EXPLICATION DES FIGURES DE LA PLANCHE III
Fig. 1. Maxillaire supérieur dnVcsperugo Noctula, vu par dessous (2/1 de grand, nat.).
2. Feuille nasale du BMnobphm Hippoaideroe, vue de fieice (2/1 de
grand, nat.).
3. Oreille droite du JRhin, Hipposideras^ vue de face et dans la po-
sition naturelle par rapport à la verticale (3/2 de grand: nat.).
4. Queue, interfémorale, pied et lobe du Vesperugo Pipùttrellus (de
grand, nat.).
5. Crâne de profil du Bhinolophm Hipposideros (2/1 de grand, nat.). C. Crftnede profil du Vesperugo NocUda (var. maxima) 3 2 de grand.
nat.).
7. Crâne de profil du VeapertUio mystacinua (2, 1 de grand, nat).
8. Extrémité du maxillaire inférieur du Vesperugo Nathusii, pour
la position des incisives non parallèles; vu par dessus (4,1 de grand, nat.).
!). Extrémité du maxillaire inférieur du Vesperugo Kuhlii, pour Tarrangement des incisives parallèles; vu par dessus (4/1 de grand, nat.).
10. Oreilles jointes du Pîecotus auritus, vues de face (grand, nat.).
11. Oreilles jointes du St^notus BarbasteUuSfVues de face (grand, nat.). 12 Oreille gauche du Vesperugo Nodula^ vue par le côté (grand, nat.). 13. Oreille gauche du Vesperugo Pipistrellus^ vue de trois quarts et
dans son inclinaison naturelle (grand, nat.). 1 1. Oreille gauche du Vespertilio murinus^ vue de trois quarts et dans
son inclinaison naturelle (grand, nat.).
1'). Oreille gauche du Vespertilio mystacinus^ vue de trois quarts et
dans son inclinaison naturelle (3 2 de grand, nat.)
Ordre H. INSECTIVORES
INSECTIVORA
Les Insectivores sont pourvus de quatre membres dnguiculés disposés pour creuser, marcher, grimper, sauter on nager ; le pouce n'étant jamais opposable aux autres doigts.
Le développement embryonnaire est, chez eux, discoplacentaire, comme celui des Chauves-souris.
La dentition étant assez compliquée, il est difficile parfois d'y reconnaître trois sortes de dents bien distinctes ; cependant, l'on ne trouve jamais chez les représentants de cet ordre, la barre ou le grand espace vide qui sépare toujours, chez les Rongeurs, les incisives des molaires. Ces dernières dents sont ici simples, coniques, tranchantes et munies de racines.
Les mamelles pectorales, ventrales, inguinales ou même latérales, sont généralement assez nombreuses.
Ces animaux tiennent le milieu entre les Chéiroptères Entomophages et les Rongeurs ; ils ont les mêmes molaires à tubercules aigus et la même alimentation que les premiers, et possèdent des formes et des mœurs parallèles sur beaucoup de points à celles des seconds.
La plupart des Insectivores sont nocturnes ou crépusculaires ; quelques-uns sont doués d'un sommeil hivernal. Us
se nourrissent d'Insectes, de Vers et de diverses substances animales, souvent même de fruits ou de racines.
Cet ordre a des représentants dans les divers continents et compte plusieurs formes parallèles parmi les Marsupiaux de l'Australie.
n n'existe aucun caractère assez important pour permettre ici l'établissement de sous-ordres diiférents ; mais l'on peut diviser les Insectivores en quatre familles bien tranchées ' :
Talpidés (Taupes) y SomcmÉs (Musaraignes) y ErinaciDÉs (Hérissons) et Scandentidés (Tupaias).
Ces derniers animaux sont grimpeurs et les seuls qui manquent à l'Europe.
Sur treize ou quatorze espèces de cet ordre que renferme notre continent, huit seulement, réparties dans les trois premières familles, peuvent être considérées jusqu'ici comme vraiment suisses.
Nos Insectivores vivent tous plus ou moins, dans des demeures souterraines, isolés ou par paires.
