‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 215 sur 309 · Genre 1 : STERCORAIRE · texte numérisé non relu

Genre 1 : STERCORAIRE

STEUCOR.CRIÜS Brisson.

Bec (fuasi-droit , plus court que la tète, au front, et fendu jusque sous l'œil, subcylindrique en arrière, avec arête ar-

LESTKIDKS

rondie et asi^ez large, légèrement déclive jusqu’à l’onglet, en avant, sur une longueur au nioim égale à celle de ce dernier, chez ad., un peu plus grande, chez juv. ; onglet supérieur convexe et plus ou moins crochu; narines en fente légèrement oblique, derrière le bord de l'onglet, passablement en avant du milieu du bec, au. front, et en partie couvertes par la cire en arrière ; angle mentonnier, selon l’ùge, plus ou moins accusé (voy. lig. 95). Tarses couverts de scutelles convexes en avant, grossièrement granuleux (ad.) ou étroitement réticulés (juv.) en arrière et sur les cédés Ongles plus ou moins courbés et aigus ; celui du doigt interne le plus crochu, celui du médian tranchant au bordterne (vo\'. lig. 96). Aile pliéi passant généralement plus moins tes rech'ices latérc rémiges non échancrées, I

plus longue; cubitales post. as- f,o. oe. Pied gaucho do stk,. a.uus sez larges, prolongées bien au oatahuactes, a.i,, côté cxiemo.

delà des rémiges secondaires

moyennes, atleigncmt ou dépassant la moitié des rectrices latérales. Queue d’ordinaire faiblement arrondie sur les côtés, avec rectrices latérales larges et subarrondies, un peu tro'tuqtiées à l’ extrémité , et 'rectrices médianes larges ou ejfilées, plus ou moins prolo'ngées , chez ad.

(Eufs pou iioiiiltreux. doux le ]jlus souvent, assez gros, de forme ovée, assez ventrus, à cotiuille médiocrement épaisse et assez lisse, avec nomlireusos taclies foncées sur fond brun-olivâtre généi’alement plus sombre (pic chez les Laridés.

Les Stt'rcoraires, selon les cas, sédentaires, errants ou migrateurs, habitent surtout les zones froides du globe, d'où ils se ré-

‘ Lâ'xamen des Stercoraires de divers âges de ma collection (adultes seulement ])Our ie Cataracte) m’a jtermis de constater tiue les réticules recouvrant le tarse, sur les côtés et en arrière, dans le jeune âge, se vofitent de plus en iilus chez l’adnlte, en prenant l’aspect d’un gros grain saillant, parfois même plus ou moins conique ou épineux.

LONGIPEN'XKS

pandent ])lus ou moins vers les réf>ions tempérées, sur les côtes de rOcéan et des mers d'Kurope entre auti'es, souvent mémo jusque sur Inen des lacs, dans l'intérieur des continents. Ils sont en fiénéral assez peu sociables, en dehors de l'époque île «'production, et. excellents voiliers, s’éloiiiiient volontiers plus des côtes que la plupart de nos Laridés. Ils marchent et nagent bien, mais ne plongent généralement pas. Leur voix est rude et désagréable. A la fois rapaces et parasites, ils si' non l•l•issent surtout de poissons ou de mollusques en partie volés à des pécheurs plus habiles, aux Cormorans, aux Fous, aux Mouettes ou aux Sternes qu'ils ne ce,ssent de poursuivre. jusqu’à ce qu'ils aient réussi à leur faire lâcher leur jiroie. On les accuse aussi de manger volontiers, à l’occasion, des leufs et de jeunes oiseaux de mer.

Ils nichent dans le nord, en sociétés, sur les falaises ou les collines, non loin de la mer, à terre dans un petit creux, entre les herbes ou les bruyères, l't volontiei's à proximité de quelque filet d'eau douce.

Leur mue est double et phis ou moins ruirtile. Le mâle et la femelle portent un plumage semblable, mais qui varie beaucoup, avec l’âge plus ou moins avancé, dans les mêmes saisons ; les jeunes sont différents et très vaidables aussi. A part le Cntarrades, de beaucoup le plus gi’os et toujours brun, nos fliff'érentcs espèces (trois) poident à l'état adulte, des livrées plus ou moins blanches en des.sous et se rapprochent assez à première vue. — Les poussins naissent entièrement couverts d’un duvet brun, restent peu de jours dans le nid, puis errent volontiers dans les environs de celui-ci, se. cachant entre les pierres à l’appi'oche d’un danger.

