Genre 17 : ERISMATURE
ERISIIATUBA Bonaparte.
Bec à peu près de la longueur de la lète, large, aplati et relevé en avant, ren^é en arrière, latéralement surtout, et bien fendu, avec arête fortement ascendante en arrière les narines, divisée en deux carènes plus ou moins saillantes et plus ou moins prolongées sur les cotés du front. Onglet court, très étroit et brusquement recourbé en dessous. Lamelles sup. moyennes, coniques et verticales, plus ou moins visibles dans la moitié post.
dtc bec. Mandibule inf. à lamelles très fines et petites, volontiers découverte près de la commissure.
Narines ovales, assez élevées, à l'avant d'une assez large fosse nasale et le plus souvent tégèrement en arrière du milieu du bec (voy. iig. 85). Tarse très trapu.
Fie. 84. Queue, par dessus,
d’ERISWATÜRA LEUCOCE- PHALA, niAle ad.
KllISilATüRIEXS
beaucoup plus court que le doigt inlcrne. Ongles un peu allongés, faiblement aiguës, en général assez étroits et aigus. Ailes ne dépassant guère la buse de la queue et sans trace de miroir. Rémiges primaires voûtées et étroites; les deux premières d'ordinaire légèrement échancrées ou faiblement rétrécies. Queue subconique, assez longue, généralement à 18 rectrices très étroites, raides et plus ou moins roulées en dessus (voy. llg. 84). Corps assez rond, médiocrement allongé; cou moyen, assez dégagé. Tête relativement petite. Plumage assez court et serré. Pas d'appendices membraneux sous le bec.
Œufs inédiocreuient nombreux, ti'ès gros, à coquille un pen rugueuse et sans ('clat.
Les Erisniatures sont des Canards do taille moyenne et. à divers égards, très particulici-s. qui nagent et plongent beaucoup plus qu'ils ne volent, bien qu'ils entreprennent pourtant d'assez grands voyages aux époques dos migrations, et qui. vivant tour à tour sur les eaux salées ou sur les eaux douces, prennent une nourriture surtout animale, composée principalement de larves d’insectes, do vers ou de molluscpies et à l'occasion de petits poissons. Fdles nagent le corps d'ordinaire assez enfoncé dans l’ean et la queue fortement redressée, contrairement à ce qui se voit chez tous nos autres Canards. Leur vol est généralement court et à coups d’ailes précipités. Elles nichent à terre, près de la mer, ou plus volontiers entre les lierl)es, au bord des lacs.
Leui- mue est double. Le mâle est assez différent de la femelle ; les jeunes, avant la mne, ressemblent à cotte dernièi'o.
Ce genre cosmopolite comprend six ou sept espèces, dont nue seule se trouve on Europe et accidentellement en Suisse.
313. — (1) ; ÉRISMATURE A TÊTE BLAXCHE Ruderente — Gobbo rugginoso.
ERIS.M.\TUIi.V r,EUCOCEI'H.M,.V Scopoli.
Bec de même longueur aux carènes frontales et aux commissures, au moins aussi large sur les côtés en arrière que haut sur le front, avec onglet sup. bien plus étroit que les narines, sur le bout de la
LAMEI.UROSTKKS
mandibule, évasé et un peu st/ ié eu dessous (voy. fi". 85). Ailes ntteu/uaut au jdus la hase de la queue; cubitales molles, couvi aut lorsque les f/raudes rémiffes. Iss deux premières rémifies quasi-é(jales ; l"" seule •rraiment écliauerée nu bord iuterue, qmès du bout, 2" faible me ut rétrécie au bord externe. Queue relatiremeut louxjue, à rectrices étagées et un peu eu gouttière. — Faces sujt. rousses; qjoitrine A un brun roussâtre ou rousse; faces iuf. d’un roussâtre pâle, barrées de uoirédre. Tête blanche, noire sur le sommet; tour du cou noir; bec bleu, f . Joues et devant du cou d’un blanc jaunâtre; dessus de Ui tête et une bande entre bec et oreille d’un brun foncé; bec roussâtre, Ç.