Quelques-uns habitent les prairies et les champs, d'autres sont plus spéciaux aux broussailles et aux bois, ou fréquentent davantage le bord des eaux. Certains genres éta-
* PIusiiMirs zoolo^stos ont traité dos Insectivores à divers points di* vue; Pallas, d'Alton, Lichtenstein, liell, Blainville, Siindevall, Brantlt, Wagler, Diivernoy, Peters et beaucoup d'autres, ont successivement public d'intéres$;intes observations sur ces animaux. Je me bornemi, cependant, à signaler particuliiTemeut les ouvrages qui m'ont pré>enté Tutilité la plus directe dans ce travail. Xatiilsics Hkrm., lieitrîijîe zur Kenntniss d«T europaischen Spitzniàuse. Archiv. von Wirjnnann, isjv^^ — Bunapartk, C.-L., Iconotfraria d»*lla Fauna lUhVa, 1S32-1S41. — Hk Selys-Lon» ciiAMi'.s Kl'-. Etudes de Micromammalojrie, 1831». — KKYSKiiLiNci rt Blxsii**. ])U' Wirbelthiere Kuropas, 1^40. — Blisiis, Nalurgeschicht»* der Saujrrtbiere Deut^rhlands, lRr>7.
blissent sous le sol, des galeries profondes et compliquées ; plusieurs, moins bien bâtis pour fouir, se creusent de simples trous ou de courtes garennes, profitant volontiers des travaux d'autres animaux qu'ils ont dépossédés ou se contentant souvent de se glisser sous une fine couche de terre meuble ou des débris végétaux.
La Taupe se montre rarement à la surface du sol ; elle n'y paraît guère que pour changer de cantonnement, au moment des amours, ou contrainte par quelque obstacle.
Ses occupations principales consistent à agrandir ses rastes galeries et à assouvir son appétit terrible en cherchant sans cesse des Vers et des Insectes ou s'attaquant même aux petits Vertébrés qui s'aventurent dans son labyrinthe. Enfouie sous terre, dans une obscurité complète et pourvue d'yeux presque nuls, peu lui importent le jour ou la nuit; son odorat excellent lui suffit pour trouver sa subsistance, et, pour échapper à ses ennemis, elle se confie à la finesse de son ouïe ainsi qu'à la rapidité de sa course dans ses retraites inabordables \ D'autres Insectivores, cependant, n'ont pas la faculté de creuser aussi facilement que la Taupe; ainsi les Musaraignes, dont le nez est excellent mais l'œil très petit, doivent fureter dans les champs, les prairies et les bois pour apaiser leur voracité et leur soif de carnage. L'on voit souvent, en plein jour, ces petits Insectivores fuir avec rapidité vers leurs cachettes. Ils ne peuvent supporter longtemps l'ardeur du soleil, aussi déploient-ils leur plus grande activité dans l'obscurité qui, non-seulement les protège et les favorise,
* La Taupe est beaucoup plus agile dans ses galeries que ne pourrait le faire 8ut>poser sa démarche hésitante, lorsqu'elle se trouve à l'air libre, sur on terrain qu'elle ne connaît pas et qu'elle ne peut voir £Bu;ilement avec ses yeux imperceptibles.
1 0î FAUNE DES VERTÉBRÉS.
mais encore leur fait rencontrer en plus grand nombre les proies qu'ils préfèrent.
C'est surtout à la nuit tombante que l'on peut apercevoir les Musaraignes sortant de quelque trou dans les prés, dans les taillis ou au bord des eaux; tantôt, elles s'asseyent flairant de droite et de gauche, le nez au vent, tantôt elles courent aussi agilement que le permettent des jambes très courtes. Elles se nourrissent, comme je l'ai dit, de Vers et d'Insectes; mais pourchassent aussi les petits Mammifères, piUent les nids d'Oiseaux, ou encore plongent et nagent sous l'eau à la recherche des Grenouilles, des Poissons et de leurs œufs '. L'odeur un peu musquée répandue par des glandes qui s'ouvrent sous le poil de leurs flancs les préserve généralement de la poursuite de bien des animaux.
C'est aussi à l'heure du crépuscule que l'on entend craquer les feuilles sèches au bord des bois et que le Hérisson parait lentement en poussant de légers grognements. Il vient donner la chasse aux petits Vertébrés dont il est très friand. C'est avec beaucoup d'adresse qu'il capture les Souris ; il se régale volontiers d'un Oiseau ou de ses œufs et ne dédaigne pas davantage une Grenouille ou un liézard. Souvent il fouille le long des haies pour trouver des fruits ou des racines. Lui aussi, a ses moyens de défense; roulé en boule dans ses piquants, il se rit de la plupart des Carnassiers ; plusieurs poisons lui sont également indifférents, il dévorera même à belles dents une Vipère dont les nombreuses piqûres ne lui feront aucun mal.
