C- 19 maj
Squ. (75) 80 ■ Yft 90 • — Vert- 58-61.
Salmo Thymallüs, Linné, Syst. Nat. I, p. 512. — Bloch, Fische Deutschl.
I, p. 158, Taf. 24. — Schrank , Fauna Boica, p. 325. — Hartmann , Helv. Ichthyol. p. 133. — Steinmüller , N. Alpina, II, p. 338. — Nenning , Fische des Bodensees, p. 19. — Holandre, Faune de la Moselle, p. 257.
Coregonus Thymallüs, Lacép. V, p. 254. — J urine , Poissons du Léman, p. 187, pl. 6.
Thymallüs vulgaris, Nilsson, Ichthyol. Skand. p. 13. — Yarrell, Brit.
Fish. éd. III, I, p. 304. — Siebold, Siisswasserfische, p. 267. — Jàckel , Fische Bayeras, p. 77. — Cancstrini , Prosp. Crit. p. 83. — Günther , Catal. of Fishes, VI, p. 200. — Lunel , Poissons du Léman, p. 120, pl. XIII. — Moreau , Hist. nat. Poiss. de France, III, p. 543. — Mêla, Vert. Fennica, p. 345. — Mobius et Heincke , Fische der Ost-See, p. 129.
» vexilliper, Agassiz , Poissons d*eau douce, pl. 15-16. — Schinz , Fauna Helvet. p. 161. — Selys-Longchamps , Faune Belge, p. 222. — Cuv. et Val. XXI, p. 438. — Hechel et Kner , Siisswasserfische, p. 242, fig. 137. — Fritsch , Fische Bohmens: Ceske Ryby, p. 29, fig. 35. — Blanchard , Poissons de France, p. 437, fig. 113. — Pavesi , Pesci e Pesca, p. 45. » g ymnothorax, Cuv. et. Val. XXI, p. 445, pl. 625. — Günther , Fische des Neckars, p. 117. — Rapp , Fische des Bodensees, p. 25.
» Aeliani, Cuv. et Val. XXI, p. 447.
» Gymnogaster? Cuv. et Val. , XXI, p. 446, pl. 626 L
Noms vulgaires : Ombre d écailles , Ombre de rivière ( Lumbra , vieux ;
Ombre d'Alondon , local), Genève. — Ombre ou Om.brette , Vaud. — Ombre d'Auvergne, Neuchâtel. — ad. Ascii, Aesche, Aeschen; juv. Kresling, Knab , Ischer, Aeschling, Mittler, Suisse allemande. — Temolo, Tessin.
1 Peut-être aussi Th. Pallasii de Cuv. et Valenciennes, XXI, p. 448.
Corps fusiforme assez allongé, un peu plus convexe en dessus et en avant qu’en dessous, et moyennement comprimé. Le dos, un peu voûté et tectiforme en avant, suivant à peu près la courbe de la tête jusqu’à la dorsale dont l’origine est bien en avant du milieu du corps et des ventrales. Les côtés du ventre un peu anguleux ou carrés. La hauteur maximale, au poisson sans la caudale, généralement comme 1 : 3,80 — 4,60, chez des adultes de taille moyenne ; l’épaisseur maximale d’ordinaire légèrement plus forte que la moitié de la hauteur. — Pédicule caudal d’une élévation volontiers un peu plus grande que le tiers de celle du corps.
Tète conique, assez haute et déclive, mais plutôt courte; avec un museau paraissant acuminé vu de profil, mais assez large et déprimé ; sa longueur latérale bien moindre que la hauteur du corps, au poisson sans la caudale, comme 1 : 5,15 — 5,45, chez des adultes moyens. — Bouche petite, quoique assez large transversalement, légèrement arquée et un peu en dessous ; la mâchoire supérieure recouvrant l’inférieure, avec une lèvre assez épaisse. — Maxillaire supérieur assez large, arrivant à peu près sous le bord antérieur de l’œil chez l’adulte, parfois un peu plus en arrière chez des jeunes ; avec quelques très petites dents sur la tranche inférieure. — Opercule un peu plus élevé que long et relativement petit, à bords supérieur et postérieur généralement arrondis; sous-opercule très large. — Narines doubles, un peu plus près de l’œil que du bout du museau. — Œil rond, d’un diamètre, à la longueur latérale de la tête, généralement comme 1 : 3,90 — 4,30, chez des adultes moyens. — Espaces préorbitaire et interorbitaire à peu près égaux, le second parfois légèrement plus fort, et un peu plus grands que le diamètre de l’œil, chez l’adulte.
