‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 206 sur 309 · PÉLICAN BLANC Gemeiner Pelekan — PelUcano · texte numérisé non relu

PÉLICAN BLANC Gemeiner Pelekan — PelUcano

PEI.EC.ANUS ONOCaOTAUiS Linné.

Bec, à la commissure, à peu près trois fois le tarse. Nudités ophthalmiques déjmssant heauconp l’œil, eu arrière et en dessus, et emhrnssant un angle frontal emplit mé,pointu et assez étroit. Tarse environ double du pouce avec ongle. Queue à 24 rectrices. Les P’ à 5° grandes rémiges d’ordinaire légèrement échancrées nu bord interne, et les 2° à 6’“ légèrement rétrécies au bord externe; d’ordinaire un peu plus courte, que 5". Plumage du cou et de la tête court, à part une petite liupqie occipitale, pendante et effilée, chez l’adulte. — Livrée d’un blanc rosé, avec rémiges en tout ou partie, noirâtres. Bec gris-bleu au milieu, jaune sur les côtés, avec bordures et crochet rouges. Gnc guttural jaune. Nudités ophthalmiques d’un, carné plus ou moins jaunâtre ou rougeâtre. Pieds rosés, nuancés d’orangé. Iris ronge ou brun, ad. Femelle plus petite, que. le mâle, avec bec généralement un peu plus couii. Jeunes d’un gris brun en dessus, gris en dessous, avec pieds brunâtres et sac livide.

Long. tôt. P,40 — l,8ô; aile pliée 0“,(J00 — 720; queue 0'^,170 — 200; tarse O'^pllO — 130; médian, avec ongle 0"',I3d — J 40; bec, au front 0"',320 — 340; à comm. (>"',355 — 370 (0'^,440).

Pbleoanus onocrotalus Linné ex Oessner, Syat. Nat., éd. 10, 1758, et éd. 12, I, p. 915, 1766. Meisner u. Sch., VOgel der Scbweiz, p. 314, 1815. Temminck, Man. Orn., II, p. 891, 1620..Sai;i, Omit. toHC., III, p. 99, 1831. Schinz, Fauna helv., p. 132, 1837. Uiva, Omit, ticin., p. 558, 1865. Degl. et Gerbe, Orn. eur., II, p. 342, 1867. Fritsch, Vôgel Fairop., Tab. 46, Fig. 8 ad., Fig. 6 juv. et Fig. 1, P. minor, 1871. Friderich, Deutsclie Vôgel, 4® éd., p. 620, 1891. Ogilvie-Grant, Cat. B. Brit. Mus., .XXVI, p. 462, 1898. Sliarpe, Hand-list, 1, p. 238, 1899. — P. KOSEüs Fversm., nec Gmelin, Add. Zoogr., Kosso-Asiat., p. 29, 1836. — P. jiinor Büppel, Mus. Senkcnb., ]). 186, 1837.

Le Pélican n’a fait en Suisse que quelques rares apparitions, à des époques indéterminées et très espacées, non pas en passage, mais comme hôte égaré et volontiers à l’époque de la reproduction, parfois en troupes a.ssoz noinhi'euses. le plus souvent par paires ou par individus isolés, probablement dévoyés par une tempête ou un ouragan.

La première donnée remonte à Gessner qui, vers le milieu du

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XYI"*" siècle, signala déjà la capture (run Pélican, en février, sur le lac de Znug. Cardanus. un peu plus tard (De rem m varietate) parlait d'un sujet de cette espèce tué sur le lac de Zuricli. Kn 103(1. selon les Etrennes hclvéti(|ues pour MDCCCII. un lieau Pélican fut tué à reinbouchuro de POi-lie (ÿ'rdse Thièle) dans le lac do Neuchâtel. près d’Yverdon. et empaillé, puis conservé .suspendu, comme rareté, dans l'Hotel de ville de cette localité, avec inscription d'une légende en vers sur le mur de la salle'. En juin 1()42, selon Wagner (Hist. nat. Helv. cur.), un auti'c Pélican fut tué également pi-ès d’Yverdon. mais dans les marais. Une figure de cet individu, censé mâle, se trouve dans un volinne d'iwages d’viseaiix peintes à la main, du XYII'"" siècle, cpie possédait Spidingli -, et ce deiaiier ajoute à ce propos, qu'un second sujet de l'espèce aurait été vu. encore quelques jours après dans la contrée. Un autre individu est figui-é dans le même volume de peintui-es à la main, comme tué aussi dans les marais près d'Yverdon, mais en 10.52, individu femelle en noces qui aurait porté deux œufs dans le ventre'.'* Y a-t-il là erreur do date, 1052 pour 1042, ou hien est-ce réellement une troisième capture dans la même localité V

