‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 88 sur 309 · OUTARDE BARBUE Grosse Tra2)X)e — Starda vmggiore · texte numérisé non relu

OUTARDE BARBUE Grosse Tra2)X)e — Starda vmggiore

OTis TARDA Linné.

Bec heaacoiqi jdas court que moitié de la tête, nu front (voy. fig. 4:1). Doigt niédiaiqavec ongle, iiotnhlenmit qtlus court que moitié

du tarse. rémige la jilus longue, ou 2^ à # quasiégales; B généralement plus courte que 6°. Scapulaires, cuhitttles et rectrices très larges et arrondies. — Dos d’un roux jaunâtre, chiné et barré de noir en travers; ventre blanc. Tête et cou d'un cendré bleuâtre. Queue généralement à 20 rectrices, rousses terminées de blanc, avec U ne. bande trans-versale noire avant le bout. Une touffe de qtlumes grises, décomposées et plus ou moins allongées, formant loie barbe en éventail, de chaque côté, sous la base de la mandibule inf., cf. Bec brun de corne. Pieds gris.

Fig. 47. Tote d'OTis tauda inAlo, ad.

otididï;s

Long. M. ()“,820 — 1"^ O —p\l(jO aile jMée 0'^,480 — 600 (0°‘^ü80); queue 0'^, 230— 300; tarse 0'“, 125— 170; i)té(lian,avec ongle 0'", 055— 078; bec, au front O"', 035— 048; barbe, 0'“, 100— 200 cf ad.

Otis tarda Linné ex Qessner, Syst. Nat., I, p. 261, 1766. Meisneru. Sch., Vogel der Schweiz, p. 165, 1815. Temminck, Man. Ornith., II, p. 506, 1820. Savi, Oruit. tosc., II, p. 218, 1829. iXils.ion, Skand. Fauna, Fogl., II, p. 110, 1835. Schinz, Fauna helv., p. 100, 1837. Bailly, Ornith. Savoie, IV, p. 12, 1854. Miva, Omit, ticin., p. 373, 1866. Begl. et Gerbe, Ornith. eiir., II, ]). 95, 1867. Fritsch, VOgcl Europ., Tah. 36, Fig. 5, 1871. Friderieh, Deutsche V'ôgel, 4“ èl., p. 942, Taf. 46, Fig. 5, 1891. Dm6o!S, Faune Vert. Belgirpie, Oiseaux. II, p.84, 1894. Sharpe, Cat. B. Brit. Mus., XXIII, p. 284, 1894. Hand-list, I, p. 173, 1899. — O. NAjonBrehm, Isis, 1830, p. 986.

Noms vülg. S. F, : Grande Outarde. — S. A. : Trappe, Grosse Trappe.

Mâle adulte, en noces: Tête ot devant du cou d'un cendré bleuâtre, avec une petite Ijande médiane d'un brun roux sur la première. Plumes ébarbelées de la Itarbe d'un cendré Idcnâtre ou d'un cendré légèrement roussâtrt'. Côté.s du cou plus blanc.s. avec un assez grand espace ciuasi-nn et violet vers le haut. Bas du cou, en arrière, et une bande en travers du liant de la poitrine d’un roux vif, avec quelques raies transversales noires. Dos. croujiion, scapulaires, couvertures petites et moyennes, cubitales supérieures et sus-caudale,s d’un roux jaunâtre, onde de noir, les croissants noirs de plus en plus larges sur les .scapulaires et les cubitales supérieures. Grandes couvertures et bord tle l'aile d'un gris bleuâtre et blancs. Rectrices médianes et moyennes en grande partie rousses à bout blanc, les trois externes blanches ou qua.si -blanches; les médianes avec deux bandes transversales noires avant l'extrémité, les latérales d'ordinaire avec une bande seulement. Grandes rémiges noires au bout, d’un gris brunâtre vers la base; les secondaires de pins en plus envahies de blanc ou blanches, ainsi que les cubitales inférieures ou maximales. Bas delà poitrine, flancs, ventre, jamlx's et .sous-caudales d’un blanc plus ou moins sali de grisâtre, vers le milieu do la poitrine et du ventre. Bec brun de corne; pieds gris; ii-is jaune-orangé.

