Genre 1 : PHALAROPE
PHALAROers Brisson.
Bec droit, assez large, de la longueur de la lète à peu près, légèrement comprimé à la base et tm peu rétréci en avant de celle-ci, puis graduellement élargi et un peti renflé en avant, avec arête déprimée, subarrondie, un peu saillante, et l’extrémité de la mandibule sup. un peu courbée sur V inférieure : narines prébasales (voy. fig. 31). Tarse un peu dentelé en arrière. Doigt externe palmé jusqu'à 2^ articulation, puis largement unilobé jusqu’à l’ongle, avec quatre petits lobes au côté extérieur ; interne palmé jusqu’à articulation, puis unilobé jusqu’à l'ongle, avec deux lobes en dehors; médian unilobé ou faiblement échancré en avant de la palmure, au côté externe, franchement bilobé, au côté interne; lobes et palmures pectinés S‘ur les bords (voy. flg. 33). Ailes effilées, couvrant d’ordinaire la queue (chez ad.) : P^ rémige légèrement püus longue que 2''. Queue plutôl courte, subconique, à rectrices subconiques, médiocrement larges.
Œufs généralement au nombre de quatre, assez gros, [hriformes, plus ou moins ramassés ou allongés, à coquille mince, peu luisante, et tachetés.
Les Phalaropes sont, comme je l’ai dit, de petits oiseaux qui pas-
Fio. 33. Pied droit de PuALAROPUa KU- LicARius, côté interne*
PHALAROPODIÜÉS
sont la, niajeiipp pavtio de leur pxisteuce sur IVau, principalement sur les mers ou les marais salt's des régions septentrionales, nageant avec agilité en tiuête de petits animaux, vers, mollusques, crustacés ou insectes, et gagnant en automne des contrées plus méridionales. Ils voyagent volontiers en nomlireuses compagnies, (pii se disloquent par paires au piintcmps; ils nichent à terre, dans une petite dépre.ssion plus ou moins garnie de débris végétaux, recherchant alors souvent le voisinage des eaux douces.
Une mue double leur donne, suivant les saisons, deux livrées très diftérenti's, bien (pi'assez semblahlos dans les deux sexes. Les femelles sont volontiers légèrement plus fortes que les mâles. Les jeunes sont diHérents des adultes.
Une seule espèce dans les régions arctiques des deux mondes.
243. — 1 : PHALAROPE PLATYRHYNQÜE Plnttsclnuibeliger Wassertreter. — Falaropo jdatirii/co. PHALAHOPUs ruLiCAïuus Linné.
Bec d(‘])rimé,dilnté en avn nt, très légèrement erochn nu Imit et généralement un peu 2>lus long que le tarse (voy. fig. .S-t). Tarse, dentelé en. arrière, quasi-égal an médian avec angle. Ailes atteignant ou déliassant lég. le haut de la riueue (ad.).
Queue environ moitié de l’aile, depuis le poignet. — Dos noirâtre, avec longues i aies jaunâtres, et sus-caudales en majorité rousse.s (été), ou gris-ljleuéttre, avec suscaudales variées de gris-noiréitre et de. blanc (hwer). Faces inf. d’un roux rougeéttre (été), ou blanches (hiver); tête d’un noir velouté en dessus ( été), ou blanche en avant (hiver, ad,). Bec noir en avant, d’un roux jaunâtre en arrière.
Long. tôt. 0’“,'J(>0 — 225; ' aile. qMée ü'^,123 — 133; queue (r,üüO — 07U; tarse 0°',<)2J0 — 0215; médian, avec ongle. (r,021 — 023 ; bec, au froid 0”‘,0215 — 0250.
ÏRiNGA TOLiCABiA Linné, Syst. Nat., éd. 10, 1758 et éd. 12, I, ]i. 249, 1760. — T. GLACiALis Gmelin, Syst. Nat., I, p. 675, 1788.
Phalaropds ropescbns JSnssow, üriiith., VI, p. 20, 1760. — Pu. lobatus, Ph. GLACIALIS Xnt/iani, Index, II, p. 776, 1790. — Ph. rüpüs Bechstein, Nat.Beutschl., IV, p. 381, 1809. — Ph. platvrhi.nckus Temminck, Mau., p. 459, 1815. Man. Ornith., Il, p. 712, 1820. Schim, P’auna helv., p. 115, 18.37. Bailly, Ornitli.,
Fk:. 34. Bec de
PHAI.AJIOPUS KUI.ICARIUS, ]>ar dessus.
ÉCHASSIERS
Savoie, IV, p. 274, 1864. — Ph. (ïriseds, Leach, Syst. Cat, M. a. B. Brit. Mus., p. 34, 1816. — Ph. pulicarids Nilsson, Skaiid. Fauna, Fogl., II, p. 277, 1835. Bonap., Birds of. Eur., p. 54, 1838. Degl. el Gerbe, Ornith. eur., II, p. 236, 1867. Friisch, VOgel Europ., Tab. 39, Fig. 3, 1871. Bitbois, Faune Vert. Belgique, Oiseaux, II, p. 261, 1894. — Ph. platïbostris Nordmann, Demid. Voy. Russie mér., III, p. 250, 1840.
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Noms vulg. S. F. : Phalarope.
