C. WARTMANNI. COMPACTl'S
à 0m,36 de long, avec un poids de 300 à 400 grammes. L’Albeli-Albock de Zoug atteindrait même au poids de 500 grammes ou une livre, selon les pêcheurs de ce lac. Vertèbres le plus souvent au nombre de 60, plus rarement de 61, dont d’ordinaire 36 costales '.
J’ai longtemps hésité sur la place à attribuer au Albeli-Albock du lac de Zoug ; j’aurais même peut-être, comme Nüsslin, rangé cette forme particulière près du Gangfisch, parmi les divers représentants démon C. Exiguus, à titre de variété locale, si je n’avais eu enfin la chance d’obtenir une série d’individus entre 0m,22 de longueur totale, dimension majeure des formes de mon Albellus les plus voisines, et 0m,36, proportions au moins égales à celles de la majorité des adultes du Albock de Thoune et de PEdelfisch du lac des Quat re-Cantons.
L’examen de plusieurs sujets de tailles différentes m’ayant amené à constater à la fois : soit certains traits distinctifs qui, chez les plus jeunes individus, semblaient insister en faveur d’un rapprochement avec V Exiguus, soit quelques caractères propres aux formes alpines de mon Wartmanni , chez les plus grands, j’aurais pu conclure au renversement de toute distinction spécifique ou subspécifique entre Exiguus et Wartmanni, si une étude comparée et plus approfondie des représentants géographiquement les plus voisins de l’un et de l’autre ne m’avait montré chez le Albeli-Albock de Zoiig, plus de traits communs avec l’ Albock et PEdelfisch (Wartmanni alpinu# et nobilis) de Thoune et de Lucerne, toujours bien différents des Kropffein et Weissfisch (Exiguus albellus) des mêmes lacs, qu’avec ces derniers.
L' Albeli-Albock de Zoug rappelle V Exiguus de certains lacs, par les proportions réduites de ses nageoires impaires, caudale particulièrement, par sa livrée généralement peu pigmentée et
1 Le total le plus fréquent de 60 vertèbres ici donné est de un inférieur à celui fourni précédemment dans ma note sur les Corégones de la Suisse, p. 15, à cause de la suppression, dans ce nouveau compte, comme ici dans toutes mes autres espèces ou sous-espèces, de la ou des vertèbres rudimentaires, au delà de celle qui porte la dernière grande plaque càudale, ainsi que je l’ai déjà expliqué.
même par le nombre minimum de ses vertèbres ; mais il se rattache plus intimement aux formes alpines du Wartmanni, par ses formes plus ramassées, par ses écailles plus grandes et son œil relativement plus petit, ainsi que par les proportions de ses branchiospines, sans parler de ses allures et des dimensions supérieures auxquelles il peut atteindre.
Quelques pêcheurs de Zoug veulent distinguer un Albeli, plus petit, qui frayerait un peu plus tard que ledit Albock , plus grand, du même lac ; cependant plusieurs des meilleurs observateurs de la localité m’ont assuré qu’ils n’avaient jamais rencontré dans leurs eaux un petit poisson semblable au Weissjisoh du lac des Quatre-Cantons ; et, dans un intéressant mémoire manuscrit sur les poissons du lac de Zoug (Die Fische im Zucjersee), daté de 1805 et signé Joseph-Anton Stadler (pêcheur), mémoire qui m’a été aimablement communiqué par le DrF. Kaiser, il n’est, pas question d’autres Corégones que de la Balche (sous le n° 5) et du Albock (sous le n° 10). — Ce n’est pas dire pourtant d’une manière certaine que le lac de Zoug ne possède aucun représentant de la petite forme du Dispersas ([lie nous avons qualifiée d 'Exiguus. Quelques individus que j’ai trouvés confondus avec de petits sujets de mon Compadus , présentant des formes un peu plus élancées, un museau un peu plus arrondi, un œil plus grand et des écailles relativement un peu plus petites, pourraient faire supposer des mélanges avec un Exiguus albellus local méconnu ou généralement confondu avec les jeunes du Conpadus sous le nom commun AAlbeli.
11 semble en tout cas que, comme le Dolosus de Zurich, l’Albeli-Albock de Zoug arrive moins vite que d’autres formes locales du Wartmanni à la taille maximum de l’espèce, et qu’il soit susceptible de reproduction à une taille relativement moindre, avec un poids de un quart de livre environ. Les plus gros individus que j’ai examinés (0m,35 — 36) avaient été pris en même temps que d’autres plus petits et présentaient des œufs au même état de maturité.
Le Albeli- Albock fraie généralement entre la seconde semaine de septembre et le milieu d’octobre, sur le limon des plus grands fonds, sous 150 à 180 mètres d’eau; ses œufs sont sen-