Femelle, ad., en. noces: Passablement plus petite (pie le mâle, avec livrée de teintes moins vives et bandeau pectoral moins accusé, d’oi*dinaire sans barbe, ainsi qu’avec peu ou pas d’espace nu sur les côtés du cou, sauf chez de très vieux sujets'.

‘ Selon certains auteurs, de très vieilles lèmelies porteraient parfois une petite harbe de 4 à 6 centimètres environ, et présenteraient au cou un petit espace nu de couleur café au lait.

irii)

ÉCHASSIERS

Mâle ad., en liiccr : Pas de nudité sur les côtés du cou; pas do largo bandeau roux en travers de la poitrine; tête et cou plus généralement cendrés; roctrices plus ou moins variées de macules noires; barbe moins développée.

Femelle ad., en hiver: Bande brune suscéplialique longitudinale moins apparente; cendré de la tête, du cou et do la poitrine plus foncé.

.Jetiaes de l’cotaée : Assez semblables à la femelle en hiver, et d'abord sans barbe. Les, /cu//es mâles, après la iniie, n'ont encore (pi’une barlie assez courte ou peu développée.

A la aaissaace : Couverts d'un duvet sec et relativement court, sur le dos surtout, n'accusant que pou la queue', de couleur fauve, presque blanc à la goi'ge, au ventre et sur les dancs. plus roux par contre sur le cou. la poitrine et le bout des membres antérieurs, avec nombreuses taches et bandes noires aux faces .supérieure.s, ainsi que sur les ailes et les cuisses, les taches ])lus i.solées sur le cou et la poitrine. Tarses é|)ais, d'un gris vei’dâtre. Bec brun; la base de la mandibule inférieure olivâtre.

L'Outarde barliue ou Grande Outarde a fait, de temps à autre, comme bote d'hiver surtout, dos apparitions en Suisse qui, vu la gi-ande taille <le l'oiseau, ont rarement passé inapengies. On l'a rencontrée le plus souvent par sujets isolés, parfois par petits gi'oupes de deux ou trois à cinq ou sept, plus rarement jusqu'à douze individus, généralement en plaine et d'ordinaire en arrière automne ou en hiver, exceptionnellement en été ou au pi'iiitemps. Elle a été vue à différentes reprises dans les parties inférieures de nos diverses régions, du nord-est au sud-ouest, et jilus fréquemment, semble-t-il. au nord (|u'au .sud des Alpes, jamais, à ma connai.ssance. dans les parties élevées de nos montagnes ou dans les Alpes.

Passant sous silence (juehpies données ((ue n'appuyent aucun détail d'époque ou do localité, je me bornerai à énumérer, rapidement et par ordre chronologique, les (juelques citations tant soit peu circonstanciées (|ue j'ai pu recueillir dans mes notes et dans la littérature locale, en renvoyant, chemin faisant, à quelques annotations pour plus amples renseignements.

En 1552, fin décemlire. on vit aridver au pays de Vaud bon nombre d’oiseaux dits Ostardes. L'hiver fut très rigoureux'^

^ Vian (Mnnogr. des Poussins d’Piurope) fait remartiner que ce duvet court et sec rappelle jdus celui des Gallinacés que celui de la majorité des Échassiers.

Dans les mémoires de Pierre de Pierretleur, grand banneret de la ville d’Orbe, sur les événements relatifs aux années 1530 à 1500, >1. le 1>>’ Larguier, de

OTIDlnÉS

En l(i42. uiK' l)(‘]l(' Grande Outarde (sans barbe) fut tuée, an printemps, près (EAvonrlies. au canton de Vand'.

En 1785, une Grande Outarde fut tuée, on biver, sur les bords du lac Léman, entre Lausanne et j\lorf> es. Il tomba l)eaucoup de neific cet hiver-là.

A peu ]jrès à la même époque, une autre Grande Outarde fut tuée dans le pays et vint dans la collection du ministre Sprûngli. à Berne b

En 1811, deux Grandes Outardes auraient été rencontrées près de Bellagio, en Lombardie, non loin dos fi-ontières du Tessin. selon Monti, dans Riva (Scliizzo, p. 59, 18(i0).

En 1813, deux de ces oiseaux furent tués, en août, dans des vignes. près de Genève.

