‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 35 sur 309 · BÉCASSINE ORDINAIRE · texte numérisé non relu

BÉCASSINE ORDINAIRE

Mittelschnejjfe — Beccaccino reale.

f.ALUNAfiO MEDIA Leacli.

Bec égal à deux fois le tarse, ou un peu plus. Doigt médian, sans ongle, au moins aussi long que le tarse. Ailes dépassant généralement les trois quarts de la queue. Queue arrondie, avec 14 (12 à 16) rectrices assez larges et subarrondks. Tête moyenne, plutôt large. — Deux bandes suseépkaliques longitudinales noirâtres. Faces inférieures d’un gris roussâtre maculé de brun au cou et à la poitrine, blanches et quasi-immaculées au ventre et aux jambes. Eectrices qjlus ou moins tachées de roux et de noir.

Long, tôt., avec bec 0"',260 — 280; aile pliée 0'^,125 — 132; queue 0'“,056 — 003; tarse 0'°,031 — 033; médian, avec ongle 0'“,036 — 038; bec, au front 0'^,063 — 070.

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Noms vulg. S. F. ; Chevrelle, Chevrèle, Chevrette, Bécassine. — S. A. . Biedschnepfe, Schmpfe,Moosschnepfe, Bécassine. — S. I. : Sgneppa, Sniepp deprad.

Mâle et femelle nd., en noces : Dessus de la tête blaiic-jaunâti'e, avec deux larges raies d’uu uoir brunâtre, légèrement tachetées de roussâtre et convergeant plus ou moins sur la base du bec. Un trait brun-noirâtre du bec à l’œil. Joue d’un blanc jaunâtre, tachée de brun sur la région auriculaire. Faces supérieures d’un noir brunâtre, parfois avec légers reflets, toutes plumes plus ou moins tachées ou bordées d’un roux jaunâtre clair qui forme des raies longitudinales sur les côtés du ilos et les scapulaires. Divei’ses couvertures alaires brunes, plus ou moins chamarj-ées de gris-roussâtre et étroitement terminées de blanc ou de blanchâtre. Sus-caudales roussâtres, barrées de noir, les médianes terminées de blanc. Eectrices en majeure partie noires du côté de la base, avec une large bande rousse vers le bout, limitée par un trait noirâtre et une bordure extrême d’uu blanc roussâtre; l’externe généralement moins rousse et plus blanche. Rémiges ])rimairos d’un bimn noirâtre. Gorge blanche. Devant du cou, poitrine, flancs et sous-caudales d’un gris roussâtre ou roussâtres et maculés de brun. Ventre et d’ordinaire jambes d’un blanc pur. Bec brun, grisâtre â la base. Pieds verdâtres. Iris noirâtre.

Adultes, en autonme: Toutes teintes plus ternes ou salies; les diverses bordures blanches teintées de roussâtre.

Jeunes, avant la mue : Plus petits et souvent un peu plus tachetés en dessous.

la naissance ; Couverts d’un duvet roux-marron, avec flocons blancs épars sur les faces supérieures ; une bande longitudinale foncée sur la tête, un trait sur l’œil et un au-dessous, une tache sui- le front et des marbrures sur le dos. Le liée relativement court et brun ; les pieds épais, bruns aussi. — L’angle saillant du duvet sur la mandibule inférieure atteignant le niveau des narines {sec. Vian, 1. c.).

Variétés : Cette espèce varie beaucoup quant à la taille et à la couleur. On trouve dos individus plus ou moins blancs, noirs, roux, gris ou de teinte isabelle. La Sc. tSahini Vigors n’est qu’une variété plus foncée et variée de brun-marron de notre Bécassine ordinaire. Plusieurs prétendues espèces ne reposent que sur des différences dans la taille ou dans le nombre des rectrices, susceptibles de varier

ÉCHASSIERS

accidentellement de 12 à 16, au-dessous ou au-dessus de la moyenne ordinaire de 14; ainsi la Sc. Brehmii Kaup, avec 16 rectrices, la Sc. Lamottii Bâillon, avec 12 rectrices, et les Sc.peregrina Brehm et pygmæa Bâillon, à la fois petites et avec 12 rectrices seulement.