Les Sterconiriiis cre.pidntns et St. loiigic-amlus, longtemps confondus, se distinguent à première vue des St. catnrractes et St.pomariuus non seulement par une taille plus réduite, mais encore par des rectrices médianes plus effilées, ainsi que par un bec et îles pieds notablement ])lus faibles. Le Lot/r/icaudus, le plus petit des quatre, se distingue à son tour de Crepidatus par des pieds et un bec plus petits encore, pai' une légère écbanciaire latérale du dernier. vers le bout du ciwhet supérieur, par le fait que ses deux premières rémiges seules ont la baguette blanche, et par une forme à la fois plus allongée et beaucoup plus effilée des rectrices médianes, chez l’adulte.

Teiiniiiiick, dans son Manuel d’ornithologie si répandu, en 1815 et 1820, et Meisner, dans ses « Vogel der Schweiz » on 1815, ainsi que dans son « Muséum der Xaturg. Helvetiens » sous le titre d’Mrctische Moive, en 1820. ont plus ou moins confondu ces deux der-

LESTRIDÉS

nièros espèces, tour rà tour sous les noms de Fnrasiticus et do Cre- 2ndnti(s; puis. lûen dos auteurs sont après eux tombés dans la mémo ei'reur, faute d’avoir recouru aux quelques principaux caractères distinctifs que je relève ci-dessus.

Les deux espèces étant également parasites et le nom de Pamsitus ou ParnsiticHS ayant été tour à tour appliqué au Stercoraire de Richardson (Crp^yidntns Banks) et au St. de Bulïon {Lottfficnndatns ou Lutigicniidus Brisson), je crois, comme. Dubois dans sa Faune des Vertébrés de la Belgique, devoir sup|)rime.r ici le nom pou motivé et trop embarrassant de Pnrnsitims L., en le remplaçant, pour la dernière et la plus petite do nos espèces, le Stercoraire de Buftbn. par celui fie Longimndns Briss., presque aussi ancien. Le qualificatif (JrexiülatKS, qui signifie chaussé de sandales ou de pantoutlos', pouvant s'appliquer aux jeunes de nos deux plus petites espèces et ayant été également donné aux deux par plusieui's auteurs, je l'aurais certainement remplacé à sou tour, si j'avais pu trouver dans la synonymie un nom assez ancien et assez justifié pour distinguer franchement le Stercoraire de Richardson. Ce n'est pas sans hésitation (pic je me suis rangé à l'opinion de l'excellent ornithologiste Saunders, auteur du Vol. XX^’ du Catalogue des Oi.seaux du British Muséum, pour conserver à ce (hunier le nom de Crepidntiis qui lui avait été tout d'abord appliqué par Banks et par Gmelin. Le nom de Cejiplius ou Cepliiis eût eu encore le même inconvénient, pour avoir (%’ également donné aux deux espèces.

324. — 1 : STERCORAIRE CATARACTE Grosse Rauljmove — Stercorario maggiore.

STERCon.umjs e.vr.^nn.ccTES Linné.

Bec trH rohasto, à onglet siq). très crochu, et légèrement plus long que le tarse, à la commissure. Pieds forts; tarse grossièrement granuleux en arrière et sur les cotés, ad.; médian avec ongle généralement un pieu plus long que le tarse; tous ongles forts et crochus, l’interne surtout (voy. fig. Oti). Ailes dépassant généralement qieu la queue. Q,ue.ue plutôt comie, subarrondie, avec rectriccs médianes

y Ils paraissent chaussés de pantoufles par le fait que leurs doigts et leurs palmures, pâles à la base, sont d’un noir ou d’un noirâtre foncé dans leur moitié extrême.

l,OX«lPENXK,iS

plates, kar/es et arrondies, dépassant pea les voisines. — Livrée constamment brune., plus foncée en dessus qu’en, dessous, arec stiies 7-oussûtres sur le cou et un lareje iniroir blanc sur la base des f/randes rémU/es. Bec brun foncé, Pmls noirs.

Long. tôt. ()"',ijOÜ — oVO; aile pliée (>'^,405 — 430; queue, Ü'^,lô5 — n 1, y compris les rectrices médianes dépassant les latérales de 1 07.1 2 (an ])lu s de 3) cm.; tarse O”', 004 — 070; médian, avec ongle 0'°,008 — 075; bec, au front tP,047 — 032.

