Coregonus » dispar, Fatio, 1. c. p. 18, tab. I, II, A
Noms vulgaires : Voyez aux sous-espèces.
L’ambiguïté, sur bien des points, de la diagnose ci-dessus
Tigurinus , comme propre dans sa forme typique au lac de Zurich, en témoignage de reconnaissance vis-à-vis du Dr G. Asper de Zurich, qui m’a fourni, quant aux poissons de ce lac et des plus proches, soit de précieux matériaux, soit beaucoup d’observations intéressantes.
COREGONUS ASPERI.
attribuée d’une manière générale à notre C. Asperi, dont une forme du Bratfisch de Zurich, notre Marœnoides, est le véritable type dans les eaux suisses, provient de ce que j’ai cru devoir rapprocher de celui-ci parfaitement défini, sous les numéros 2 et 3, deux Corégoues géographiquement très voisins, les C. Sulzeri du lac de Pfaffikon et C. dispar du lac de Greifen qui paraissent en dériver, mais qui, modifiés par des conditions d’habitat différentes, ont acquis certains traits distinctifs plus ou moins contradictoires.
Les différences caractéristiques qui autorisent ici une dislocation spécifique des divers représentants de notre Balleus , dans deux premières espèces locales, V. Asperi et C. Schinzii , reposent surtout sur les proportions comparées et souvent opposées des branchiospines et des vertèbres : moins de vertèbres (le plus souvent 67 à 59), avec un maximum de branchiospines ■supérieur (jusqu’ à 33 sur le premier arc), chez la première; plus de vertèbres (le plus souvent 61 à 63) et généralement moins de branchiospines (rarement au delà de 28 sur le premier arc), chez la seconde. A ce double point de vue, notre Marœnoides de Zurich, type de V Asperi, se rapproche beaucoup de la grande Maræne des lacs de Prusse (C. Marœna , Bloch) et mérite bien le nom que je lui ai donné, pour rappeler ses affinités toutes particulières avec celle-ci.
L’examen comparé des formes assez différentes de l’intermaxillaire plus ou moins élevé, incliné ou vertical, et du maxillaire plus un moins arqué ou allongé, ainsi que de la bouche inférieure ou subterminale et du museau gros et saillant ou conique et plus ou moins pointu, m’a permis de constater : soit d’importantes différences entre Corégones confondus à Zurich sous les noms de Bratfisch et de Blauling, soit d’intéressantes affinités entre les deux formes du dit Bratfisch du lac de Zurich et les Corégones soi-disant Albeli ou Albuli des lacs de Pfaffikon et de Greifen.
J’ai dû renvoyer à mon C. Schinzii, sous le nom de Duplex, une forme du premier toujours mélangée et généralement confondue avec le type de notre C . Asperi, dans le lac de Zurich. Puis, j’ai été peu à peu amené à reconnaître chez les C. Sulzeri (Nüsslin) et C. dispar un mélange confus de plusieurs des carac-
tères des Asperi marœnoides et Schinzii duplex , plus ou moins exagérés dans d’autres conditions de milieu. Si bien que les dits Aïbeli des lacs de Ffaffikon et de Greifen ne sont plus pour moi que des dérivés du Braifisch , peut-être descendants directs et distincts des deux formes différentes de ce dernier, plus probablement, k cause de certaines anomalies de structure, produits mixtes de celles-ci continuellement mélangées, et tirant chacun plus ou moins sur rune ou sur l’autre des espèces qui leur ont donné naissance; qu’ils soient arrivés anciennement, pai* la voie naturelle, du lac de Zurich dans ses deux voisins, ou qu’ils aient, été autrefois artificiellement transportés du plus grand dans les deux autres plus petits \
Les représentants de notre C. Asperi frayent, suivant les circonstances, plus ou moins profondément. Cette opération se faisant, dans le lac de Zurich, côte h côte avec d’autres formes du Elaulimj appartenant les unes au C . Waiimanni, les autres au C. Schinzii , il résulte de ces constants frottements en temps de frai, la création inévitable de nombreuses formes intermédiaires, bâtards féconds , qui non seulement rendent souvent la détermination des espèces mères très difficile, mais encore font nécessairement naître des doutes justifiés sur la pureté de l’origine des Corégones les plus voisins. C’est à la confusion résultant de la similitude de lieu et d’époque de frai qu’il faut attribuer, à la fois, les fréquentes contradictions entre données de différents pêcheurs et la constante indécision des auteurs quant à l’appréciation spécifique des Corégones du lac de Zurich.
Les formes de Corégones propres aux lacs de Pfaffikon et de Greifen, que Nüsslin avait cru pouvoir, faute d’examen de la seconde, réunir sous le même nom spécifique de Cor . Sulzeri, sont donc isolées, ainsi que toujours bien différentes dans ces deux petits bassins. Si je les rattache au C. Asperi , à titre de sous-espèces composées ou plutôt de sous-composées, c’est en reconnaissant que leur isolement, aussi bien que quelques-uns de leurs caractères secondaires propres, méritent sinon une
1 Le cours d’eau, qui peut mettre en communication ces deux petits lacs avec celui de Zurich, est actuellement beaucoup trop réduit pour permettre aux Corégones la circulation libre de l’un à l’autre.
