Genre 1 : GRUE
GRUS Pallas '.
Bec mbconique, droit ou, (jua si-droit, passablement plus long que la, tète, bien plus haut que large à lu, base, à arête mousse et pointe un peu obtuse ; les deucc mandibules à peu près de même hauteur et longueur, souvent fineme.ntdente- Icessurtebord; angle mentonnier d'ordinaire peu ou pas accusé. Nari-
, Fio. 'iS. Tcle (le Guus gimcdma. ad.
'^ics ovales ou
elliptiques percées assez en arrière de !' extrcmilé des fosses nasales qui dépassent le milieu du bec (voy. lig. 48). Jambes nues et généralement réticulées sur un peu 'moins de moitié. Taises étroitement scutetlés en avant, largement réticulés en arrière. Doigt médian généralement moindre que la moitié du tarse; latérau.r subégaua:. l'interne aru>c
‘ Dx Gesstier.
ÉCHASSIERS
d’un ongle fort, assez crochu et aigu. Ailes subaigucs; rémiges primaires ant. un peu échancrées, atteignant à peu près le bout de la queue, les 2^, .9® et 4^- les plus longues et qicasi-égales ; pennes cubitales, plus ou moins en panache ou en faucille, recouvrant ta queue. Queue très courte, quasi-droite ou arrondie. Vertex et région oculaire nus ou couverts de poils (ad.).
Les quelques espèces, oiseaux uionogaines, sociables et grands migrateurs, qui rentrent dans ce genre présentant beaucoup d’analogies dans leurs mœurs, leurs allures, leur mode de reproduction et leurs œufs, je me bornerai, pour abréger, à renvoyer ici à la biologie de la Grue cendrée qui suit.
Leur mue est simple. — Le mâle et la femelle se ressemblent, bien que la seconde soit passablement plus petite ; les jeunes s’en distinguent par l’absence de nudité suscéphalique. — Les poussins offrent, dans la forme, de leur bec. plus de ressemblance avec les Sternes ou Hirondelles de mer qu’avec leurs parents (sec. Vian).
Des sept ou huit espèces que compte le genre Grus, une seule, la Grue cendrée (Grus ciueren Bechst.), se trouve en Eui-ope et en Suisse.
261. — : : GRUE CENDRÉE Gemeiuer Kravich — Grue, cnus ciNEREA Bechstein.
Bec droit, assez graduelleinent atténué, peu ouquis dentelé et mesurant notablement moins que moitié du tarse, ci profil très légèrement concave devant les narines qui atteignent les deux-cinq, du bec environ, (voy. fig. 48). Jambe rôticûlée, nue sur moitié environ. Médian avec ongle d'ordinaire, légèrement qjlus court que le bec. Rémiges R, 2^, 5' et 4° un. peu. échaucrées, au bord interne, la 4° faiblement; 2°, ■4°, 4° et O” brusquement rétrécies nu bord externe, sous le bout des couvertures antérieures; l’° généralement un, peu plus longue que ■5°. Queue subarrondie. Lorums et froid couverts de qioils noirs; dessus de la tête, quasi-nu et rouge (ad,). Pennes cubitales en panache, frisé et en faucille, dépassant noUdilement les grandes rémiges. — Livrée grise; rémiges et rectrices noires. Pieds noirs.
Long. tôt. P, 110 Q — P, 400 f (cou, avec tête et bec, faisant près
(JRÜIDES
de moitié); aile pliée 0'^,535 — G30 (0"\G5U); queue 0'^,200 — 230; tarse 0'^,230 — 260 (0“',270); médian, avec ongle 0’“,096 — 108; bec, au front 0”‘,100 — 120.
Ardea gküs Linné e:c Gessner, Syst. \at., I, p. 234, 17CG.