Laeus pnsi;us Brissou, Ornith., VI, p. 165, 1760. — L. catarraotes Linné ex Gessner, Syst. Xat., 1. p. 220, 1766. — L. Keeask Latliam, Iiid. orn., II, p. 818,

C'.ATARRAOTA SKL'A Brütin., Orii. lior., p. 33, 1704. Fritsch, VCgcl Europ., Tali. 68, Fig. 7, 1871. — Catarractes vtjl&aris Fkm., Brit. Anini., p. 137, 1828.

Lestris catarractes j!/%.,Prodr.,p. 273, 1811. 2'mHMMe/f, Man. ,p. 51 1,1816. L'ilsson, Skand. Fauna, Fogl., II, p. 334, 1835. jFn(Zem7i, Deutsche Vogel,4«éd., p. 596, 1891.

Stercorarics catarractes Vieillot, N. Dict., XXXll, p. 154, 1819. JJegl. et Gerhe, Orn. cur., II, p. 392, 1867. — St. catarriuctes /Im6oî>, Faune Vert. Bclgiepie, Oiseaux, II, p. 61 1, 1894. — St. pomarinüs Vieillot (nee Temm.), Gai. des Oiseaux, II, p. 220, ]il. 288, 1834.

Megalestris catarractes SoHfl/î., Cat. Parzud., p. 1 1 ,1856. M. catahrhactes Saimders, Cat. B. Brit. Mus., XXV, p. 31 5, 1896. Sharpe, Haad-list,I, p. 148, 1899.

Büphagus skda Coues, Proc. Ac. iiat. Sc. Philad., p. 125, 1863.

Adultes, en été : Partio.s supérieures, tète et cou y compris, d'uii lirun foncé; le.s plumes du cou et du dos plus ou moins usées p.ir une mue ruptile. les premières aciiminées, les .secondes arrondies, avec une raie longitudinale médiane ou nue taclie d'un jaune roussâtre. Poitrine, ventre et sous-caudales d’unlirun cendré plus clair, plus ou moins nuancé de roussâtre, xViles brunes; grandes rémiges noirâtres; les cinq ou six premières, blanches sur la moitié ou le tiers basilaire, de.ssinaut un miroir transvei-sal. avec baguette blanche. Rectrices noirâtres. Idanches à la base. Bec brun foncé en arrière, noir en avant. Pieds noirs. Iris brun. — Ad., en arriére automne : D'un brun un peu plus cendré à la tête et aux ailes, avec plumes intactes ou sans usure.

Jeu «es.- Plus petits, portant une livrée plus uniforme, d'un lu-un noirâtre, en de.ssus. d’un brun de suie, on des.sous, avec stries plus claires au cou, à la imitrine et sur le dos. Bec iirun, un peu verdâtre sur la cire. Pieds en partie d'un gris de ploml). Les rectrices médianes plates, peu ou pas prolongées.

A la n.aissanc.e. : Couverts d'un duvet assez long et serré, d'un brunâtre foncé et sans taches.

LESTRIDKS

Lo Cataracte, le plus grand de nos Stercoraires, oiseau sédentaire et ci'rant. mais surtout marin, est hôte tout à fait accidentel et excessivement rare on Suisse. On en cite trois ou quatre captures seulement, et encore la majorité de ces donné('s manquentelles de précision, au moins dans ce que j'en sais. 11 aurait été vu ou tué une fois ou peut-être deux sur le lac d(i Constance, près de Rorschacli en particulier, une fois sur l'Aar près de Büren, s’il n’y a pas confusion avec CrejndatKS cité dans la même localité, et une fois sur le lac de Neuchâtel, jamais, que je .sache, sur le Léman.

De la taille du Goéland à manteau bleu à peu près, avec une envergure de r",40 envii’on. un hec très fort et des ongles crochus, et doué d’un violent appétit servi par une hardiesse et une adresse extraordinaires, il poursuit et dévore sur mer et .sur terre. i)rès de celle-ci, tant les poissons, les crustacés ou les mollus((ues (pie les oiseaux (A les petits mammifères, s’attacjuaut à toute chair, vivante ou morte. C’est un rapace hatailleur et méchant qui s’éloigne souvent de plusieurs lieues en mer, pour pêcher ou voler d'autres pêcheurs, (A (jui est la terreur do tous ses voisins, quand il revient près de terre, particulièrement à l'époque des nichées durant la- (pielle il ne cesse de piller et détruire autour de lui.