Long, toi, U'‘',I(jO — 5i'0; aile pliée ()''',1(J8 — 173; queue <>'“,I<)<) — 12i); tarse 0’“,()33 — 03<}; doigt ext., avec ongle 0"‘,00'> — 008; bec, Int. et siq). 0”',048 — Oü:b
Anas leücooepiiala Scopoli, Ann. I, Ilist. Nat., p. 65, 1769. Meisner u. Sch., Vôgel der Schweiz, p. 285, 1815. TemwincJc, Man. Oni., II, p. 859, 1820. Schiue, Fiuina lielv., p. 127. 18, B7. Friderich, Ueutsclm Vogel, 4“éd., p. 682, 1891. — A. MERSA Pallas, A'oyages (éd. franç.), App., VIII, p. 10, 1779.
BizroRA LEUcocEPHALA Sclilegel, Mus. Pays-Bas, Anspias, VI. p. 11.
Erismatura umsA Bonap., Birds of Euv., j). 59, 1838. — E. leücocephala Fl/ton, Monogp. Anat., p. 169, 1838. JDegl. el Gerbe, Ürn. eur., II, p. 566, 1867. Fritsch, Vôgel Europ., Tab. 48, Fig. 6 9 et Tali. 49, Fig. 4 f ad., 1871. Salradori, Cat. B. Brit. Mus., XXVII, p. 442, 1895. Sharpe, Hand-Iist, I, p. 227, 1899.
Undisa MERSA Keys. U. Bios., Wirbcltli., )). 126 et 229, 1840.
FuLIGllLA LEOCOCEPHALA Sovi, Omit. tOSC., III, p. 142, 1831. — F. MERSA Begland, Orn. eur.. II, p. 476, 1849.
Méde adulte, en hiver: Tête hlaiiflie. avec vertex noir; partie moyenne du cou noire. Dos et ilanc.s roux, tineinent striés de noirâtre en travers; couvertures alaires également rousses et striées, par places plus ou moins nuancées de grisâtre; croupion ])lus sombre et plus noirâtre; sus-caudales d’un roux pourpré, sans mélange. Poitrine d'un brun roux lustré et Iiarrée de noir en travers. Ventre et sou.s-caudales d’un roussâtre pâle, barrés de noir ou de noirâtre. Ilémiges brunâtres. Rectrices d’un lirun noir. Bec bleu. Pieds d'un brun cendré. Iris jaune.
Femelle adulte: Un peu plus petite que le mâle; d’un roux nuancé de brun-cendré, en (b'ssus, avec stries transversales moins accusées ; poitrine moins foncée, .loues, .gorge et devant du cou d’un Idanc jau-
Fig. 85. Bec, par dessus, d’EniSMATURA LEÜCOCIÎPHALA, mAle ad,, en hiver.
KRISMATIRIENS
nâtre ; dessus de la têto et uuquo d'un Itniu foncé, ainsi qn'nno handc entre le hoc et l'oreille. Bec et pieds ronssâtres.
Mâle ndiilte, ett été: llesscinlde assez à la femelle ou aux jeunes.
Jenites: Assez seinldaliles à la femelle.
A la va, maure : Couverts d'un duvet assez épais, faiblement glacé aux parties supérieures. Un large capuchon descendant jusqu'au niveau des commissures, faces supérieures, ailes, cuisses et lianes d'un brun fuligineux, presque noir sur la tête, avec long bandeau blanchiitre coupant le capuchon au-dessous dos yeux, du bec à la nuque; bas du cou. haut de la poitrine et al)domen d'un brun un pou plus pâle; gorge, côtés postérieurs de la tête, v(‘ntre et souscaudales d'un gris blanchâtre; mandibule supérieure noirâtre, avec petit onglet roux ; pieds d'un biain roux, avec membranes noin's {sec. Vian).
