‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 188 sur 309 · HARELDE DE MlQUELOîf Eisente — Moretta pezzatn · texte numérisé non relu

HARELDE DE MlQUELOîf Eisente — Moretta pezzatn

MARKi.DA r.LAcrALis Linné.

Bec assez ramassé, tiHqænqilas court à la commissure que le doigt interne avec ongle; l’onglet arrondi, un pieu courbé, embrassant àqieu près toute l’extrémité (voy. fig. 77). Rectrices médianes très allongées et effilées, ad. (voy. tig. 781. Scapulaires allongées et effilées. Front bombé en avant. Plumes du dessus de la tète et de. la nuque un qieu allongées et relevées en petite crête arrondie, cf ad. Rémiges, voyez genre. — Tète et cou blancs, avec large tache latérale grise et brune; pioitrine brune; ailes, dos, croupion ei rectrices médianes d’un noir brun ; ventre, scapulaires, sous-caudales et rectrices latérales blancs, cf ad., hiver. Dessus de la tête, gorge, cou, poitrine, haut du ventre, dos en majeure qiartie, croupion, ailes et rectrices médianes bruns ou noirâtres; côtés de la tête grisâtres; ventre blanc, cf ad,, été. Tète et cou variés de blanc et de brun; haut de la poitrine roux ou varié de cendré et de brun; dos noir ou brun, avec ou sans bordures rousses; ventre blanc; rectrices brunes, 9 etjuv. Bec noir ou br u n, avec large, bande transversale ja une, orangée ou d’un rose rougeâtre.

Long. tôt. 0'^,4ü0 — 435 9 — 430, cf ad., sans rectrices prolongées, à 0'^,530 — 655 (0”‘,700) (j', avec rectrices prolongées; aile pliée

FULIC4ULIENS

— 224; queue 0'“,065 — 085 sans jirolougements, à O'^Jlô 255 (0'^,300) aven 2>i'olouffemei/ts; tarse (>"^,0300 — 0305; doi-gt externe, avec ongle 0“,055 — 000; hec, an front (>"",020 — 028, à coinmiss. 0’'',039 — 041.

Anas hieslæis Linné, Syst. Nat-, étl. 10, p. 126, 1758, et éd.

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Platypus GLACIALIS Brehm, Lehrb., II, p. 840, 1824.

Fiiligula GLACIALIS Bonap., Ann. Lyc. Nat. Hist., X'ew- York, II, p. 395, 1826. Savi, Omit, tosc., IIl, p. 140, ISol. Nilsson, Skaiid. Fauna, Fogl., II, p. 443, 1835.

Pagonetta GLACIALIS Kaup, Nat. Syst., p. 66, 1829.

Crymonessa GLACIALIS Mocgill., Man. Brit. Orn., II, p. 186, 1840.

Noms vulg. S. F. : Miclon. — S. A. : IVinterente.

Mâle adulte, en hiver .-"ïète en (les.siis, gorge, cou en arrière, scapulaires, ventre, tlanc.s. sous-cautlales et rectrices latérales d’un blanc pur; côtés de la tête gri.s, cette couleur bordant, en avant, une large tache d'un lirun fuligineux sur les côtés du cou. Poitrine d’un brun noir. Milieu du dos, croupion, ailes et rectrices médianes, allongées et etlilées, d'un noir lirun, un peu luisant; les rémiges secondaires avec les barbes externes d’un brun marron foncé et les barlies internes bianiiitres. Bec noir au liout et à la liase, orangé au milieu et sur l’arête en arrièi-e. Pieds noirs ou noirâtres, avec devant du tai-se et dessus des doigts d’un gris de plomb'. Iris jaune.

Femelle adulte : Plus petite que le mâle, sans prolongement ef-

' Jaunes ou jaunâtres, selon plusieurs auteurs, couleurs que j’ai constatées surtout chez des sujets empaillés.

LAMELLIUO.STKKS

tilé des iTctrieos médianes, avec colorations un jx'u dill'éiamtes suivant les saisons, 'l’éte et cou blancs, variés de brun-roussâtre ou de condré-noiifitre sur le vei’tox et la nuque, ainsi que sur les joues en arrière et les côtés dn cou dans le haut; bas du cou et haut de la poitrine roux ou roussâtres. ou varié's de cendré et de lirun. Dos noirâtre dans le haut, plutôt brun et fuligineux au milieu, ainsi que sur les scapulaires et le croupion, avec bordures rouss('s plus ou moins larges aux plumes du ilos. ainsi qu’aux cubitales et aux .scapulaires. Ailes d'un bimn noirâtre. Rectrices brunes, les latéi-ales bordées de blanchâtre. Ventre et sou.s-caudales blancs. Bec Iirun. ti'aversé par une liande jaune; pieds bruns.