Grus commcxis Beehstein, Viigel Dentschl., IFI, p. 60, 1793. Dubois, Faune Vert. Belgique, Oiseaux, II, p. 308. 1894. — Gr. cinerea Bechst., Vôgel Deutsehl., IV, p. 103, 1809. Meisner u. Sch., Vôgel cler Scliwoiz, p. 199, 1815. Temminck, Man. ürnith., II, p. 577, 1820. Sari, Omit, tosc., U, p. 331, 1829. Nilsson, Skand. Fauna, Fogl., Il, p. 151, 1835. Schim, Faunahelv., p. 106, 1837. Bailly, Ornith. Savoie, IV, p. 63, 1854. Bim, Oruit. ticiii., p. 402, 1865. De.gl. et Gerbe, Ornitli. cur., II, p. 274, 1867. FriUch, Vôgel Europ., Tab. 44, Fig. 4, 1871. Friderich, Deutsche Vôgel, 4» éd,, p. 871, Taf. 44, Fig. 7, 1891. — Gr. canohus, B'orst., Syn. Cat. Brit. Birds, p. 68, 1817. — Gr. vüi.gahis Pallas, Zoogr., II, p. 106, 1811-31. — Gr. cinbracea Brehm, Naumannia, 1865, p. 289. — Gr. gros Sharpe, Cat. B. Brit. Mus., XXIII, p. 250, 1894. Hand-list, I, p. 176, 1899.
Noms vdlg. S. F. : Grue. Gruaz, frontière do Savoie. — S. A. : Kranich. — S. I. : Grù.
Mâle et femelle ad., en noces : Face.s supérieures et iulericurcs d’un gi-is cendré; rémiges primaires, secondaires en majeure partie et rectriccs noires; pennes en panache l'ri.sé grises, on faucille grises et noires. Front et lorums noirs, à reflets d’un Ideu verdtitre, les seconds en grande partie |)oilus. Dessus de la tête quasi-chauve, rouge, avec quehiues poils noirs. Xuque, à plumes un peu effilées, gorge, moitié inférieure des joues, côtés et devant du cou. jusqu’au delà du milieu noirâtres ou d'un gris noir foncé. Moitié supérieure des joues, depuis l'œil, région auriculaire et derrière du cou, jusqu'au delà du milieu, hlancs. Bec d’un noir verdâtre, rougeâtre à la hase et hrun de corne vers la pointe. Pieds noirs. Iris rouge-l»run.
En hiver: Oléine livrée, moins hrillante. — Des sujets moins âgés sont d’un gris tirant un peu sur le rous.sâtre, avec le gris-noir du cou moins foncé, le blanc plus terne et Ptidl plus orangé.
Jeunes, avant la mue : Dessus de la tête emplumé; panache cubital peu développé ; teinte grise générale plus rembrunie, au ventre surtout; tête et cou gris.
A la naissance ; Entièrement couverts d'un duvet épais, laineux ('t assez long, plus court sur la tête, roux aux faces supérieures, tirant plus ou moins sur le rougeâtre au vertex, sur les ailes et. en, trois taches oblongues, sur le dos et le croupion. Côtés de la tête et de la poitrine, devant du cou, flancs et cuisses d'un roux plus pâle, (lorge et ventre blanchâtres. Pieds épais, d’un jaune .sombre ou V(‘r-
lU(i
KCHA8SIEIÎS
(lâtrcs, Boc, rplativeiupiit court pt coiiipriiiip, rappelant un pou. par la foriiio, celui des Sternes, d’un carné rembruni, avec la Imso plus pille (sec. ^■ian. 1. c.), verdâtre, à liase rougeâtre (sec. iMarcliand, Êev. et Mag. de Zool., 1877, pi. !.)).
