Genre 1 : GOÉLAND
LARUS Linné.
Bec quasi-droit , plus ou moins fort, ainsi que plus ou moins élevé et comprimé, toujours beaucoup plus court que la tète, au front, et fendu presque jusque sous le bord antérieur de l’œil; mandibule sup. rehaussée et plus ou moins crochue ou seulement convexe, en avant; angle mentonnier
plus ou moins saillant, très en avant du milieu du bec, depuis le front. Narines en fente latérale, quasicentrales ou légèrement reculées- (voy.
Fig. 100. Tùte de Larus marinus, ad. • 100). TurSe Un
peu comprimé, volontiers plus long ou quasi aussi long que le médian avec ongle^, scutellé en avant et réticulé en arrière, généralement avec une série d'écussons plus ou moins grands sur le côté post. externe. Jambes à peu près à l’aplomb du corps, nues dam le bas, sur un espace variant le plus .souvent, selon ràge et les espèces, entre le tiers et la moitié
^ Ce nom est écrit, selon les auteurs : Goïland, Goéland. Goéland ou Goéland.
^ Je prends la position relative des narines au milieu de ieur longueur.
^ Le Larus minutus fait seul exception parmi nos espèces du genre.
LAEœXS
de la longueur du tarse'^. Doigts ant. complètement réunis par une membrane entière, à bords faiblement concaves, avec ongles petits ou mogcns, faiblement arqués et subaigus, le médian plus fort et obtus, tranchant au coté interne. Pouce court, avec petit ongle, et constant (voy. tig. 101). Ailes assezeffilées, dépassant plus ou. moins la queue, avec cubitales post. prolongées plus ou moins avant sur cette dernière, selon l’âge et les saisons; 1"^ rémige d’ordinaire la plus longue, parfois 2’^, ou les deux quasi-égales.
Queue moyetine, égale ou quasi-carrée, à recfrices larges et arrondies.
Œufs au nnuiluv ordinniro dn trois, plus rarouient deux ou (piatre, assez gros, de forme ovale ou ovoïde, iivec. coquille assez mince et de grain assez tin. plus ou moins couverte de taches et mouchetures grises, brunes ou noirâtres sur fonds variés, jjarfois blancs ou gris, le plus souvent verdâtres, roussâtres ou olivâtres.
Los nombreux représentants de ce genre, très répandus dans diftérentes parties du monde, mais en majorité propres aux régions septentrionales, vivent sur les boials des mers, des lacs et dos grands cours d'eau, et se nouridssent surtout de mollus(pics et de j)oi.ssons qu'ils happent à la surface, à la nage ou en fondant dessus, parfois de haut, sans planger véritablement sous r(>au; souvent ils prennent aussi des corps morts, poissons et autres, sur les grèves, ou encore des larves et des insectes, ainsi que des limaces et des escargots, dans les excursions (]irils font de temps à autre sur les terres du voisinage. Bien que se posant volontiei's sur l’eau, ils ne nagent pas beaucoup et portent toujours alors la (picue élevée audessus du liquide. Leur démarche sur le sol est assez leste et facile; arrêtés, ils tiennent d’ordinaire la jambe droite et tendue, le corps horizontal et la tête un peu en arrière. Doués d'un appétit vorace, avec un vol aisé, parfois très lupide. ils cherchent quelquefois à s’emi)arer de la pi'oie des autres par surprise ou par poui-
' Le Larus leucopterus fait exception dans le genre, avec nn espace nu de la jambe un peu plus court.
Fig. 10t. riütl droit de Larus HiDinuNDUs, ad., coté externe.
LONKII’ENXES
suite'. Ils sont généralciiient criards, et leur voix aigre n'a rien (l'harmonieux. Ils vivent volontiers en société's plus ou moins nomlireiiscs, surtout aux époejues de i-eprodiiction. et nichent à terre, pondant dans un petit enl'oncenient du sol plus ou moims garni de (h'bris va'gthnux, (piekiuefois directement .sur le gravier ou le sahh' des rivages.
Leur mu(' est doulde ou partiolhmient double. Ccdle d'('té est à peu pi'ès complète; tandis (jue celle de tin d'hivei- est gtméralement en partie ruptile, ou le lésultat de modifications internes, pour bien des plumes, sans renouvellement de celhrs-ci. L(( mâle et la femelle se ressemblent beaucoup en toute saison. (]uant à la livrf'e, le premier ('tant v(dontiers un peu plus fort (pie la seconde; les jeunes sont assez (lili'('rents. pendant un ou deux ans. — Les poussins, couverts d'un (’pais duvet, restent pou de jours au nid, puis rôdent bientôt autour de celui-ci, sous la protection de bmrs parents.
Une ou deux espèces se reproduisent chez nous; plusiimrs passent assez irgulièrement; (piehpie.s-unes hivernent volontiers; d’autres, des jeuiK's le plus souvent, ne font (pio de rare.s apparitions, (\'oy('z plus loin, aux si'ctions. les (pichpies espèces d'Europe ou rencontrées sur notre continent (pii maïuiuent à la Suisse).