Mâle adulte, eu livrée de noces ou d'été (de mai à aoiit)'. pointant une livrée ditt'éi'ant à la fois de celle d'hiver et de celle (le la femelle : Une bande noire sur le milieu de la tête, s’élargissant et se partageant sur l’occiput (|ui est blanc ou varié de lilanc. CAtés de la tête gris, avec un petit espace blanc autour et surtout en ari-ière de l'œil. Cou. poitidne, haut du ventre, dos. aib's. crou])ion et rectrices médianes d'un noir brun; le lias dn cou et le haut de la poitrine parfois un p('u vaiâés de blanc ou de blanchâtre; les barbes externes des rémiges secondaii'es d’un brun cendré, plus clair; de larges bordures rousses aux plumes de la base du cou en arrière, et du haut du dos, ainsi qu'aux cubitales; les scapulaires largement bordées de blanchâtre. Bas des flancs, ventre et .sous-caudales d'un blanc plus ou moins nuancé de gris, sur les côtés. Rectrices latérales blanclu's, les voisines noirâtn's sur le centre, les médianes noires^. Bec noirâtre, avec une large bande transversale d'un rose rougeâtre, entre les narines et l’onglet; pieds plombés, avec membranes noires; iris noisette.

Jeunes ressemblant a.s.sez à la femelle en hiver : Dc'ssus de la tête et nuque bruns; côtés de la tête et du cou blancs ou blanchâtres, variés de brun cendré sur les joues et le haut du cou. Devant du cou et haut de la poitrine d'un cendré brun. Dos. ailes et croupion d’un brun noirâtre; les scapulaires un peu plus claires, souvent plus ou moins variées de blanc. Poitrine et haut des flancs nuancés de cendré et de brun, sur fond blanchâtre. \'entre et souscaudales blancs, avec un petit espace gris sui’ les côtés de la région anale. Rectrices brunâtres; les médianes parfois déjà un peu allon-

‘ Non compris ciucl(iiies semaines de mue et de livrée transitoire, avant et après ce temps.

^ Les scapulaires et les rectrices médianes m’ont paru, chez les cpielcjnes mâles adultes que j’ai pu comparer, plutôt ]dus courtes dans la livrée d’été ou de noces que dans celle d’hiver.

FULKU'I.IKXS

fii'os. cliez les imilcs. Bec hriiii. avec bande ti-ansvorsale jaiiniUro. Pieds coid('iii‘ d(‘ plomb.

la nnissaitrc. : Couverts d'un duvet brun de sxue en dessus, ainsi cpie sur le liant de la poitrine. av(>r lnrg(' eapucbon descendant en avant .sur les côtés de la tête; d'un blanc plus ou moins pur en dessous. Bec brun. Pieds d’un brun rousséitiT. avec bandes jaunâtres b' long des doigts.

VariahiUtv: Un sujet de la collection locale du l\Iuséc de Genèv('. tué. le 2() novembi'e 1901. dans la rade de cette vilb', est de petite taille et ne présente pas ti-ace de |)rolongement aux recti'ices médianes. comme une femelle, bien quïl ait été déteianiné mâle par M. Mottaz fpii l'a ca])tnré et préparé. 11 se distingue en même temps des jeunes ([ue j'ai vus juscpi'ici. de provenance du pays, par une livi-ée beaucoup plus foncée.

11 mesuia' : long. tôt. 0"‘.400; aile pliée 0'",195. et (lueue 0'",0(i4. Li's faces dorsales sont chez lui noirâtres, à part les scapulaires d'un gris olivâtre somlire, avec, d’un côté, deux petib's plumes coniques bordées de roux; le dessus de la tête, la large taclie qui occupe le deri-ièi'c de la joue et les côtés du cou. dans le haut, les couvertures alaires. les rémiges et le croupion sont noirs. Les faces inférieures sont blanches, à pai-t le bas du cou et le haut de la poitrine qui sont d'un cendré brunâtre, comme les flancs et la région crurale. Le bec est noir, légèrement blenfé sur les côtés. Les pieds sont noirs, avec le devant du tarse et le de.ssus des doigts d’un bleu pâle'. La grande longueur du doigt externe (()"', 0585) semblant corroiiorer la tixation du sexe mâle, il est diflicile de ne pas voir dans la taille très réduite, ainsi que dans l'absence complète de prolongement aux recti'ices médianes, chez l'individu en question, encore en mue. des indices probables de jeunesse, et dans sa coloration ])articulière. présentant sur le dos ipielques traces des couleurs de l'adulte, une livrée transitoire, jieut-être anormale.