Brauchiospines sur le premier arc : volontiers au nombre de 22 à 24, les plus grandes, vis-à-vis de celui-ci, volontiers comme 1 : 7,50 — 8,50; souvent 12 à 14 épines sur le quatrième arc.
Branchiostèges assez constamment au nombre de dix, exceptionnellement neuf.
Dents petites et légèrement crochues, sur un rang ou un peu
THYMALLUS VEXILLIFER.
alternantes, sur l’intermaxillaire, le maxillaire supérieur, la mâchoire inférieure et les palatins. Quelques dents aussi, en ligne transverse, souvent jusqu’à 8 ou 10, sur le vomer en avant. D’autres enfin, plus petites encore, groupées sur les pharyngiens supérieurs et inférieurs. Point sur la langue, ni sur l’os hyoïde.
Nageoires : caudale petite, généralement un peu plus courte que la tête, au plus égale et assez échancrée ; le lobe supérieur acuminé, l’inférieur quasi-égal généralement subarrondi, chez l’adulte; d’une longueur, à la longueur totale, comme 1 : 6 — 6,75, chez des adultes moyens. — Dorsale naissant très en avant du milieu du corps, grande, toujours beaucoup plus longue que haute, à tranche convexe, relativement peu décroissante en arrière et très flexible, soit susceptible de pendre sur le côté ; la hauteur maximale, vers le premier tiers, généralement de près de V3 moindre que la longueur latérale de la tête ; la longueur basilaire, par contre, volontiers de 1/6 à 1/t plus forte que la tête et, par là, au moins double de la base de l’anale. La plupart des rayons divisés volontiers flexibles et comme ondulés dans leur partie bifurquée extrême. — Anale subcarrée, bien plus petite que la dorsale, à peine moitié aussi large à la base et souvent de % à Va plus basse, convexe sur la tranche et généralement beaucoup plus longue que haute, souvent de l/s à 2/5\ Le grand rayon simple parfois, comme à la dorsale, élargi et un peu frangé ou pectiné au bord externe, vers le bout. — Pectorales assez larges, quoique assez acuminées, un peu plus longues que la hauteur de la dorsale, leur pointe arrivant à peu près sous l’origine de celle-ci. — Ventrales un peu plus courtes, naissant à peu près sous le milieu ou les 3/5 de la dorsale, triangulaires, subarrondies et demeurant distantes de l’anus d’une quantité au moins égale à la moitié, le plus souvent aux 2/3 ou même aux 7io de leur longueur. — Âdi-
1 La figure de Heckél et Knev (Süsswasserfische, p. 242, fig. 137),
pourrait, si elle est exacte, faire croire à une espèce différente de la nôtre, car la dorsale paraît avoir son maximum de hauteur en avant, et l’anale y est représentée plutôt plus haute que longue.
peuse grande, soit généralement bien plus longue que les rayons médians de la caudale, haute et épaisse, ainsi que plus ou moins arrondie vers le bout.
Écailles solides, assez grandes sur les faces dorsales, latérales et inférieures en arrière des nageoires ventrales, par contre de plus en plus petites en avant des ventrales, faisant même volontiers défaut, de chaque côté de la ligne médiane à la gorge, en dessous de la base des pectorales 1. — La ligne latérale, un peu au-dessus du milieu du corps, droite, de l’angle supérieur de l’opercule au centre de la caudale. Une squame moyenne sur cette ligne, d’une surface souvent à peu près V4 de celle de l’œil chez l’adulte, quoique assez variable, subovale, volontiers un peu plus longue que haute, bien découpée, avec un lobe médian assez saillant au bord fixe, subconique et arrondie au bord libre, et marquée de stries bien apparentes autour d’un nœud quasi-médian ; le tubule allongé, passablement large dans sa partie couverte (voy. PI. IV, fig. 12). Une écaille latérale médiane, voisine de la ligne latérale, égale ou un peu plus grande et généralement multilobée au bord fixe. Des squames de forme plus allongée recouvrent plus ou moins la moitié basilaire des rayons majeurs de la caudale.
