Genre 2 : PUFFIN
PCFFIKUS Brisson.
Bec asf^ez long, relativement étroit, un peu comprimé, pasmhlement convexe en avant et profondément fendu. Tubes nasaux droits, horizontaux, plutôt courts et s’ouvrant obliquement vers le haut (voy. lig. 94).
Jambes emplumées jusqu’aux- condgles ou à peu près. Tarse, j'cliculé, assez généralemenl plus court que le médian avec ongle. Doigts longs, externe et médian à peu près égaux; ongles moyens, arqués, un peu comprimés, aigus. ou subaigus, le médian iranchant- au bord interne (voy. lig. 93). Pouce représenté par UH ongle acuminé. Ailes longues et elflées; rémiges gén.
non échanarées, la première la plus longue; cubitales très en retrait.
Queue cou,rte ou moyenne, en général arrondie et à 12 reclrices. Tète ovale; œil moyen.
^’iG. 93. Pied droit de Pükfinus ANOLORUM, ad., demi-face, côté externe.
Les Puffins, de taille moyenne ou assez grande, sont très soda ides, excellents voiliers et recherchent à peu près la même nourriture animale que les Pétrels; cependant, ils semblent s’écarter
LONGIPENNES
d'ordinaire un peu moins des côtes, ou y revenir plus souvent, et déployer leur plus grande activité aux heures crépusculaires. Ils nichent dans des creux de rochers ou sur h' sol.
Leur mue paraît simple. Le mâle et la femelle sont presque semblables ; les jeunes en dilïèront peu. — L(‘ poussin est généralement couvert d'un long duvet formant toque sur la tête et souvent brun ou In-unâtre.
Des six espèces de ce genre, riche en représentants, qui se trouvent en Europe, deux, les Pnffittus cinereus Kühl et P. ani/lonini Eay, se sont accidentellement montrés en Suisse; tandis que le P. viajor Faher. de l'océan Atlantique, du nord de l’Eui-ope en particulier. le P. Yelkoiia/t Acerbi. d’Europe méridionale et orientale, ainsi que du nord de l'Afrique, et les P. obscurns Gm. et P. fuUffiitosiis Strickl., d’Amérique, accidentels en France et en Angleterre. nous font défaut.
321. — (1) : PUFFIN CENDRÉ Mittelmeer-k)turmtaucber — Berta mnggiore.
l'crmus cixEiîEcs Kühl.
Bec médiocremeid <’2inis, assez coi/vexeei crochu eu avant, égal ou quasi-égal au tarse, devautle front, avec tubes nasaux à ouvertures obliques, subarroudies, et viestora/t environ le quart de la longueur du bec en dessus (voy. fig. 94). Tarse légèrement ]>lus court que le
doigt interne, ou (X'peu jirès égal. Ailes déqmssant notablement la queue. Queue mogenne et arrondie. — Faces sup. d’un cendré brun ])lus ou moins foncé; les plumes dorsales bordées de pdus clair. Faces inf.
blanches ou bla ncluUres.
Bémiges et rcdrices d'un brun noir. Bec jaunéitre, « qminte brune, ad., noirâtre, juv. Pieds d’un jaune verdâtre, ad., plutôt bleuâtres, juv.
Long. tôt. 0'“,405 — 510; aile pliée O"', 348 — 305; queue O'", 138 — 145; tarse O'", 040 — 053; doigt ext., avec ongle O'", 005 — 001 ; bec, au front 0'",048 — 053.
Fio. 94. Tète de Pui-kincs r.iMîREUS, ad.
PUFFIXIENS
Procellaria oinerea Külil, Bpitr. Znol. ProcelL, p. 148, 1820. — Pr. puffi- Nus Temminck, Man. Orn., II, p. 805, 1820. SehinZjFmna Lelv., p. 124, 1837. — Pe. Kühi.it Boie, Isis. 1835, p. 257.
Pdffinus cisEREusjS'ai'i, Omit, tosc., III, p. 38, 1881. JDegl. et Gerbe, Orn. enr., II, p. 375, 1867. Fritsch, Vfigel Europ., Tab. 58, Fig. 2, 1871. — P. Kühlii Bonap., Consp. Gcn. Av., II, p. 202, 1867. Salvin, Cat. B. Brit. Mus., XXV, p. 375, 1896. Sharpe, Iland-list, I, p. 123, 1899.
