Genre 1 ; COURVITE
CURSORIUS Latham.
Bec un peu arqué, un peu plus court que la tête, légèrement plus large que haut à la base, avec arête un peu rehaussée entre les narines, et fendu presque jusque sous le bord ant. de l'œil. Jambe nue sur moitié environ. Tarse plus du double du médian avec ongle, étroitement scutellé en avant, avec une série de petites plaques polygonales allongées, en arrière. Doigt externe légè)'ement relié à la base; interne quasi-libre, environ deux tiers du médian. Ongle du médian plus droit et plus épais que les autres, légèrement pectiné au bord interne (voy. lig. 45). Ailes suraiguës, échancrées et eff'dées, atteignant ou dépassant légèrement le bout de la queue. Pennes cubitales ne couvrant pas les quatre ou, cinq plus grandes rémiges. Queue courte, quasi-carrée ou très légèrement arrondie, à 12 ou, 14 rectrices assez larges et arromlies.-
Œufs, trois ou ([uati'e, relativement gros, ovales ou faildement piriformes, d'un gris jaunâtre ou roussâtres, semés de i)oints et petits traits, rappelant assez ^^roit^dé cùn'l ceux des Pluviers, .soit, en un peu plus gros, ceux des sorius qai.li- Gravelots plus particulièrement.
eus, côté interne.
Les oiseaux de ce genre, de taille relativement petite, mais hauts sur jamhes, sont, comme leur nom l'indique, de très grands coureurs. Us recherchent les terrains arides et sahlonneux, dans les steppes et les déseids, et, bien que se dépla(;ant plus ou moins selon les saisons, n'exécutent pas de véritahles passages réguliers, comme
ÉCJtASSIEUS
la pliipai't de nos Kcdiassiers. Leur nourriture paraît être surtout animale.
Je ne saurais dire avec certitude si leur mue est simple ou douide. Le mâle et la feimdle se ressemblent; les jeunes sont assez ditterents.
Des quatre ou cinq espèces, pallie africaines, pailie asiatiques, qui rmitrent dans ce groupe, une seule se moiitre en Europe et en Suisse.
256. — 1 : COURVIÏE ISABELLE Europüischer Reinivogel — Corrione bioi/do. e.üiisoiucs G.\LLicus Gmelin.
Bec iiit peu jdus long, au front, que deux cinq, du tarse. Doigt . médian, avec ongle pectine, environ deux cinq, du tarse et qnrsque égal au bec (voy. tig. 45). i™ rémige légèrement plus longue que Queue à là (14)' rectrices. — Livrée Isabelle; un trait blanchâtre encadré de noir, eu arrière de l’œil et jusque sous l’occiqiut (ad.); rectrices tachées de noir et de blanc, vers le bout.
Long. tôt. O'", 235 — 200; aile pliée 0'“,I54 — WO; queue 0"',0()1 — 070; tarse 0"',05G — 000; médian, avec ongle 0'",021 — 023; bec, au front 0'^,0235 — 0245.
Charadrius gallicds Gmel., Syst. Xat., I, p. 692, 1788. — Cfi. corrira Ponnat., Tab. encycl., p. 23, 1791.
Cdrsorips europæus Lalham, Index, II, p. 751, 1790. Savi, Omit, tosc., IL p. 223, 1829. — C. ISABBLUNOS Meyer u. Wolf, Tascheiib., Il, p. 328, 1810. Meisner ît. (S'c/t.,Vbgelder Scbwciz, p. 181, 1815. 2’eHMî«'«c4-,Man.ürnith.,lI,p. 513, 1820. Sckinz, Fatina belv., p. 101, 1837. Riva, Omit, ticiii., p. 377, 1865. — C. gallicus Bmiap. ex Gmelin, IJcc. Eiiroi)., p. 67, 1842. Degl. et Gerbe, Ornitb. eur., II, p. 118, 1867. i^nVsc/ijVtigel Europ.,Tab. 32, Fig. 7 et 8, 1871. Deutsche
Vôgel, 4e éd., p. 760, 1891. Duhoi'i, Faune Vert. Belgique, Oiseaux, 11, p. 714, \%U. Sharpe, Cat. B. Bvit. Mus., .XXIV, p. 34, 1896. Iland-list, I, p. 169, 1899.
