BROOK TROUT
Truite d’Amérique. — Bachrôthel.
Salvelinus fontinaus, Mitch.
Corps oblong , médiocrement comprimé. Tète moyenne. Bouche terminale, grande; museau obtus. Dents moyennes ; point sur V hyoïde, en arrière de la langue. Vomer sans crête saillante, avec 6 (8) dents disposées transversalement sur deux lignes au bas du chevron \ Maxillaire plutôt étroit et droit, dépassant notablement le bord postérieur de l'œil. Mandibule relevée en crochet, chez le mâle adulte. Œil assez grand. Préopercule arrondi dans le bas, avec un bord inférieur court. Écailles excessivement petites. Nageoires moyennes; dorsale subcarrée ; caudale légèrement éch ancrée chez les jeunes, droite ou meme légèrement convexe chez les vieux. — Manteau brun-olivâtre en dessus, plus pâle sur les côtés, marbré d'olive foncé ou de noir sur le dos, et orné de points arrondis plus clairs, jaunâtres ou rougeâtres sur les flancs; dorsale marquée en travers de séries de taches noirâtres ; premier rayon des ventrales et de V anale blanc. — (Taille moyenne d'adultes et de vieux : 0m,30 à (P, 60.)
U. 4-5/9, A. 3-4/8*, V. 2/7, P. 1/11-12, C. 19 maj.
1 Deux individus du S. fontinalis (Mitch.) au Muséum de Paris, l’un adulte plus ramassé, l’autre jeune plus allongé, portaient également 6 dents sur le vomer, en avant seulement : quatre assez grandes en ligne transverse concave sur le bas du chevron et deux plus petites, également en travers, immédiatement au-dessous.
J’ai vu de beaux sujets adultes de cette espèce, à l’aquarium du Trocadéro, à Paris.
2 Günther (Catal. VI, p. 152) dit D. 12, A. 10. Mes chiffres, relevés sur
(SALVE LIN U S FONTINALIS).
Sgu. L . Iqt. 200-230 ». — R. brchst. (9). 10-12 2. Vert. 58 3.
S'a l mo PONTiNALis, Mitch , Traas. Lit. et Phil. Soc. X. Y. I, p. 435. — Cuv. et Val., XXI, p. 266. — Giinther, Catal. of Fishes, VI, p. 152. — Jordan et Gilbert , Fishes of North America, p. 320. — Salmo Hodii, Richards. Fauna. Bor. Amer. III, p. 173. — Salmo erythrogaster, Dekay , Faun. New- York Fisli, p. 236, pl. 39, fig. 126.
Cette espèce qui, contrairement à notre Omble, semble préférer les eaux courantes à celles clés lacs, se trouve en abon dance dans les fleuves et rivières de l’Amérique britannique et des États-Unis du nord, où elle atteint un poids maximum de 10 livres environ. Sa chair, le plus souvent rose et très délicate, ainsi que le fait qu’elle n’exige pas la présence de lacs dans un pays pour y prospérer, ont attiré sur elle l’attention des pisciculteurs, tant européens qu’américains.
Diverses importations ont été, en particulier, faites en Suisse sur divers points, depuis quelques années. Quelques centaines d’alevins, issus d’œufs embryonnés donnés, en 1883, par la Société allemande de pisciculture, ont été élevés, partie sur les bords du Léman, à Lausanne et dans un étang à Saint-Prex 4, partie à Zurich; quelques-uns seulement ont pu être versés dans les eaux de ces deux bassins. En 1885 et 1886, plusieurs milliers d’alevins, nés d’œufs reçus directement d’Amérique, ont été versés dans les eaux. du lac des Quatre-Cantons : 3000, en 1885, et, 10,000 en 1886. Les rapports» fédéraux pour 18S7 et 1888 indiquent encore la mise à l’eau, dans le bassin du Rhin suisse : d’abord de 2000 alevins du même Fontinalis, élevés dans l’établissement de Bâle-Campagne, puis de 12,000 autres, élevés
un jeune de 0m, 195 élevé à Gremat, près de Genève, sont mieux d’accord avec les données de Jordan et Gilbert.
1 Jordan et Gilbert (1. c.) donnent 37 sur 30 écailles en ligne verticale.
2 J’ai trouvé une fois 9 brchst. Günther donne le maximum 12.
3 J’ai compté 58 vertèbres, dont 31 costales, sur un jeune élevé à Gremat. Les auteurs précités ne parlent pas des vertèbres de cette espèce.
4 Note de M. H. Goll : Ber amerïkanische Bach-Rôthel.
au même endroit et versés dans des étangs à Liestal. Enfin, dans ces dernières années, l’établissement de M. Ltigrin, à Grémat (Ain), près de Genève, a élevé bon nombre d’individus de cette espèce.
Je n’ai pas appris que l’on ait retrouvé des représentants de cette espèce en eau libre, ailleurs que dans les cours d’eau avoisinant rétablissement de Grernat, d’où quelques-uns ont réussi à s’échapper. M. Haas, président de la Société d’exploitation, m’a assuré qu’on en avait pris, ce printemps (1889), quelques individus d’un an, de 15 à 18 centimètres, qui, ayant mordu au hameçon et en parfait état, semblent s’être très bien acclimatés. J’ai vu un de ces sujets qui avait été pris dans la Thoiry, tributaire de PAllemogne et du Rhône.
Essai (V importation, du Danube dcms le Rhin.
HUCH ou HUCHES Saumon Huch.
Salvelinüs Hücho, Linuë.
