C. WARTMANNI. DOLOSUS
été assez loin, car, à défaut de l’examen comparé des branchies, il a confondu dans son Wartmanni-Blauling, en même temps notre C. Wartmanni dolosus à branchiospines nombreuses et la forme à bouche quasi-terminale de notre Balleus (partie de son Fem-Blauling) à branchiospines peu nombreuses, que j’appelerai plus bas C. Sch. duplex. C’est également faute d’avoir eu connaissance du critérium tiré des branchiospines, auquel l’âge n’apporte guère de changements, qu’il a cru pouvoir faire des petits Albeli des individus jeunes de son Fera-Blauling.
Bâtards : L’existence de fréquents bâtards du Cor. (Wartmanni) dolosus et du Bratfisch soit Fera-Blauling (C. marœnoides et duplex), dans le lac de Zurich, ne repose pas seulement sur la constatation par moi de nombreux individus intermédiaires affichant plus ou moins les formes de l’une ou de l’autre des espèces, avec des branchiospines en nombre et de dimensions variables, mais encore sur l’affirmation réitérée de plusieurs pêcheurs déclarant avoir, à maintes reprises, observé le frai simultané des deux espèces et capturé, d’un même coup de filet, des Albeli et des Bratfische en train de pondre côte à côte sur la même place.
Ces bâtards présentent souvent des oppositions frappantes entre les proportions de leurs branchiospines ou de leurs vertèbres et les formes de leur museau ou la disposition de leur bouche. Parfois, avec le minimum des branchiospines ou des vertèbres du Fwa-Blauling , ils présentent entre autres le museau acuminé et la bouche terminale du Wartmanni-Blauling; d’autres fois, avec les branchiospines nombreuses ou les vertèbres de ce dernier (Dolosus), ils montrent au contraire le museau élevé et la bouche inférieure du premier, Bratfisch (Marœnoides).
L’Albeli-Blauling ou Blauling (pars), qui n’est franchement distingué, à Zurich, qu’à taille petite ou moyenne et sous le nom d "Albeli, est abondant dans ce lac, beaucoup moins paraîtil dans celui de Wallenstadt depuis la correction des eaux de la Linth au commencement du siècle ; il semblerait même que la pêche de ce Corégone, dit Felchen ou Blauling, soit devenue
très misérable clans ce dernier, et que, la reproduction s’y faisant très pauvrement, 1* Albeli y soit aujourd’hui peu connu.
Les Albeli , soit les individus de troisième et de quatrième années, répandus dans tout le lac de Zurich durant la belle saison, commencent à se rechercher et à se réunir en troupes nombreuses en septembre ou octobre suivant les années, pour émigrer en masse vers les régions supérieures du lac, où ils frayent presque exclusivement du côté du Buchberg, dans l’Obersee, en face de Bolligen et de Schmerikon, non loin de l’embouchure de la Linth. C’est là, au pied d’une moraine accidentée et sur le sable du fond, à 30 mètres de profondeur environ, que la ponte s’opère, généralement pendant 8 à 12 jours, parfois 3 à 4 seulement, entre le 15 et la fin de décembre. C’est là aussi que la pêche est la plus fructueuse. On prend alors les Albeli, jeunes et de taille moyenne, avec des filets de fond ( Orundnetze ) tendus verticalement au rivage et disposés à 25 ou 30 mètres les uns devant les autres, souvent au nombre de 50 à 60, de manière à former une série d’obstacles successifs. J’ai trouvé, parmi les individus ainsi capturés, des femelles pleines de 3 à 4 ans et de tailles très différentes ; les unes de 0m,19, les autres de 0m,30. De jeunes mâles de 0m,165 à 0ra,175 avaient les testicules relativement peu développés et ne portaient point encore les tubercules épidermiques ou boutons de noces qui, par 5 à 8 rangées superposées, couvrent d’ordinaire à cette époque les flancs des individus féconds. Des sujets des deux sexes de 0m,140 à 0m,150, pris avec les précédents, m’ont paru n’être pas encore aptes à la reproduction, bien qu’accompagnant déjà les bandes amoureuses de leurs aînés.
Les individus plus âgés plus grands et moins remuants frayeraient, dans le lac de Zurich, à la même époque à peu près ou quelques jours plus tôt, dans les mêmes conditions que le Fera - Blauling (Marœnoides et Duplex) et souvent côte à côte avec lui.
Les conditions de frai semblent assez différentes dans le lac de Wallenstadt, devoir varier même passablement avec les années dans ce bassin plus voisin des Alpes, plus pauvre et plus sujet aux accidents de température. Selon Steinmüller (1. c.), qui confondait aussi le Blablig ou Blauling du Wallensee avec