En 1815. Aleisnor cite, sans ancunc date ni localité, quelques rencontn's laites, toujours par grosse neige et grand froiti, de Grandes Ontarde.s, en petites troupes de deux à douze, dans les contrées basses des cantons de Zurich, Argovie et ïlinrgovie, ainsi que dans les gramls marais (maintenant en grande partie desséchés) compris entre les lacs de Neuchâtel et de Morat, et dans les campagnes près de Berne.

Entre cette date et 1823, selon Nocker (Oiseaux des environs do Genève. 1823), dans un hiver très froid. Jurine avait acquis une Grande Outarde tuée dans les vignes, à Cologny, près de Genève.

En 1830. une Gi’ando Outarde, mâle, fut tuée à S'-Aubin, dans le canton de Neuchâtel.

En 1837. une femelle fut tuée près de, Bâle.

En 1842, une Grande Outarde fut vue dans la plaine, près de Colico, non loin de la frontière du Tessin (Monti, sec Riva).

A la même époque ou peu d’années après, un de cos oiseaux aurait été tué ])rès du lac de Van'se. encore en Lombardie, non loin du Tessin (H. Crivelli, iit. Riva).

Lausanne, me signale la citation d’oi.seaux dits Ostardes, qui seraient arrivés, en quantité, à la fin de décembre 15.02, daus le lOays de Vaud, à l’entrée d’un hiver qui fut très rigoureux. — Il est bien probable qu’il s’agissait alors de la Grande éiutardc qui. bien plus facilement que la Cancpetière. devait attirer l’attention d’nbservateui's peu versés dans l’ornithologie.

‘ Citation tirée d'un volume d’oiseaux peints à la main, du XVII® siècle, que j’ai déjà eu l’occasion de signaler à propos de Faucons. Reux Grandes Outardes y sont figurées sous le nom de Tetmo Ostarde; la mieux réussie représente un individu sans barbe tué, au printemps, près d’Avenches, dans le canton dé Vaud.

^ Ces deux dernières citations viennent de Rasonmoiosky. Hist. nat. du ,lorat, I, p. 74, 1780.

Il ‘28

ÉCHASSIERS

Vers 1843. une Grande Outarde aurait été tuée près de Rüiuplitz. non loin de Borne, selon le préparateur Zand {in litt.').

Vers 1845-1850 (il y a quelques années, disait Tschudi, en 1853), en arrière-automne, une Grande Outarde fut tuée près de Wyl, dans le canton de. S'-Gall. qui venait tous les matins se régaler de poires dans un verger.

Selon M. Ch. Jlottaz, de Genève, le i\Iusée de Besançon, on France, posséderait une femelle de Grande Outarde, provenant de Genève, avec la date 1848 (V).

En 1855. un de ces oiseaux fut tué à Wauwyl, dans le canton do Lucerne.

Vers lS5(i ou 57, une femelle fut tuée près de Satigny, dans le canton de Genève, (pii figure encore aujourd'hui dans la collection locale du Musée de cette Ville à lacpiellc elle a été donnée par M. A. Revilliod de Murait.

Vers 1805, une Outarde de la grande espèce fut poursuivie par deux chasseurs près delà Tour-de-Gourze, dans le canton de Vaud.

En 1875, le 2() décembre, une Grande Outarde fut capturée, à à Ersigen (V), dans le canton de Berne.

En 1870, au mois de janvier, un do ces oiseaux fut tué à Ostermündigen, au canton de Berne.

La même année, un autre était capturé, près de Morat, dans le canton de Frilionrg.

En 1878, un de ces oiseaux a ('té tué aussi dans les environs de Sarnen, au canton d'Ohwald. Ce serait Findividu de cette e.spèce qui. à ma connaissance, aurait pénétré le plus avant dans le centre du pays, et il paraît probable que c’est la femelle qui m’a été signalée au Musée de Sarnen par le D" Etlin.

En décembre 1879. un adulte et un jeune mâle, actuellement au Musée de S'-Gall. furent tués près du lac de Constance, entre Staad et Rorsebaeb (selon Wartmann. Bericbt über das 01. Vereinsjabr der S'-Gall. naturw. Gesellscb., p. 30, 1880).