Mâle adulte, eu été: Dessus de la tête d’uii iioii' légèreiiieiit lu'uiiâtre et velouté, le noir se prolongeant en bande étroite jusque sur la niuiue ; dessus du corps et scapulaires noirs, la majorité des plumes avec de larges liordures formant comme de longues mèclies d’un roux jaunâtre; sus-caudales rou.s.ses, plus ou moins variées de brun ou de noirâtre; rectrices médianes noirâtres, latérales d’iin cendré lirun. Couvertures alaires noirâtres, les plus grandes largement bordées de blanc; grandes l'émiges noires à liaguette blanche. Gorge et lornms noirs ou noirâtres; une large tache blanche autour de l’œil et sur la région auriculaire. Faci's inférieures, y compris les côtés du cou et les sous-caudales, entièrement d’un roux rougeâtri'. un peu vineux ou à légers reflets lileuâtres. Bec noir en avant, d’un l'oux jaunâtre en arrière; pieds d’un noir verdâtre; iris brun foncé.
Femelle adulte, eu été: Généralement un peu plus grande que le mâle et souvent aussi brillamment colorée que lui, avec la nuque volontiers en partie rousse, les bordures claires des plumes dorsales plus étroites et les couvmlures alaires d’un brun un peu cendré.
Adultes, eu hiver : Front, vertex. joues et lornms blancs ; occiput, une large bande derrière le con et nuque noirâtres ; une tache allongée noirâtre sur l’œil et la région auriculaire; dos. .scapulaires et croupion d’un cendré bleu (plus ou moins varié de noir, en plumage de transition) ; sus-caudales variées de gris-noirâtre et de blanc ; couvertures alaires et cubitales noirâtres, plus ou moins bordées de blanchâtre bu de blanc; rémiges noirâtres; rectrices d’un cendré brun, les médianes plus foncées et liserées de blancroussâtre. Toutes faces inférieures blanches, lavéc's de gris sur les côtés de la poitrine (volontiers nuancées de roussâtre pâle devant le cou. en plumage de transition). Bec biain; pieds d’nn cendré verdâtre.
PHAl.AROPODIDÉS
Jeunes, avant In mue: D’un brun cendré, en dessus, les plumes bordées de roux-jaunâtre, avec calotte noire sur l'occiput et bande noire sur les yeux. Aile noirâtre, avec une bande blanche au bas dos grandes couvertuies ; les rémiges finement liserées de blanc. Eectrices médianes boialées de roussâtre. Front et côtés du cou blancs, ainsi que toutes les faces inférieures. Pieds d'un jaune verdâtre.
En duvet : Peu connus.
Le Phalarope platyrhynque est rare et de passage irrégulier ou accidentel, parfois Iiôte momentané, en arrière-saison, dans la plaine suisse, un peu plus fréquent, semble-t-il, à l’ouest, dans la région des lacs de Neuchâtel, Sienne et Morat, dans les marais d’Orbe, au pied du Jura, et sur le Léman, qu’ailleurs dans le pays; bien qu'il ait été tué sur quelques points, plus au nord et à l’est, sur le Ehiu. près de Bâle, en 1850, par exemple, et au bord du lac de Constance, en 1878. On le trouve de temps à autre sur tel ou tel de nos lacs, petit ou grand, parfois même sur des cours d’eau d'une certaine importance, le plus souvent en automne ou au comineucement de l’hiver, d'ordinaire isolé, comme égaré, plus rarement en petite société. M. Poney bon chasseui- et observateur, a. rencontré le Phalarope. toujours isolé, sur le lac Léman, près de Genève, le 30 octolu-e 1890, ainsi que le 4 novembre 1894 ; un de ses amis aurait tué un sujet de, la même espèce le 12 septembre de cette seconde année, sur le même lac. tout près de la ville, et vu un autre encore sur uue des jetées de la rade, le 22 septembre 1897. Nous le voyons moins au printemps et rarement dans sa- livrée de noces parfaite. Les deux sujets du Léman que possède la collection locale du Musée de Genève sont en livrée grise d'biver, comme bien d’autres du pays que j’ai eu l’occasion de voi)-.
L’activité incessante qu'il déploie en nageant avec pre.stesse, pour happer de tous côtés les animalcules, petits crustacés, insectes ailés et menus débris divers à la sui'face de l’eau, le fait i-econnaîtrc de loin, malgré sa petite taille. Il ne plonge guèi'e et sendde à peine ettleurer l’eau, tant il e.st alerte et continuellement agité. Il est d'un naturel peu sauvage. Sa démarche sur le sol est vive et aisée ; son vol est léger et assez rapide. Son appel a été rendu par la syllabe ilim, ihm ; effrayé il pousserait un cri différent comme Jik-a,fik-a,
Il se reproduit de préférence sur les bords des lacs, dans l'extrême nord, en Islande, en Laponie, en Sibérie, dans le Gnenland, etc,,
‘ Le Lobipède liyperboré et le Phalarope platyrhynque sur le lac, près de Genève, par R. Poney ; journal Diana, organe de la Soc. suisse de chasseurs, no 4, ]). 37, 1900.
IOܑ2
échassib:iis
pondant au coinnioneonicnt de juin, à terre, entre les herl)es, sur un petit amas de débi'is végétaux.
Ses œufs, au nombre de 4, pii'i formes plus ou moins ventrus et assez gros, sont d'un roux olivâtre ou d’un brun roux clair, avec nombreuses taches éparses, petites et assez grandes, bi-uncs et noirâtres, entremêlées de quelques macules grises, parfois assez serrées vers le gi'os bout ; ils mesurent d’oialinaire 0'“,030 — 034 sur 0“,022— 025.
L’espèce habite surtout les régions arctiques des deux mondes, entre les 08'’ et 80" degrés, d’où elle se répand plus ou moins vers le sud. en automne et en hiver.