La Bécassine ordinaire est surtout oiseau de passage régulier, plus ou moins abondant dans tout le bas pays, au sud comme au nord des Alpes et dans le Jura; cependant quelques paires nichent dans diverses localités marécageuses de la plaine suisse, entre Genève à l’ouest et la Tburgovie à l’est. Elle se trouve aussi assez souvent en passage dans la région montagneuse, mémo dans certaines vallées élevées, jusqu’à 1 800 m. s/m., comme en n“'-Engadine, par exemple. Quelques rares individus ont été rencontrés en hiver dans le Valais et le Tessin. Le dessèchement croissant des marais a diminué dans une forte proportion le nombre des nichées dans le pays; l’assainissement des grands marais d’Anet, par Tahaissement du niveau de l’Aar, en 1878 ', a en particulier eu une déplorable influence sur la multiplication et les passages do l’espèce dans la Suisse occidentale.

La Bécassine [lasse de nuit, tantôt isolément ou par deux ou trois individus, tantôt en bandes plus ou moins nombreuses, entre les premiers jours de mars et le commencement d’avril, parfois encore vers la fin de ce mois, et repasse, généralement durant les derniers jours de septembre et eu octobre, quelquefois déjà eu août ou eimore en novemlire. L’appel qu’elle répète alors de temps à autre eu volant semble exprimer le mot greckgeck ou greckgeckgæh. Elle se tient de préférence dans les marais, sur le bord des étangs, dans les prairies inondées, le long des fossés ou dans les broussailles basses et humides, en quête de vermisseaux, de larves, d’insectes et de petits mollusques. Son vol est d’une extrême rapidité, et elle pousse d’ordinaire deux ou trois fois, au départ, un petit cri rauque, comme kèt^ch ou ghètsch. Elle jiart d’abord en volant très vite et bas, volontiers en zigzags, puis bientôt elle s’élève et tournoie haut dans les airs, cherchant une remise favorable pour y plonger plus ou moins verticalement, comme une Üèche et les ailes à demi fermées.

A l’époque des amours, le mâle e.xécutc soir et matin, haut en l’air, au-dessus de la place où se tient blottie sa femelle, des évolutions, des voltes et des [ilongeons de toute sorte durant lesquels il fait entendre, principalement dans ses rapides conversions et en plongeant, un bruit qui peut être traduit par hèhèhèhèlwhè et qui lui a valu le nom de Chevrette d’où vient le nom de Chevrelle, voir de Che-

' Les travaux avaient commencé dès 1868.

SCOLOPACIEXS

vrette céleste, à cause de la hauteur à laquelle il jiroduit souvent cette sorte de clievrotouieiit La femelle appellerait le mâle par les syllabes tiJcknp tilcJcup i-épétées qui, dans certaines circonstances, })araissent prononcées également par les individus des deux sexes. Le nid consiste en une petite dépression garnie d/herbes sèches au pied d’une touffe ou d'un arbrisseau, ou en un amas informe de débris de plantes aquatiques l’assemblés sans art et déprimés au milieu, sur sol fangeux, entre les roseaux. La femelle pond généralement tin avril ou au commencement de mai.

Les œufs, au nombre ordinaire de 4, parfois 5, sont passablement piriformes et relativement très gros, plus gros même que ceux de la Perdrix grise. Ils ont peu d’éclat et sont d’un roux olivâtre, olivâtres ou d’un gris verdâtre, avec points épars et taches irrégulières plus ou moins grandes, partie d’un gris rous.sâtre, partie d’un brun olivâtre ou noirâtres et souvent en couronne ou en calotte vers le gros bout; ils mesurent d’ordinaire 0'“,038— 041 sur 0'",028— 030.

L’espèce est très répandue en Europe, en Asie et jusqu’en Afrique septentrionale, où beaucoup de ses représentants vont hiverner. Elle se reproduit sur notre continent entre les 47” et 70° degrés environ, depuis les marais de la France moyenne et septentrionale, de la Savoie, de la Suisse, de l’Allemagne méridionale et de l’Autriche, jusqu’en Angleterre, en Norwègc, en Finlande, etc., tandis qu'elle ne se montre guère que comme oiseau de passage et hôte d’hiver dans les contrées du Midi où elle abonde alors, comme en Italie, par exemple.

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