LE LOUP
Der Wolf Canis Lupus, Linné
D^un gris jaunâtre mâchuré eii dessus; plus dair et unicdore en dessous. Queue bien touffue^ égale environ au tiers de la lofigueur du corps, OreiUe poitituey noirâtre sur le bord et mesurant entre le tiers et la moitié de la tête. Longueur totale moyenne = 1650^.
Canis Lupus, Linné, Syst. Nat. XII, p. 58, n. 3.
> Lycaon, Schreb. Saeugeth. III, t. 89, p. 353, n. 4. Lupus vuloaris, Brissan, Regn. antm. p. 235, 2.
récente, le docteur Uhlmaim a trouvé les débris d*ime secoiide race panablement plus grande. Voy. Ueber Thierreste and Qebiaatfaeile gefonden in den Schuttablagerungen der Tinière bei VilleneuTe am Oenféraee. D* J. Uhlmann, MittheiL der Bem. Natorf. Oesell. 1868.
En tout 42 dents.
M&choire supérieure : les quatre incisives médianes franchement trilobées en arrière ; la première prémolaire presque ronde et de beaucoup la plus petite. La carnassière purement bilobée, abstraction faite de la saillie radicale antérointeme; le lobe postérieur légèrement plus bas que le premier, tranchant et séparé du précédent par un profond sillon. La tuberculeuse qui suit pourvue d'un fort talon interne et de deux lobes aigus bien distincts, dont Tantérieur presque aussi élevé que la carnassière ; la seconde tuberculeuse beaucoup plus petite, allongée dans le sens ' tranversal, et moins aiguë que la précédente.
Mâchoire inférieure : incisives bilobées en arrière ou faiblement trilobées. La première prémolaire très petite et arrondie ; la seconde et la troisième presque égales. La carnassière trilobée ; le lobe postérieur déprimé au niveau des dents suivantes. La seconde tuberculeuse petite et à peine aussi grande que la moitié de la première.
Crâne légèrement relevé vers le centre ; la boite céphalique très petite et très étroite; les arcades zygomatiques, par contre, très fortes et très ouvertes. Le principal étranglement médian situé, en arrière des frontaux, près de la suture de ces os avec les pariétaux. Les intermaxillaires et les frontaux ne se trouvant jamais en contact, entre les os maxillaires et nasaux.
Oreille pointue, noirâtre sur le bord et mesurant entre le tiers et la moitié de la longueur de la tête.
Membres allongés et plutôt minces ; les postérieurs faibles et panards ; les doigts velus jusqu'entre les cinq pelotes plantaires.
Queue bien fournie et mesurant environ le tiers du corps, sans les grands poils qui la terminent; plus sombre que le tronc, foncée au bout et marquée généralement, vers le tiers basilaire, d'une tache noirâtre assez constante.
Pelage inégal et plutôt long, principalement sur les parties dorsales.
Faces supérieures d'un gris jaunâtre plus ou moins mâchuré ; la tête, les joues, le dos, les flancs, la queue et la partie anté-
rieure des membres irrégulièrement ondes et maculés de poQs noirs.
Faces inférieures plus claires et unicolores ; plus blanchâtres ou plus jaun&tres que les supérieures.
Cette espèce présente parfois des variétés entièrement noires ; c'est avec ces dernières que Schreber a fedt son Canis Lycaon.
Longueur totale 1",600 à 1",800
» de la tète 0,260 0,300
> de Toreille (an bord externe) 0,115 0,122
> da membre antérieur 1 depuis le coade) 0,425 0,460
> du pied postérieur (avec les ongles) 0,220 0,246
> de la queue (de l'anus au bout des poils). 0,400 0,490
Le Loup, qui habitait autrefois l'Europe entière, n'est plus maintenant abondant que dans les pays septentrionaux de notre continent. Il s'est ailleurs retiré, petit à petit, dans les diverses chaînes de montagnes, d'où ses bandes dévastatrices font çà et là des apparitions dans les forêts de la plaine. H est devenu très rare en Suisse, et, quoique de temps à autre quelques individus nous arrivent de France au travers du Jura, ce n'est plus, en réalité, que sur le versant méridional des Alpes grisonnes et dans le Tessin que l'on peut encore trouver quelques-uns de ces grands Carnassiers à l'état sédentaire. Les vallées de Verzasca, Maggia et Lavizzara, dans ce dernier canton, sont, en particulier, des locaUtés d'où il vient encore, en hiver, faire de temps en temps des descentes, soit dans les environs de Bellinzona, soit même jusqu'à Lugano. Le professeur Lavizzari a donné une liste * des Loups qui ont été capturés dans le Tessin, de 1852 à 1859, pendant l'espace de huit ans. La répartition annuelle des cinquantetrois individus qui figurent sur ce petit catalogue montre suffisamment la diminution de cette espèce; cependant il y en a toigours, et l'on en tue ou prend quelquefois encore dans ces mêmes localités. Quant aux Grisons, c'est seulement dans le val Misox que le Loup semble séjourner encore.