Coloration variant beaucoup avec les époques et les conditions de milieu. En dehors du temps de frai et selon les eaux plus ou moins transparentes : les faces dorsales d’un olivâtre plus ou moins foncé ou d’un gris verdâtre pâle ; les faces latérales d’un gris argenté, souvent avec des lignes longitudinales parallèles plus sombres, plus ou moins apparentes, ou avec de petites taches noirâtres, sur les parties antérieures principalement ; le ventre blanc.
Durant la saison des amours, chez les mâles surtout : le dos et le dessus de la tête olivâtres ou d’un brun verdâtre à reflets, suivant les individus, bleuâtres ou dorés; la teinte sombre des faces supérieures, de plus en plus pâle
1 De Siebold (Süsswasserfische, p. 268) signale aux environs des ventrales un espace nu qui m’a paru plus fréquent, chez nos individus, vers les pectorales que près des ventrales.
THYMALLUS YEX1LLIFER.
ou diluée dans des tous argentés, s’étendant sur les côtés du eorps, parfois jusque sur les bords du ventre oii se voit souvent une bande jaune, et paraissant, suivant la lumière, tantôt verdâtre ou bleuâtre, tantôt rosâtre ou violacée. Les côtés de la tête irisés, volontiers avec un espace vert de chaque côté de l’occiput ; la lèvre inférieure généralement rose. Le ventre le plus souvent jaunâtre ou blanc, à reflets jaunâtres ou bleuâtres. Des lignes longitudinales d’un brun un peu rougeâtre ou brunâtres à reflets métalliques distribuées parallèlement sur le dos et les côtés du corps entre les rangées d’écailles. Nageoire dorsale d’un orangé plus ou moins foncé dans le haut, d’un jaune citron plus pâle et plus ou moins mélangé de tons bleuâtres ou violacés vers la base, avec quatre à cinq rangées de taches superposées d’un noir bleu entre les rayons. Anale violacée, ou d’un gris lilacé, avec une bande d’un blanc jaunâtre au-dessus de sa tranche grise, ou encore bleuâtte à la base, orangée vers le sommet. Caudale verdâtre, souvent nuancée de bleu sur les rayons médians ou violacée sur la moitié extrême de ses lobes. Pectorales d'un orangé plus ou moins lavé de verdâtre. Ventrales orangées et bleuâtres entre les rayons vers la base, parfois avec quelques taches noirâtres. Adipeuse verdâtre plus ou moins lavée de vert et de rouge. Iris argenté verdâtre plus ou moins mâchuré.
On trouve de temps à autre des individus qui ont les côtés du corps lavés d’un rouge-brique. J’en ai vu d’autres chez lesquels le sous-opercule et les branchiostèges étaient noirâtres ou noirs.
Dimensions, plus ou moins fortes dans des eaux et des milieux différents ; la plupart des adultes ne dépassant pas, dans la majorité de nos rivières, Om,35 à 0m,40 de longueur totale, avec un poids de 1 à 1 Va livre (500 à 750 grammes). Des individus de deux livres passent pour rares dans les cours d’eau du bassin du Léman dépendant du Rhône; tandis qu’on m’a signalé des captures d’Ombres (Aesche) pesant jusqu’à 3 livres (mesurant probablement alors environ 50 centimètres) dans les eaux de l’Aar, tributaire du Rhin.
Vertèbres au nombre de 58 à 61, le plus souvent 60 ou 61, dont
généralement 34 à 36 costales. — Tube digestif plus court que le poisson, avec des appendices pyloriques assez nombreux, souvent 20 à. 26. — Vessie aérienne simple, reliée à T œsophage et remplissant toute la cavité viscérale. — Ovaires et testicules doubles. — Des pseudobranchies pectinées bien développées derrière le post-orbitaire.
Le Thymcdlus vexülifer ou vulgaris 1 varie assez avec l’âge et les conditions pour avoir donné lieu à la création de quelques prétendues espèces locales. C’est ainsi que le Thymcdlus gymnothorax de Cuv. et Valenciennes ne repose que sur des individus chez lesquels la partie nue de la poitrine, entre les pectorales, paraissait un peu plus étendue. Le Th. Aeliani des mêmes auteurs, censément propre au lac Majeur, ne paraît pas davantage mériter la distinction spécifique. L’Ombre décrit par les ichthyologistes italiens qui ont traité des mêmes eaux ne paraît différer eu rien du nôtre. Les dimensions relativement moindres de la dorsale, invoquées par Cuv. et Val., n’ont pas grande importance en face de la variabilité de cette nageoire chez le Thymcdlus vexülifer; j’ai trouvé, en effet, chez une Ombre provenant des Grisons, le minimum de 17 rayons (5/12) signalé par ces auteurs chez leur prétendue espèce. Les rapports de proportions de la tête et du corps rentrent aussi dans notre moyenne. La seule différence que je puisse relever dans la description trop sommaire du Th, Aeliani réside dans le nombre inférieur des rayons branchiostèges, 8 au lieu de 9 ou 10, encore est-il difficile d’apprécier la constance de cette petite divergence.
