‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 5)Chapitre 60 sur 91 · LE RENARD Der Fuchs · texte numérisé non relu

LE RENARD Der Fuchs

Canis Vulpes, Linné

D'un fauve plus ou moins rougeâire çu grisâtre en dessus; blanc, gris ou noirâtre en dessous. Queue rotidc, très touffue, lia/nche ou fioire au bout et plus longue, sans le poU, que la moitié du corps. Pieds foncés. Oreille pointue, égale à la moitié de la tête et noire par derrière. Longueur totale moyenne = 1075 millimètres.

Canis Vulpes, Linné, Syst. Nat. XII, p. 59, n. 4.

» Alopex, LÀnné, S. N. XII, p. 59, n. 5.

•* MEIAKOGASTEH, Bonap. Icoii. d. Fnun. Ital. fiisc. I, fol. I. Vi'LPES vi'LGARiS; Brisson, Heg. anim. p. i39, 5.

»• CKL'CiGEiu, Briss. Rej<. anim. p. ^40, 3.

V iiYPOMELAS, Kûster, Ims, 1835.

En tout 42 dents.

M&choire supérieure: les incisives latérales les plus fortes et gé-

Î9t FAUNE DES VERTÉBRÉS.

néralement un peu distantes des médianes; ces dernières et surtout les deux centrales, beaucoup moins franchement trilobées en arrière que dans l'espèce précédente ; souvent même unilobées chez Tadulte. Les canines longues et étroites. Les trois prémolaires croissant en dimension d'avant en arrière ; la première assez pointue et de beaucoup la plus petite. La carnassière profondément divisée, en arrière, en deux lobes tranchants et coniques, dont le second passablement plus bas que le premier; le petit lobe antérieur radiculo-inteme assez aigu. La première tuberculeuse égale au double de la seconde, toutes deux élargies dans le sens transversal et munies de trois ou quatre mamelons, dont les deux plus élevés sur le bord externe (Voy. PL Vin, fig. 4).

Mâchoire inférieure : incisives longues, minces, couchées en avant et bilobées en arrière. La première prémolaire la plus petite et pointue ; les trois suivantes presque égales entre elles. La carnassière trilobée ; son talon postérieur à peu près de même hauteur que la dent suivante. La première tuberculeuse ovale ; la seconde arrondie et à peine aussi grande que le tiers de la précédente (Voyez PL VŒ, fig. 4 et 5).

Crftne étroit et allongé ; la face très acuminée ; la boite osseuse, ovoïde et assez développée en arrière. Les arcades zygomatiques fortes et ouvertes. Le principal étranglement médian situé au centre des frontaux, de suite après les apophyses latérales ; les frontaux constamment distants d7intennaxillaire8.

Oreille pointue, claire en avant, d'un noir velouté en arrière et égalant environ la moitié de la tête.

Membres minces, de moyenne dimension et noir&tres ou noirs vers les extrémités. Le pied muni en dessous, comme chez le Loup, d'une pelote médiane avec des tubercules sousarticulaires en nombre égal à celui des doigts portant sur lesoL

Queue ronde et mesurant toujours plus de la moitié du corps, sans les longs poils qui la dépassent de plusieurs centimètres; roussÀtre ou rougeàtre et plus claire en dessous, avec

des ondes noirâtres et une extrémité, quelquefois noire, mais blanche le plus souvent. Comme celle de plusieurs autres membres de cette famille, elle porte, vers la base, une glande sécrétant un liquide visqueux et légèrement musqué.

Museau allongé et pointu, orné d'une forte moustache.

Pelage assez fourré et brillant, long en hiver, comparativement court en été.

Faces supérieures : en été, d^un fauve brunâtre ou gris&tre sale; en hiver, depuis le mois de novembre jusqu'au premier printemps, d'un fauve plus ou moins rouge&tre parsemé, vers le croupion, de poils blanchSttres à reflets légèrement argentés ; les pieds et le derrière de Toreille, comme je Tai dit, noirs ou noirâtres ; le bout de la queue blanc ou noir.

Faces inférieures : du menton au bas du ventre, blanches en été, et plus ou moins grisâtres ou noirâtres, en hiver.

Jeunes, la plupart du temps, dans le bas âge, d'un gris brun, avec la queue conique, peu touffue encore et terminée par un bout blanc.

