‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 4)Chapitre 69 sur 144 · C. WARTMANNI. ALPINUS · texte numérisé non relu

C. WARTMANNI. ALPINUS

extrémité et l’anus un espace variant entre 7 2 et 4/5 de leur longueur. — Pectorales un peu plus allongées, atteignant, renversées, à la narine ou entre la narine et la bouche, chez l’adulte. — Adipeuse assez grande, assez large et subarrondie au sommet.

Écailles de moyennes dimensions et assez solides, en majorité subovales ou subcarrées et élevées. Une squame médiane sur la ligne latérale, plus carrée, assez découpée au bord fixe, avec des stries fines, un nœud légèrement reculé vers le bord libre et un tubule médiocrement allongé, un peu infléchi vers le bas à l’extrémité, parfois presque pas; d’une surface souvent ‘/4 de celle de l’œil chez l’adulte, bien moindre V7 — V5 dans le jeune âge.

Coloration d’un gris bleu, d’un olivâtre à reflets bleus, ou bleue et plus ou moins semée d’un pointillé pigmentaire noirâtre, particulièrement sur le bord des écailles, en dessus ; les flancs d’un blanc argenté, souvent aussi légèrement pointillés; le ventre d’un blanc plus mat. La tête plus verdâtre en dessus, argentée avec des reflets irisés sur les côtés; souvent une tache d’un vert émeraude sur l’opercule, chez les jeunes principalement. Dorsale grisâtre, d’ordinaire bordée de noirâtre avec des macules de même couleur, plus bas entre les rayons. Caudale grise plus ou moins largement bordée de noirâtre. Anale grisâtre, mâchurée de noir bleu dans sa moitié extrême, chez l’adulte. Pectorales et ventrales d’un jaunâtre pâle, bien mâchurées aussi vers le bout, chez l’adulte, moins pigmentées et parfois plus jaunes chez les jeunes. Iris blanc argenté.

Taille : la majorité des adultes du lac de Thun que j’ai examinés mesuraient 0m,320 à Om,355 de longueur totale, avec un poids de 300 à 400 grammes. L’espèce atteindrait cependant, dépasserait même parfois un peu, dit-on, le poids d’une livre ou 500 grammes. Certains pêcheurs veulent même reconnaître deux sortes de Albock, dont l’une, plus bleue, ne dépasserait pas une livre, tandis que l’autre, plus olivâtre, atteindrait parfois jusqu’à deux livres. — Le Albock paraît rester un peu plus petit dans le lac de Brienz.

Vertèbres le plus souvent au nombre de 62 à 63, dont 36 à 37 costales.

Le Corégone que je viens de décrire, comme sous-espèce locale, forme alpine du C. Wartmanni , rappelle bien plus YEdelfisch de Lucerne et l’Albock (Albéli-Albock) de Zoug que les trois sous-espèces précédentes, races subalpines de la même espèce. Avec des formes généralement plus courtes ou élevées, il a, en effet, toujours la tête plus ramassée et le museau plus obtus ou arrondi que ces dernières ; c’était même pour signaler cette différence constante que j’avais précédemment attribué le nom commun de Orassirostris aux trois représentants plus purement alpins de l’espèce dans le pays.

Le Albock adulte des lacs de Tliun et Brienz, au centre des Alpes, se distingue cependant encore facilement et à divers égards dessous-espèces alpines les plus voisines : de YEdelfisch du lac des Quatre-Cantons, par des formes un peu plus voûtées et un pédicule caudal moins allongé, par exemple; de Y Albeli- Alhock de Zoug, par un nombre de vertèbres généralement un peu supérieur et par des écailles d’ordinaire, chez l’adulte, un peu plus faibles, moins hautes et plus carrées, sans parler des différences de livrées pouvant résulter des influences de milieux.

Comme je l’ai dit ci-dessus, quelques pêcheurs distinguent deux Albocke dans le lac de Tliun : l’un bleu en dessus, dépassant rarement le poids d’une livre; l’autre plus gris ou olivâtre, atteignant parfois jusqu’à deux livres. N’ayant pu me procurer de ces derniers, je 11e saurais décider si c’est affaire d’âge ou peut-être confusion avec la Balche du même lac, qui, plus grise ou plus olive, devient en effet plus forte aussi. Les pêcheurs du lac de Brienz m’ont paru, du reste, inverser souvent les deux noms de Albock et Balche , attribuant parfois le nom du premier à la seconde et vice-versa.

J’ai reçu, le 17 avril 1888, du lac de Brienz, deux petits Albocke de 21 à 22 centimètres qui avaient les diverses nageoires déjà bien mâchurées. Les pectorales et les vent rales, d’un jaune un peu rougeâtre à la base, étaient en particulier, ce qui n’arrive pas toujours à cette taille, passablement lavées de noir, les secondes presque jusqu’à moitié. Ils se distinguaient du reste franchement de YEociguus albellus des mêmes eaux , par leurs formes moins élevées, par leur museau moins épais, par leur caudale plus allongée et par leurs vertèbres au nombre de 63.

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