Un mâle adulte ipii, exceptionnellement, avait opéré sa mue sur les bords du Léman, où il fut tué le 27 mai 1901. avait, avec la livrée d’été déjà complète, les plumes de la région anale, les souscaudah's et le bord des rectrices latérales lavés d'un roux de rouille très vif, ])resque orangi', et de larges mouchetures de même couleur sur l'occiput. Bii'n ipi'elle parût assez pi'ofomb'. cette coloi-a-

‘ Quinze jours environ iqirès l’enipaillagc de ce sujet, les iiarties bleutées des ]iattes avaient tourné au jaune d’abord, puis au blanc jaunâtre. Peut-être le dire de quelques auteurs, qui donnent comme jaunes ou jaunâtres ces mêmes jiarties, devant du tarse et dessus des doigts, repose-t-il sur l’examen d’individus em])aillc8.

ss

LAIIKLLIEOSTEES

tion pourrait l)ien. à mon avis, avoir iiiio origine purement extérieure et être duc peut-être à un séjour prolongé sur des roseaux en décomposition, ainsi (pie C(da se voit souvent clu'z d'autres Canards et sur certains (cufs. ceux des Grèlies en pai-tictdier. Les mouciietures de rocciput proviendi-aicnt d'un l'récpient l'rottement de la tête sur les |)arties postérieures du coi-ps imjirégm'cs de la teinture. mouvenu'ut ipie font volontiers les Canards.

Le Canai'd de Miquelon est oiseau de passage irrégulier ou plutôt hôte d'hiver sur nos principaux lacs, au nord des Alpes, rare il est vrai. exce|)tionnel même dans heaucoup de localités, mais plus fréquent cependant (pi'on ne le croit généralement, siiidout au sud-ouest, sur le Léman mi particulier, quoiqu’on ne l’y voie jamais en nondireuse société.

Meisner. en 1815. citait deux captures du iMiqiudon sur le lac de Constance, et Xecker, en 1823. en signalait une autre sur le Léman. Depuis lors, des représentants de cette espèce, de sexe et âges dilt'érents, ont été tués sur divei-s points en Suisse: sur le Rhin, près de Bâle, dans le nord du pays, où deux ou trois sujets furent capturés, dont un mâle ad. en ISoli'; à diverses re})rises sur le lac de Constance, à l'est, parmi les derniers venus à ma connaissance, un mâle tué sur l’I Ihersee. le 7 noveiuhre 187(1, et une femelle capturée en janvier 1891. près (h‘ Rorschach'-; une ou deux fois dans le bas de la vallée du Rhin, en hiver 1880 en particulier'*; sur le lac de Zurich, où les jeunes tA les femelles semhlent. comme sur le Léman, plus fréquents que les mâh's adultes*; près de Bremgarton. sur la Reuss, plus au centre du ])ays. au commencement de décemhre 1875'’. ainsi (jue sur le lac de Sempach. où un suj('t fut tué en hiver 1880; plus à l'ouest, du côté des lacs de Neuchâtel et de Jlnrat. où deux ou trois captures de jeunes ont été signalées"; enfin, au sud-oue.st, dans le Bas- Valais, et tout particulhuamient sur le L('man, où Itien des individus, tant adultes (pie jeunes, ont (Aé capturés dans la seconde moitié du siècle (A jusque dans ces dernières années, quoiipie (luehpies-uns s('ulement aient été conservés^ Pour

' Ce mâle ad. et un jeune du Rhin sont au Musée de Bâle.

^ Un mâle ad. et une femelle du tac de Constance sont au Musée de St-6all; un autre mâle ad., de même provenance, est au Musée de Coire.

® Un jeune du bas Rheinthal est au Musée de Coire.

* Un jeune de cette provenance est au Musée de Zurich.

^ Ce sujet est au Musée de S‘-Gall.

