‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 81 sur 309 · EDICNÈME CRIARD Triel — (kclnonp · texte numérisé non relu

EDICNÈME CRIARD Triel — (kclnonp

(iKDinNiSMUS OHHi>tT.\Ns ' Timimiiick.

Bec,nn froid, mesura ut moitié dit tarse environ; média n, avec onç/le, légèrement pins court (pte le bec ou quasi-égal ( voy. fig. 42). Aide dépassant jieu les redrices latérales. 1'“ rémige à peine jilus grande que 8°. — Livrée roussâtre, largement mouelietée de brun; gorge, sourcils et moustaches blancs; grandes rémiges noires, les premières tnrhées de blanc; redrices, sauf médianes, largement terminées de blanc et de noir.

Long. tôt. O"', 430 — 4.50; aile pliée 0“,230 — 265; queue O"' ,124

— 133; tarse 0"',068 — 078; médian, avec ongle O'", 033 — 035; bec, au front (>"‘.035 — 038.

Chaeaoriub (edicnejiüs Linné, Sjst. Nat., éd. 10, 1758 et éd. 12,1, p. 255, 1766. Meisner u. Si:h., Vfigel der Schweiz, p. 173, 1816. — Ch. scolopax Gmelin, Keise Ruas., III, p. 88, pl. 16, 1774.

Pluvi.aus .^ia.ior BrUson, Ornith., V, p. 76, 1760.

Otis œdicnemüs La/ham, Iiid. oru., II, j). 661, 1790.

Œdicnemus ciuîPtTANS Teimninek, Man., p. 322, 1815. Man. Ornith., II, p. 521, 1820. Savi, Omit, tosc., II, p. 225,' 1829. Schinz, Fauna helv., p. 101, 1837. Bailly, Ornith. Savoie, W, p. 21, 1851. Biva, Omit, ticin., p. 382, 1865. Begl. et Gerbe, Ornith. enr., II, p. 115, 1867. P’ritsch, Vügel Europ., Tah. 39, PMg. 8, 1871. — (Ed. ghiseus Koch, Baier. Zool., I, p. 266, 1816. — (F.d. eüropæds Vieillot, N. Dict., XXIII, p. 230, 1818. — (En. Beli.onii Fleming, Brit. Aniiii., p. 1 11, 1828.

— Œd. desertorum, Œd. ahe.varius Brehm, lais, 1830, p. 987. — (Ed. indices

‘ Bien (pie le nom spécifiipie de Scolopax (Churadrius scolopax) attribué par Gmelin, en 1771, à cet oiseau, ait incontestahlement la priorité aur celui de Crepitans proposé, en 1816, par Temminek, l’auteur du genre ÜSdicnemus, c’est cependant ce dernier ipie j’emploierai ici, à l’imitation de plnsieura ornithologistes, considiirant que le nom de Scolopax paraît beaucoup moins justifié et (pi’il n’est même pas le plus ancien, Gessner ayant déjà nommé cet oiseau Charadrius Armlolelis, plus de deux siècles avant Gmelin.

ÉCHASSIERS

Salvadon, Atti Soc. ital. Sc. nat., VIII, 4, p. 375, 1866. — Œd. scolopax Dubois, Faune Vert. Belgique, Oiseaux, II, p. 100, 1894. — Œd. œdicnemus Sharpe, Cat. B. Brit. Mus., XXIV, p. 4, 1896. Hand-list, I, p. 172, 1899.

Fedoa (EDiCNEMüs Lmch, Syst. Cat. M. a. B. Brit. Mus., p. 28, 1816. Friderieh, Deutsche Vôgel, 4® éd., p. 761, ïaf. 39, Fig. 9, 1891 .

Noms vuui. S. F. : Œdicnème. — S. A. : Nachtschatten, Dickfuss. — S. I. : Oggion. Oce de ho, Locarno.