Le Puftiii cendré ou de Külil. de la gro.s,seur d'une Corneille enidron et coniinun sur la Méditerranée, a fait quelques apparitions accidentelles en Suis.se. mais, autant que j'ai pu le .savoir, sur le lac Léman seulement, à l'e.vtrême sud-ouest du pays, Necker, en 1823 (même donnée par Schinz, en 18.37), cite la cxaptuiT récente d'un Puftin cendré ( Pruedhtria pnffiinis) près de Moi-ges. sur le Léman. Puis. Eoget (Bull. Soc. orn. suisse. 1. 2, p. 107) parle d'un Puffin cendré tué au Creux-de-Gentliod, près de Genève, le 15 mai 1805, ajoutant qu'un second sujet delà même espèce aurait été vu, à la même époque, de l'autre côté du lac. Il est liien pi'obable que l’imlividu. à peu près adulte, qui se trouve dans la collection de M. Ed. Bonnet, à Cliambésy près de Genève, sous le titre de femelle tuée sur le Léman, en mai 1805, doit être le premier Pufün dont parle feu L. Eofjet ; et il est possilde que le sujet qua.si adulte figurant actuellement dans la collection de M. A. Vauclier. à Genève, comme mâle tué sur le Léman, après avoir été dans la collection di» feu G. Horngascher (|ui le tenait de .1. Eevon. préparateur à Genève, soit le Puliin vu, selon Eoget. à la même époque, de l'autiv côté du lac. En effet, le préparateur Eevon. quand vivait, nravait parlé, en 1875, d'un Pulfin cendré empaillé par lui. (lui avait été tué, (|uelques années auparavant, devant la Belotte. rive gauclie du lac, presque en face du Creûx-de-Genthod. C('t oiseau n'étaut. comme les auti-es représentants de sa famille, pas véi-italilement migi'ateur, ce n'e.st qu'égaré et comidètemeiit d('>routé. qu'il peut venir se montrer ainsi jusque chez nous.
Ce Puflin. (lUi vole admirahlenient et souvent avec une l•apidité extraordinaire, comme ses congénères en général, a dos nueurs un peu plus crépusculaii'cs que le Pétrel qui précède. C’est surtout soir et matin (|u'il se livre à la pèche des petits poissons, mollusques et crustacés qui constituent sa i)rincipale nourriture; car il se tient généralement caidié dans (pielque excavation de falaise ou de rocher durant le mili(‘u de la journée. C’est aussi dans quelque trou qu'il pond son leuf unique, directement sur hi sol ou sur la pierre.
LONGIPENNES
Cot œuf, s'ros et de foniie oldoiigue ou suhclliptique un peu allongée, à coquille plutôt mince et unie, est d’un Idanc mat et mesure généralement 0''',0()l)— 0fi9 sur 0"‘,044 — 04(i.
L'espèce est très l'épandue sur l'Océan Atlantique et la Méditerranée, fréquente en particulier sur les côtes de France et de Portugal, ainsi que dans les environs de Marseille, des îles d'Hyères et de Toulon,
322. — (2) : PUFFIN MANKS Nordischer Sturndnuclier — Berta niiiwre.
PLFFINUS ANfiLOaCJI Ray.
Ben assez n/rèle, médiocre me ni convexe et coitrié en avant, sensihlement plus court que le tarse, devant le front; les tubes nasaux mesurant un. cinq, environ, du bec, au front, avec ouvertures allongées et en dessus. Tarse très pincé et un jteu plus hnifj que le doi/jt interne (voy. tig. 93). Ailes dépassant légèrement le bout de la queue. Queue coiuie et arrondie. — Faces saq)., queue et rémiges d'un brun noirâtre lustré; faces inf. blanches; côtés de la région anale et souscaudales latérales noirâtres. Bec brun-noirâtre, ainsi que l’arête qjostérieure du tarse et le doigt externe; reste du pied jaunéitre.
Long. tst. 0'",3'J0 — 370; aile, pliée U“,230 — 2.'>0; queue 0”',075 — 035; tarse 0"',042 — 040; doigt externe, avec ongle 0'^,049 — 052; bec, au front — 038.