COR. ASPERIj MÀRÆNOIDES. 203
distinction spécifique, au moins une dénomination particulière* 0 comme sous-espèces locales actuelles.
Les Albuli de Pfâffikon (j3, 2), C. Sulzeri (Nüsslin), avec un corps fusiforme épais et un museau élevé un peu proéminent ou saillant en dessus, rappellent surtout le Marœnoides, type de notre C. Asperi.
Les Albuli de Greifen ((3, 3), C. dispar, avec un corps plus élancé, un museau conique plus acuminé et une fréquente inégalité plus ou moins accentuée des lobes de la caudale, inégalité qui semble trahir une origine irrégulière, rappellent par contre plutôt la forme du Blauling que j’ai dû renvoyer sous, le nom de Duplex dans le C. Schinzii, et près de laquelle* n’était le nombre un peu inférieur de leurs vertèbres, ils auraient pu, comme forme composée, tout aussi bien trouver leur place.
Pour bien faire saisir, par une comparaison de tous points,, les différences extrêmes entre formes toujours mélangées et généralement confondues, à Zurich, sous la désignation vulgaire de Bratfisch ou Blauling , dont j’ai dit qu’elles doivent rentrer l’une dans notre C. Asperi, sous le nom de Marœnoides , l’autre dans le C. Schinzii , près des Palées et Féra, sous le titre de Duplex, je mettrai dans la description qui suit (pas dans la diagnose), à côté des détails concernant la première, les données comparées relatives à la seconde.
30 (1). a. BRATFISCH Cor. Asperi, marænoides.
Corps assez épais et voûté ; pédicule caudal plutôt ramassé . Tète moyenne ou plutôt petite, un peu convexe ; museau assez fort, un peu renflé en dessus . Bouche inférieure . Iniermaxillaire haut, un peu incliné en arrière et en dessous . Maxillaire arqué et bien retroussé, ri arrivant pas au bord de l’œil . Opercule assez grand . (EU plutôt petit. Ecailles relativement grandes. Caudale plus longue que la tête, à lobes égaux ou quasirégaux. Dcrr sale assez grande, médiocrement déclive. Ventrales moyennes. Pectorales plutôt grandes et assez larges. — Gh'is verdâtre, vert ou d’un brun olivâtre en dessus ; anale et nageoires paires très mâchurées de
noir bleu. — (Taille moyenne cl’ adultes et de vieux : 0m,38 — 45 à Om,ôô)
Brchsp. I, (29) 30-32 (33) = 1 : 4,50-4,75. — IV, 24-25.
D. 5/9-11, A. 4/11-12, Y. 2/10-11, P. 1/14-15, C. 19 ?naj- 10—12
Squ. 80 87. — Vert. 57—58.
Synonymes : les mêmes que ci-dessus, au C. Asperi, à. l’exception des
Siilzeri et Dispar.
Noms vulgaires : Bratfisch; Blawlig , Blaalig , Blaulig, Blauling (part);
Bodenblaalig ; Sclnoeb et Felsenblaalig (part.)-, lac de Zurich.
Dans la description des divers caractères qui suit, pour bien faire comprendre les analogies et les différences entre formes voisines, Asperi marænoides et Schinzii duplexy souvent, je le répète, confondues sous le nom commun de Bratfisch ou de Blauling, je fournirai, entre parenthèses, après les données sur le premier : u. = Marænoides , celles comparativement relevées sur le second (£ = Duplex).
Corps assez épais et passablement convexe, le plus souvent d’une hauteur, chez l’adulte, à la longueur du poisson sans la caudale, comme 1 : 3,60—4,20, suivant les individus des deux formes continuellement mélangées \i = Marænoides plus élevée, et (5 = Duplex plus allongée) ; avec un pédicule caudal subconique plutôt court, assez haut et épais.
Tête plutôt petite ou moyenne, plus convexe chez (plus plane chez 6), d’une longueur latérale bien moindre que la hauteur du poisson et généralement, à la longueur de celui-ci sans la caudale, comme 1 : 5,30 chez (j. (à 4,70 chez â), pour l’adulte.
