BÉCASSINE DOUBLE
Doppelsclinepfe — Croccolone.
G.\LLLNAGO .\l.AJOR Gmelin.
Bec un peu plus court (pie deux fois le tarse on la tête. Doigt médian, sans ongle, à peu près égal au tarse. Ailes dépassant généralement deux tiers de la queue. Queue arrondie, à 16 rectrices siiharrondies, plutôt étroites. Tête forte et assez carrée. — Deux bandes suscéphalkpies longitudinales, noirâtres. Faces iwf. roiissâtres dans le haut, blanchâtres dans le bas, avec des macules et des bandes transversales brunes et noirâtres, jusipie sur le ventre, les jambes et les sous-caudales. Rectrices latérales blanches, plus ou moins tachées de noir.
Long, tôt., avec bec ü'“,27U — 390; aile pliée 0“',I3-l — 144; queue 0“‘,03() — 062; tarse 0'^,034 — 036; doigt médian, avec ongle 0'°,038 — 040; bec, au front 0'°,0o6—065.
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Ascolopax major Keys. u. Pte.,Wirbclth., p. 121 et 216, 1840.
Noms vülo. S. F. : Lombarde, Bécassine double, Grosse sourde, Genève ; Housse, Lausanne ; Droudrou, Locle. — S. A. : Doppelschnepfe, Doqipelschndpf. — S. I. : Sniepp, Locariio ; Sgneppon, Lugano.
Mâle et femelle ad., en noces: Dessus de la tête d’un roussâtre pâle, avec (leux larges baiide.s longitudinales d’un noir brun, un peu
ÉCHASSIERS
tachetées de roux et convergeant plus. ou moins vers la base du bec. Un trait brun-noirâtre du bec à l’œil. Joue d’un i-oussâtre pâle, tachetée de brun. Faces supérieure.s noires ou d’un noir brun, toutes plumes plus ou moins tachées ou bordées de roux clair; cette dernière teinte dominant .surtout derrière le cou, ainsi que .sur les suscaudales, et de.ssinaut quelques raies sur les .scapulaires. Couvertures alaires d’un noir brunâtre, terminées de blanc; les supérieui-es plus ou moins variées de roussâtre. Rémiges primaires d’un brun noir; la baguette de la première blanche, celle des suivantes brune. Rectrices latérales en grande partie blanches; les quatre ou six médianes noires à la base et rousses vers le bout, avec barres transversales noirâtres et bordures jaunâtres ou blanchâtres. Faces inférieures d’un roussâtre pâle, mouchetées de brun sui- le cou. le haut de la poitrine et les sous-caudales; blanches ou blanchâtres sur la poitrine et le ventre qui sont plus ou moins tachés ou barrés do noirâtre, jusque sur les jambes. Bec rougeâtre, brun vers le bout; pieds d’un gris verdâtre; iris brun foncé.
Adultes, en automne : Toutes teintes plus ternes. Les bordures terminales des couvertures alaires d’un rou.ssâtre clair. Les faces inférieures plus salies de roussâtre et plus maculées, particulièrement au ventre. Les rectrices latérales plus tachées de noir.
Jeunes: Re.ssemblant assez aux adultes, avec des teintes un peu moins vives.
A la naissance: Couverts d’un duvet gris-rous.sâtre, nuancé de roux plus ou moins vif aux parties supérieures et un peu rembruni sur la poitrine, avec le dos et les ailes variés de taches ou bandes noires et semés de petits flocons blancs. Une bande longitudinale noire sur la tête, avec une ligne sourcilière blanche et deux traits noirs en dessous, sur les côtés. Bec relativement court; pieds gros et grisâtre.s. — L’angle saillant du duvet s’avance ici sur la mandibule inférieure jusqu’à l’extrémité antérieure des narines; tandis qu’il atteint le bout po.stérieur seulement des fentes nasales chez la Bécassine ordinaire et demeure en arrière de ces dernières chez la Soui-de (sec.Vian' ).
La Bécassine double est oiseau de passage plus ou moins régulier dans les diverses pai'ties de. la Suisse, plus rare dans certaines localités, moins dans d’autres, nulle part commun. Elle nicherait de temps à autre à l’est, dans le bas de la vallée du Rhin, au-dessus du lac de Constance, où elle se montre, semble-t-il, plus régulièrement
* J. Vian : Poussins des Oiseaux d’Europe; Mém. Soc. zool. de France, 1886, 87 et 88.
SCOLOPACIEXS
et eu plus grand uonihre qu’ailleurs dans le pays. Elle passe raremeut eu bandes nombreuses, comme la Bécassine ordinaire, et ne se plaît pas autant que celle-ci dans les parties bourbeuses des marais. On la trouve fréquemment seule, quelquefois en société de deux ou trois individus do son espèce, tantôt sur les bords des marais, des lacs, des étangs, ou le long des rigoles, dans les prairies humides, tantôt dans les saussaies, les landes et les champs, au milieu même des récoltes; cela le plus souvent en plaine, mais quelquefois aussi en région montagneuse, dans le Jura et les Alpes, car elle a été rencontrée de temps à autre en passage dans quelques vallées élevées, même en H'^-Engadine, à 1800 m. s/m.
Elle se nourrit, comme ses congénères, de vers, d'insectes, de larves, de petits mollusques, etc. Son vol est plus droit et moins rapide que celui de l'espèce suivante ; elle ne crie pas d’ordinaire en partant, comme celle-ci, car ce n’est qu’assez rarement qu’elle fait entendre un léger biid, hüd'. Elle est aussi moins sauvage que la Bécas.sine ordinaire et se laisse facilement surprendre, tapie immobile, sur le point on on l’a vue s’abattre.
Elle passe généralement en avril et repasse de bonne heure, en septembre, souvent déjà en août, plus rarement en octobre, de nuit et de préférence par les temps pluvieux. Elle nous reste rarement en hivei-.
Son nid, un petit creux garni d’herbes sèches, entre les joncs ou les roseaux, reçoit, généralement en mai, 3 ou 4 œufs ovo'lconiqiies, un peu moins ventrus que ceux de la Bécasse et relativement gros. Bs sont d’un gris roussâtre ou un peu verdâtre, avec des taches éparses, petites et moyennes, d’un gris bi-nnâtre et d’un brun noirâtre, et mesurent d’ordinaire 0"',04.3— 046 sur Ü”, 031— 032.
L’espèce est assez répandue en Europe et en Asie occidentale, se reproduisant régulièrement dans le nord de l’Allemagne, en Danemark, dans le sud de la Scandinavie, en Finlande jusqu’au 61"'“ degié, ainsi qu’en Sibérie, et se réjjandant, dès la fin de l’été, dans les régions tempéiées et méridionales, jusque dans le nord de l’Africiue, où elle hiverne volontiers.
‘Dans les pays où elle niche régulièrement, on a remarqué qu’en jouant l’amour, à la tombée de la nuit, clic fait entendre, posée à terre, un chant assez agréable qui a été traduit par les syllabes du-du-di-dutteraraa répétées, les tons montant jusqu’à dutt et s’abaissant ensuite graduellement.
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