après le .Morillon, et repartant en mars un peu avant celui-ci. volontiers par le vent du nord, comme la plupart de nos Canards. On en voit durant trois mois au moins, mais d’une manière un peu intermittente; caix comme ceux du Milouiuan. les petits gi'oupes du I\lilouin semblent moins fixes et plus remuants que ceux du Morillon. Les couleurs bien tranchées de sa tète d’un rouxvif.de son dos hlancbiUre et de sa poitrine noire, ainsi que son port assez gracieux, en font un de nos plus jolis Canaials, et c’est plaisir de le voir, jusque sous nos ponts, s'ébattre et plonger librement, parfois à ciiu) ou six mèti’es au plus des spectateui's.

Il vole vite et bien, nage et plonge admirablement, et semble marcher un i)eu plus facilement que les précédents. Sa nourriture serait, selon quelques autours, plus mélangéf' d'éléments végétaux que celle de ses congénères. 11 ab.sorberait pas mal de feuilles et de graines de plantes aquati(iues. sans mépriser jjour cela les insectes ou leurs larves, les vers et les petits mollusques qui constituent

‘ G. Lunel présenta à la Société orn. suisse, en 1870, un bâtard d’Awos leucophthahnos (JF. nyroea) et tPAnas (Fuligula) ferina, tué dans le midi de la France (Bull. Soc. orn. suisse, I , part. 2, p. 164, 1870),

Kri.Kil'IJEN'S

plus oxclusivcmont le menu des Fulipules. Sou cri charr, rltarr rappelle assez celui des ])réc('deuts.

Il se reproduit eu lùii-ope, centrale et septentrionale surtout, jusque dans les îles Britanni(|ues, ainsi que. dans le sud de la Suède et (le la Finlande, en particulier, bâtissant, dans les roseaux ou entre les bui.ssons. sur le bord des étangs et des lacs ou dans les marais, un nid d'herbes et de feuilb's .sèches entndacées, avec garniture de plumes, dans le(|uel la femelle pond, volontiers dans la première moitié de mai. de huit à treize u'ufs qu'elle couve 22 à 2.3 jours, et dans le voisinage diupiel (die élève seule ses petits, jusqu'au moment où le. mâle. (|ui a refait ses ailes, vient rejoindre la famille.

Ses u'ufs. 8—12, plus rarement 1.3, relativement gros, do forme ovalaire à pôles obtus quasi-égaux à et coquille lisse, passablement luisante, sont d’un gris verdâtre ou d'un gris olivâtre, et mesurent généralement 0”‘.0()0 — 0G.3 sur 0'“,043 — 04.ô.

L’os])èce est très répandue, durant la belle .saison, dans les régions centrales et septentrionales moyennes de l'Furope (>t de l’Asie. jus(|irau (>2'^ degré environ, d'où elle va hivernei' soit, un pou plus au sud seulement, dans h's régions tcuupérées do ces continents. en Angleterre, en Danemai-k et dans le noial de l'Allemagne. par exemple, soit jusque sur les côtes méditerranéennes d’Europe (>t d’Afrique. L’espèce très voisine, dite F. dmerkann, peut-éti-e race locale, opère dos déidacements analogues dans l’Amérique du Xord.

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