Taohydromus EDBorÆus Vieillot, Nouv. Diet., VIII, p. 293, 1817.
Cdesok isabellixüs Wagkr ex. Mey. u. lF.,Syst.Av.,Gpn. Cursor,8p. 1, 1827. — C. EUROPÆUS Naumann, VOgel Deulschl., VU, p. 77, 1834.
Xojis vuLG. S. F. : Court-vite (peu répandu).
' Je n’ai trouvé que 12 rectrices chez les sujets de cette espèce, jeunes et vieux, que j’ai examinés, bien que plusieurs auteurs en comptent 14.
TACIIYDIIOIIIDES
iiiy
Mâle et femelle nd. î^rniit ot V('rtex d'un roux isaltcllo, orrii)ut d'uii gris bleuâtre. Dessus du rou et du corps, couvertures nlaii-es et luajeure partie de la queue d’uu roux isabelle. Rtbuiges primaires noires; secondaires de couleur isal)elle, sur les liarlies externes, et noires vers le bout, ainsi {jin' sur les barbes internes, avec l'extrémité blanclie. Itectrices avec une tac.be noire large et anguleuse, près du bout, et terminées de blanc ou de blanchâtre, sauf les deux médianes. Une bande blancbâtre. largement bordée de noir, étendue depuis le bord postérieur de rudl, où elb' fait suite au sourcil, jusqu'à la nuque. Gorge et (b'vant du cou blanchâtres ; ])oitrine. ventre et jambes de couleur isabelle; environs de l'anus et sous-caudaies blancs. Bec noirâtre; pieds noirâtrc's; iris noisette. — Assez semblaldes eu toute saison.
Jeiii/es,nvttid lu mue: Faces supérieures de couleur isabelle plus claire et plus jaunâtre, avec petites macules triangulaires brunes; faces inférieures de teinte isabelle plus pâle encore et légèrement rosacée sur la poitrine et le haut du ventre, avec quelques petites macules .sur les joues et le haut de la poitrine. Gorge, bas-ventre, jambes et sous-caudales blancs ou blanchâtres. Grandes rémiges terminées de roussâtre. Le trait i\oir et blanc en arrièi-e de l'u'il représenté par une ligne brunâtre pâle.
A la missaace : Couverts d'un duvet moyen, fauve ou isabelle aux faces supérieures, plus pâle et plus bbanchâtre aux faces inférieures, avec bec et pieds grisâtres, soit d'un gris jaunâtre ou rosâtre {sec. fig. Jlai-chand).
Le Courvite est très rare, soit tout à fait exceptionnel, en Suisse, comme dans FFairope moyenne, du reste. On cite cependant quelques captures dans le pays d'individus isolés, dans les cent vingt dernières années. IMeisnei; parle d'un .sujet tué près d'Yverdon, dans le canton de Vaud. tà la tin de .septembre 1781. Schinz signale deux captures dans b* même canton, ruiie. le 1*2 octobre 1S33, à La Sarraz. au pied du Jura, l'autre. b> 13 octobre 183.5. dans les mêmes parages ; deux de ces oiseaux auraient été vus. en outre, ces annéeslà, entre Aubonne et La Sarraz. Un sujet tué. vi'rs 1850, à l'embouchure des Dranses, près de 'riionon, rive .savoisienue du Léman, a été dans le Musée de cette ville, où je l'ai vu'. Un autre, actuellement dans la collection locale du Musée de Genève, aurait été tué dans la même localité par M. A. Uevilliod de Murait, en 1857. Un
' Cet individu, jeté comme en trop mauvais état, se trouve aujourd’hui chez M. A. E., à Ripaille, qui en a recueilli la dépouille.
