Genre 1 : PÉTREL
FULMAEUS Stephens.
Bec bien plus court que la tête, fortement rehaussé et crochu en avant des narines, avec deux petites dents latérales, un peu renfé à la base et médiocrement fendu. Tubes nasaux allongés, atteignant à peu près moitié de la mandibule supérieure et presque verticalement hwiqués en avant (voy. tig. 92). Jambes nues sur un petit espace, au-
Fio. ‘J2. Tètü (le Ful.makus clacialis, ad.
longipennp:s
dessus des mndyles. Tarse réticulé, généralement plus court que le médian sans ongle. Doigt externe ordinairement un peu plus long que le médian. Ongles médiocres, arqués et subaigus. Pouce représenté par un ongle conique. Ailes assez longues, effilées et suraiguës. Rémiges généralement pas échancrées, la première la plus longue; cubitales bien en retrait. Queue plutôt courte et arrondie, à 14 rectrices. Tète ronde; œil petit.
Les Pétrels, oiseaux de taille moyenne ou assez f>rande, vivent d’ordinaire en troupes plus ou moins nombreuses, sont d’excellents voiliers et se transportent souvent à de très grandes distances en mer, en quête des mollusques, des crustacés, des poissons et des corps morts qui leur servent de nourriture. Leur démairlie sur le sol est assez embarrassée. Ils nichent généi'alement dans les falaises ou dans des trous de rochers.
La mue, simple ou double suivant les auteurs, n’entraîne pas de grands changements de livrée. Le mâle et la femelle se ro.ssemblent ; les jeunes en diffèrent peu. Le poussin est couvert d’un long duvet, g]-is chez jP. glacialis.
Une seule espèce, sur trois ou quatre plus ou moins voisines comprises dans ce genre, figure en Europe et a été accidentellement rencontrée en Suisse.
320. — (1) : PÉTREL GLACIAL Eis-Stunnvogel — Froceïlaria ceneref FUUi.\BUs r.c.^ciAi.is Linué.
Bec ramassé, jiassablement piles coart que le tarse, au front, mec tubes nasaux prolongés presque j usqu’ à la hase du crochet, soit sur moitié du bec environ [voy. fig. 92). 2'arse d’ordinaire jilus court que le doigt interne avec ongle; doigt externe un pieu pd.us long que le médian. Ailes dépiassant légèrement le bout de la queue; rémiges non échancrées. — Faces supi., dos, ailes et queue d’un cendré bleuâtre; tête, COH et faces inférieures dhm blanc pilas ou moins piar, ad. été, ou d’un cendré clair, juv. Rémiges noirâtres ou d’un brun cendré. Un pjetit espiace brunâtre, pilas ou moins aiipiarent, devant l’œil. Bec et pneds jaunes.
FULMAEIENS
Lohç). tôt. (>'",450 — 500; aile pUée 0”‘,320—040; queue 0"^,120 — 133; tarse 0'“,047 — 051; doigt ext., avec ongle 0”',0ü3 — 000; hec, au front 0”', 035 — 04(>.
Pkocellaria CDfEREA Brisson, Ornitli., YI, j). 143, 1760. — Pk. glacialis Linné, Syst. Nat.', I, p. 213, 1706. Temminck, Man. Orn., II, p. 802, 1820. Nilsson, Skand. P’auna, Fogl., II, p. 344, 1835. Schinz, Fauiia helv., p. 124, 1837. Legl. et Gerbe, Orn. eur., II, p. 371. 1807. Friderich, Deutsche Viigel, 4® éd., ]>. 604, ïaf. 31. Fig. 1, 1891. — Pr. hiemalis Brehm, Isis, 1830, p. 995. — Pr. bo- RE.\Lis Urchwi, Naumannia, 1855, p. 296.
Fülmarus gi.acialis Stephens, in Shaïc, Gen. Zool., XIII, p. 234, pl. 27, 1825. Fritsch, Vôgel Eiiroi)., Tab. 56, Fig. 2juv. et Fig. 3, ad., 1871. Dubois, Faune Vert. Bc!gi(iue, Oiseaux, II, p. 633, 1894. Salvin, Cat. B. Brit. Mus., XXV, p. 426. 1896. /S/!orpe,Hand-Iist,I,p. 127, 1899. — F. minoe, F. AuDUBONiBo9ïap.,Consp. Av., II, p. 187, 1857.
Rhastistes glacialis Kaup, Nat. Syst., p. 105, 1829.