" Sur le lac de Neuchâtel, en iiarticulier, iiar L. Coulon, dans Bull. Soc. sc. nat. de Neuchâtel, vol. IV, 1859-01, p. 452,

’’ Peut-être ciucliiues sujets se trouvent-ils dans des collections particulières

FITLIGULIENS

ne parler (jue des plus récentes captures à moi connues sur ce dernier lac. je citerai plus partieulièronieiit : un jeune mâle tué, le 25 novembre 187(i, près de Rolle. jjar Mr. K. de 11., et un mâle adulte capturé, en hiver (sans date), par le même chasseur (les doux dans la collection locale du llusée d(' Genève) ; deux jeunes oh.servés en rade de Genève par 11. Poney, durant I hiver si rigoureux de lS90-ltl (run d'eux figui’e dans la collection de 11. Poney); un mâle jeune tué. le 23 novoml)re 1892. devant le port d'Ouchy, où il était en compagnie de deux ou trois de ses semblables (au llusée de Lausanne); un mâle jeune remarqué dans le port do Genève par 11. Poney, le 31 décembre 1895; un jeune mâle en livrée très foncée (voyez plus haut, alinéa Variabilité) tué dans la rade de la même ville, le 2(i novembre 1901. Enfin, curieuse rencontre, un mâle adulte, en complète livrée d'été, tué par 11. A. Rosier, le 27 mai 1901. sur le lac, devant la poiut(‘ dite à la Bise, non loin de Genève, où il avait dù être accidentellement retenu, car l'espèce nous arrive généralement tin novembre ou en décembre, pour repartir en mars, et il est peu probalde (|u'elle niebe jamais dans le pays. Blessé on égaré d'abord', puis bientôt surpris, en mars ou au commencement d’avril, par la mue (pii, en dépouillant ses ailes, Pempêchait de partir, il a dù deineui-er quehpie part bien caebé, jusqu’au complet renouvellement de ses rémiges, probablement couché souvent .sur un lit de roseaux en décomposition, comme le fait supposer la coloration rousse de ses faces inférieures postérieures et du bord de ses rectrices, dont j’ai parlé plus haut.

Le Miquelon est très sociable, peu farouebe et grand plongeur. 11 voyage de nuit, volant assez liant et vite, volontiers en troupes nombreuses, au moins dans des contives plus septmitrionales que les nôtres. Il abonde sur les plages, dans le nord, et s'écarte souvent assez avant sur mei-; cependant, c'est surtout près des eaux douces qu'il vient se reproduire. Sa nourriture, principalement animale, consiste en insectes, larves, vers, mollusipies" et à l’occasion petits poissons. Son cri exprimerait, selon Faber. les mots aou-aon-lik,

que je ne connais pas. A coté des individus dont je dis ici deux mots, je dois encore citer un mâle adulte tué, en hiver, sur le Léman, et qui se trouve dans la collection du Musée de Thonon.

‘ Probablement égaré, car M. Mottaz, l’acquéreur de l’oiseau, assure qu’il ne portait aucune trace d’ancienne blessure.

‘‘ L’estomac du Miquelon tué en mars, ])rè8 de Genève, contenait, selon M. Mottaz qui l’a empaillé, des pattes de Ilytiscidcs, des débris d’ailes de grands Ephémères, six coquilles fort petite.s, dont Valvaia antiqua, et quelques traces de plantes aijuatiques, avec une grande quantité de petites pierres de differentes couleurs.

LAJIELLlllOSTRES

û-â-aou-lik. Il niche en juin, dans rcxtrêine nord, au bord des lacs, sous des buissons de saules ou de bouleaux, selon Seebobin.ou dans les niai'ais.

Ses œufs, au nondire de 5 à 7, sont plutôt petits, de forme ovale, avec petit bout assez distinct, à coquille assez lisse, sans grand éclat, et d’un gris verdâtre ou olivâtre; ils mesurent ordinairement 0"'.052 — 054 sur 0"'.037 — 030. plus raiTinent 0"'.051 sur 0"', 030, jusqu'à 0'“,057 sur 0'",040, selon Degland et Gerbe.

L’es])èce est très répandue dans les régions arctiques d’Euro|)e. d’Asie et d'Améi'i(iue, jusqu’au 80" degré environ, et ne se reproduit guère au-de.s.sous du 00". C’est de là qu'elle se répand en automne vers le sud, pour hiverner jusque dans l’Europe méridionale. le centre de l'Asie et les Etats-Unis d’Amérique.

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