Vers le matin, cet hôte épineux de nos bois se retu-e gravement pour aller reposer en paix dans quelque buis-
• Voir CroKêOjnis fodiens.
son tooffii, caché sous les feuilles, ou dans quelque trou peu profond qu'il a creusé lui-même au pied d'un arbre.
Quand vient rarrière-automne , le Hérisson s'enfouit dans sa retraite où il s'est préparé un lit d'herbes sèches et y sommeille jusqu'au premier printemps.
Les Musaraignes se cachent alors aus$i dans leurs trous, mais elles n'y dorment guère et font de fréquentes sorties, toujours aiguillonnées par une faim dévorante. Quelquesunes élisent domicile dans* les maisons où elles trouvent une température plus agréable et de petits larcins à commettre * .
La Taupe est à l'abri du froid comme du soleil ; elle ne craint rien dans ses demeures souterraines et nous prouve qu'eUe veille toujours en poursuivant ses travaux, même au cœur de l'hiver, sitôt qu'un léger redoux vient ramollir le sol.
Les amours des Insectivores commencent avec le printemps et les premiers beaux jours du mois de mars. C'est alors que l'on voit les poussées se multiplier dans les champs et que l'on entend partout dans les haies de joyeux petits sifflements. C'est alors aussi que le paresseux Hérisson se réveille pour commencer ses grognements amoureux.
Toutes les espèces se construisent, plus ou moins profondément sous la terre, de petits nids avec des matières végétales; l'établissement de ce genre le plus curieux est, sans contredit, celui de la Taupe V Un premier accouplement donne naissance à un nombre de petits variable, suivant les familles, de trois à neuf. Ces derniers viennent au monde nus, sourds et aveugles, et prennent, déjà au
* Voir Leuoodon Araneua.
* Voir Taipa europœa.
bout de quelques semaines, la touraore des adultes; ils ne reproduiront cependant presque jamais la même année.
Les Insectivores ne sont pas doués, par conséquent, de la grande précocité des Rongeurs et ne possèdent pas da* vantage leur étonnante fécondité. Toutefois, les Musaraignes font, dans certains cas, jusqu'à trois portées annuelles et, quand les circonstances sont favorables, un second accouplement a lieu aussi pour les Taupes et les Hérissons ; une nouvelle portée arrive alors dans l'arrière-automne.
On ne retrouve pas chez nos représentants de cet ordre, l'instinct de société qui caractérisait un grand nombre de ceux de l'ordre précédent ; par contre, nous y voyons quelques mères possédées d'un dévouement passionné, défendre avec courage leurs petits, et des mâles saisis d'une jalousie terrible, se li\Ter entre eux des combats sanglants et très souvent mortels.
Les principaux caractères à observer dans 1 étude et la détermination de nos Insectivores, se groui)ent sous plusieurs chefs dont je vais essayer de domier quelque idée avant d'aborder les descriptions.
L'asjiect du crâne varie beaucoup dans cet ordre avec les familles et les tribus. Quoique la tête paraisse toujours conique allongée et acuiuinée, ses pièces peuvent offrir des formes très différentes (Voyez PI VI,fig. 1, 2, 3). Après la constatation de la présence ou du défaut des arcades zypromatiques, il est imiK)rtant d'observer, non-seulement Textension comparée de la botte crtU }nemu' et de la farc, mais encore les développements divers des parties constituantes de ces deux moitiés céphaliques, de Toccipital et des maxillaires, par exemple.
Les dents simples, à racines, et iK)urvues de tubercules aigus ou tranchants, sont toujours en assez gi^and nombre. Les formes, la quantité et surtout les rapi)orts que soutiennent entre eux ces organes, sont très variés et indLsi)ensables à constater dans
chaque subdivision. Chez quelques genres, les trois sortes de dents sont parfaitement distinctes ; chez d'autres elles se confondent par contre si bien, qu'il devient souvent difficile de les déterminer parfaitement. (Voyez PL VI, fig. 3 et 6). La prépondérance semble osciller entre les incisives et les canines. Tantôt ces dernières, bien développées, séparent nettement les incisives des prémolaires (Voy. PL VI, fig. 1 et 4), tantôt les incisives médianes prennent, au contraire, la plus grande importance, et Ton ne voit plus à leur suite, jusqu'aux molaires, qu'une série de petites dents dites intermédiaires^ auxquelles la position seule peut faire attribuer des noms (Voy. PL VI, fig. 2 et 5).