Cette espèce varie beaucoup, en toute saison, dans ses diverses livrées. Il existe en Suisse des Renards plus jaunes et plus rouges que la moyenne, dits dorés, d'autres plus gris, dits argentés^ et d'autres plus sombres ou noirs en dessous, dits charbonniers. C'est sur des exemplaires de cette dernière forme, plus exagérée au sud des Alpes, que Bonaparte a fondé son Canis mdanogaster. L'on a rencontré également, quelquefois dans notre pays, et particulièrement dans les Grisons , des variétés par£aitement blanches.

Longaenr totale l",000àl",150

delatôte 0,176 0,185

de l'oreille (aa bord externe) 0,090 0,095

du membre antérieur (depois le coade) 0,225 0,240

du pied postérieur (avec les ongles) 0,150 0,160

de la queue (de l'anus au bout des poils) 0,490 0,510

Cette espèce, qui habite aussi l'Asie et l'Afrique, se trouve partout sur notre continent, depuis le nord jusqu'au midi. Abondants

29i FAUNE DES VERTÉBRÉS.

en Suisse, dans les vallées comme dans les montagnes, les Renards s'élèvent dans nos Alpes jusqu'à près de 3000 mètres de hauteur. Us vivent dans les forêts et les broussailles, et demeurent dans des terriers qu'ils établissent eux-mêmes, creusant volontiers la terre, mais préférant quelquefois arranger à leur goût quelque trou naturel, ou même usurpant la demeure d^n autre animal, d'un Blaireau, par exemple. C'est dans de semblables repaires, composés d'une loge centrale, avec deux ou plusieurs galeries, que la femelle met au monde, au premier printemps, de trois à neuf petits. Une mère Renard, qui soupçonne du danger pour sa famille, transporte souvent ses petits un à un pendus à sa gueule et les dépose dans quelque autre cachette , de la même manière que la plupart des Canidés et des Félidés. Elle creuse ça et là, sur le parcours de son voyage, de petits reposoirs où elle laisse souvent un de ses rejetons pendant qu'elle en va quérir un autre. Le Renard est très rusé et fort adroit ; c'est, en général, à la tombée de la nuit, qu'il se met en quête, se glissant doucement hors des bois et ne craignant pas de venir alors errer autour de nos demeures, pour égorger une Poule ou un Lapin. Malgré ses habitudes plut&t nocturnes, on le voit cependant chasser aussi en plein jour, soit les Souris dans les champs, soit les Lièvres dans les bois. II rampe habilement pour surprendre un Oiseau ou un petit Mammifère, saute sur sa proie, et souvent ne poursuit pas s'il a manqué, se contentant de suivre des yeux en remettant la partie à une autre fois. Quand le gibier lui manque, il ne dédaigne pas de manger aussi des Insectes, des Vers et même des fruits. Malgré leurs habitudes bien moins sociables que celles des Loups, les Renards se réunissent parfois momentanément, au nombre de trois ou quatre, pour chasser un Lièvre de concert; pendant que les uns suivent la piste en donnant de la voix, à peu près comme des Chiens, les autres attendent immobiles au poste et se précipitent sur la victime qui devient naturellement la source de sanglantes disputes.

Quoique cette espèce soit encore assez abondante dans la plupart de nos cantons, elle a pourtant diminué dans ces dernières années. D'après les rapports de l'un de nos pelletiers les plus au courant des foires et marchés, l'exportation annuelle des Renards suisses, qui s'élevait, il y a vingt ans

environ, jusqu'à 15 ou 17,000 peaux, ne s'élève plus maintenant qu'à 9 ou 10,000 à peu près.

De nombreux débris fossiles du Canis Vtdpes ont été trouvés, sur divers points de notre sol, dans les graviers stratifiés ', les tufs et les tourbes, ainsi que parmi les restes des Palafittes * et dans quelques cavernes, à Gotancher, par exemple, dans le' canton de Neuchfttel, et à Veirier, près de Genève *. L'espèce parait avoir mesuré, du temps des plus anciennes habitations de l'homme dans notre pays, des dimensions un peu inférieures à celles qu'elle présente aiyourd'hui.