La Grue cendrée est en Suisse, suivant les localités, oiseau de passage irrégulier ou quasi-it'gidier et toujours rare. Des bandes plus ou moins nombreuses de ces grands migrateurs, volontiers disposées eu forme de triangle ou de coin, passent, il est vrai, tous les ans. de nuit comme de jour, généralement très haut dans les airs, cou et pattes tendues, et en poussant de grands cris, un peu comme des coups de ti'ompette. au-de.ssus de nos vallées et de nos montagnes, même jusqu'à de grandes élévations; mais il n’est pas fréquent de renconti’er quebpies-uns de ces grands Kcbassiers dans nos champs, sur nos grèves nu dans nos marais. Beaucoup traversent le pays, iiresque sans s’y arrêter: peu s'y posent, pour prendre un peu de repos ou de nourriture, et les ([uelques Grues isolées ou par paires que nous voyons de temps à autre se promener gravement ou dignement dans nos campagnes sont des individus égarés ou dévoyés (iiii, pour une cause ou une autre, ont abandonné leurs compagnons de l'oute. Des Grues ont été vues ou tuées aux époqui's de passage, entre la mi-mars et le comimmcemeiit d'avril et en septembre ou octobre, dans nos diverses régions, du nord-est au sudouest, au.s.si bien qu'au nord et au sud des Alpes, dans la Suis.se occidentale surtout, dans les environs de Neuchâtel ou dans les grands marais du côté de Morat' et dans le bassin du Léman, en particulier; mais jamais nous n’avons le bonheur de voir des Grues en nombreuse société, jouant, sautaut, coui'ant de droite et de gauche les ailes ouverti's. ou dansant avec grâce et élégance, comme cela se voit dans les pays qu’idles habitent de préféirnce. en été ou en hiv('r.
La Giaie. en debors de la saison di's amours, est uii oiseau très prudent et d’ordinaire dilbcile à surprendre. Plusieurs auteurs racontent (lue s('s bandes sont toujours bien gardées par des sentinelles vigilantes et que des éclaireurs ))reuuent les devants, pour chercher un endroit propice l't sin-, (juand la troupe veut s'abattre, en tournoyant, du haut des aii-s sur le sol.
Son alimentation e.st surtout végétale; elle mange des herbes de diverses sortes, des graines et des fruits; cependant, elle prend aussi des vers, des insectes, des .sauti'relles, des libellules, des mollusqui's.
‘ Aujourcl’liiii presque cutièroment desséchés.
«RUIDES
même dos gronoiiilles ou do potits reptiles, dans les marais, et des souris ou des campagnols, à l’occasion de potits oisoau.K au nid. dans les champs.
Sa démarche est digne et gracieuse à la fois; son vol est aisé et assez rajndo; un ou doux houdslui sutiisout pour prendre son essor. Son cri ordinaire a été traduit par les syllahos c/’ou. c;yu/,ou koin-r, koiirr; les potits crieraient srliiop, srhirji. Prise jeune, elle s’apprivoise très facilement, s’attache beaucoup à son maître et e.st capal)le de rendre bien des services, do garder entre autres le petit bétail, aussi bien (|u’un chien. Un adulte peut mesurer d’envoi-gure environ, avec un poids de ô à 8 kilos, .selon Page et la sai.son.
C’est généralement lin avril ou en mai. plus ou moins tôt ou tard suivant les conditions d'habitat, que la Grue iiàtit son nid. dans les marais, sur le sol ou parfois sui- (|ueh|ue bas buisson. 11 se compose d’un lit de branches sui- les(pielles .sont dispo.sées, sans beaucoup d’art, des herbes et des feuilles sèches, autour d’une légère dépression centrale, destinée à recevoir les œufs. On a souvent admiré la ruse et l’adresse que déploie la Grue, pemlaiit l’époque de reproduction, soit pour (piitter ou alwrder son nid. sans (>n trahir l’emplacement, soit poui- obvier à l’inconvénient de sa livrée grise, tranchant à l’teil trop facilenumt sur la couleur l'oussedu sol des marais, en été. Aucune mue n’intervenant à cette époque, on no s’expliciuait pas comment la livrés; de cet ois('au pouvait être alors bien plus rousse qu’au printemps. jus(iu’au moment où K. de Homeyer vit une femelle procéder devant lui à une curieuse toilette. Elle prit, dit-il, dans son bec de la terre tourbeuse et s’en oignit le dos. ainsi que les couvertuis's des ailes, de telle sorte que ces parties perdirent leur belle teinte d’un gris-cendré, pour devenir d’un gris brun, couleur de terre d’oiubre. coloratimi (pii résista même à des lavages répétés.