L’espace nu de la poitrine de notre Ombre s’étendant parfois plus ou moins du côté du ventre, je ne pense pas qu’une plus grande extension de celui-ci vers les ventrales puisse suffire à distinguer spécifiquement le Thym, gymnogaster (Cuv. et Val.) de la Neva; les plus petites dimensions des écailles, jusqu’à 100 sur la ligne latérale, et le nombre inférieur des appendices pyloriques (17) attribués à ce poisson auraient peut-être plus de valeur. Je ne saurais également me prononcer d’une manière
1 Thymcdlus Timbra , Ascii. Escher , Iser, Gessner, Fischbuch, 174.
THYMALLUS VEXILL1FER.
péremptoire, faute de descriptions assez circonstanciées, sur le compte du Th. Pallasii des mêmes auteurs, propre aux eaux douces de la Russie.
J’ai trouvé une fois, chez un jeune, 7 écailles seulement entre la ligne latérale et la base des ventrales; je n’ai jamais trouvé les nombres 11 et 12 ‘signalés par Heckel et Ivner, peut-être jusqu’au milieu du ventre.
L’Ombre commune est très répandue en Europe, depuis le nord de l’Italie, en France, en Allemagne, en Angleterre, en Suisse, en Finlande et jusqu’en Laponie. En Suisse, on la rencontre dans presque toutes les rivières d’une certaine importance dépendant du Rhône et du Rhin, au nord des Alpes, ainsi que dans l’Inn à l’est, et dans les eaux du Tessin au sud. On la prend de temps à autre dans les lacs, non loin des embouchures de rivières; cependant son habitat préféré est dans les eaux fraîches et courantes, au sein desquelles elle remonte plus ou moins avant, suivant les conditions. Elle semble ne pas dépasser 5 à 600 mètres d’élévation dans plusieurs de nos rivières; tandis qu’elle parvient jusqu’à 1000 ou 1200 mètres au-dessus de la mer dans quelques autres, parfois même un peu plus haut encore. C’est ainsi, par exemple, que Tschudi la cite, dans son Thierleben, jusqu’à Steinberg, à 4525 pieds d’élévation, dans l’Inn, et que cette donnée exceptionnelle m’est, continuée par lettre du Dr Killias, m’assurant que le Thymalle (Aesche) se trouve, en effet, dans la dite rivière jusqu’ un peu au-dessus de 1400 mètres.
L’ombre voyage volontiers par petites troupes et saute fréquemment hors de l’eau après les moucherons qui volent sur le courant.
A l’époque des amours, on la rencontre assez souvent par paires. Sa nourriture consiste principalement en vers, mollusques, larves d’insectes divers, en éphémères, mouches, phryganes, etc...; elle absorbe, dit-on, au besoin, des débris végétaux et de la vase; on l’accuse même de happer volontiers du frai de poisson et du menu fretin.
L’époque du frai semble varier un peu avec la nature des
eaux, voire même avec la température dans un même courant. C’est, en général, entre la dernière semaine de mars et fin avril que la ponte s’opère; cependant, elle peut commencer déjà dans les premiers jours de mars ou être retardée, au contraire, jusque dans les premiers jours de mai. Les individus, mâles surtout, en livrée de noces, ont alors les écailles un peu saillantes et rugueuses sur les parties latérales du corps, en arrière principalement. Les œufs jaunes et nombreux, avec un diamètre de 3tnra à 3mra70, sont déposés dans l’eau courante, sur fond graveleux, non loin des bords. Quinze à dix-huit jours d’incubation sont censés suffire, par huit à dix degrés, pour l’éclosion, et les jeunes alevins restent assez longtemps sur la place qui les a vu naître.