Son vol, .souvent planant. (\st à la fois puissant et d’une extrême rapidité. 11 nage en outre avec lieaucoup d'adresse et court fort aisément sur le sol. Son ci'i. un pou rauque, semhle exprimer, suivant les circonstances, les .syllalies arh, nch ou ag, ag ou encore ,y'm et hoh quand il attaipie un ennemi.

11 se reproduit sur les cfites nord de rOcéan Atlantique, on Europe et en Amérique, dans le sud du Groëidand. en Islande, aux îles Færoê et Shetland, ainsi qu’aux Lofoten. sur les côtes de la Norvège, entre autres, et inche généralement en colonies près de l’eau douce, à quelque di.stance de la mer. volontiers .sur h's collines (pii avoisinent le rivage. 11 pond dans uiu' petite dépression, sur la mousse ou sur des herhcs, dans la seconde moitié de mai, ordinairement.

Ses (tufs, au nomhre de ‘i, de forme ovoïde et assez ventrus, à coquille médiocrement épaisse, finement porcnise et légèrement lustrée, sont d'un hrun olivâtre, avec taches petites ou moyennes et éparses, les unes grises et profondes, les autixrs plus superfici(dles d’un In-un foncé ou noirâtre.s, souvent plus grandes et plus rapprochées vers le gros liout. Ils mesurent 0'",0(i8 — 07‘2 sur 0'",04!) — 050.

Cette e.spôcc a une aire gé'ographiquo assez limitée, entre le (i0° et le 70° nord, en Europe et en Amériipie. d’où (die se répand plus ou moins, en hiver, sur les côtes des lies Britanniques, ainsi que

LONGIPENXES

sur celles de Hollande, de France, d'Plspagne et de Portugal, uiêine jusque dans les nagions ouest do la Méditerranée.

325. — 2 ; STERCORAIRE ROMARIN Mittlere RnuTjmowe — Stp/rorario niezzano. STEROOliAUiUS PO.M.ARixüs Tcmmiiick.

Bec moyen, un peu pins hny que le tarse, à la commissnre, avec onglet supérieur médiocrement convexe et crochu (voy. tig. 95). Pieds moyens; tarse granuleux et assez rugueux sur les côtés et en arrière, ad., réticulé aux mêmes faces, juv.; médian avec ongle quasi-égal au tarse; ongles moyens, passablement courbés et aigus, ^interne assez crochu. Ailes dép((ssant passablement la epieue, aux rectrices latérales. Queue moyenne, quasi-droite ou faiblement arrondie, avec deux rectrices médianes notablement prolongées et un peu tordues, chez tadulte, mais toujours larges et arrondies à V extrémité (voy. fig. 97). — Dessus de la tête, faces dorsales et souscaudales d’un noir brun fuligineux; faces inf. blanches, jilus ou moins mouchetées de brun sur les côtés et sur la poitrine; tour du cou blanc-jaunédre, avec macules allongées jaunes, sur les côtés et en arrière (ad. en noces). Livrée brune, avec bordure rousse F.n. 97. Queue, par-dessus, do rOUSSÛtre dcS plumCS, CU clcSSUS (juV.J. STimcoHARuis PO.MA1UNU.S, itd. /Jÿ brun et de roussâtre, en dessous. Les cinq ou six, parfois seqd premières gj andes rémiges à baguette blanche ou en majeure partie blanche.

Long. tôt. 0"‘,435 — 485, sans pirolongement des rectrices médianes; aile pliée 0'^, 340— ‘360; queue O”', 135— 155 aux rectrices lat. moy., 0”',300 — 258 aux rectrices méd. prolongées; tarse 0'",049 — 055; médian, avec ongle 0"^,049 — 053; bec, au front 0"',035 — 038.

Stercobabius steiatüs Brisson, OrQitli.,VI, p. 16‘Z,juv., 1700. — St. poma- RiNüs Vieillot ex Temm., N. Dict., XXXII, p. 154, 1828. Bailly, Ornitli. Savoie, IV, p. 325, 1854. Begl. et Gerbe, Orn. eur., II, p. 394, 1867. Dubois, Faune Vert.

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