En hiver 1 885-1 SSti, une Grande Outarde fut vue près de Belp. do Wabern et de Bolligen, non loin de Berne.

En 1880-1887. un de ces oiseaux fut vu, le 30 décembre, près de Bolligen, et, en janvier, près d’Ostermündigen. également non loin de Berne.

En 1890. une Grande Outarde, jeune, posant 5 bil. 250 gramm., fut tuée, le 13 février, près du i‘uis.seau dit le Lyon, derrière Brèves,sin, non loin de Fernex, à 7 ou 8 kiloniètnvs de Genève. Elle faisait partie d’une petite troupe de sept individus (peut-être sa famille) qui, depuis décembre et durant quelques s(unaines api'ès

OTIDIDÉS

la (lato fie capture, errèrent, par de gi-and'f froids, dans les environs, plus particulièrement entre Segny et les bois de Serves.

Dans riiiver 1899-1900. un de ces oiseaux fut Idessé près de Langentlial. dans le canton de Berne, selon Fi.scher-Sigwart (Beobaclit.), et ses restes ont ètè retrouvc's du côté de Soleure. selon G. de Burg (in litt.) cpd a pu constat(U- que c’était un mâle adulte.

Enfin, le U décendire 1902. le prof. P. Godet, m'avisait que trois Grandes Outardes avaient été vues, tout récemment, près de Grossier, au (‘anton de Neuchâtel, dont l’une s’était tuée contre un fil électrique. ( N'oyez : Supplément, à la fin du volume.)

Je connais encore, comme je l’ai dit. de vagues citations d'observations ou de captures dans le canton de Fribourg, près deRomont et dans la vallée de la Broyé, ainsi que dans les environs d’Aigleet de Sion. mais, faute de dates et de localités précises, je ne sais où les placer et s’il n’y a pas. peut-être, double emploi avec telle ou telle des données ci-dessus.

La Grande ( lutai’de ne devient guère sociable, en dehors du cercle de sa famille, ([u’en automne ou en hiver, alors qu'en bandes plus ou moins nombreuses, par centaines souvent, elle se dispose à entreprendre. non pas (h's voyages lointains, à itinéraire l'égulier, comme tant d'oisc'aux véritablenumt migrateurs, mais desdéjdacenients irréguliers et, suivant les circonstances, plus ou moins étendus. Ce sont ces excursions qui l'amènent parfois, en mauvaise saison, jusque dans nos régions peu hosjntalières, ainsi (|ue dans bien des pays où on ne la voit (|ue dans des conditions plus ou moins exceptionnelles. Elle vit dans les contrées découvertes, dans les grandes plaines, dans h's steppes en partie cultivés, et volontiers dans les grands champs de céréales. Très méfiante et douée d’une vue excellente, elle recherche, ])our s’y reposer ou pour pâturer, des étendues libies au milieu desquelles elle puisse toujours reconnaître de loin l'intrus, homme ou animal, qui menace sa sécurité. A peine le danger signalé, les divers membres de la famille ou de la troupe se rapi)rochent et se groupent, pour bientôt prendre leur essor, après quelques pas ou sauts précipitc's, destinés à leur donner un premier élan et plus de prise sui' l'air (jui doit les porter.

Quand elle n’e.st pas inquiétée, sa démarche est lento et mesurée ; mais, quand elle se sent menacée, elle peut par contre courir très le.stement et. une fois enlevée de terre, elle vole à lents coups d’ailes, jusqu’à une certaine hauteur, pour filer ensuite horizontalement et assez rapidement, à des élévations variant beaucoup avcfc les circon.stances, tantôt à petite portée de fusil, tantôt bien plus haut.

Un fort mâle, de cinq à six ans, au moins, toujours notablement

ÉCHASSIERS

plus grand et plus lourd que sa feiuollo, pinit jieser jusqu’à 14 ou 15 kilos, à pou près, avec uiu' en viu-giire do 2 in. 30 à 2 ni. 40. envii-on.

