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INTRODUCTION. POISSONS. HYBRIDES. PÊCHE. LX

de formes composées parmi les Corégones, parce que ceuxci, rencontrant dans les conditions de quelques-uns de nos lacs des analogies forcées d’époque et de condition de frai, sont condamnés à de plus fréquents frottements. Nous aurons maintes fois l’occasion de voir comment bien des caractères tirés des pharyngiens, des épines branchiales, du maxillaire, de la bouche, des nageoires, des écailles, etc. trahissent d’une manière évidente tant le croisement, que l’origine des deux espèces mères. Les hybrides digénères sont généralement moins fréquents et plus rarement féconds que ceux résultant de l’union de deux espèces du même genre, surtout si celles-ci sont très voisines ou de plus récente création.

La pêche occupe bien des bras dans le pays et elle est toujours plus réglementée ; cependant, il n’est pas possible jusqu’ici de se rendre un compte exact de ce qu’elle peut rapporter en Suisse. Les quelques cantons qui ont fourni sous ce rapport des documents un peu précis sont encore trop peu nombreux pour que l’on puisse baser sur leurs données un calcul d’ensemble tant soit peu approximatif. Le D' Sulzer ' , en 1880, estimait à 2 millions de francs environ le produit de la pêche dans les eaux suisses; mais ce calcul repose sur une forte majorité d’hypothèses, et il se pourrait bien que le total fut notablement trop élevé \ En tout cas, la production ne

1 Sulzer, J. Beitrage zur Stastistilc der sclnveizerischen Fis cher ei; Internationale Fischerei-Austellung zu Berlin, 1880. Sclrweiz, Leipzig, in-8°, p. 20-24.

Voyez aussi, clans le même volume, quelques données statistiques locales.

2 M. F. Glaser, à Bâle, le plus grand commerçant en gibiers et pois-

suffit pas, loin de là, à la consommation ; car les importations de poissons, soit d’eau douce, Saumon surtout, soit de mer, s’élèvent annuellement à une somme au moins égale.

Le commerce à l’intérieur est assez actif, tout au moins pour les espèces les meilleures, Perche, Brochet, Truite, Saumon, Omble et Corégones, principalement; mais l’exportation est assez limitée, en dehors de quelques spécialités. Le lac de Constance expédie tous les ans pas mal de Blaufelchen ( Corec/onus Wartmanni ) et de Gangfische (Cor. emguus ) frais ou fumés en Allemagne ; et le Léman envoie beaucoup de ses plus belles Truites (Salmo lacustris ) du côté de la France, particulièrement à Lyon et à Paris, où ces poissons sont toujours fort appréciés. Le Tessin qui sale et sèche au soleil des millions de sa petite Ablette, Alborella, en écoule toujours beaucoup aussi du côté de la haute Lombardie. — La fabrication de l’essence d’Orient avec les écailles d’ Ablettes, pour les fausses perles, qui occupe beaucoup d’ouvriers en France, ne se pratique pas en Suisse; et cependant, ces petits habitants de nos lacs fourniraient certainement une matière argentée bien plus brillante que celle extraite des poissons habitant les eaux plus ou moins troubles des rivières ' .

Les engins de pêche, à part quelques formes et quelques procédés spéciaux à telle ou telle localité, au Tessin par

sons de la Suisse, en relation avec la plupart des pêcheurs et par les mains duquel passent la majorité des individus livrés à la circulation, estimait, en 1880, le produit total de la pêche dans le pays à 700,000 francs ainsi repartis : 90,000 fr. de Saunions, 220,000 d’autres poissons de rivières et 390,000 de poissons des lacs. Ce chiffre total me paraît devoir être passablement en dessous de la vérité, non seulement parce qu’en majorité les produits de la Suisse occidentale et méridionale ne passent pas par Bâle; mais encore parce qu’il est très difficile de tenir un compte exact de tout ce qui est consommé sur place dans le pays.

1 Voyez sur ce sujet : Faune des Vertébrés de la Suisse , vol. IV, Poissonsj part. I, p. 438 et 439.

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