Mâle et feiiieUe ad,, au printemps: Faces supérieures d’un roussâtrc plus ou moins nuancé de cendré, avec longue macule lirune au centre des plumes; ces taches, plus larges et accentuées, formant souvent une soi-te de V très ouvert au bas du cou, en arrière, et sur le haut des scapulaires; grandes couvertures noires vers le liout, avec liordure blanche. Grandes rémiges noires, les trois antérieures plus ou moins largement tachées de blanc; les postérieures à pointe blanche. Les deux rectrices médianes en entier et les voisines on majeure partie d’un cendré roussàtrc, avec lignes sinueuses brunâtres; les cinq latérales, de chaque côté, de plus en plus blanches, avec, barres transversales noirâtres, en majeure partie sur les barbes internes, et toutes plus ou moins largement terminées de noir, api'ès une bande blanche. Gorge, lorums, moustaches et sourcils blancs. Un large trait varié de brun et de i-oussâtre. partant de la mandibule inférieure, coupe le blanc, entre la gorge, et la moustache; un autre, plus étroit et noirâtre, partant du devant de l’œil, passe sous la paupière inférieure et gagne la région parotique. Cou, poitrine, flancs et haut du ventre d'un roux de plus en plus atténué vi'rs le dernier, avec macules allongées brunes, de plus en plus longues et étroites. Bas-ventre et région anale blanchâtres; sous-caudales rousses. Moitié basilaire du bec, paupières et iris d’un jaune citron ; triangle nu po.st-oculaire jaune ou verdâtre ; pieds d’un jaune verdâtre ])âle.

Les teinte.s, en général claires en âte, sont plus rousses et plus brunes en aatunute et en hiver.

Jeuitps, avant la mue: De teintes moins franches, avec pattes et bec un lieu plus couiis, et le bas de la jambe, comme le haut du tar.se, pa.s.sablement renflés.

A la naissance; Couverts d'un duvet assez fourni, fauve sur toutes les faces .supérieures, d'un blanc jilus ou moins lavé de fauve aux faces inférieures, avec deux traits longitudinaux noirs sur le dos, un trait <le même couleur contournant le bassin, en arrière et sur les côtés, un autre sur l’aile, un longitudinal sui' le milieu de la tête et un partant du bec, passant au-des,sous di' l’œil et arrivant jusque sous Toc-

(EDICNÉMIENS

ciput. Bec verdâti’o. plus foncé en avant. Pieds d'nn vert clair. Iris verdâtre pâle.

YariahUitc: On voit des individus dont les teintes roussâtres tirent pins on moins sur le roux ou sur le cendré, ou avec macules brunes plus ou moins foncées.

Chez la plupart des adultes que j’ai examinés, les pennes cubitales, assez allongées, ne couvraient pas la seconde rémige, la plus longue ; elles demeurent même passal)lcment en arrière, chez les jeunes.

L’Œdicnèine criard est assez rare dans le pays, bien que de passage plus ou moins régulier ou accidentel, suivant les localités. On l’a rencontré aux épocpies de migration, en automne surtout, dans diverses parties de la plaine suisse, depuis la vallée du Rhin et la région de la Tbour. à ro.st. jusqu'au bassin du Léman et à la vallée du Rhône, au sud-ouest, ainsi que dans les environs de Bâle, au nord, et dans le Tessin, au sud. Les citations de capture me paraissent assez nombreuses sur certains points, dans le Rheinthal et la vallée du Léman en particulier, pour y faire supposer des passago.s annuels quasi-réguliers.

Quoiqu’il émigre parfois en nombreuse compagnie, selon certains auteurs, nous ne le voyons guère, chez nous, que par paires ou même le plus souvent pai‘ individus isolés; aux épocpies des passages, en avril quelquefois, plus fréquemment en automne, eu octobre et noveml)re. même jusque vers le milieu de décemlire. Voyageant de nuit et ne déployant pas une bien gi-ande activité, en dehors des heures crépusculaires, il ])eut. malgré sa taille, passer facilement inaperçu. couclié immol)ile sur le sol ou sous (luelque abri.

Il a été vu. en plaine, soit eu lieux secs, dans les champs, soit â pi'Oximité des marais et subies bords des lacs et des rivières, où il semble plutôt chercher la solitude et la nourriture que le voisinage de l’eau, puisqu’il affectionne, paraît-il, tout particulièrement les steppes et les déserts b Dans quelques parties (le l’Allemagne, il rechercherait surtout des espaces sablonneux, à proximité d’une forêt capable de lui ott'rii-, en cas de nécessité, une retraite assui-ée.