La nature du poil acquiert dans cet ordre une valeur toute particulière. La présence ou l'absence de piquants dans le pelage s'unit, en effet, assez intimement à d'autres modifications organiques pour que ces sortes d'épines plus on moins fortes puissent fournir quelquefois des traits bien distinctifis.
Les jambes et les pieds présentent des développements très différents, et souvent, pour ainsi dire, anormaux. Nous n'avons pas, il est vrai, dans notre pays, d'Insectivores sauteurs pourvus de membres postérieurs très allongés, comme les Macroscélides ; mais nous trouvons pourtant chez nos représentants de cet ordre des formes très variées du membre et du pied antérieur. Le nombre, ainsi que les pi*oportions des doigts et des ongles, la nature du pelage des extrémités et l'apparence de la face plantaire, sont autant de caractères utiles à constater.
Suivant l'allongement et la forme du museau et du nez, amsi que d'après la position et les proportions des yeux, la face peut ofl&rir des physionomies très diverses. Vœil est, en effet, ou médiocrement grand ou presque nul ; tandis que le nez, comprimé ou déprimé, peut être aussi largement étalé en groin ou très effilé comme une sorte de trompe ornée de poils plus ou moins longs. Ces considérations, jointes à l'étude de la position des narities, sont d'un grand secours dans l'étude des animaux qui nous occupent ici.
Quelques genres, comme les Musaraignes, possèdent sur les flancs des glandes qui sécrètent, sous le poil, une substance d'une odeur un peu musquée. La présence constante de ces organes peut servir à les faire facilement reconnaître.
Les mamelles, toigours assez nombreuses, sont réparties sur la poitrine {pedordes\ sur le bas des flancs Qatérdes) ou sur le ventre (ventrales ou inguinales). Elles peuvent fournir ainsi un caractère que ne possédait pas Tordre précédent et auquel il est bon de recourir parfois.
VoreUle externe varie dans les formes; elle peut être parfaitement simple ou présenter à son intérieur des replis et des lobes qu'il ne faut pas négliger d'observer. De même que Tœil, elle est souvent aussi petite et presque nulle. Tantôt elle se montre audessus du poil environnant; tantôt elle est entièrement cachée sous le pelage. H faut bien se garder pourtant d'attacher une trop grande importance à cette dernière apparence qui peut changer avec la longueur de la fourrure. D est plus sûr de mesurer toujours les dimensions exactes du pavillon, et de les comparer à la tête, par exemple.
Les proportions de la quette diffèrent également beaucoup avec le genre de vie des espèces. Quoique la Suisse ne possède pas d'Insectivores grimpeurs pourvus, comme les Tupaias et les Ptilocerques, de queues touffues telles que celles des Ecureuils ou des Loirs chez les Rongeurs, l'on peut cependant remarquer parmi nos espèces des diversités assez grandes dans la conformation de ce membre. La queue peut être, entre autres, trt's courte ou très longue, et bien garnie de poils ou plus ou moins dénudée; elle peut être aussi conique ou presque égale sur toute sa longueur. Quelquefois elle est couverte de poils égaux, dans d'autres cas elle est munie d'une sorte de rame pileuse en dessous, ou parsemée de gratuls cils. Ce sont autant de signes distinctifs à i)rendre en considération.
La coloration, enfin, doit aussi trouver sa place dans l'étude des Insectivores, mais il ne faut pas, ici plus qu'ailleurs, lui accorder trop de valeur, afin d'éviter les erreurs qu'amène si souvent la grande variabilité de ce caractère.
J'ajouterai encore à ces observations générales quelques dimensions prises, pour chaque espèce, sur les parties externes du cori)s les plus imiK)rtantes ^
' La piisitioD de r<rf7 est donnée par les distances qui le séparent de rextréiiiité du museau et du bord antérieur de Toreille.