Les adultes se nourrissent de plantes vertes et de graines ; do trèfle, do lilé. do pois, do colza, oto.. ainsi (juo do vers, do niollusquos et' d'insectes, grillons, sautorellos, etc., inênie parfois do petits nianiniifèros et do reptiles; les jeunes ont une alimentation plus exdusivomont animale, et consomment une (ilus forte proportion do vers, do petits mollusipies et d’insoctos do diverses .sortes. Elle e.st d'ordinaire pou loquace ; cepeudant elle fait entendre do temps à autre un cri qui a été traduit par le mot jisæ-ærr; on temps d'amour, elle prononcerait plutôt la syllalu* réqiétéo lioiili - hoiili - hoitli.

Les nutlos se livrent entre eux de torrililes comliats. luttant à grands coups d’ailes pour la possession dos femelles, puis exécutent, à ipielque 25 ou 40 pas. on tournant autour de leur future épouse, les danses et les contorsions les idus luirlesipios. gonflant leur cou. laissant pendre et tordant plus ou moins leurs longues ailes, saluant et rodro.ssant leur queue on éventail, jusque sur le dos. C'est alors qu’entre en jeu l'espèce de tulie ou de poche allongée que le mâle porte, sous la pi'au du devant du cou, entre le dessous de la langue, où se trouve un petit orifice entouré d’un sphincter, et l'os de la fourchette. Ce tuhe, distendu par de l'air ahsorlié ad hoc. fait gonfler le cou de l'Outarde, en distendant la peau et héris.sant ses plumes, pendant ipie. sous la pression d’une fine enveloppe musculaire, le gaz emprisonné produit, en s’échappant jiar l'étranglement supérieur, un ciâ ramiue très particulier. <iok, ook, (pie l'oiseau n'émettra jamais dans aucune autre saison, alors que son .sac sousgulaire est réduit, faute d'usage, à de trf's petites dimensions*.

La Grande Outarde n'est pas vi-aiment polygame, car, selon ipielques ohservat(mrs. Naumann en particulier, il serait très rare de voir plus d’une femelle avec un mâle, et celui-ci ne contracterait parfois une secomh' union (pie piaulant le temps, près de trente jours, dit-on, (pie nécessairmuent sa première épouse doit accorder aux besoins de rineuhation'-’. — C’est en général sur terrain sec, entre de grandes hei-hes. dans un steppe ou au milieu de hautes céréales cpie la femelle pond, tin avril ou en mai, dans une simple dépression du sol. garnie de (]uel(pies débris de plantes dussécliées et entourées de deux ou trois mètres de sol nu et liattu. destinés à permettre à l’oiseau de prendre plus facilement son ('ssor.

* Voy. à ce sujet : GulUn : Ou tlio giilar Poucli of tlie male Bustard (Olis tarda L.), Ibis, avril, 1805.

'■* Selon Saiindeis (111. Man. Bi'it. Bleds, p. 510, 1889), l’Outarde muerait déjà à la fin de mai, et serait alors incapable de voler.

OTIDIUÉS

Ses œufs, le plus souvent au noiuluT do 2 ou 3' et de propovtions moyennes, plutôt petits même, eu épard à la taille de l'oiseau, art'ectent une forme elliptique ou ovalaire allongés', avec eo([uille dure, assez lisse et un peu luisante. Ils sont d’un gris olivâtre, d'un vert olive ou d'un lirun olivâtre, avec des taches éparses, plus ou moins grandes et plus ou moins apparentes, d’un gi'is violet ou d’un brun violacé et d'un brun plus ou moins foncé. Us me.surent d’ordinaire 0"'.074 — OS3 sur 0"'.053 — 055, plus rarement 0'".059 — 0()0 en petit axe, pour des œufs plus gros ou plus ramassés.

L’Outai'de barbue se trouve plus ou moins dans toute l’Europe, depuis l'Angleterre, la Suède méridionale et le centre de la Russie, ainsi que dans une grande partie de l'Asie, et jus(|ue dans le nordouest de l'Afrique. Sa véritable patrie est en Hongrie, dans les .steppes de la Russie et dans l’Asie centrale; cependant, elle se reproduit aussi, bien qu’en nombre de plus en plus réduit: en Allemagne. où on la voit parfois encore en bandes assez nombreuses, en Saxe, dans le Brandebourg, en Silésie, en Tburinge et en Bavière, par exemple, ainsi que dans certaines parties de la France, où elle devient toujours plus rare, et en Espagne, où elle arrive généralement en mars.

