C. WARTMANNI, ALPINUS
Le Albock rappelle assez extérieurement le Cor. generosus (Peters) du Pulssee dans Je Brandebourg, dont nous avons dit qu’il est très voisin du Wartmanni. Cependant j’ai trouvé, chez le Generosus , des vertèbres en nombre un peu inférieur : 60-61, et des branchiospines plus longues par contre plus nombreuses, soit 40 à 43 sur le premier arc, vis-à-vis de celui-ci, comme
Le Albock , propre aux lacs de Thoune et Brienz, un peu plus grand ainsi que plus abondant dans le premier que dans le second, plus pauvre et plus froid quoique très voisin , est un poisson assez remuant, mais délicat et difficile à conserver vivant, surtout s’il est pris sous une forte pression.
On peut le pêcher pendant la plus grande partie de la belle saison dans différentes régions du lac, tantôt avec le grand hlet dit Zuggarn, tantôt à la ligne jusqu’à de grandes profondeurs. De fin avril au commencement de juin, on le voit souvent sauter à la surface, non loin des rives, après de petites Ephémères qui éclosent le long du bord, et il mord alors volontiers au hameçon amorcé de l’un de ces insectes ou d’un œuf de fourmi. Plus tard, il descend généralement dans les couches plus profondes et donne une chasse active aux petits crustacés lacustres. Sa chair est très agréable; cependant, faute d’être pris en assez grande quantité, il ne fait pas que je sache l’objet d’un commerce étendu.
Dans le courant d’août, un peu plus tôt ou plus tard suivant les années, et à l’approche de la saison des amours, beaucoup disparaissent, soit qu’ils se retirent plus profondément encore, soit qu’ils passent d’un lac à l’autre par l’Aar et séjournent plus ou moins dans la rivière avant de se retirer dans les grandes profondeurs oii ils frayent de préférence. On prend alors souvent le Albock h ïnterlaken, dans l’eau courante, entre les deux lacs, bien que l’écluse établie depuis quelques aimées gêne, paraît-il, passablement la circulation du poisson, au détriment des pêcheurs de Brienz. Quelques captures de cette espèce dans l’Aar, au-dessous de Thoune, du côté de Berne, indiqueraient que les instincts migrateurs de ce Corégone l’ entraînent parfois assez
loin de son milieu habituel. Ce n’est cependant pas, comme je l’ai dit à propos du C. W. Confusus, à un poisson venu de Tlioune qu’il faut atttibuer, ainsi que quelques pêcheurs du lac de Bienne le croient, la présence du Corégone de forme moyenne qui, depuis la correction des eaux de l’Aar et le dérangement des conditions de frai qui en est résulté, semble se multiplier dans les eaux de ce dernier lac jurassique.
La ponte du Albock s’opère généralement sur le limon des grands fonds, entre le 5 et le 25 septembre, selon les années hâtivement ou tardivement. Des individus, mâles et femelles, capturés à la ligne dans le profond, à la fin de juillet, avaient déjà des testicules et des ovaires bien développés. La livrée de noces comporte plusieurs rangées de tubercules épidermiques, chez les mâles surtout. Les œufs assez nombreux sont jaunâtres et relativement petits à l’état de maturité.
27 (5). EDELFISCH
Cor. Wartmanni, nobilis K
Corps moyennement élancé, un 'peu convexe en avant, avec pédicule caudal allongé. Tête plutôt ramassée, avec museau subcarré assez épais. Bouche terminale ou quasi-terminale. Intermaxillaire vertical, médiocrement élevé. Maxillaire assez large, légèrement arqué, arrivant au moins sous le bord de T œil. Opercule moyen, relativement large. Œil moyen. Écailles moyennes. Caudale plus longue que la tête. Dorsale relativement petite, moyennement acuminée. Pectorales moyennes. — Bleu pâle ou vert bleu, parfois blond., en dessus; nageoires inférieures plus ou moins mâchurées au sommet. — (Taille moyenne d! adultes et de vieux, 28-32 à 0m,38.J
Brchsp. I, 34-39 = 1 : 4-4,20. — IV, 25-31.
D. 4-5/10-11, A. 4-5/12-13(14), Y. 2/10-11, P. 1/14-16, C. 19 maj.
1 Le titre de Edélfiscli , ATb. nobilis, a été attribué par Gessner à quelques poissons, plus particulièrement semble-t-il, et un peu à tort, au Adél ou Sandfelchen de Constance.