ÉCHASSIEIÎS
autvo encore, capturé à Martifiiiy. dans le Valais, en 1885, se ti'Oiive au Musée de l'Alibaye de cette ville, selon le Chanoine Besse. Entin. M. Zollikofer, préparateur au Musée de S'-Gall. m'a écrit qu'il venait d'empaillei' une femelle de cette espèce, tuée le 11 octobre 18'JÜ à Lüstenau. dans le Rheinthal,
Des quehpies données ci-dessus, il scnihle ressortir que les Courvites isahelles signalés en Suisse ont été tous i-eiicontrés en octolji-o et, à une .seule exception près, à l'extrémité sud-oue.st du pays, dans le bassin du Léman ou. uii peu plus au nord, dans les régions sousjurassiennes voisines. Ils voyageaient isolément, plutôt comme des oiseaux eri-ants que comme de véritables oiseaux de passage. Du reste, ainsi que je l'ai dit. bien qu'opérant des déplacements plus ou moins lointains, qui l'amèneut d’Afiique en Europe, par exempb*, parfois même assez avant dans ce deimier continent, le Courvite n'est pas un véritable migrateur, pas plus (pie la majorité dc's Outardes ou la, Glaréole, avec lesquelles il a l’ertains rapports.
Cet oiseau e.st assez méfiant et fuit en courant d'une vitesse iiicro5’able, malgré sa petite taille, grâce à ses jambes relativement très longues. Il vole bien, du reste, mais semble se servir d'ordinaire plutôt de ses pattes que de ses ailes, au moins dans les contrées, steppes arides ou déserts sablouueux, où il se tient de préférence. Il vit, suivant les saisons, par paires ou en petite société, recberebant une nourriture surtout animale, des vers, des insectes ou de petits mollusques, et niebant dans un petit creux, sur le sol.
Ses fcufs, au nombre de 3 ou 4, sont d'un ovale assez court et ventrus, parfois très légèrement piriforiiu's ; leur coquille, assez mince, n'a guère d'éclat. Sur un fond gris-verdâtre, gris-jaunâtre ou ocreux. ils sont semés de points et de petits traits irréguliers, gris et bruns, souvent entremêlés, parfois rapprocliés un ptm eu couronne vers leur milieu; ils mesurent, suivant quelques auteurs. 0’“,03(i — 038 sur 0'",028 — 029; parfois seulement 0’",027 au ijetit axe, selon Gerbe. Ils rappellent assez, en un peu plus gros, ceux du Gravelot à collier interrompu.
Le Courvite isabelle n'e.st pas à proprement parler un oiseau européen; car les quelques sujets de cette espèce (pu se montrent (•à et là sur les côtes méditerranéennes de l'Europe et de temps à autre dans les pays du centre do noti'e continent, où on les compt(‘ aisément, parfois même jusqu'en Angleterre, sont des oiseaux errants ou erratiques et plus ou moius égarés. 11 seiuble qu'a pris l’époque de la multiidicatiou, ils aient éprouvé ie dé'sir de faire un petit voyage, non pas pour fuir les frimas ou pour trouver soit une
UNCIROSTRES
nourriture plus aboudanto, soit fie meilleures conditions de nichée, comme les véritables migrateurs, mais simplement pour obéir à un besoin de mouvement ou de déplacement.
La vraie patrie de cet oiseau est dans les déserts du nord de l'Afrique et dans quelques contrées occidentales de l’Asie.
Division III, tics UNCIUOSTHIÎS
UNCIROSTRES
Bec corné, dans la plus grande partie, généralement peu allongé, un peu convexe et échancré en avant, avec fosses nasales relativement larges et courtes, et narines découvertes, elliptiques, plus ou moins avancées. Jambes et tarses robustes. Pas de pouce. Doigts courts et épais, un peu reliés à la base. Ailes moyennes, amples et généralement subaiguës. Formes assez massives.
Les représentants do cette division, dt' taille grande ou assez grande, rappellent en même temps les Brévipennes fCVrswcsj par leur port et leurs membres inférieurs assez épais, et les Gallinacés ((jalliuncn) par leurs formes relativement lourdes ou massives; cependant. ils se rai)i)rochent en réalité bien jdus des Pluviers que de ceux-ci, par leur cliarpcnte osseuse.
Ce sont des oiseaux plus errants que véritables migrateurs. Leur nourriture est plus ou moins mélangée d’éléments végétaux et animaux.
Leurs (tnifs. pondus sur le sol, sont moyens, ])eu ou médiocrement nombreux, ovales, assez foncés de couleur et largement maculés. Leurs petits, nés couverts de duvet, courent très vite après l’éclosion.
La famille des Otididés (Otididæ), propre à l’ancien monde, à l’Afrique surtout, représente solde le groupe des Uncirostres.
ÉCHASSIERS