258. — 2 : OUTARDE CAXEPETIÈRE Zwpryirnppe — Gnlliua jirntaiola.

OTis TiiïRAX Linné.

Bec à jirii jirès moitié de la tête, ait fnmt. Doif/t médian, avec oarile, lui peu plus lany que maUié da tarse (voy. fig. di)). rémif/e fl peine plus tonr/ue que' 8", i"‘ ér/ale enriran à ô“. SeapnI.aires, eabitales et rectrires assez la/r/es. — Dos chiné noir sur ronx-jaanûtre; ventre hlane; queue blanrlaUre, chinée, avec quelques étroites barres transversales noiréitres. (rori/e d’un pris bleuéitre, arec collerette de plumes noires assez allonf/ées,sur les côtés et le derrière du cou, n’atteifjnant pas la base de celui-ci, et double collier blanc (ü en noces). Gorfje blanchdtre; cou roussdtre, raijé de noirédre (çj' automne, 9 et juv.). Bec et pieds pris.

‘ La rencontre assez fréquente de petits groiqjcs de six ou sept Outardes, errantes et en majorité jeunes encore, peut faire supposer (pi’il s’agit d’oiseaux' voyageant en famille, et l’on peut se demander alors si une nichée compterait parfois quatre ou cinq petits venus à hicn, ou si, plutôt, il u’y aurait pas là les rejetons de deux niellées successives, avec père et mère.

Long. tôt. 0'",120 9 — 500 cf; aile pliée 0"\235 — 270; queue ü'“/100 — JSü; tarse 0'“/)ti0 — Oüü; ntédiau, avec ongle (>'“,034 — 038; hee, au front 0"'/)23—025.

Otis tetrax Linné, Syst. Nat., éd. 10, 1758 et éd. 12, 1, p. 264, 1766. Meisner ^/.5'c7l.,Vôgeldel■Schweiz, p. 166, 1815. TewwnmcÆ, Man.Oniith., II, p. 507, 1820. Savi, Ornit. tosc., II, p. 219, 1829. N7tewî, Skand. Fauna, Fogl., Il,p. 114, 1835. Schim, Fauna helv., p. 101, 1837. Bailly, Oruitli. Savoie, IV, p. 16, 1854. liiva, Ornit. tifiii., ji. 375, 1865. IJegl. et Gerbe, Ornitli. eur., II, p. 100, 1867. Fritsch, Vôgel Europ., l’ab. 36, Fig. 1 et 2, 1871. Friderich, Deutsche Vôgel, 4® éd., p. 939, Taf. 46, Fig. 6, 1891. Dubois, Faune Vert. Belgique, Oiseaux, II, p. 89, 1894, — Otis minor Briison, Oruith., V, )). 24, 1760. — O. tethao Macyill., Man. Brit. Birds, II, p. 40, 1846.

Tëtbax campesteis Leaeh, Syst. Cat. M. a. B. Brit. Mus., p. 28, 1816. — T. te- THAx Sharpe, Cat. B. Brit. Mus., XXIII, p. 287, 1894. Hand-Iist, I, p. 174. 1899.

Noms vülo. S. F. : Canepetüre, Petite Outarde. — S. A. : Zwergtrappe.

21âle ad., en été; Dessus de la tête roux-jaunâtre, varié de noir. Dos, croupion, scapulaires, couvertures alaires, majeure partie des cubitales et côtés de la poitrine chinés noir ou noirâtre sur fond roux-jaunâtre, avec quelques taches ovales noires sur le haut du do.s et les scapulaires. Sus-caudales en majeure partie blanches, avec quelques taches noires. Rectrices médianes blanchâtres, roussâtivs et chinées, avec trois ou quatre liai'res transversales d'un In-un noirâtre; latérale.s blanclies, en partie chinées, avec deux ou trois barres transversales noires. Les couvertures moyennes et grandes surtout, en partie blanches ou bordées de blanc, formant un large bord blanc à l’aile. Pixmiières grandes rémiges brunes, blanches à la base, les suivantes de plus en plus blanches et tachées de noir; les secondaires blanches on à peu près. Milieu et lias de la poitrine, ventre, jambes et sous-caudales blancs, les dernières latérales avec quelques petites macules noirâtres. Gorge et joues d'un gris Ideu, limitées vers le bas par un étroit collier Idanc passant sous l’oreille, puis descendant, en forme de V, en avant; tour du cou noir, en dessous et jusqu’au bas, avec les plumes latérales et po.stérieures un peu allongées on collerette érectile; plus lias encore, sur le haut de la poitrine, d’abord un large collier lilanc, puis une large bande noire, formant demi-plastron au-de,ssous du collier. Bec et pieds gris ; iris jaune.

