INTRODUCTION. POISSONS. ANATOMIE CARACTÉRISTIQUE. XXXV
dans les données provenant des différents bassins. Il fallait en particulier une étude comparative des poissons suisses au nord et au sud des Alpes, pour décider de la valeur de bon nombre d’espèces et pour effacer définitivement bien des erreurs des nomenclatures antérieures.
Chacun sait que les poissons sont des animaux à sang froid qui, construits pour vivre constamment dans les eaux, respirent par des branchies et se meuvent dans leur élément, non plus avec des membres comme ceux d’autres vertébrés, mais au moyen de nageoires partie paires et occupant la place de ceux-ci, partie distribuées à l’extrémité caudale du corps ou plus ou moins avant sur les lignes médianes supérieure et inférieure. Une description anatomique détaillée du poisson, dans les formes variées qu’il peut affecter en divers ordres et en différentes conditions, ne serait guère à sa place dans un ouvrage comme celuici purement zoologique et consacré uniquement à l’étude de quelques espèces dans un champ très limité. Cependant, il importe de dire ici quelques mots de la structure des animaux que nous allons être appelés à examiner, et de décrire brièvement les organes ou les parties diverses du poisson qui devront nous servir de caractères, en expliquant les abréviations et les termes généralement usités.
On peut diviser le corps du poisson en trois parties distinctes dont les formes et proportions varient beaucoup, même dans les limites de nos espèces, et peuvent prendre ’au point de vue de la caractéristique une très grande importance : la tête, généralement limitée par l’ouverture branchiale, le tronc ou le corps jusqu’à l’anus, faisant immédiatement suite à la première, sans l’intervention d’un
cou, au moins dans nos poissons, et la queue ou la partie caudale du corps, en arrière de l'ouverture anale. Voyons, en commençant par le squelette, ce qui a trait à chacune de ces parties, ainsi qu’aux organes de locomotion, aux téguments et aux organes soit viscéraux, soit de relations, pour autant qu’ils doivent nous intéresser ici.
Squelette. La colonne vertébrale qui constitue l’axe du corps est, chez nos poissons osseux, à l’exception par conséquent de nos Lamproies ’ (voyez, part. Il, Cyclostomes, p. 494), composée d’une série de petits disques concaves en avant comme en arrière et juxtaposés de manière à permettre un certain mouvement, soit de vertèbres plus ou moins nombreuses qui, l'une après l’autre, embrassent au-dessus d’elles la moelle épinière, comme dans un canal formé par la réunion de deux apophyses portant entre leurs extrémités une épine dorsale plus ou moins prolongée ; c’est entre ces épines successives que viennent aboutir les osselets interépineux qui soutiennent les rayons de la ou des nageoires dorsales. Des apophyses inférieures analogues plus ou moins développées enveloppent de la même manière les gros vaisseaux sanguins dans la partie postérieure du corps, et c’est généralement entre les prolongements de celles-ci que s’intercalent aussi les petits os qui soutiennent la nageoire anale. Les rayons de la caudale s’appuyent le plus souvent sur des plaques osseuses reliées à la ou aux dernières vertèbres. On distingue généralement les vertèbres en : cervicales, joignant la partie occipitale du crâne et toujours peu nombreuses,
1 Les Cyclostomes, avec une sorte de tube semi-cartilagineux enveloppant la corde dorsale, n’ont ni vertèbres, ni côtes, ni mâchoires, ni pectorales, ni ventrales.