Le Pétrel glacial ou Fuliiiar est un oiseau du nord très sociable, exclusivenient marin et pélagique, qui ne séjourne guère sur les côtes qu'à PéïKique de reproduction, vit en pleine mei". volant tout le jour en quête de nourriture, et qui dort généralement en compagnie sur les flots: aussi n'est-ce que tout à fait accidentellement, et chassé probalilement par quekpie violente tempête, qu'il se montre sur les eaux douces, dans l'intérieur du continent.
Malgré une ou deux citations trop peu circoustanciées de rencontres tout à fait exceptionnelh's du Pétrel glacial sur les lacs de Constance et Léman, je n'ai aucune preuve de la présence de cette espèce en Sui.sse. Non seulement, je n'ai pu voir aucun Fulmar tué dans le pays, mais encore je ne saurais préci.ser ni dates ni circonstances particulières pour les captures en (piestion. Je me demande s'il n'y a pas eu confusion peut-être avec Puffinus cinereus qui a été rencontré (pielquefois en Suisse, et, u'était (pie quelques auteurs, Degland et Gerbe, et Bailly entre autres, ont répété ces citations, j’eus.se hésité à ranger cet oiseau dans le catalogue suisse. La seule donnée un peu précise, que je puisse mettre en avant c.st celle de feu L. Roget. grand chasseur sur le lac et hou ornithologiste, à Genève, (pii. dans une liste manuscrite des oiseaux observés par lui sur le Léman, me signalait, en ]8(i,3, le Pétrel fulmar comme accidentel en hiver sur ce lac, ce qui placerait une rencontre possible de cette (‘spèce vers 1840-1850.
Son vol rappelle assez cidui des Mouettes ; son alimentation consiste en animaux marins divers, mous surtout, petits poissons, mollusques, etc. Il est peu farouche, plutôt même un peu stupide.
LOXGIPENNES
Jeunes et vieux crachent volontiers à la figure de l'intrus qui les surprend dans leur retraite ou veut les molester uu liquide œsophagien, solde de hâve particulière.
C’est vers le milieu ou la fiu tle mars que les Pétrels se rapprochent des côtes, et c’est d’ordinaire dans la seconde moitié d’avril que les femelles, en nombreuse société, pondent leur œuf dans quelque anfi-actuosité de falaise ou de rochei*, souvent à nu sur la pierre. Le poussin, couvert d’abord d’un duvet gris, reste très longtemps sur cette couche peu rembourrée, où les parents lui apportent la nourriture.
Son œuf. unique, proportionnellement gros et de forme ovale, avec coquille assez rude, un peu crayeuse, est d’un blanc uniforme; il mesure généralement 0'“.()73 — 07G sur 0“,051 — 053.
L’espèce est très richement représentée dans le nord do l'océan Atlantique, où elle se reproduit jusqu'au 80“ degré, en Europe et en Amérique, et d’où elle vient, en plus ou moins grand nombre, hiverner jusqu’au 55° degré environ, rarement plus au sud, accidentellement en Hollande, en France et en Allemagne.
Sous-Famille II, des PUFFINIENS
PUFFININÆ
Bec plus ou moins allongé, passablement convexe et courbé en avant, avec bords internes de la mandibule supérieure lisses. Mandibule inférieure pincée, pointue et courbée en bas vers le bout. Tubes nasaux, supérieurs, horizontaux, courts ou assez courts, à ouvertures distinctes en avant, soit à cloison séparatrice terminale (voy. flg. 94). Jambes passablement reculées. Tarses très comprimés, moyens et réticulés; doigts assez longs, complètement réunis par une membrane entière ou faiblement échancrée (voy. flg. 93).
Comme les précédents, ce ne sont pas des migrateur.s, mais des oiseaux qui, errant souvent à de grandes distances, peuvent se montrer parfois, égarés, assez avant sur les continents.
Dos quelques genres de cette sous-famille représentée sur toutes les mers, dans les deux hémisphères, un seul, le goure Piiffiiius, est véritablement euroj)éen et compte quelques représentants dans
l’UFFINIENS
notre pays, tandis que trois autres ne figurent qu’exceptionnclleinent sur notre continent. Ces derniers, représentés par les : Œstre- Intn hæsitata KuhI. d'Asie, ayant fait de rares apparitions sur les côtes de P’ rance et d'AngleteiTe. BidwerUi Bulweri dard.. d’Afrique occidentale, accidentel sur les côtes d’Angleterre, et Majaqueifs æquinoctialis L., des mers de l’Afrique australe, qui se serait. dit-ou. montré une fois ou deux sur les côtes méridionales d’Europe, nous font complètement défaut.