PüPFiNUS ASGLORDM May, Svii. Av., p. 134, 1713. Bote, Isis, 1822, p. 562. Savi, Omit. toBC., III, p. 39, 1831. Nihson, Skand. Fauna, Fogl.,II, ji. 352, 1835. Begl. et Ge7'be, Oni. eur., II, p. 378, 1867. Fritsch, Yûgel Eiirop., Taf. 61, Fig. 2, 1871. Friderich, Deutsche Vôgcl, 4® éd., p. 606, Taf. 31, Fig. 2, 1891. Dubois, Faune Vert. Belgique, Oiseaux, II, p. 646, 1894. Salvin, Cat. B. Brit. Mu.s., XXV, p. 377, 1896. — P. ABCTicns Fabei; Prodr. Isl. Orii., p. 66, 1822. — P. pdpfinüs Sharpe, Hand-list, p. 123, 1899.
Pkocellaria PÜPFINUS Briimi., Orn. bor., p. 29, 1764. Linné, Syst. Xat., I, p. 213, 1766. — Pr. anguordm Temminck, Man. Orn., II, p. 806, 1820.
Nectris puppinüs Keys. u. Bios, ex Forsfer, Wirbelth., p. 131 et 239, 1840.
Le Pudin Manks ou des Anglais, qui habite à la fois le nord et, sur divers points, le sud de l'Europe, s’e.st aussi accidentellement montré sur le Léman, en Sui.sse, entraîné et dévoyé probablement par quelque tempête chassant de la mer ou de l’océan vers le con-
PROCELLARIENS
tinent. Un sujet adulte, tué ün juillet 1866, sur le Léiuau. du côté de Genève, se trouve, en effet, dans la collection locale du IMusée de cette ville. Je n'ai pa.s appris qu'aucune antre capture ait été faite ailleurs dans le pays.
Cette seconde espèce a des mœurs assez scmhlaltles à celles de la première; cependant, elle paraît douée d'une activité et d'une adi’e.sse supérieures, tant dans l'aii’ que sur l'eau, ou même dans l'eau. Son vol l'st très mouvementé et souvent d'une certaine impétuosité. Cet oiseau se précipite comme une flèche au travers des vagues et nage avec grande aisance, plongeant même, dit-on, pour suivre quelques instants une proie entre deux eaux. Sa nourriture consiste surtout en petits poissons et mollus(]ues divers.
LeUiiflin des Anglais, ainsi nommé parce qu’il est très commun sur les côtes d'Angh*t('rre, niche volontiers dans des galeries de 1“ à r",50. fortuites ou ci'eusées par lui dans le sol des falaises.
Son œuf unique, gros, de forme ohlongue ou suhelliptique, à coquille mince et unie, mais mate, est d'un hlanc immaculé, et mesure d'ordinaire 0™,057 — 061 sur 0'",040 — 042.
L’espèce est assez répandue et se i-eproduit non seulement sur les îles et les côtes de l’Atlantique, jusqu'axi 65° degré environ, en Europe et en Améi-ique, mais encore, plus au sud, sur les côtes méditerranéennes d'Espagne, de France, d’Italie et du nord de l’Afrique.
Sous-Famille III, des PROCELLAIÜEXS
PEOOELLARIIXÆ
Bec plus ou moins court et mince, assez profondément fendu, comprimé et courlm en avant, avec l)ords entièrement unis; mandilnile inférieure un peu courbée, fléchie et pointue vers le bout. Tubes nasaux pinces, sur la base ou la moitié postérieure de l’arête du bec, droits ou un peu retroussés, à ouvertures obliques pinson moins distinctes. Jambes moyennes, plus ou moins nues dans le bas, au-dessus des condyles. Tarses grêles, assez longs, peu ou médiocrement comprimés, réticulés, subscutellés ou bottés. Doigds entièrement réunis par une membrane quasi-droite ou un peu échancrée. Pouce rudimentaire ou absent. Ongles aigus ou obtus. Ailes longues, aiguës ou suraiguës. Taille petite. Œil assez reculé.
lo>;gipennes
Trois gpiin's do faiiiillo. ropandiio dans lo inonde entier, sont représentés sur les côtes d'Europe. La Procetlaria peJdfjica seule a fait une ou deu.x apparitions en Suisse. On n’a jamais vu, dans lo pay.s, ni VOcrai/oih-ojita Icncorrhon (\doill.). du nord de l'Atlantique et des côtes de l'Europe occidentale, ni YOmunstcs oceai/iea (Kiihl), d’Amérique, rencontrée sur les côtes de France et d’Anglotorre, qui se distinguent de la Procellaria pel(i[jica:\&. première par une queue bifurquée. la seconde par dos pieds plus longs, par Tabsenco do pouce et par un tarse botté, soit unilamellé. en avant comme sur b's côtés.