Mâle, en automne: Plumes du cou plus courtes, régulières et grisâtres ; plus de collerette noire, ni de demi-plastron noir, pas plus (pie de colliers blancs.

Femelle adulte : Plus pidite que le mâle. Faces supérieures d'un

OTiniDÉS

roux jaunâtro, jjliis largement cliinées de noirâtre. Bord de l’aile avec que]([ues hai-ro.s transversales noires. Cou et haut de la ]ioitrine d'un roux jaxinâtre clair, rayés et tachetés de l)run-noirâtre ; le reste des faces inférieures blanc, avec do petites taches et barres transversales noirâtres sur la poitrine, les flancs et les sous-caudales.

Jeunes, avfod la mue ; Assez semidahlos à la femelle, bien (luo de teintes moins pures; les mâles, un peu plus forts (pie les femelles, volontiers un peu plus taclu's de noir, deriâère le cou et juscpi'au dos.

A la uaissance : Couverts d’un duvet assez court, roux bigarré de noirâtre sur le dos. au cou. sui‘ les cotés du corps, sur les cuisses et sur les ailes dont la pointe est blanche. Tête rousse, variée de macules noires, en dessus, avec larges bandes sourcilières roussàtres, plus ou moins bordées de noir. Gorge et fac('s inférieures, depuis la poitrine, blanches ou blanchâtres. Bec brun-olivâtre. Pieds d'un carné légèrement olivâtre. Iris brun pâle.

Variétés : On cite des individus gris de lin.

L’Outarde canepetière est un peu moins rare (pie la précédente et se montre, à peu près tous les ans, dans telle ou telle partie du pays, au sud-oue.st surtout, .semble-t-il, par individus isolées ou par petites troupes, plus ou moins tôt ou tard eu automne et souvent à la suite d’abondantes ebutes de neige ou de tr(''s grands froids. Ce n’est pas un oiseau de passage régulier pour la Suisse, mais bien plutôt 1111 bote temporaire de l’arrière-saison, suivant les localités plus ou moins ré'giilier; et encore ne voit-on d’ordinaire dans le pays (pie des femelles et des jeunes. Les mâles adultes sont très rares chez nous; le seul tué, à ma connaissance, dans le bassin du Léman. depuis bien des anuée,s, l’a été, avec deux jeunes, par JI. Lecbtbalcr, près de Genève, en automne 1870. sur une bande do sept individus, probablement la famille au complet.

On cite de nombreuses captures de Canepidières dans nos dittérentes i-égions, en plaine, depuis les envii-ons de Coire. dans les Giàsons. à l'e.st, jiisipi’à Genève, au sud-ouest, dans les cantons de S‘- Gall, Tbiirgovie, Zurich, Lucerne, Berne, Neuchâtel, Vaiid et Valais, ainsi ipie dans (piebiues localités plus au centre du pays, dans les environs de Zoiig, dans rEinmentbal et dans le Simmentbal. par exemple, et près de Bâle, au nord; enbn. ou l'a rencontrée accidentellement, à (l(\s niveaux bien plus élevés, dans les Alpes : sur le versant sud du Kamor. en novembre 1822, à 1700 m. sur iiu'r à |)(}u près, dans le canton d’Appenzell; il y a (piebpio vingt ans environ

ÉCHASSIEllS

au roi du Sauetscli. à ‘2300 iii. outre les eautous de Bei-ne et du \ alais. au dire de feu Bonvin ‘ ; et, plus réceiiiiiioiit. le 30 novemliro 1901. au Taiaar. à 1000 ui. environ, dans le Tessin, selon le naturaliste Ghidini. de Lugano fi// croit (pie c'est le premier su-

jet de cette espèce tué dans ce canton, au sud des Alpes.