En juin 170S, une troupe de 130 individus qui. volant haut, semblaient venir du sud. |)ar-dessus les montagnes, s’abattit sur le lac de Constance, près de Lindau, à l’e.xtrême nord-est du pays; un seul Individu de toute la bande aurait été tué, bien que de nombreux coups de fusil eussent été tirés sur ces étrangc's et assez farouches visiteurs. D'après une citation sur laquelle je n'ai aucun détail, un Pélican aurait été vu la même année sur le lac de Bienne, à l'île S‘. Pierre. Le 20 mai 1800. un de ces oiseaux fut capturé encoi-e sur le lac de Constance, près de Fussacb. Au comnienccment de ce siècle, soit à peu près à La même époque, un Pélican encore jeune fut tué aussi devant Tbonon, sur le Léman, à re.xtréme sud-ouest du pays, qui paraît avoir été bien plus rarement visité que le lac de Constance. Selon Balsamo-Crivelli**. huit

^ Des lieux plus esloigués de la froide Scitliie Onocrotalus vint repaistre l’Helvétie;

Mais etaut aperceu, l’acoton commaiideui-,

Qui veut de l’attraper avoir sur tous riioiiiieur.

L’approche et le poursuit d’une subtile adresse;

Puis d’uu coup de fusil, il l’atteint et le blesse.

Alors le rare oiseau né au septentrion Mourut soudain jjaissant au fleuve d’Yverdon.

Volume intéressant, actuellement à la Bibliothèque de Berne.

® /« Riva : Schizzn omit, delle prov. di Como e di Sondrio e del Cautone Ticino, 1800.

l’KLÉCANIDKS

individus, dont un fut tué, so luonti-èrcnt, le 21 juillet 1831. sur le petit lac (le Varese. au sud. près de nos fi-ontlères tcssinoises; jmis, an printemps de 185!). (iuel(|ues-uns furent reinai'{|ués aussi, sur différents lacs, dont un fut tué près de Colico, an lac de Conie. En hiver 18()7, quehjues-uns de ces oiseaux se seraient montrés encore sur le lac Majeur. Enfin, selon le journal Diana de juillet 1902, six Pélicans aurai('nt été vus. dans la première moitié de juin de cette année, sur la partie septentrionale du lac IMajeur, au Tessin, après une nuit très orageuse. Un de ces oiseaux, qui s’était attardé à remhouchure du Tes.sin. fut blessé à l'aile et capturé vivant, le 14 juin. C'était un adulte de près de 3 mèti-es d'envergure et d'un lieau blanc rosé. Selon le naturaliste Gbidini. de Lugano, dans une note en date do septembre 1902 et publiée dans le journal Aricida, cette donnée, fortement exagérée, devrait être réduite à la capture d’un seul Pélican, le 14 juin 1902, près du Pian Magadino, sur le lac Majeur; les auti'os Pélicans signalés par la Diana aui-aient été des Cygne.s sauvages, selon le même, dans une lettre qu'il m'écrivait à ce propos. La pirtendue rencontix' de ce Pélican, seul avec cinq Cygnes sauvages, à pareille épo(iue, sur le lac Majeur. me paraît a.ssez curieuse. L'espèce se serait aussi montrée une fois sur le lac de Morat et. plus au centre du pays, jus(iuc sur celui de ïboune; mais, je n’ai ni dates, ni détails sur ces deux dernières 'citations, pi-obablement déjà assez anciennes.

Le Pélican compte entic les pins gi-ands oiseaux, et il n’est pas difficile de le reconnalti-e au vaste sac membraneux qu’il porte sous le bec sui' tonte la longueur de sa grande mandibule inférieure. 11 marebe assez lentement, en se balançant et se redressant Ijeaucoup. à cause do la position tibs reculée de ses membres postérieurs. C’f'.st. pai' contre, un grand voilier et un arlroit nageur, quoique, trop allégé pal- um' très grande pncumaticité de ses os et une forte doublure de sacs à air à l’intérieur du corps, il ne puisse pas plonger et soit incapabb' de poursuivre sa proie .sous l'eau, comme les Cormorans.

à'olant très liien et. au besoin, très rapidement, il fond do liant sur les poissons ([ni constituent presque exclusivement sa nourriture, on il b's pêche à la nag(' autour de lui. pour les ('iigloutir de suite et souvent en très grande, quantité dans sa grande poche gutturale fini, paraît-il. renferme aussi de temps à autre do pi'tits palmipèdes,, do jeunes Canards entre autres. On le rencontre au bord des mers, volontiers près des embouebures, sur les lacs et surtout le long des grands cours d’eau, comme le Nil, 1(> à'olga ou le Danube, et généralement en très nombreuse société. Son cri, très

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sonore, rappellerait parfois un peu celui de 1 ane; cependant c’est plus souvent une sorte do grognement, coinnio roli, rüh. E cherche de préférence, pour .s’y reproduire, les marais ou les eaux riches en haute végétation, où il se compose dans les roseaux un large nid d'herbes diverses accumulées et plus ou moins enchevêtrées, sur lequel la femelle couvei-a pendant près de cinq semaines. Les poussins, bientôt vêtus d’un couil duvet blanc, .sont nourris au nid pendant plusieurs semaines ])ar les parents qui leur offrent la pâture dans leur large sac, toujours à leur disposition.