L'Érismature à tête blanche, ou Canard couronné, n'a fait que des apparitions accidentelles dans le pays; cependant, on en cite quelques captui'os eu Suisse. Meisner et Schinz raijportent qu'un mâle de cette espèce fut tué sur le Rhin, en février 1803. Elle aurait été rencontrée aussi une fois ou deux sur le lac de Constance et sur celui do Zurich. La collection locale do Berne en possède un individu, femelle adulte, tué en Suisse, sans date ni détail de provenance. Enfin, le ilusée de S'-Gall en possède deux sujets pi'ovenant de la collection Stülker et tués, la même année ]S(i.3, à peu près dans les mêmes parages, l'un en novembre, sur le petit lac d'Aeschi (A('schisee). près d'Herzogenlmch.see', l'auti-e, le 4 septembre, dans la partie Ijernoise du Gi-and marais (Grossmoos)h .le ne connais pas de captures plus au sud et à l’ouest, point, en particulier. sur le Léman.
Bien que cette espèce' ait été rencontrée au premier printemps et en arrière-saison, je ne crois pas qu’elle soit vraiment de passage en Suisse. Les quelques individus capturés me paraissent plutôt avoii' ét(‘ égarés dans le pays.
.l'ai dit plus haut, à propos du genre, que cet oiseau se distingue des autres Canards par un port spécial et des allures particulières,
üue citation d’une femelle tuée sur le lac de Burgaeschi, sans date, doit être rap])ortée, peut-être, ou à la femelle du Musée de Berne, également sans date, ou à l’individu du lac d’Aeschi, de novembre 1863.
” SWlker, dans son « Versuch einer Vogclfauna der Ivaiitone St-Gallen und Appenzell, A Naclitrag, 1867 » raconte que i [{uderenten (Anas leiieocephala) furent tués, au commencement de septembre 1863, sur un marais près de Berne, dont 2 furent mangés et 2 iillèrent dans des collections particulières, l’un dans la sienne; ces deux derniers étaient de jeunes mâles.
LAMELLIROSTRES
qu'il nage le corps très enfonce dans l’eau, en tenant la queue fortement redressée, (pi’il plonge avec une rapidité extraor(linairc, et que son Ami assez court est composé de battcmicnts d'ailes précipités, comme celui des Plongeons. Il se nouiadt surtout d’insectes, de lar\ms, de vei's. de crustacés, de mollusques divers et, dit-on, parfois aussi de petits poissons.
L’Érismature niche volontiers près des eaux douces, sur les bords plantureux d('s lacs et des étangs, en particulier, établissant son nid entre les liei-bes et ne pondant guère avant juin ou juillet.
Ses œufs, au nombre de 8 à 10. ti'ès gros et de forme un peu ovoïde, ont une co(iuille rugueuse ou grenue et sont généralement d'un blanc sale, très légèrement jaunâtre ou verdâtre; ils mesurent 0"‘,0(j5— 072 sur O-.OdP— 05.3.
L'espèce est a-ssez répandue dans les régions orientales et méridionales de PEuimpe, ainsi que dans le centre de l’Asie, d’où elle va biverner soit dans le nord de l'Afrique, .soit dans le nord-ouest des Indes. Elle niche plus ou moins en Sardaigne, en Grèce, en Hongrie et sur les bords de la Mer Noire, pour l'Europe, tandis qu'elle est relativement rare ou très rare plus au nord, en Allemagne et en Finance, en particulier.
Division II, des SEHUATIROSTHES
SEREATIROSTRESi
Bec étroit, plus ou moins comprimé, avec lamelles latérales clentiformes, bien apparentes et plus ou moins inclinées en arrière (voy. flg. 86, 87 et 88).
Les SoiTatirostres sont plus exclusivement plongeurs, plus ichtbyophages et beaucoup moins nombreux que les Dépressiro.stres.
La famille des Mergidés représente seule cette division en Europe.
'■ Ou Angustirostres.
JIERGIDKS