' J’ai tué un (Ldicnème au milieu de novembre, il y a quelciues années, dans un champ labouré, au-d(ïssus de Coppet, non loin des bois. Le D' Roux eu a tué un autre, plus récemment, mais beaucoup plus tard dans la saison, le 9 décembre 1900, dans les (diamps. près d’un labouré, à Cheiis, en Savoie, non loin de Genève. Ce dernier individu, qui m’a paru jeune eucorc, à ses teintes plus grises ou moins franchement roussâtres, aurait jioussé, eu se débattant avant de mourir, des cris répétés qui semblaient exprimer la syllabe kraeh, kraeh, kraeh.

ÉCHASSIERS

Son sc'jnui- dans les régions élevées du pays ne paraît pas avoii- été souvent constaté jusipi’ici ; cependant, Saratz, dans sa Faune oi-nitliologique de la H'*-Engadine, dit que cet oiseau n’est pas rare dans la vallée, à ISOO ni. environ, an nionient du jiassage.

Malgré deux mentions peu clironstanciéos de nichées, rime dans la vallée du Eliône, rautre dans le Tessin, je ne sache ])as que la reproduction de cette espèce, en Sui.s.se, ait été jusipi'ici constatée d’une manière parfaitement certaine, 11 est probable que cet oiseau n’y trouve pas les conditions d’existence néces.saires, puisqu’il ne s’y établit pas volontiers, tandis (|u’il niche fréquemment, non loin de nous, en Allemagne, en Autriche, en France et en Italie,

L’Œdicnème,a vec des jambes longues et épaisses, et de grandsyeux jaunes, comme une Chouette, est un être bizarre et méfiant qui, dans la crainte de se laisser surprendre, fuit résolument toute ajiparenco de danger, courant d’abord trè.s rapidement, puis prenant le vol. quand il estime qu'il ne peut autrement mettre uiu' distance suffisante entre lui et l’ennemi qui le menace. Son vol. léger et régulier, alom bas et rarement très soutenu, est par contre très élevé, quand il voyage pendant la nuit. Son cri d’appel .semble exprimer le mot kraeiit ou kraerlitli.

Sa nourriture, tout animale, consiste en vers, larves, insectes, mollus(|ue.s nus, lézards, grenouilles, souris même, et peut-être petits oiseaux au nid.

Les mâles jaloux se livrent entre eux de violents combats, pour la possession des femelles, et l’heureux vaimpieur vient gamliader, dans des postures variées, auprès do sa belle, en lui récitant à peu près la petite phrase suivante: dick, diclc, dkk... dillif.

Il niche vers la fin d’avril ou au commencement de mai et pond d’ordinaire dans une petite dépression de la terre ou du sable, plus ou moins garnie de débris végétaux. Cependant, Brebm raconte qu’il pénètre en Egypte jusque dans l’intérieur des villes et qu’il y niche parfois sur les toits des maisons.

Ses œufs, au nombre ordinaire de 2 ou 3, parfois jusqu'à 4 selon certains auteurs, et très gros, sont d'un ovale plus ou moins court ou allongé, avec les deux bouts parfois aussi gros ou à peu près aussi gros l’un que l’autre. Leui' coquille, a.ssez mince, est li.sse et un peu luisante. Ils sont d’un roux jaunâtre claii’, gri.sâtres ou d'un roux légèrement olivâtre, avec quelques petites macules grises et nombreuses taches éparses, d'un brun foncé; ces taches, quelquefois assez grandes et plutôt rapprochées du gros bout, d’autres fois |jlus nombreuses, plus petites et plus serrées, sont volontiers en majorité allongées dans le sens du grand axe de l’œuf. Ils mesurent généra-

«1,ARÉ0UDÉS

Icnient ()'",050 — 055 sui‘ 0'“.039 — 042. (‘xcoptionnolleiiient 0'“.050 sur 0''\037.

L’espèce est a.ssoz répandui' eu Europe centrale et luèridiniiale, depuis le nord de rAlleiuapine et l'Angleterre, ainsi que dans l'Asie centrale ; elle est sédentaii'e nu nicheuse jusque sur le littoral delà Méditerranée et dans le nord-est do l’Afrique, d’où elle se répand plus avant encore dans le continent africain et jusque dans les Indes, pour hiverner.

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