Cr&ne de Martes Foina; de profil (1/2 de grand, nat
7. Carnassière et tuberculeuse sup. droites, usées, de Mêles Taxw; par
dessous (grand, nat.).
8. Maxillaire sup. de Maries Foina; par dessous (grand, nat).
9. Extrémité du maxillaire lof. de Martes Foina; par dessus (grand, nat ) .
10. Carnassière et tuberculeuse sup. droites, non émoussées, de LtUra
vulgaris; par dessous (grand, nat.).
11. Sixième molaire sup. droite de Sus Scrofa; par dessous (grand, nat).
12. Quatrième molaire sup. droite d^Antihpe Rupicapra; par dessous
(grand, nat).
Ordre V. PACHYDERMES
PACHYDERMATA
L'ordre des Pachydermes renferme les plus grands animaux terrestres vivant de nos jours, en même temps que des êtres d'apparence et de taille très différentes. Toutefois, les formes, souvent si opposées, des Pachydermes actuels offrent certains traits communs ; l'étude de leur développement, ainsi que la comparaison de leurs squelettes avec les restes d'espèces éteintes et intermédiaires, permettent de les rapprocher et de les relier entre elles.
Les nombreux représentants de cet ordre sont tous pourvus de quatre membres ongulés ou subongulés et disposés pour la marche. Leur cerveau est muni de circonvolutions assez nombreuses; leur placenta est généralement diffus ^ Les doigts sont, chez eux, au nombre dé un à cinq et différemment distribués. Leur estomac est toujours simple.
Ce sont des animaux en majorité digitigrades, herbivores ou omnivores, avec une dentition variable, complète ou incomplète. Leurs dents, de deux ou de trois sortes, affectent des formes et des structures très différentes ;
' Les DamanB font cependant exception ; Milne-Edwards a £iit connaître qne le placenta de ces animaux est zonaire, comme celui des Garni* Tores.
346 FAUNB DBS YBRTÉBRÉS.
elles peuvent être mimies ou privées de racines, ou encore plus ou moins semi-composées ou composées. La plupart des Pachydermes ont le corps gros et la peau très épaisse.
Beaucoup vivent en société ; ils n'ont pas de sommeil hivernal; leurs mœurs sont très variées. Les diverses familles sont inégalement réparties dans TËurope, l'Asie, l'Afrique et les deux Amériques.
On peut diviser les Pachydermes actuels, suivant le développement et le nombre des doigts, ainsi que d'après diverses particularités de la tête et du corps, en cinq familles *:
SuiNiDÉs (Oochons, ^^popotames), Tapiboidés (Ta-^ pirsjy Nasicorotdés (Rhinocéros), Solidongulés (Chevaux) et Proboscidés (Éléphants). L'étude des espèces perdues permet de joindre à celles-ci une sixième famille : ToxoDONTiDÉs (Toxodon).
La Suisse et l'Europe ne possèdent plus maintenant, à l'état sauvage, que des Suinidés seulement ; encore cette famille unique est-elle représentée par une seule espèce, le Sanglier.
Inutile de dire que nous avons aussi, à Tétat domestique, le Cheval {Equus CabaUus, Linné) et l'Ane (E^us Asinus, Linné).
* Parmi les auteon qoi ont traité de ce groupe, je pourrais citer : Cniîer, D^Alton, Owen, Wagner, Gray, Jones, Christol, Bergmann, etc. Je joindrai à ces noms Ténumération de quelques ouvrages généraux dans lesquels le lecteur trouvera fodlement les nombreuses données nécessaires pour compléter rétude zoologique de cet ordre si pauvrement représenté dans notre pays; je signalerai en particulier: Scrinz, IL, Synopsis Mammalium, 1844. — PiCTET, F.-J., Traité de paléontologie ou d^Hist nat des animaux fossiles considérés dans leurs rapports zoologiques et géologiques, 1853. — Gkrvais, p. Hist naturelle des Mammifères, 1854. — Hartivo, P.,Leerboek van de Grondbeginselen der Dierkunde, 1863. — Carus et OirstjiCKER, Handbuch der Zoologie, 18G8.
Toutefois, notre continent a été plus riche en Pachydermes dans les âges antérieurs, et la Suisse elle-même a compté, dans l'époque quaternaire, des Nasicarnidés^ des Sdidonguiés et des BrdbosàdéSy comme nous le verrons plus loin.
La pauvreté de notre pays en membres vivants de cet ordre rend superflues, dans ce travail, des considérations générales sur les mœurs et les formes diverses des Pachydermes. Une étude de cette nature, si succincte fftt-elle, m'entraînerait bien loin en dehors du cadre de la faune suisse. Ce n'est pas ici la place de développer, à propos d'une seule espèce, l'étude complexe des caractères si multiples de ce vaste ensemble de types en apparence hétérogènes. Je me bornerai donc, pour rester dans mon plan, et pour plus de clarté, à expliquer, en deux mots, la valeur de quelques termes employés dans ma diagnose générale.