' Lavizzari, Elxconioni nel Cantone Ticino. Lugaoo, 1859^1868.
Toutefois, ce terrible Carnassier a été bien plus commun en Suisse, dans divers cantons, comme l'attestent les récits des auteurs anciens, ainsi que les peaux et les têtes de ces animaux qui pendaient en grand nombre, il y a peu d*années, sous les toits des hôtels de ville de quelques-uns de nos villages : à Louëche-les-bains dans le Valais, et à Davos dans les Grisons, par exemple. Steinmiiller ' raconte que le Loup se trouvait partout dans la plaine suisse au quatorzième siècle, et Wagner * le dit encore abondant durant le dix-septième. Toigours pourchassé, il s'est petit à petit retiré dans les montagnes ; dans le haut Valais, dans le canton de Berne et dans les forêts d'Uri, des Grisons et du Tessin. Cependant le Loup n'était pas si bien exterminé au commencement de notre siècle, qu'il n'exerçât encore souvent, en hiver, de grands ravages dans les vallées. L'Almanach Helvétique' cite, entre autres, de récents méfaits commis par lui, jusque dans les villages des cantons de Zurich et Bàle, en 1819. C'est comme très grande rareté que l'on enregistre maintenant, de loin en loin, l'arrivée d'un Loup qui s'est égaré jusque dans les cantons de Luceme ou d'Uri. Si cette espèce a presque entièrement disparu de la Suisse, en tant que sédentaire, elle n'en fait pas moins, comme je l'ai dit, de fréquentes visites dans notre pays, de la France au travers du Jura, dans les contrées avoisinantes de cette chaîne, depuis Genève jusqu'à Bâle. Presque chaque année l'on signale des Loups dans le Jura vaudois ou neuchàtelois, ou surtout dans la partie bernoise, près de Porrentruy. H est difficile de dire si quelques paires sont établies sur notre sol, ou si ces apparitions sporadiques sont toujours dues à des individus étrangers. Encore tout dernièrement, dans la nuit du 27 au 28 juin 1868, des Loups ont égorgé six Moutons et deux Chèvres dans le Jura bernois, près de Bressancourt ; une battue a été organisée, et plusieurs ont été tués.
Les Loups se réunissent souvent en troupes pour chasser; ils s'attaquent alors à tout ce qu'ils rencontrent Cet animal parcourt facilement d'immenses espaces dans les plaines, et arpente
* SteinmûUer, Neue Alpina, 1821, vol. I, p. 369.
* Wagner, Hist. Nat. Helv. car. 1680, p. 178. ' Helvetischer Almanach, 1819, p. 106.
Î90 FAUNE DKS VERTÉBRÉS.
quelquefois les montagnes jusqu'à la hauteur de 2000 ou même de 2500 mètres. Loin de guetter sa proie comme les Chats, il bi suit au contraire à la piste, et la poursuit à outrance. Malgré l'apparente faiblesse de son arrière-train, qu'il a Pair de pouvoir à peine tirer après lui, il peut fournir des courses énormes ; continuellement aiguillonné par une faim dévorante, il est toujours sur ses jambes, flairant de droite et de gauche, à la recherche de quelque aliment II égorgera volontiers de grands animaux, mais ne dédaignera pas non plus de manger un Oiseau, une Souris ou même un Lézard ou une Grenouille, en cas de nécessité '. Durant le jour, il se tient caché dans les forêts au milieu d'un épais fourré, ou parfois dans quelque fissure naturelle. Il ne se creuse pas de terrier comme le Renard; cependant, c'est souvent dans quelque cavité peu profonde que la Louve dépose, en mars ou en avril, de quatre à neuf petits d'abord sourds et aveugles. La durée de la gestation est de trois à quatre semaines plus longue que chez le Chien, soit de douze à treize. L'on a obtenu, en captivité, des croisements entre Loups et Chiens.
Le Loup a déjà été l'objet de la poursuite des premiers habitants de notre sol. L'on a retrouvé, en effet, de nombreux débris fossiles de cette espèce, soit dans les établissements lacustres ', soit dans les cavernes et les stations terrestres, à Veirier *, près de Genève, par exemple.
* F. von Tschadi, Thierleben, donne d'intéressants détails sur d'andens rayages exercés par les Loups dans nos Alpes.
* Rûtimeyer, L. Untersuchungen, 1860, p. 21—32. — P&hlbantCB, 1861, p. 22.
' Ossements de Veirier. Rtttimeyer in Thioly, Rer. Sav. 25 avril 1868.
Sous-GENRE 2. RENARD
VuLPES, Brisson
Chez les espèces de ce sous-genre, les os nasaux s'élèvent dans les frontaux, moins haut que les maxillaires/ et le museau est fortement acuminé.
La queue égale toujours au moins la moitié de la longueur du corps.
La pupille est oblongue ou allongée.
Ces animaux habitent dans des terriers qu'ils établissent eux-mêmes, et vivent, en général, isolés ou par paires, se réunissant rarement en grandes troupes, comme les Loups.