Museau assez fort, un peu renflé ou convexe en dessus, subarrondi en avant chez |i (plus carré chez S). — Intermaxillaire assez élevé, incliné en arrière et en dessous chez (j. (presque vertical chez 3) ; avec une bouche franchement inférieure chez (i, (pré-inférieure ou quasi-terminale chez 6). — Maxillaire supérieur franchement arqué, arrivant plus ou moins près du bord de l’œil, bien retroussé chez (i (voy. PI. II, fig. 18), (plus droit et allongé chez d). — Oper-
COR. ASPERI, MARÆNOIDES.
cule assez grand chez ;j. (plus petit chez S). — Œil plutôt petit chez ji (moyen ou plutôt grand chez S), à la longueur latérale de la tête, comme 1 ; 5,05 — 4,25, chez des adultes, (le maximum 4,25 chez 5). — Espace préorbitaire sensiblement plus grand que l’œil, chez l’adulte; l’interorbitaire plus grand encore, souvent égal à 1 Vu diamètre oculaire. Branchiospines moyennement nombreuses, médiocrement grêles et allongées, au nombre ordinaire de 30 k 32 (plus rarement 29 ou 33) sur le premier arc, chez p,, (26-29 plus trapues chez o); les plus longues, vis-à-vis du premier arc, volontiers comme 1 : 4,50—4,65—4,80, (le dernier rapport plus fréquent chez S), avec de petits deuticules latéraux souvent au nombre de 15 à 20. Généralement 20 à 25 épines sur le quatrième arc (le minimum chez §) '.
Nageoires : caudale notablement plus longue que la tête, parfois de Ve 011 même V5, à lobes égaux ou subégaux assez acuminés, et assez profondément échancrée, souvent, à la longueur totale du poisson, comme 1 ; 5 — 5,20. — Dorsale plutôt grande et anguleuse, quoique médiocrement déclive, d’une hauteur un peu moindre que la longueur latérale de la tête, souvent de Ve — Vu parfois de 730 seulement. — Anale volontiers de ’/s moins élevée que la dorsale et souvent légèrement plus haute que longue. — Ventrales de moyennes dimensions, demeurant le plus souvent, rabattues, à une distance de l’anus égale à Va de leur longueur ou à peu près. — Pectorales assez larges et atteignant, renversées en avant, à la fente buccale ou près de celle-ci. — Adipeuse assez élevée et épaisse chez g., (volontiers un peu plus effilée chez §).
Écailles solides, assez grandes et allongées, ainsi qu’assez découpées et anguleuses chez p, (plus petites et moins découpées chez§); une squame médiane sur la ligne latérale d’une sur-
1 II est possible que le minimum des branchiospines sur le 1er arc tombe plus bas encore chez Toutefois, je n’ai pas pu le constater d’une manière certaine, ayant eu en mains bien moins d’individus du Duplex que du Marcenoides. On trouve assez souvent, surtout chez des épines bifides ou même trifides, subdivisées dans leur croissance par la succion de VErgasüius Sieboldii.
face, chez l’adulte, souvent V3 de celle de l’œil chez [i, (plutôt V* chez ô), avec des stries assez déliées, un nœud un peu reculé vers le bord libre et un tubule médiocrement allongé, un peu recourbé à l’extrémité chez jj,, (souvent plus chez 5).
Coloration très variable dans les deux espèces : gris verdâtre ou verte, ou d’un brun olivâtre, en dessus; d’un blanc argenté à reflets plus ou moins accentués jaunâtres, verdâtres ou bleuâtres, sur les côtés; le bord des écailles plus ou moins pigmenté, parfois jusque assez bas sur les flancs. Les côtés de la tête argentés aussi, avec des reflets cuivrés ou dorés. Ventre blanc. Dorsale d’un gris noirâtre souvent légèrement lavée de rougeâtre et finement bordée de noirâtre. Caudale d’un gris noirâtre, plus foncée ou d’un noir bleuâtre vers les extrémités. Anale, ventrales et pectorales grisâtres ou jaunâtres, très largement bordées de noir bleu, parfois presque entièrement noires. Iris blanc argenté.
Taille relativement grande. Bien que la majorité des adultes capturés pèsent de 500 à 750 grammes (1 à 1 '/a livre), avec une longueur totale de 0m,40 à 0m,45, le Bratfisch peut cependant atteindre, dans le lac de Zurich, au poids respectable de 4 livres (2 kilos), avec plus de 0ra,50 de longueur, exceptionnellement même dit-on jusqu’à 5 ou 6 livres. Selon certains pêcheurs, les individus bruns qu’ils distinguent sous le nom de Bodenblaulig , par où il faut entendre surtout le Marœnoides, deviendraient les plus grands1.
Jeunes plus élancés, avec museau plus court, œil plus grand et livrée plus pâle, quant aux nageoires paires surtout.
Vertèbres, au nombre ordinaire de 57 ou 5S, dont 33 à 35 costales, chez notre Marœnoides , (de 60 ou 61, dont 36 à 37 costales, chez le Duplex).
Il ressort de la double description ci-dessus que le Bratfiscli {. Blauling , pars) du lac de Zurich se présente sous deux formes
1 II est probable que c’est à cette forme majeure qu’il faut rapporter le gros Blaalig empaillé du Musée de Zurich, qui aurait pesé, dit-on, plusieurs kilos, comme une véritable Maræne du lac Madui.