Ses (pufs. au nombre de 2. relativement gi’os. de forme ovalaire allongée, à coquille épaisse et un peu grenue, bien (prassez lisse, sont d’un gris verdfitre. d’un roux oliviUia' clair ou d’un roux brumitre. avec tai-bes plus ou moins rares ou nombreuses et de grandeurs différentes, d’un gris-brun violacé et d’un brun muge; ils mesurent d’ordinaire 0'".0‘J2 — 01)7 sur Ü^.O))-! — 0(15. exception uellemeiit plus courts 0"‘,0S5 sur O'".0(i.4 ou [dus allongés O'". 100 sur 0'".05(5.
L’espèce est très i-épandue dans le nord de rièurope et en Asie,, où elle se reproduit suidout entri' les 53° et 05° degrés, depuis la Sibérie, centrale jusipi’en Scandinavie, d’où elle émigre vers l’est et le c('ntr(' de l’Afrique, ainsi (pie vers la Chine et le nord des Indes.
ÉCHASSIERS
En dehors de cette zone, elle niche aussi, pins an sud, dans quel{|ues grands marais, en Poméranie et en Pologne, par exemple, et même, bien que beaucoup plus rarement, en Espagne et en Italie, dans le sud desquelles elle hiverne quelquefois. Ailleurs, dans l’Europe moyenne, elle n’est guère que de passage plus ou moins abondant, comme en Belgique, en France et en Allemagne.
Sous-Ordre II, des MAGRODAGTYLES
MACRODACTYLI
Bec en majeure partie corné, tendre à la base, médiocrement allongé, plus ou moins comprimé et plus ou moins acuminé, avec fosses nasales plus ou moins prolongées, parfois quasi-nulles, et narines latérales, découvertes, plus ou moins avancées. Jambes et tarses plus ou moins allongés. Doigts antérieurs généralement longs et libres ou presque libres, dégagés ou lobés; pouce relativement court ou moyen, souvent légèrement plus haut que les autres doigts; ongles plus ou moins grands, souvent moyens ou petits, parfois très longs. Corps plus ou moins allongé et haut ou un peu comprimé. Cou moyen ou allongé.
Los Macrodactyles, généralement aquatiques, mais très différemment compris et classés, ont toujours einliarrassé les ornithologistes par la diversité de leurs affinités, si bien que, groupés ou morcelés, ils occupent dans les classifications des positions très <lifférentes. En rapprochant ici de nos Balliformes. dans des divisions particulières, d'un côté les Farra qui, par l'aspect pirifoimie ou conique de leurs (cufs, semhlent tenir plutôt des Échassiei-s céléripèdes, de l’autre les Helioniis qui affectent ries fonues générales passablement différentes, je n’ai pas la prétention do résoudre un problème que laisse évidemment subsister rinconstance des caractères ici invoqués, pour ce sous-ordre.
Mais, n’ayant à faire, pour la Suisse comme pour l'Europe, qu'avec la division des Ralliformes, je passerai outre, pour ne m’attacher ici qu’aux représentants du groupe qui nous intéresse plus particulièrement.
RALLIDKS
Division I, des RALLIFORMES
RALLIFORMES
Bec plus OU moins comprimé, à fosses nasales plus ou moins grandes (voy. fig. 49 et 51). Ailes sans véritables éperons, moyennes et généralement subaiguës Doigts libres ou lobés. Ongles petits ou moyens; celui du pouce bien plus court que le pouce (voy. fig. 50 et 52). Corps souvent allongé et plus ou moins comprimé. Cou médiocrement long. Front plus ou moins conique, en avant.
Petits naissant vêtus et alertes.
Une seule famille, dite des Rallidés, représente cette division cosmopolite et riche en espèces aquatiques.