L’Ombre, avec une chair ferme et très agréable, fait l’objet d’une pêche assez active et fructueuse, principalement dans les cours d’eau qui permettent l’usage des filets, sans donner lieu cependant à un commerce très étendu. On la prend soit à la ligne, avec le hameçon amorcé de quelque mouche ou insecte, ou même encore avec des larves de phryganes, soit au filet, soir et matin, voire même de nuit, et principalement durant la saison des amours. Divers filets traînants ou à battue, tramails surtout, peuvent être employés, suivant les dimensions des cours d’eau, filets avec lesquels on enveloppe successivement les stations connues de l’espèce entre le rivage et un bateau qui nage rapidement avec le courant, pour revenir plus ou moins vite à la rive. Dans le Rhône, au-dessous de Genève, on se sert d’ordinaire d’un filet dit Étole, de lm,20 de haut sur 18 à 20 mètres de longueur environ, avec plomb dans le bas et liège dans le haut. Un homme, sur le bord, tient une corde reliée à l’une des extrémités dudit tramail, et un second, sur un bateau, met le filet à l’eau, pendant qu’un troisième rame vigoureusement vers le large; après cela, le pêcheur à pied et le bateau marchent, suivant les circonstances, plus ou moins longtemps de conserve, pour se l’approcher bientôt vivement et retirer prestement le filet depuis la rive. De nombreux traits peuvent être faits ainsi en quelques heures, qui donnent quelquefois bien des kilos de cet excellent poisson; mais il faut pour cette pêche des hommes très lestes et adroits.
SALMO. 295
Le Thymallus vexïllifer héberge de nombreux parasites, surtout helminthes
Genre 3. SAUMON
SALMO
Bouche grande. Dents coniques sur les deux mâchoires, les palatins, la langue et le vorner ; d’autres dents beaucoup plus petites groupées sur les pharyngiens supérieurs et inférieurs. Tête ou chevron du vomer avec ou sans dents à la base; le cotps de cet os allongé et garni longitudinalement, sur une carène médiane plus ou moins saillante, de dents plus ou moins caduques. Maxillaire arrivant sous l'œil ou un peu plus loin, avec un os supplémentaire à la face externe. Tête conique, plus ou moins forte. Corps assez allongé, un peu comprimé, couvert de petites écailles. Dorsale et anale moyennes ; la première naissant en avant des ventrales. Caudale plus ou moins échancrée ou droite sur la tranche. Appendices pyloriques nombreux.
Ce genre, tel que je l’entends ici, c’est-à-dire comprenant les Truites et les Saumons, à l’exclusion des Ombles (Salvelini), est richement représenté dans les eaux, tant douces que salées, de l’hémisphère nord.
1 On cite, en divers pays et cours d’eau, les Ascaris dentata (Zeder), dans les intestins. — Spiroptera cystidicola (Rud.); œsophage et vessie natatoire. — Echinorhynchus fusiformis (Zeder), intestins. Ecli. Proteus (Westr.), intestins. — Disipmum varicum (Zeder1, intestins. Dist. lau rcatum (Zeder), intestins. Dist, folium (Olfers), vessie urinaire. Dist. ylobiporum (Rud.), intestins. — Tœnia longicollis (Rud.), intestins et foie. — Bothriocephalus infundïbuliformis (Rud.), appendices pyloriques. — Triœnophorus nodulosus (Rud.), foie et appendices pyloriques. Enfin, le Gordius aquaticus (Grael.), arrivé dans les intestins avec la nourriture.
Certaines espèces remontent des mers ou de l’océan dans les fleuves et les rivières des différents continents, pour y frayer ; d’autres, plus spéciales aux eaux cfouces, se rencontrent également dans le nouveau et dans l’ancien monde. Plusieurs habitent les mers, les lacs et les cours d’eau de l’Europe, depuis l’Italie et l’Espagne jusque dans les régions les plus septentrionales.
La Suisse compte deux membres de ce groupe : le Saumon ( Salmo Salar) qui tous les ans remonte de la mer du Nord dans ses eaux par le Rhin, et la Truite ( Salmo lacustris) qui a reçu tant de noms différents sous ses diverses formes : petites (S. Fario), grandes (S. lacustris) ou stériles (S. Schiffer miilleri).
