‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 4)Chapitre 57 sur 144 · C. WARTMANNI, CŒRULEUS · texte numérisé non relu

C. WARTMANNI, CŒRULEUS

à individu. Une squame latérale médiane, par exemple, souvent ici '/s voire meme 76 seulement de l’œil, chez des jeunes de seconde année.

Coloration bleue ou d’un vert bleu en dessus, parfois d’un gris olivâtre à reflets bleus chez de vieux sujets. Les côtés de la tête et du corps d’un blanc argenté bleuâtre; les pièces operculaires souvent nuancées de bleu, de vert ou de jaunâtre. Ventre blanc. Le museau souvent mâchuré ou pigmenté de noirâtre. Dorsale plus ou moins mâchurée, volontiers noirâtre chez l’adulte. Caudale grise et mâchurée de noirâtre. Anale d’un noir bleu sur les deux tiers environ de sa hauteur, chez l’adulte, souvent légèrement jaunâtre à la base. Ventrales et pectorales plus ou moins lavées de noir bleu sur la moitié extrême, chez l’adulte, peu ou pas chez les jeunes. Iris blanc, souvent mâchuré dans le haut.

Taille moyenne de vieux sujets Om,45 à 0m,50, avec un poids de 500 à 750 grammes. On prend quelquefois des individus de 1 kilo qui passent pour de très grands sujets. — Siebold parle de Eenke atteignant 28 pouces, avec un poids de 3 à 4 livres; mais cet auteur ayant, comme Heckel et Kner. compris à tort dans son C. Wartmanni des Corégones, la Palée entre autres, qui atteignent d’ordinaire à de plus grandes dimensions que le véritable Blaufelchen, on peut se demander s’il n’y a pas, par le fait, erreur probable dans cette citation.

Mâles adultes se distinguant, à l’époque des amours, par une livrée d’ordinaire plus brillante et par des tubercules épidermiques généralement un peu plus forts et plus nombreux que ceux des femelles.

Jeunes, avec un œil relativement plus grand que l’adulte, se distinguant du Gangfisch (Exigims) du même lac, h taille égale, non seulement par divers caractères spécitiques tirés des écailles, des branchiospines et des vertèbres, mais encore, à première vue, par un museau constamment plus acuminé.

Vertèbres le plus souvent au nombre de 62, dont 37 à 38 costales, plus rarement 61 ou 63, sans compter une ou deux fausses vertèbres terminales (exceptionnellement 39 costales). Je

n’ai pas trouvé jusqu’ici le minimum 60 indiqué par Nüsslin ; encore moins les 59 vertèbres de Günther, ou les 57 de Rapp qui doivent probablement avoir été comptées sur de petits individus, de l’espèce du Oangfisch confondue par ces deux derniers auteurs avec le C. Wartmanni.

Le Blaufelchen , qui a été pour la première fois bien étudié et distingué par Wartmann, dans sa monographie de l’espèce1, en 1777, varie beaucoup non seulement avec l’âge, mais encore d’individu à individu à taille égale; les divers rapports proportionnels que je donne ci-dessus ne peuvent donc être considérés que comme représentant les formes les plus ordinaires. T/on trouve, en particulier, assez souvent parmi les sujets de taille moyenne, des individus un peu moins élancés que la majorité, avec un museau un peu plus carré, qui semblent faire comme une transition à la forme voisine du lac de Zurich, que je décris plus bas sous le nom de C. Wart. dolosus.

Le Wartmanni cœruleas a toujours des branckiospiues nombreuses et allongées qui, si elles ne suffisent pas à le différencier d’emblée d’autres sous-espèces, dans le pays, permettent cependant de le distinguer franchement d’autres Corégones suisses et étrangers, avec lesquels il a été confondu par les ichtkyologistes les plus compétents, à cause de leurs formes relativement élancées et de leur bouche quasi-terminale. La Palée de Neuchâtel (C. Palea , Cuv.), rapprochée à tort par Heckel et Kner, Siebokl, Günther et d’autres du Blaufelchen, doit entre autres rentrer, comme je l’ai dit, par le fait de ses branchiospines relativement courtes et peu nombreuses, dans notre C. Balleus , près des Balchen et Féra. De même, il faut distinguer dans les Renke (C. Wartmanni) de Siebold, des lacs bavarois et autrichiens, des formes voisines, les unes du Blaufelchen, les autres de la Maræne ou de la Féra. La figure que

1 Wartmann (Beschreibung und Naturgeschichte des Blaufelchen : Beschâftigungen der Berlinischen Gesellscliaft naturforschender Freunde, III, 1777, p. 184), considérait ce Corégone comme exclusivement propre au lac de Constance.

Page 1