J'ai dit que. c’était à l’oue.st et au sud-ouest du ])ays que les rencontres de Canepetières étaient surtout fréciuentes. 11 ne se passe, en effet, poui' ainsi dire, pas une année "que quelque capture ue soit .signalée dans les environs de Genève, particulièrement dans le triangle de plaines moins bâties, moins habitées et relativement tranquilles qui s’étend d’Gnex et Mategnin à Sézegnin et Cbancy, sur la rive droite et surtout sur la rive gauche du Bhône. Depuis les deux jeunes dont parle Xecker. cpii furent tués (*n décembre 1822, après une grande chute de neige et par un froid de —4° à —0" Réaumur. l’un près d'Aire-la-Ville. l’autre près do Cbancy, on pourrait citer quantité de rencontres, à peu près toujours dans les mêmes localités, soit au sommet de l’entonnoir que forment entre elles les Alpes et la chaîne du Jura. En 1884, entre autr('s, trois Canepetières furent encore tuées, non loin de Genève, à des épo((ues différentes, une première, en septemlire, à Prévessin, une seconde, on octobre, à Bellerive, et une troisième, en novembre, à Onex.

La Petite Outarde ou Canepetière a dans les mœurs bien des points de resseinldance avec l’espèce précédente; cependant, elle paraît plus régulièrement migratrice, ainsi que plus légère et plus agile, elle court plus le.stement et vole |)lus rapidement; elle est aussi moins prudente et se blottit volontiers sur le sol. devant le cba.sseur ou le chien qui la poursuit, pour partir souvent tout près de ceux-ci, d’un vol droit, rapide et peu élevé. Son régime est plus mélangé; elle ab.sorbc aussi dos herbes et des graines, mais elle pnmd beaucoup plus de vers, d'insectes, île larves, de sauterelles et de petits mollusques. Les mâles, plus polygames que ceux de la Grande Outarde, se livrent, à la saison des amours, en avril d'ordinaire, et comme leurs congénères, de tei'i-ildes combats pour la possession des femelles, et exécutent alors les mouvements les phis bui-lesipies, pour faire la cour à leurs futures épouses. Leur cri. à cette éjioiiue, peut être traduit tantôt par tantôt par Mes, tecks.

Dans les pays do son habitat ordinaire, jamais chez nous jusqu'ici, la femelle pond, fin avril ou au commencement de mai, dans une petite excavation qu'elle a creusée sur sol sec, entre les herbes, dans les steppes ou dans les champs.

L’oiseau, s’il m’en souvient bien, avait été trouvé mort sur la neige.

OTIDIDES

S(’s œufs, au unuil)i'o <!(' 4 ou 5, parfois 8 souliuiiout, do jivossour uioyoniio ot d uii ovale assi'z court, ont uiu' cociuillo lisse, assez liidllautc. et sont colorés de bruu-olive ou olivâtre, de vert-olivâtre ou iiiêiiie de vert, avec taches éparses, graïuh's. luanies, souvent assez fondues nu peu appanuites. parfois mélangées <le petites macules et points plus foncés et plus accusés; ils mesurent d'ordinaire 0'“.051 — 055 sur0‘".03*J — 048, plus i-a rement 0“,050 — sui' 0'“.088,ou 0"',{)5() sur 0”‘.04().

L'espèce habite les contrées orientales et méridionales de l'Hurope, ainsi (pie le nord de l'Afritpie (d le centre de l'Asie, le nordouest (h's lnd(‘s. en hivei-. Sur notre continent, elle se reproduit dans le sud de la Jiiissie, en Hongrie, en France, en Kspagne. en Italie et en (irèce. autant de pays (jifelle cpiitte généralement en automne, parfois en troupes très iiomlireuses, pour aller liiverner un peu plus au sud. en Syrie ou en Afriipie, par exemple-, et où elle revient cha- (pic printemps, tin de mars ou au commencement d’avril. File n'est guère (pi’hôte plus ou moins irrégulier, comme en Suisse, ou même (lu'apparitiou accidentelle, (m Allemagne, eu Belgicpie. en Hollande. dans le sud de la Suèd(> et en An,gl(d('rre.

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