Quehpies auteurs ont séparé génériipiement. sous le titre di.stinctif de Chrokocejilialiis (Clu-oocejihaliis) Eyton. les espècixs ipii. à l'état adulte et en livrée de noces, portent un capuchon foncé, gris, brun ou noir, de ci'lles (pii, .sous le nom de Larns, (îoé'lands proprement dits, ont toujours la tête et le cou blancs, avec ou sans mouchetures. Bien ipie commode et au premier abord assez naturel, ce mode de répartition rompt cependant complètement avec différentes affinités morphologiipies et de livrée plus constantes (pii. à leur tour, militent en faveur d’aiities subdivi.sions. La présence. dans chacun de ces deux genri's, d’espèces intermédiaires (jui partagent plus ou moins les caractères de l'iiii et de l'autre, ne permettant guère d'attrilmer à ces fractionnements une importance même subgénérique, je ne les conserverai ici qu'à titre de sections, et en en détachant deux autres petits groupes de même valeur ipii me. paraissent tout aussi motivés que les premiers. En tenant compte des formes l't proportions du bec (‘t dos pattes, ainsi
‘ J’ai vu souvent des Goélands cendrés ('L. cmius) et des Mouettes rieuses (L. ridibimdun) tantôt se jmnrsuivre au vol avec rapidité et persistance, pour s’enlever une proie, tantôt venir se poser sur la plongée d’un Canard dans l’espoir, généralement frustré, de pouvoir voler à celui-ci sa capture, à l’instant de la sortie, ou pour recueillir sur l’eau les menus débris (pie le plongeur a fait monter à la surface, en remuant le fond.
LARIENS
que do certaines différences de livrée invariables on toutes conditions. on peut en effet répartir les diverses espèces qui répondent à la diagnose ci-dessus dans les quatre sections suivantes : Goélands à ailes blanches (Lari leucopteri). Goélands à manteau (L. pnlliati). Goélands à capuchon (L. cucullati) et Goélands nains (L. niiimti),\Q^ deux niédiaues, comprenant les genres récusés, conservant leurs espèces divergentes ou leurs formes transitoin's. Les Goélands à manteau conservent le Larits cauus à bec exceptionnellement faible dans le groupe, et les Goélands capuchonnés comprennent le Lariis ichthyaetus à bec par contre extrêmement fort dans sa section.
Le Larns yelastes Thicn., Genei Br. (Gelastes Lamhruschinii Bonap.) d'Asie, rare sur la Méditerranée, et qui nous fait défaut, mériterait peut-être, à cause de la foriiie plus allongée et plus acuminée de sou bec, d'être distingué dans une section ou un sousgenre à part.
Section 1, des GOÉLANDS A AILES BLANCHES
LAlu i.EUCûPTERl Brelim.
Bec fort et assez élevé, médiocrement crochu. Tarse quasi-égal au médian avec ongle. Ailes dépassant relativement peu la queue. Tête assez forte et arrondie. Jamais de noir aux rémiges, ni de capuchon. Pas de bande transversale noirâtre à la queue dans le jeune âge.
Des deux espèces qui habitent les côtes du nord de l'Europe et de l’Amérique l’une , s’est accidentellement montrée en Suisse, l’autre, Larus ylaucus Brttnn, nous fait entièrement défaut, malgré l’usage fait de ce nom par Meisner. en 1815
' Le Lants décrit sous le nom de L. glaueus par Meisner, en 1815, dans ses « Vôgel der Schweiz, p. 268 », n’a rien à voir avec le L. glaueus Brünn.; car certainement l’auteur a fait une confusion de nom et d’espèce, quand if a dit, pour l’iidiilte « rémiges noires avec taches blanches •. Son Goéland doit rentrer par le fait dans notre seconde section et se rapporter très probablement au i. argentatus dont il ne parle pas autrement.
LOXGIPENNES
328. — (1) : GOÉLAND LEÜCOPTÈRE Polarm'êwe — Gahhiano leucottero.
LEUCOPTERUS Faber.
Bec assez robuste et moyeimemmt haut, à peu près égal, en dessus', au- doigt interne avec ongle; mandihule sup. courbée en avant, mais médiocrement crochue, soit dépassant peu le bout de l’inf. angle mentonnier bien, accusé, un peu en avant des narines; hauteur ijassablemeut jdus forte. sur l’angle, (pte. derrière les narines; narines légèrement eu arrière de demi-longueur du bec au front. Tarse quasi-égal au médian, avec ongle. Jambes nues sur un très pietit esqmce au-dessus des coudyles. Ailes dépassant qmu ou pas la queue. Dos et couvertures cdaircs d’un cendré bleuâtre pâle, tout le reste blanc, g compris rémiges et queue, avec ou sans stries brunâtres sur la tête et le cou, ad. Première année: blanchâtre, sali et tacheté de brun-roussâtre pâle; rémiges et rectrices grisâtres, juv. Bec jaunâtre en arrière, rembruni en avant, rouge sur la mandibule inf, au-dessus de l’angle mentonnier. Pieds jaunâtres.
