‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 4)Chapitre 143 sur 144 · REPTILES · texte numérisé non relu

REPTILES

Cistudo europæa, Schneider.

(Yol. III, p. 34.)

M. Fischer-Sigwart m’écrit tout récemment qu’on trouve, presque chaque année, quelque exemplaire de Y Emis europæa ou lutaria (Cistudo europæa.) dans les environs de Zofingue, particulièrement dans les petits lacs dits Burgaschi-See et Inkwyler-See, où elle hiverne dans la vase du fond, ne venant pas à la surface pour prendre de l’air et respirant exclusivement par la peau; mais où l’on n’a cependant point encore observé sa multiplication. — Elle a été trouvée aussi dans le Katzen-See, près de Zurich.

Lacerta stirpium, Baudin.

(Yol. III, p. 75.)

L’accouplement s’opère, suivant les cas, plus ou moins vite entre mai et juillet ; la ponte a lieu quatre semaines après et les petits sortent de l’œuf 35 h 37 jours plus tard. La femelle fait généralement deux pontes dans le même été. (Selon M. Fischer- Sigwart : Thierleben in Terrarium, Lacerta agüU , p. 89).

Elaphis Æsculapii, Host.

(Vol. III, p. 136.)

Un bel individu de cette espèce a été capturé, tin septembre 1882, au bois Cayla, tout près de Genève, sur la rive droite du Rhône.

Tropidonotus natrix, Linné.

(Vol. III, p. 147.)

M. Fischer-Sigwart distingue deux variétés : une plus purement aquatique, qui peut mesurer jusqu’à lra, 82, et une plus terrestre et plus petite, dépassant rarement 1 mètre. Il donne d’intéressants détails sur les procédés employés par la Couleuvre à collier pour arrêter ses proies, oiseaux ou grenouilles, qu’elle finit par immobiliser dans leur terreur, en les fascinant toujours du regard et les forçant à la fixer aussi. (Terrarium, p. 13, et in litt .) — Est-ce une sorte d’hypnotisme ou seulement une paralysie du mouvement provenant d’un paroxysme de la terreur. C’est ce que des expériences suivies en terrarium, comme celles de M. Fischer-Sigwart, pourront peut-être décider.

Tropidonotus tessellatus, Laurenti.

(Vol. III, p. 165.)

Les observations de M. Fischer-Sigwart sur quelques individus étrangers de cette espèce, en terrarium, semblent indiquer aussi, chez cette seconde Couleuvre, une action fascinatrice sur le poisson. Après avoir plus ou moins immobilisé du regard le poisson qu’elle a choisi, elle le saisit brusquement par le milieu du corps et remporte hors de l’eau, pour l’avaler sur le sol ; celui-ci, parfaitement vivant, fasciné ou terrorisé, ne ferait alors aucun mouvement pour échapper à son ennemi. (Terrarium, p. 29, et in litt.)

Zamenis viridiflavus, Wagler.

(Vol. III, p. 185.)

A été trouvé dans le Val Misocco, Grisons (Prof. Ch.-G. Brügger, in litt.).

Pelias Berus, Linné , et Vipera Aspis, Linné .

(Vol. III, p. 210 et 220.)

Dans une étude spéciale des Vipéridés (Monografia degli Ofidi italiani, parte prima : Viperid', Turin, 1888), le Dr L. Camerano ne considère plus nos deux Vipères que comme deux sous-espèces d’une meme espèce : P. Berus et P. Berus, sub- $p. Aspis. Les conditions d’habitat paraissent influer passablement sur le développement de certains caractères, des écussons frontaux en particulier.

Le Dr F. Müller (Die Verbreitung der beiden Viperarten in der Schweiz ; Beilage zum Nachtrag, III, 1883) a étudié la distribution géographique comparée des deux Vipères en Suisse, et reconnu qu’à quelques exceptions près, le Pelias Berus habiterait surtout les régions alpines et montagneuses des parties est et nord-est de la Suisse : Grisons, Haut-Tessin, U ri, Glaris, Saint-Gall, Appenzell, Zurich, meme Schaffhouse, avec des colonies, plus au centre et à l’ouest, dans les cantons d’Obwald, de Berne, du Valais et jusque dans le Jura vaudois; tandis que la Vipera Aspis serait propre plutôt aux parties sud, ouest et nord-ouest du pays, en plaine et en montagne, à la chaîne du Jura, au Valais, à Genève, au Tessin et aux vallées sud des Grisons, également avec des colonies plus centrales, dans les cantons de Fribourg et de Berne par exemple.

Le même auteur (Nachtrag IV, 1885) distingue, dans la Vipera Aspis, deux formes : l’une de plaine (Talform), caractérisée par une tète triangulaire couverte de petites écailles, un museau bien retroussé, un manteau composé de bandes transverses rarement réunies en zigzags continus et 21 séries d’écailles, plus rarement 19; l’autre de montagne ou alpine (Berg-

form), rappelant un peu le Pélias Berus par ses formes et sa livrée, présentant une tête plus allongée et elliptique, quelquefois avec trois écailles plus grosses sur le sommet de la tête rappelant un peu les écussons du Berus , avec un museau moins retroussé, tendance des taches dorsales à la formation d’une bande en zigzag, et 21, parfois 23 à 25 séries d’écailles.

La distinction de ces deux formes basées sur des caractères dont j’avais déjà indiqué la variabilité, au moins pour ceux de la tête et de la livrée, ne manque pas d’intérêt, en face du rapprochement opéré par le D1 Camerano , dont j’ai parlé ci-dessus.

Une personne digne de foi, Mme E., m’a écrit au sujet d’une observation qu’elle a faite, il y a quelques années, au pied du Jura dans le canton de Yaud, observation qui corrobore le dire de quelques auteurs. Elle a vu, sur son chemin, une Vipère recueillir dans sa gueule grande ouverte un petit serpenteau qu’elle avait effrayé. Bien qu’ayant maintes fois rencontré des Vipères entourées de leurs petits nouveau-nés, je n’avais jamais eu, je dois l’avouer, l’occasion de faire moi-même semblable observation.

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