Beaucoup de représentants du genre sont plus ou moins maculés sur le dos ou les flancs. Les mâles adultes ont volontiers la mâchoire inférieure plus ou moins recourbée en crochet à l’extrémité. Les œufs sont généralement gros dans les diverses espèces. La plupart varient du reste tellement avec l'âge et selon le sexe, ainsi que suivant les circonstances et les conditions d’habitat, qu’ils ont trompé bien des naturalistes et donné lieu à la création de nombreuses fausses espèces. Bon nombre des caractères appelés à les différencier se transforment en divers sens, sous les mêmes influences qui modifient ceux des genres précédents \
Si j’ai élevé au rang de genre le groupe des Salvelini de Nilsson1 2, tour à tour distingué des autres Saumons ou confondu
1 Si je n’attaclie pas ici autant d’importance aux branchiospines que clans le genre Coregonus , c’est que ces organes m’ont paru perdre un peu, chez des poissons aussi cosmopolites que les Truites et les Saumons, l’importance qu’ils avaient chez des espèces plus sédentaires et plus localisées.
2 Skand. Fauna, Fisk, p. 368.
SALMO.
avec eux, suivant les auteurs, en attribuant une importance toute particulière à la forme du vomer et h la dentition de cet os chez ces poissons, il m’est impossible, par contre, de maintenir, comme Blanchard *, une distinction générique entre Saumons (Salmo) et Truites (Traita), si voisins à tous égards. Je suis, h ce dernier point de vue, l’exemple de Siebold1 2, mais je substitue au nom de Trutta génériquement établi par cet auteur, celui de Salmo plus ancien.
Les différences de dentition du vomer qui ont présidé à l’établissement des genres Salmo (Saumons et Ombles), Fario (Forelles) et Salar (Truites) par Cuvier et Valenciennes3, genres qui, plus tard, ont été acceptés par Heckel et Kner4 5, n’ont point la fixité et l’importance que leur ont attribuées ces auteurs.
La disposition des dents en une ou deux rangées longitudinales sur le corps du vomer varie, en effet, beaucoup, comme nous le verrons, non seulement entre diverses espèces et variétés, mais encore, avec l’âge, jusque chez plusieurs de ces dernières \
Les Saumons , les formes marines principalement, pourraient se distinguer peut-être des Truites , des formes d’eau douce surtout, par un plus grand allongement du vomer, par une forme plus ovale (hexagonale ou pentagonale) de la tête de cet os, quasi-triangulaire chez les secondes (voy. PI. III, fig. 1 à 7 et 8 h 25), par l’absence de dents sur cette partie antérieure, et par une plus grande caducité des dents avec l’âge, sur le
1 Poissons des eaux douces de la France, pp. 443 et 464. — Blanchard rapproche, par contre, V Omble du Saumon.
* Süsswasserfische, p. 292.
3 Cuy. et Val., XXI, p. 166, 277 et 314.
4 Süsswasserfische, p. 247, 267 et 273.
5 II est curieux, en particulier, de voir des iclitliyologistes aussi compétents que Heckel et Kner rapprocher, dans leur même genre Salmo , le Saumon ordinaire (Salmo Salar Linné) des Ombles (S. Hucho et S. Umbla Lin.), par le fait qu’ils n’auraient ni les uns, ni les autres, de dents sur le corps du vomer. Il faut pour cela que ces auteurs n’aient examinés que de vieux sujets du Saumon ordinaire, puisque les jeunes, jusqu’à un certain âge, portent, comme les Truites, des dents tout le long de cette partie de l’os en question.
corps de l’os en arrière de celle-ci; cependant, on trouve chez les deux trop de formes intermédiaires pour qu’il soit possible de soutenir une distinction même subgénérique.
Diverses importations en eaux suisses ont été faites, dans ces dernières années, de représentants étrangers de ce genre, dont j’aurai à dire quelques mots. Je parlerai brièvement plus loin : du Salmo Sebago , américain et en tout presque semblable à notre Saumon d’Europe (& Salar); des Salmo levenemis et S. stomatichus d’Écosse et d’Irlande, très voisins de notre Truite ordinaire (S. lacustris ), et du Salmo irideus d’Amérique, charmante Truite qui jouit actuellement d’une grande faveur auprès de nos pisciculteurs. Je devrai m’arrêter aussi quelques instants soit sur la Truite de mer (Salmo Truffa ), souche probable de nos diverses formes de Truites d’eau douce, soit sur le Quinnat , dit Saumon de Californie, qui a été également introduit dans nos eaux et qui représente un genre voisin de celui-ci, le genre Oncorhynchus.