Corps subcylindrique, allongé. Tête grande, plus longue que la hauteur du corps. Bouche antérieure, grande. Museau subconique. Dents de la mâchoire inférieure et palatines plus fortes que celles de la mâchoire supérieure; point sur Vhyoïde, en arrière de la langue. Vomer court et large, portant sur le chevron une rangée transverse de 6 dents assez fortes, mais plus ou moins caduques (souvent seulement 3 ou 4). Maxillaire dépassant le bord postérieur de V œil. (EU plutôt petiU Préopercule avec un bord inférieur bien délimité. Ecailles très petites. Nageoires moyennes ou plutôt petites. Dorsale assez déclive, naissant sur le milieu du corps ou un peu en arrière. Caudale toujours plus ou moins échancrée. — Manteau gris ou olivâtre eu dessus, de plus en plus pâle sur les côtés; faces dorsales et haut des flancs, avec de petites taches anguleuses noirâtres; faces inférieures argentées, souvent tarées de rougeâtre. — [(Taille moyenne d’adultes et de vieux: 0m,70 — lm,20 à lm,80.)
(SALVELÏNUS HUCHO.)
D. 3-4/9-10, A. 4— 5/7— 9, V. 1/8-9, P. 1/14-16, C. 19 maj.
Squ. L. lat. 180-200. — JR. brclist. 10-11. — Vert. 68 !.
Salmo, Hucho, Linné, Syst. Nat. p. 510, et auctorum : Bloch , loc. cit.
p. 152, Taf. 100; Agassiz , 1. c. tab. XII et XIII; Cuv . et Val., 1. c. p. 226; Heckcl et Kner , 1. c. p. 277, fig-. 154; Siebold, 1. c. p. 288; Gilnther , 1. c. p. 140.
Je n’aurais rien dit de ce poisson, propre aux cours d’eau du bassin du Danube et tout à fait étranger à notre pays, car je ne sache pas qu’il ait été jamais rencontré dans l’Inn jusqu’en Engadine, si quelques essais d’introduction de cette espèce dans le Rhin n’avaient été faits, il y a quelques années.
On espérait pouvoir acclimater dans ce nouveau bassin ce superbe et excellent poisson, qui atteint facilement un poids de 40 à 60, et même de 100 livres ; mais cet espoir a été déçu, et l’on paraît y avoir pour le moment renoncé, à cause des difficultés que présente le transport des œufs durant les grandes chaleurs, époque de frai de l’espèce.
Selon F. Leuthuer (Mittelrheinische Fischfauna, 1877, p. 21), quelques individus, élevés dans l’établissement de Huningue, se seraient échappés et auraient pu gagner le Rhin.
Par contre, le directeur du dit établissement, M. Haack, m’écrivait le 20 juin 1889 : « Je n’ai jamais mis de jeunes Salmo Hucho dans le Rhin2. parce qu’il ne m’a jamais été possible de me procurer des œufs de ce poisson en assez grande quantité. J’ai cependant élevé plusieurs fois de ces Saumons dans mes étangs, quoique la chose soit très difficile, parce qu’ils ne prennent pas d’autre nourriture que des poissons vivants. Ils sont toujours tombés malades et ont péri après 4 ou 5 ans. Je ne crois pas que l’administration française ait mis autrefois des Ruch dans le Rhin; on n’a, en tout cas, jamais trouvé un grand Saumon du Danube dans le Rhin. Je ne m’occupe plus du reste de la reproduction de cette espèce, depuis plusieurs années. »
1 Vert., selon Glinther, Catal. VI, p. 140.
Il paraît que, depuis au moins quinze ans, il n’a été fait également aucune tentative d’importation de ce poisson par la Société allemande de pisciculture, ni dans le lac de Constance, ni dans le Rhin.
Famille V. ESOCIDÉS
ESOCIDÆ
Les Esocidés ont le corps plus ou moins allongé, couvert d’écailles cycloïdes. Le bord de la mâchoire supérieure est formé chez eux par l’intermaxillaire et le maxillaire. La bouche grande et bien armée, est dépourvue de barbillons. L'ouïe est largement fendue jusque sous la gorge. Ils ne portent pas de nageoire adipeuse. La dorsale est très reculée, bien en arrière des ventrales qui sont abdominales. L’estomac ne forme pas de cul-de-sac. Ils n’ont pas d’appendices pyloriques, et pas de véritables pseudobrancliies. La vessie natatoire est grande et simple.
Les représentants de cette petite famille, propres aux eaux douces des régions tempérées de l’hémisphère nord, peuvent être tous groupés dans le seul genre Esox ' dont la majoi’ité des espèces sont américaines, une seule, notre Brochet ( Esox lucius ) figure à la fois en Europe et dans le Nouveau-Monde.
Ce sont des poissons carnassiers, généralement assez dangereux pour leurs voisins.
1 L’ Umbra , quelquefois réuni aux Esocidés, doit former une famille à part dite Umbridœ.
ESOX LUCIUS.
Genre 1. BROCHET
ESOX, Linné.
Bouche profondément fendue, pourvue de dents : assez grandes sur ta mandibule , beaucoup plus petites sur V intermaxillaire, les palatins, levomer, la langue et les pharyngiens ; point sur le maxillaire. Museau large et déprimé; la mâchoire inférieure généralement un peu plus longue que la supérieure. Corps allongé, couvert d’ écailles petites ou moyennes; avec une ligne latérale distincte. Dorsale en face de l’anale. Caudale échancrée.
Ce genre compte cinq espèces clans les eaux douces de l’Amérique du Nord, selon Jordan et Gilbert. La Suisse et l’Europe ne possèdent que YEsox lucius de Linné.