FamîUe IH. URSIDÉS

URSlDiE

La tête osseuse des Ursidés est plus ou moins allongée et bombée; elle est comprimée du côté de la boite crânienne et étirée, du côté de la face, en un museau acuminé. H y a toujours, chez eux, à droite et à gauche sur chaque mâchoire, deux dents tuberculeuses très développées aux dépens de la carnassière. Les seconde et cinquième incisives inférieures sont reculées par la base en dehors de l'alignement des autres, comme c'est le cas chez la plupart des plantigrades.

* Pictet, F.-J. Ossements de Mattegnin. Soc. de Phys. XI, 1846, p. 90.

* Ratimeyer, L. Untersachangen, 1860, p. 9— 32. ~ PfaUbaaten, 1861, p. 22. — Herknnft d. Thîerwelt, 1867, p. 50.

' Ossements de Veirier. Ratimeyer in Thioly, Rev. Sav. 25 ayril 1868.

S96 FAUNE DES TERTEBHÉS.

Les Ursidés marchent sur toute la plante da pied ; leurs membres sont forts et trapus ; les doigts sont au nombre de cinq devant et derrière, et pourvus d'ongles puissants mais non rétractiles. Les oreilles sont courtes et la queue presque rudimentaire.

Ces animaux ont un corps très épais et de lourdes allures. Ils sont nocturnes, habitent dans des tanières, et mangent indifféremment des fruits, des racines, des Insectes ou de petit» Mammifères. Poussés par la faim, et doués d'une force énorme, ils s'attaquent même volontiers à de grands animaux, qu'ils terrassent facilement.

n existe des Ursidés en Europe, en Asie, dans les deux Amériques et sous des latitudes très diverses; les uns sont habiles nageurs et plongeurs, les autres adroits grimpeurs.

Cette famille, peu nombreuse et très homogène, renferme divers genres.

L'Europe ne possède plus, à l'état vivant, que deux es-

pèces d'Ours, dont une seule est représentée actuellement dans notre pays.

Dans les âges antérieurs de Tépoque diluvienne, la Suisse a été habitée encore par une autre espèce de très grande taille, rOurs dit des cavernes ( Ursus sjnlœu.^ Blumenb.). L'on a trouvé des ossements de ce puissant Carnassier sur divers ix)ints de notre pays ; au Wildkirchli, par exemple, dans le canton d'Appenzell, dans la grotte de Cotancher (Neuch&tel), dans les graviers du Rhin près de B&le S et dans la caverne de Laglio près de Côme *.

' Uatimeyer, L. Pfahlbauten, 1601, p. 19. — Herkuaft der Thiemelt, 1867, p. 50.

* Lavizzari, Excars, nel Caat. Ticino, 1859-* 1663, p. 67.

Genre OURS

URSUS, Linné

Crâne voûté et comprimé. -^ mdaires, dont -^ tubercur leuses; les premières prémolaires très petites et caduques. Oreilles courtes. Membres trapus; ongles non rétractileSj longs et puissants. Queue presque nuUe.

Le cr&ne des Ours est voûté vers le centre, et muni de fortes arcades zygomatiques ; la boîte osseuse, plutôt petite, est comprimée et allongée ; les frontaux sont convexes, faiblement étranglés en arrière, élargis en avant et développés latéralement en apophyses courtes, mais assez aiguës. Les os maxillaires et nasaux sont longs; les conques auditives sont très petites et les apophyses styloïdes fort prononcées.

Le nombre des dents est variable, grâce à la caducité des premières prémolaires; de sorte que le chiffre total peut s'élever à 40 ou à 36 seulement, et que la proportion des molaires passe ainsi, suivant les individus, de — à — .

Les incisives externes sont les plus fortes et pourvues d'un talon; les canines, assez pointues, présentent une grande épaisseur vers la base. Les premières prémolaires sont petites; la troisième de ces dents, sur le maxillaire inférieur, est la plus forte, relevée et assez aiguë ; la seconde ou médiane, en bas, très petite, isolée et distante des autres, tombe presque toujours, par le fait de la forte

S98 FALNE DES VERTÉBRÉS.

compression de la mâchoire en cet endroit. Les carnassières sont comparativement petites, surtout la supérieure. Les tuberculeuses sont très développées, et munies de tubercules ou mamelons plus ou moins déprimés.

Formule dentaire : •

Page 1