‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 236 sur 309 · I.ONGIPENNKS · texte numérisé non relu

I.ONGIPENNKS

Jeunes, J’ année : Plus do oolliov noir derricro le cou ; partie post. du cou et inique grises. Kneore une bande brun-noirâtre sur les petites eouverturi's et les cubitale.s, et une bande brune terminale à la queue, qui est moins échancrée. Grande.s rémiges brunes, avec bordure interne blanche plu.s large. Bec brun, volontiers jaunâtre en avant, sous la mandibule inférieure. — Jusqu'à trois ans, de moiirs en moins tachés, et ac(|uérant détinitivement la livrée d'adultes en perdant la bande terminale de la queue.

A la naissance: Couverts d'un duvet cendré sur les faces dorsales. blanc partout ailleurs. Bec. biain en dessus, ja un ('-brunâtre en de.ssous; pieds d'un brun rou.x.

Variabilité: J'ai dit. en note. <à propos di' la diagnose du genre A’issr/, que j'avais trouvé un pi'u de variabilité dans les dimensions du pouce, toujours excessivement petit chez la Mouette tridact3de, et qu(' ce doigt, comme atrophié et sans ongle chez l'adulte, m'avait paru d'ordinaire un peu plus développé, avec ongle rudimentaire, dans le jeune âge. J'ai dit également, dans la description de la livrée (lu jeune de 1™ année de cette ('spèce. que h's quatre premières rémi,ues sont noires, avec large boialuie blanche an côté externe, en arrière du bout, et que ce n’est souvent que la sixième qui est tonte grise et Idariche. avec pi'tite tache noire transvensalo avant le bout, tandis que c’e.st le plus souvent la cimiuième chez l'adulte.

La Mouette tridactyh'. un peu plus corsée que la Rieuse, avec tête notablement plus forte, mais pins basse sur jambes, n'est pas très rare dans le jjaj’s. au nord des Alpes, en tant qu'oiseau de passage plus ou moins fréquent suivant h's localités, et surtout comme lu'jte d'hiver. Elle s'e.st montrée sur la [ilupart des lacs de la plaine suisse, ainsi (|ue sur le lac des Quatre-Cantons, au centre, dans la vallée du Rhin près de Flims, à l'est, et sur le Rhin près de Bâle, au nord. On l'a vue aussi [irès de Porrentrnv' dans le Jura et sur l'Aar du C(')té de Schüpfen*. ainsi qu'au piAit lac de Davos, à 1575 m. d’altitude environ, dans les Alpes grisonnes, et jusque sur les lacs de la H“-Engadine à ISOO m. s/in. Je ne connais pas d'oh.servations de cette espèce dans le Te.ssin. au sud. Elle passe isolément on en petite société, dès la fin de septembre, en octobre ou en novembre, s'arrêtant volontiers sur nos plus grands lacs pour y passer l'hiver, parfois même en assez grand nombre, et repart vers la tin de février ou en mars, parfois encore au commencement d'avril. Je connais bien des captures faites sur le Léman, soit d'adultes en livrée d'au-

^ üu mâle adulte de cette espèce figurerait aus.si daus le petit Musée d’Olten, selon 6. vou Burg.

LARIEKS

toiiine. soit do jeunes surtout. Le Musée de Genève (coll. loc.) en possède trois jolis individus d’âges dittérents: un adulte en livrée d'hiver parfaite, un mâle plus jeune, en livrée de transition, et un jeune après la preinièi'o mue. J'en ai aussi trois jeunes de Suisse: deux de Genève, une de et un de ‘2" année, et un de 1” année de Neuchâtel, ill. L('chthaler a observé une quinzaine de ces Mouettes qui. en hiver 1S79, sont restées pendant trois mois dans les environs de Genève, avec les Rieuses. Stolker. parlant du lac de Constance, disait, en J 8(55'. que la Dreizehifje Müwe n'est pas rare du tout, dans bien des hivers.

Elle est très sociable et peu farouche, nage bien et voh' admirablement, tantôt haut, tantôt bas; mais elle maifhe moins bien que la plupart de nos autres Mouettes, à. cause de la [josition un peu reculée et de la brièveté relative de ses membres postérieurs. Elle se nourrit .surtout de vers, de crustacés et île mollusi|iies. ainsi que de petits poissons, sur l('s(|uels elle fond verticalement avec une extrême rapidité. Son cri, variant avec les circonstances, peut être, suivant les cas. traduit par kakedai ou tn-ka-kai, ou dnc.k dnck, parfois par hae-hiae rappelant un peu une trompette d'enfant.

Dans les régions septentrionales où elle vit de préférence, elle niche généralement en grandes colonies, souvent en quantités innombrables. dans les rochers, au bord de la mer surtout. Elle se reproduit, depuis les côtes des lies Rritanniques et de la Scandinavie, jusque dans l'extrême nord de notre continent; on l'a rencontrée môme encore .sous le 82" degré. Son nid, établi assez haut, sur que](|ue saillie de locber. est plus artistement bâti que celui des Mouettes précédentes; il serait foimié de mousse, d'herbes et do terre, et solidement fixé au roc. La ponte aurait lieu d'ordinaii'o vers le milieu de juin, selon Malmgren.

Ses (oufs, au nombre de 2 ou 3. rarement 4, sont assez gros, plus ou moins ventrus et parfois un peu piriformes, avec coquille finement grenue, a,ssez unie, mais mate. Ils sc distinguent d'ordinaire de ceux des antres Mouettes par la pâleur relative de leur coloration fondamentale, d'un gris clair, d'un blanchâtre fauve ou d'un blanc bleuâti'c, sur laquelh' se voient des taches épai'ses. petites et moyennes, assez irrégulières, les unes grises, les autres brunes on noirâtix’s. parfois un peu rapprochées autour du gros bout. Us mesurent 0'".()51~Ü57 sur 0'".03y— 041.

L'espèce est très répandue dans les régions circompolaires, arctiques et subarctiques, de l'Europe, de l’Asie et de l’Amérique, d’où

‘ Versuch eiiier Vogelfauna des Kantoii S*-Gallen uiid Appenzell; Verhandl. der St-Gali. Nat. Gesell., 1866-66.

LONUIPKXNKS

elle sap'iie ])Oui‘ hiverner des contrées plus inéiddionalcs. les bords des mers Caspienne et hléditerranéc. en particulier, et souvent des cours d'eau ou des lacs, assez avant dans les continents.

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