Long. tôt. 0“’,540 — 000; aile piliée O”', J 15 — 480; queue 0'^,L00 — 190; tarse 0“/J57 — 003; médian, avec ongle 0'^,057 — 003; bec, en dessus (aux jdumes frontales) 0”',043 — 030.
Larus ledcopterüs Faber, Prodr. Islaiid. Orn., p. 91, 1822. Nilsson, Skand. Faiiua, Fogl., II, p. 321, 1835. Tanmincl; Slaii. Oro., IV, p. 467, 1840. Begl. et Gerbe, Orn. eiir., Il, p. 411, 1867. Fritseh, Vôgel Europ., Taf. 66, Fig. 6, 1871. Friderich, Deutsche Vôgel, 4® éd., p. 690, 1891. Saunders, Cat. B. Brit. JIus., XXV, p. 296, 1896. Sharpe, Hand-list, I, p. 142, 1899. — L. olaucoides (ïemin.) Boie, Ms, 1822, p. 562. — L. islaxmcüs Edmonst, Mem.Wern. Soc., IV, p. 606, 1823. — L. GHALCOPTEEUS Liclit., Nomencl. Av., p. 99, 1854.
Laroides glaucoides, L. LBUCOPTEROS, L. SÜBLE0COPTEBOS Bvelim, Isis, 1830, p. 993.
Glaücüs leücopterüs, g. glacialis Bruch, Journ. f. Ornith., 1853, j). 101.
Plauiüs (Laecs) leücopteeus Beicli., Syst. Av. Nat., PI. XXVI (46), flg. 827-
Leücüs leücopteeus, L. leücopteeus a minor Bonap., Coiisj). Geii. Av., II, p. 217, 1857.
' Longueur du bec, en dessus, prise, en ligne oblique, du fond de l’angle frontal au maximum d’éloignement du crochet, devant la mandibule inférieure.
LARIEXS
Ce Goéland de Textrême nord, de taille cà peu près moyenne dans le f,^enre, soit notablement plus petit que le Glaiirits de la même section et que le Marines qui suit, n’appartient pas en réalité à la faune suisse, car il n’a été trouvé, jusqu'ici qu’une seule fois, à ma connaissance, dans le pays, cela, en 1849, sur le lac de Neuchâtel, selon Vouga de Cortaillod. dans son mémoire sur la Faune ornithologique du bassin du lac de Neuchâtel'.
Ses mœurs et allures sont celles des granfles espèces du genre. (Voyez la biologie des quelques Goélands qui suivent).
Cette espèce des régions ai'ctiques est plus américaine qu’européenne; elle est abondante dans l'Alaska, le Groenland et le Labrador, entre autres. Elle ne se reproduit guère que dans le nord de la Scandinavie ou la Laponie, sur notre continent, et ne se montre que très irrégulièrement, en hiver seulement, plus au .sud, sur les côtes des Iles Britanniques, de la Hollande, de la France et, accidentellement, à Iléligoland dans la mer du Nord.
Ce Goéland niche en juin sur les rochers au bord de la mer, jusqu’assez avant au nord du cercle polaire, et pond généralement 3 œufs qui rappellent beaucoup ceux de L. argetdaius par leurs dimensions et leur coloration.
Section 2, des GOÉLANDS A MANTEAU p.cr.i.iAïi
Bec fort, élevé et plus ou moins crocbu. Tarse généralement plus long que le im-dian avec ongle, ou au moins égal. Ailes dépassant plus ou moins la queue, 'l’ête forte et arrondie. Rémiges primaires en majorité noires et grises, et plus ou moins variées de blanc, .selon l'âge plus ou moins avancé, d'ordinaire entièrement noirâtres chez les jeunes. Une large bande transversale ou de grandes taches noirâtres à la queue, dans le jeune âge. Jamais de capuchon. (Le Lnrus caHus,k bec relativement faible, comme celui des Mouettes à capuchon, fait ici une exception et, sur ce point, comme une transition à la section suivante).
Les espèces de ce second groupe rencontrées en Europe sont également signalées plus ou moi ns .en Suis.se, à l'exception de quelques Goélands, sons-espèces ou variétés, (pii se rapprochent de nos L. ca-
Bull. de la Soc. des Sc. uat. de Neuchâtel, II, 1846-1852, p. 409-422.
LOXGIPENNES
nus ot L. arfjeidatus qu'ils représentent dans des régions plus septentrionales. plus méridionales ou plus oi’ientales; je veu.x parler du L. niveus Pall., voisin du premier, et des L. horealis Brandt, L. Michahellesii Brucli {Leucopha’us Liclit.), L. cachii/nans Pall. ot L. affi.nis Eeinli., voisins du second. Le Cachinuans, dont je dirai un mot plus loin à propos à'Argerdatus, aurait été rencontré récemment dans le pays, sur le lac de Lugano dans le Tessin, au sud des Alpes, selon Ghidini ( voy. Argentatus, var.).