‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 4)Chapitre 83 sur 144 · COR. AS PERI. MÀRÆNOIDES · texte numérisé non relu

COR. AS PERI. MÀRÆNOIDES

généralement confondues, mais bien distinctes clans leurs extrêmes, dont les priucipaux caractères différentiels sont :

[i. Marœnoides : Formes plus élevées. Bouche inférieure. Museau obtus . Maxillaire plus ramassé et bien retroussé . Œil plus petit. Écailles relativement plus grandes. Branchiospines ordinairement 30-32 sur le premier arc . Vertèbres 57-58. — Avec le maximu'Qi de taille .

£. Duplex : Formes moins élevées. Bouche presque terminale. Museau f arré. Maxillaire plus long et moins arqué . Œil plus grand . Écailles relativement plus petites. Branchiospines 26-29 sur le premier arc. Vertèbres 60-61. — Avec taille inférieure.

Écailles et rayons des nageoires également assez variables, chez a et 5, pour qu’il soit difficile de séparer les formules de ces deux Corégones. — Proportions du corps et de la tète variant un peu, pour chacun, autour des chiffres moyens ci-dessus indiqués.

J’avais déjà relevé ces différences, quand le Dr Schoch, de Zurich, attira de nouveau mon attention sur le fait, eu me signalant, dans une lettre en date du 4 janvier 1884, des divergences analogues chez deux individus qu’il soumettait à mon étude. Les formes plus voûtées, avec bouche inférieure, chez l’un, et plus allongées, avec bouche quasi-terminale chez l’autre, l’avaient souvent frappé et devaient peut-être, selon lui, faire rapporter : le premier au G. Fera, le second au Wartmanni. Semblable différence n’avait point échappé au coup d’œil exercé du Dr Schoch, et au premier abord les rapprochements pouvaient paraître justes; cependant, l’examen des branchies et des vertèbres me prouva une fois de plus qu’il n’y avait là, dans leurs extrêmes, que les deux formes \x et S ci-dessus décrites. L’individu rappelant un peu le Wartmanni avait des branchiospines beaucoup moins nombreuses et effilées que mon G. clolosus ( Wartmanni s-sp .), adulte grande taille des Albeli de Zurich, tandis qu’il avait par contre trois vertèbres de plus que notre Marœnoides.

Le Bratfisch du lac de Zurich n’est du reste pas le seul exemple de semblable mélange de formes plus ou moins différentes emprisonnées dans les mêmes conditions. J’ai constaté, en effet, des dissemblances, moindres à la vérité, mais jusqu’à un certain point analogues, parmi des individus du G. Marœna (Bloch) reçus d’Allemagne (Neumark), comme point de compa-

raison. Avec un museau plus ou moins saillant en dessus, parfois presque caréné, et une bouche plus ou moins inférieure, .j’ai trouvé des Marœnes, les unes avec 29 — 31 branchiospines, les autres avec 26-27 seulement, sur le premier arc. — Il est vrai qu’elles comptaient également 60 ou 61 vertèbres L

Le Br at fis ch ( Blaulig , pars g) de Zurich est donc, de tous les Corégones suisses, celui qui se rapproche le plus de. la grande Maræne de Prusse, C. Marœna (Bloch).

Nous avons dit que les pêcheurs prétendent distinguer, d’après leurs livrées et leurs allures, des races différentes de Blauling sous les noms de Bodenblaidig et Schwebblaidig . Toutefois, je dois à la vérité de dire aussi que la distinction ainsi établie ne me paraît pas complètement justifiée, en ce sens qu’elle ne correspond pas toujours aux différences anatomiques ci-dessus signalées entre g et o. La coloration dorsale brun olivâtre et la. bordure pigmentée des écailles plus ou moins accentuée m’ont paru assez inconstantes dans les deux formes, et u’ètre de fait le propre exclusif d’aucune. Je crois, avec le Dr Asper de Zurich, que, dans bien des cas, les pêcheurs qualifient de Boden ou de Schivebblaulig un poisson, suivant qu’ils l’ont pris plus ou moins profondément, avec tel ou tel filet; de même qu’ils l’appelleront Felsenblaidig , s’il l’ont pris près des rochers.

Quant à la question de la ponte à époque de quelques jours plus ou moins hâtive et à des profondeurs plus ou moins grandes, selon les individus censés Sclvweb ou Bodenblaulig, je ne sais trop quelle importance lui accorder, ayant reçu, vers la fin de novembre, des individus de formes differentes avec des œufs à un état de développement analogue. Peut-être faut-il rapporter plutôt cette prétendue différence à des individus d’espèces plus complètement différentes : au Blauling ( Wartmanni dolosus ad.) et au Blauling {Asperi marœnoïdes ); eu supposant que les individus plus âgés du premier entrassent en rut un peu

1 Nüsslin (Coreg. Arten des Bodensees, p. 7) donne jusqu’à 32-33 branchiospines au 1er arc branchial de la grande Maræne du lac Madui, Cor. Marœna (Bloch). — R osenthal (Ichthyol. Tafeln) n’attribue que 56 vertèbres au C. Marœna; y aurait-il confusion avec la petite Maræne, C. Albula (Linné), Marœnula (Bloch).