FamiUe L TALPIDES
TALPIDJE
Les divers représentants de cette famille ont un corps cylindrique et un cou très court, souvent même à peine sensible. Le pelage des Talpidés est mou et fourré. Les membres antérieurs sont toujours armés d'ongles très puissants, et développés de diverses manières dans le but du creusement. Les oreilles et les yeux sont très petits ou rudimentaires. La dentition est assez variée. Les canines et les incisives sont plus ou moins saillantes ; mais les molaires rappellent toujours beaucoup celles des Chéiroptères entomophages de Tordre précédent, ce qui m'engage à placer cette famille en tête des autres (Voy. PI. VI, fig. 1 et 4).
Ces Insectivores ont un genre de vie presque exclusivement souterrain et se nourrissent uniquement de substances animales.
Qs sont répandus dans le nouveau comme dans l'ancien monde. Les Talpidés peuvent être divisés en trois tribus,
Le déyeloppement vertical du pavillon externe étant souvent très mimme, il importe de prendre les dimensions de YoreiUe depuis le bord inférieur au sommet
Les pieds sont constamment mesurés avec les ongles.
L'étendue, de la queue est prise régulièrement de l'anus jusqu'au bout du pinceau terminal. Il est bon de comparer la longueur de ce membre à celle du corps; ce dernier comprenant tot\jours la tête et le tronc.
d'après la dentition, ainsi que d'après les formes des membres antérieurs et de leurs doigts.
La Suisse et l'Europe ne possèdent que des Talpoides.
Tribu des TALPOIDES
TALPINA
Les Talpoides ont un crâne droit, acuminé et allongé.
Les incisives sont, chez eux, au nombre de six eu haut et de huit en bas, les canines sont constamment bien saillantes.
Le pied antérieur ou la main est étalé en large palette et muni de cinq doigts avec des ongles distincts.
Le museau est allongé en forme de boutoir et diversement orné.
Les oreilles et les yeux sont à peine visibles extérieurement.
Ces animaux mènent une existence diurne et nocturne entièrement souterraine, ne possèdent pas de sommeil hivernal et font, en général, des portées peu nombreuses.
L'on peut diviser les Talpoides en genres, d'après les formes différentes de la dentition, du museau et de la queue.
L'Europe, comme la Suisse, ne renferme qu'un seul genre de cette tribu.
Genre TAUPE
TALPA, Linné
Crâne très ion g et plat. 44 dents ; -^ incisives. Pied antérieur en large palette pourvue de cinq doigts distincts. Oreille externe et yeux presque nuls. Queue courte. Pelage doux et vertical.
Le crâne est très allongé, déprimé et va s'amincissant graduellement de la base jusqu'au museau. L'os occipital, très développé, recouvre environ la moitié postérieure de la boite crânienne. Les arcades zygomatiques sont courtes et très étroites (Voy. PI. VI, fig. 1)..
Les dents sont au nombre de 44, et de trois sortes parfaitement distinctes ; les canines étant toujours fortes et très saillantes, et les incisives petites et tranchantes.
La mâchoire supérieure compte 22 dents ; de chaque côté : 3 incisives, 1 canine, 3 prémolaires unilobées et 4 molaires (Voy. PI. VI, fig. 1 et 4).
La mâchoire inférieure possède 22 dents ; de chaque côté ; 4 incisives, 1 canine, 2 prémolaires et 4 molaires (Voy. PI. VI, fig. 1).
La formule sera :
. = 44 dents.
Les membres sont courts ; le pied antérieur est con-
formé, comme une main, en une large palette tournée en dehors et muni de 5 doigts courts avec des ongles droits et \1goureux. Le pied postérieur, pourvu également de 5 doigts, présente des formes plus normales et des ongles moins puissants.
Le museau, développé en groin, ne porte pas d'appendices latéraux.
Les yeux sont très petits et plus ou moins recouverts par la peau du corps.
Le pavillon externe de l'oreille est très court ou presque nul.
La queue est courte.
Le pelage est très doux et très égal, le poil étant disposé verticalement à la surface du corps.
Ces animaux sont fort répandus en Europe. Us passent leur vie sous la terre à la recherche des Vers et des Insectes, et se creusent avec rapidité de nombreuses galeries sous le sol.
Les femelles, pourvues de six mamelles, mettent au monde, une fois par an, de trois à sept petits.
Ce genre est représenté, en Europe, par deux espèces très voisines, dont l'une s'étend bien avant vers le nord, tandis que l'autre parait plus spécialement confinée dans le midi.