LA TAUPE COMMUNE
DeB GEIIEINE MaULWUBF
Talpa ecrop^a, Linné
D'un noir brunâtre on ardoisé foncé sur les deux faces. Pelage velouté. Pied antérieur en jndette et jJ^ts large que long, sans îe;f
otéffles. lilMseau presque aussi large que Imig^ depuis les incisives. La peau légèretnent fendue d^ant Vœih Longueur totale moyenne,
Talpa europ^x, lÀnn. S. N. XII, p. 73, n. 1.
> vi'LGARis, ALBA et VARiEGATA, BrxsH. Reg. anim. p. 280, 1, et p. 282.
Toujours 44 dents.
Mâchoire supérieure: les deux incisives médianes légèrement plus fortes que les autres. Les trois prémolaires peu différentes; la première dépassant cependant les autres, et la seconde un peu plus petite que la troisième (Voyez PL VI, fig. 1 et 4).
Mftchoire inférieure: la canine à peu près de même hauteur que la première molaire. La première prémolaire faiblement plus petite que la seconde ÇS^y^z PL VI, fig. 1).
Museau étalé en forme de large boutoir, mesurant, depuis les mcisives supérieures à son extrémité, une longueur presque égale à sa largeur au travers du groin, et orné d'une moustache rare et courte.
lieds trapus, nus et écailleux en dessous, mais pourvus de poils raides et clairsemés, noirs, gris, ou blancs en dessus. La patte antérieure munie de doigts courts et plus large que longue, abstraction faite de ses ongles droits et émoussés; la postérieure comparativement étroite, avec des ongles acérés, et armée sur le côté interne d'un fort tubercule en guise de pelle.
Yeux très petits, enfouis sous le pelage, mais cependant visibles au travers d'une fente de la peau, à 13 ou 14"°* de l'oreille.
Oreille externe presque nulle et entièrement cachée par le poil environnant.
Queue courte, étranglée vers la base et recouverte de poils peu abondants, blanchâtres, gris ou noii*s et assez longs pour former une sorte de pinceau à son extrémité; égale, depuis l'anus au bout des poils, à deux fois la longueur du pied postérieur à peu près.
lis FAUNE DES VERTÉBRÉS.
Pelage moyen, doux, fourré et très égal, présentant Tapparence
du velours, à cause de la position presque verticale du
poil sur le corps.
Faces supérieures d'un noir brunâtre ou ardoisé. Faces inférieures généralement de même couleur, mais souvent
un peu mélangées de brun roux sous le menton et sur le
ventre.
Jeunes, à deux mois, déjà très semblables à leurs parents.
Cette espèce offre beaucoup de variations accidentelles dans la coloration. J'ai observé en Suisse, à côté du type, trois aspects différents, degrés divers d'un albinisme plus ou moins complet. J'ai vu des Taupes d'une teinte ardoisée claires et brillantes en dessus, avec des pieds blanchâtres et des faces inférieures maculées de jaune roussâtre. J'en ai rencontré d'autres entièrement couleur de nankin. Plusieurs, enfin, étaient parfaitement blanches. Ce sont les Taljxi varivyata et T. dlni de Brisson.
Longueur totale
àO*,172
* de la tète
> entre l'œil ot le bout du groin
» du pied antérieur ^avec les ongles)
Largeur du pied antérieur
Longueur de Tongle du 3"^ doigt
» du pied postérieur (avec les ongles)
* de la queue (depuis Tanus au bout des poils) 0,037 0,040
Cette espèce est répandue en Europe juscjue dans l'extrême nord de la Russie et seml)le en grande partie remplacée dans le midi de notre continent par une forme très voisine dite aveuf^'le. Elle est commune en Suisse dans les vallées et sur les montagnes. Je l'ai ol)servée jiLsqu'à lb(K) et 2000 mètres sur les flancs de nos Alpi*s. L'on remarque i)res(iue partout st»s taupinière> ilans d(»s teri'ains très différents •.
' 1/on peut trouver d'intéressants détails sur les mcpurs de la Taupt». dan^ un mémoire du pasteur C.-L. Hrehm, intitulé: Obsenations sur l.i Taupe. 7Vi/;>a ntrojHm; traduit en français par M. Léon Olph-Galliard, dans la Revue zoolo^ique, lH<><i, p. 140.
La Taupe vit sous terre, isolée ou appariée, et ne sort qu'à de rares intervalles, pour se replonger bientôt dans son élément. Elle creuse sans cesse à la recherche des Vers et des Insectes, ne mangeant jamais les végétaux, et n'y touchant qu'autant qu'ils gênent son passage ^ Grattant au moyen de ses puissantes mains, cet animal travaille avec une vitesse étonnante ; il amène le déblai en arrière de lui avec les membres postérieurs et rejette à la sur&ce du sol avec le dos la terre amoncelée dans ses galeries. C'est d'ordinaire dans des monticules ainsi formés (taupinières) qu'il établit son gtte d'un côté et son nid d'un autre. La demeure de la Taupe consiste en une chambre centrale avec dégagement en dessous, et en deux corridors circulaires surperposés et réunis tout au tour par de nombreux boyaux.
Les amours commencent avec le printemps, et les m&les se montrent alors d'une telle jalousie qu'ils tuent et dévorent sans pitié tout individu de leur espèce capable de leur inspirer la moindre défiance. En mai ou dans les premiers jours de juin, la femelle met bas de 3 à 7 petits, auxquels elle voue une affection dont la vivacité ne peut trouver d'égale que dans la passion de son fougueux époux. Pendant la mauvaise saison, les Taupes s'abritent dans leurs profondes galeries et y vivent tranquilles sans sommeil léthargique. Beaucoup se retirent dans les broussailles et les bois, n suffit souvent d'un simple radoucissement de la température venant ramollir le sol pour que l'on voie bientôt surgir, au cœur même de l'hiver, de nombreuses taupinières.
Des ossements fossiles de cette espèce ont été trouvés dans les graviers de Mattegnin, près Genève •.
' Je n'ai jamais trouvé que des débris dlosectes et de Vers dans Pestomac des nombreuses Taupes que j'ai ouvertes. 11 est incontestable que cet animal est nuisible dans les jardins où il rencontre une foule de racines à couper 8008 ses pas; mais je ne crois pas qu'il fasse aucun mal dans les prairies, si l'on prend seulement la peine d'étendre ses poussées.
* Pictet, F.-J. Mémoire sur des ossements trouvés dans les graviers stratifiés des environs de Mattegnin (canton de Genève), Mém. de la Soc. de Phys. et d'Hist. nat. t XI, p. 89, 1846.
1 \ i FAUNE DbS VERTÉBRÉS.