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avant les plus jeunes, comme cela a été observé chez plusieurs autres poissons.

Le Blauling {pars), communément vendu sur le marché sous le nom de Bratfiscli , ne se trouve jusqu’ici que dans le lac de Zurich, où il abonde assez pour constituer un important objet de consommation. Sa chair est savoureuse et agréable. Les individus exportés dans quelques parties du pays reçoivent à tort et indistinctement le nom de Felchen ou de Féras.

C’est un poisson de grande eau qui ne s’approche guère des rives et se tient de préférence sur les grands fonds, plus ou moins profondément suivant la température plus ou moins basse à la surface. La pêche s’opère par conséquent, suivant les circonstances et les saisons, à des profondeurs diverses et avec des engins différents. On prendrait sur le fond, à de grandes profondeurs, le dit Boderiblaiilig avec des iilets de fond ( Grund net-zen ), ou avec la ligne de fond appelée Hegene dont il a été parlé à propos du Hâglig ; tandis que le dit Schwébblaulig serait capturé d’ordinaire, alors qu’il voyage entre deux eaux, avec le grand filet flottant dit ScJiwebnetz, à une profondeur moyenne de quinze mètres environ. L eFehenblaidig, Blauling des rochers, se prend de préférence contre certaines parois plus escarpées du mont, avec la ligne de fond (Hegene).

Capturés plus ou moins profondément, ces poissons périssent aussi plus ou moins vite ramenés par le filet, si bien qu’un pêcheur, bon observateur à Wollishofen', m’assurait que le Bodenblaivlig survivait rarement quelques minutes à son transport du grand fond à la surface, tandis qu’il avait pu conserver jusqu’à huit à dix jours en réservoir des Sduvebblawlige , beaucoup moins gontiés pour avoir été arrachés à une pression beaucoup moindre.

L’époque des amours tombe d’ordinaire entre la dernière semaine de novembre et le milieu de décembre, un peu plus tôt ou un peu plus tard selon les années et les conditions. Tous les Blaulinge se réunissent alors pour déposer, sur les hauts-monts ou plus ou moins profondément sur les flancs du mont, entre 15 et 100, voire même 130 mètres de profondeur, des œufs de 2mm,4 — 2mm,5 de diamètre.

Le Schwébblaalig serait, selon quelques pêcheurs, le plus pressé et pondrait de préférence sous les plus grandes pressions, tandis que le Bodenblaalig opérerait le dernier et à de moindres profondeurs, parfois à 12 ou 15 mètres seulement, sur les hauts-monts. J’ai déjà dit que l’on a pris quelquefois des Albeli frayant en même temps et sur la même place que le Blauling , et que c’était probablement à cette circonstance qu’il fallait attribuer la naissance de certaines /ormes- bâtardes entre ces espèces. Certains assurent que le Blaalig laisse parfois couler ses œufs sur le fond depuis la surface, lorsque la température est relativement élevée en décembre, ainsi qu’il a été observé chez le Blaufélchen du lac de Constance. Sont-ce peut-être alors de grands sujets A Albeli (Dolosus); je n’ai malheureusement pas de données plus précises à cet égard.

Au dire des pêcheurs, le Bratfisch (Blauling, pars) passerait de préférence la belle saison dans l’Untersee du côté de Zurich, et l’hiver, au moment du frai, ainsi que le printemps, dans l’Obersee du côté de Rapperswyl. Comme ses congénères, il se nourrit de vers, de larves d’insectes, de phryganides et de moucherons ; cependant, il semble donner surtout une chasse active aux petits crustacés de la faune pélagique qu’il poursuit, suivant la température et la lumière, à différentes profondeurs.

Quant aux parasites de ce poisson dans le lac de Zurich, je ne sache pas qu’il en ait été fait une étude spéciale. D est probable qu’il héberge beaucoup des mêmes espèces que les Corégones voisins, Fera, Felchen, etc. On a cité le Tœnia longicollis dans ses intestins, et j’ai dit que j’ai trouvé souvent V Erg asïlius Sieboldii sur ses branchies. Hartmann attribue aussi les Ascaris et Ecliinorhynchas Marœnce à l’ensemble des Corégones qu’il réunit au Blauling sous le nom de Marœna. Le même auteur, dans son Helv. IchtJiyol., p. 144, parle d’épidémies qui ont sévi à diverses reprises parmi les Blaidinge des lacs de Zurich et Walleustadt et signale, dans ce cas, des pustules qui entraînèrent, particulièrement en 1762 et 1813, la mort d’un très grand nombre d’individus, assez décomposés pour être complètement impropres à raliinentation. Bien que la description de cet auteur soit excessivement sommaire, il semble qu’il y ait là un cas semblable à celui signalé par Jurine chez la Féra et décrit sur

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