Ses œufs, au nombn' do .3 ou 4 (2). sont de forme subelliptique assez allongée, le petit bout généralement un peu plus conique (pie l'autre, à coquille épaisse, d'un blanc bleuâtre, poreuse et couverte d'une épaisse couche crétacée, inégale, d'un blanc mat ou blanchâtre, plus ou moins nuancée de jaunâtre, on comme vermiculée et laissant voir par places la teinte bleuâtre du de.s,sous; ils mesurent, suivant les auteurs, O^.OTS— 082— OS9 sur 0“,052 — 059.

L’espèce est très répandue dans les contrées sud et sud-est de l’Europe, ainsi que dans le nord de l'Afrique et l'ouest de l'Asie, le noi'd-oue.st d(.'s Indes en particulier. Elle se reproduit, entre autres, dans les pays du Danube, en Turquie et en Grèce; tandis qu’elle n’est guère que de passage et même rare dans la plus grande partie de l'Italie et accidentelle en France.

LVm. — Famille II: PHALAGROCORACIDÉS

PHA L ACROCORACIDÆ

Bec moyen, quasi-droit, fendu jusqu’en arrière de l’œil, à bords lisses et plus haut que large, avec sac gulaire moyen ou plutôt petit, soit descendant relativement peu sous la gorge et loin d'atteindre le bout de la mandibule inférieure ; mandibule supérieure à arête arrondie, courbée en crochet aigu et tranchant à l’extrémité, avec étroits sillons latéraux jusqu’au crochet; narines très étroites et fort peu apparentes, à la base des sillons latéraux; mandibule inférieure un jien élargie ou fléchie vers le bout (voy. tîg. 91). Régions ophthalmiques, des commissures et de la gorge plus ou moins dénudées. Quatre doigts entièrement réunis, jusqu'aux ongles, par une membrane complète quasi-droite; le pouce assez

PHALACROCORACIDÉS

long; l’externe le plus grand (voy. fig. 89). Ongles moyens, courbés, un peu comprimés et subaigus, celui du médian volontiers plus ou moins pectiné au bord interne. Jambes moyennes, assez reculées et couvertes jusqu’au bas. Tarses courts et placés, plus ou moins largement réticulés ou aréolés, avec arête postérieure granuleuse. Ailes moyennes, aiguës ou subaiguës, couvrant peu ou pas la queue. Kéraiges antérieures pdus ou moins écliancrées ou rétrécies ; secondaires postéi'ieures ne couvrant généralement pas les primaires; cubitales le plus souvent un peu en retrait.

Queue plus ou moins allongée et arrondie au bout, avec 12 à 14 (except. 16) rectrices rigides et élastiques, plus ou moins étroites (voy. fig. 90). Corps allongé. Cou dégagé, plus ou moins long. Tète moyenne, ou plutôt petite, ovalo-allongée, avec œil assez petit et très avancé.

Œufs médiocrement nombreux, elliptiques, allongés, à coquille grasse et verdâtre, plus ou moins couverte d’un enduit crétacé. — Petits naissant nus et aveugles, puis bientôt plus ou moins couverts de duvet, et demeurant longtemps au nid.

Les Phalacrocoracidés niarclient assez difiicileinent et volent relativement peu, mais perchent volontiers. Ils sont surtout nageurs et admiraltles plongeurs. Ce sont des oiseaux sociables, plus ou moins sédentaii'os ou migrateurs, qui vivent également sur les côtes maritimes et sur les eaux douces, volontiers sur les lacs ou les gi-ands coui's d’eau, l’t se nourrissent presque exclusivement de poissons qu'ils poursuivent et prennent avec adresse enti-e deux eaux. Ils nichent en colonies, dans des ti’ous de rochers et d(.‘ falaises, sur les arbres, ou dans les marais.

Leur mue est en général simple et niptilc ou partiellement double. Le mâle et la femelle se re.ssemblcnt généralement; les jeunes ditfèrent plus ou moins de leurs pai'cnts et ne pi'cnnent d’ordinaire le plumage des adultes que dans leur seconde année.

Fio. 90. Qucuo, par dessus, do PlIAL.\CROCORAX RAUBO, ad.

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Les nomlH'eiises espèces de cette famille peuvent être toutes réunies dans un genre unique dit des Corinoraus, Phalacrocoi-ax.

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