Je ne parlerai pas ici des dispositions variables du pied, suivant le nombre des daigts; qu'il me suffise de dire que Timportance de ces modes de terminaison est très différemment appréciée \ Tantôt Ton verra le nombre des doigts diminuer, dans divers groupes, par soudures et éliminations successives, d'après un plan parfaitement régulier; TEléphant compte, par exemple, cinq doigts, tandis que le Cheval n'en possède plus qu'un principal, à l'extrémité de son canon. Tantôt, l'on pourra remarquer que des divergences analogues, mais par subdivision, se retrouvent dans une même espèce, suivant le degré de son développement ; le Cochon adulte comptera quatre doigts, dont
* Un grand nombre de zoologistes établissent des divisions principales, chez les Pachydermes, d'après la parité et l'imparité du nombre des doigts ; ils groupent, ensuite, ces animaux de diverses manières, suivant le nombre même de ces extrémités et la manière dont l'ongle les recouvre on les en* Teloppe.
les deux médians reposant seuls sur la terre, tandis que le fœtus ne possède encore qu'un sabot unique avec deux onglons postérieurs.
Ceci m'amène à rappeler la différence qui existe entre les ongles et les sabots. Nous avons désigné, sous le nom d'o^t^tctdés, des animaux chez lesquels les ongles, acérés ou tranchants, n'entouraient pas complètement le bout des doigts. Nous avons à distinguer maintenant, sous le titre à'ongidés^ de nouveaux Mammifères, chez lesquels la matière cornée enveloppe, par contre, en entier, Textrémité digitale; formant ce que Ton nomme un sabot unique comme chez le Cheval, ou multiple conune chez le Cochon. Par comparaison, Ton appellera subongtdés ceux de ces quadrupèdes, comme TÉléphant par exemple, chez lesquels les ongles affectent une forme intermédiaire, protégeant le bout du doigt sans Tenvelopper entièrement.
J'ai déjà dit plus haut, à propos des Rongeurs, quelques mots des dents semi-composées, ainsi qu'elles se montrent chez un grand nombre de Pachydermes. J'ajouterai seulement que quelques-uns, comme les Proboscidés, ont des molaires entièrement composées. C'est-à-dire que ce n'est plus chez ces dernières une feuille unique d'émail plus ou moins repliée qui les entoure, mais que ce sont des feuillets distincts enveloppant des éléments différents et réunis par la matière cémentaire.
Sans remonter au delà de l'époque quaternaire, je dois signaler ici la découverte, en Suisse, des restes fossiles de quelques espèces de fortes dimensions qui ont été, sur notre sol, les derniers représentants de grands types maintenant retirés dans d'autres continents.
Les lignites de Diimten * ont conservé les débris de deux puissants Pachydermes, qui ont vécu jusque dans le courant de répoque diluvienne, le BJiinoceros Merkii (Jaeg.) etVElephas awtiqmis (Falc). Ces espèces éteintes ont été remplacées plus tard par des formes nouvelles; je veux parler du Rhinocéros velu (Bhinoceros tichorhimts, Cuv.) et du Mammouth (EJephas primi-
» Heer, 0. Urwclt der Schweiz, 1865, p. 49S.
genius^ Blum.)- Des ossements du premier ont été trouvés dans les graviers du bassin du Rhin ' ; des débris du second ont été rencontrés sur divers points des bassins de TAar, de la Limmat, du Rhin, du Léman ', etc. Ce dernier animal aurait vécu même jusque dans le cours de Fépoque glaciale moderne, et s^ serait trouvé peut-être, en certains pays comme la France et TAngleterre, en contact avec Thomme, durant les premiers temps historiques.
Dans des graviers semblables à ceux mentionnés ci-dessus, Ton a découvert aussi les restes d'une espèce perdue du genre Cheval, Equus fossUis de Cuvier '. Enfin, les divers établissements anciens de Thomme en Suisse, tant terrestres que lacustres, ont fourni encore, en grand nombre, des ossements de Suinidés, appartenant au genre Sus,
Quoique je me sois proposé de ne point parler des animaux domestiques, je ne crois pas devoir passer sous silence quelques observations qui ont trait aux deux espèces du genre Equus qui nous servent aujourd'hui. Quant au Cheval (Equus CabaUus^ Linné), Ton en a rencontré souvent des débris dans les graviers de nos rivières, d^ns les tourbes et les Palafittes, et jusque dans la station terrestre de Veirier *. Rare dans les premiers temps de rage de pierre, il est, assez vite, devenu très abondant *. Quant à TAne (Equus Asinus^ Linné), des traces, encore un peu douteuses, de son existence chez nous dans ces temps reculés, semblent avoir été remarquées dans certaines stations humaines *.
* Heer, 0. Urwelt, 1865, p. 543. — Rûtimeyer, L. Herkuuft d. Thierwelt, 1867.
* Heer, Urwelt, p. 543. — Rûtimeyer, Herkimft, 1867.
' Rûtiineyer, L. Beitrâge zur Kenntniss der Fossilen Pferde und zu einer vergleichenden Odontographie derHufthiere im allgemeinen, 1863. — Heer, 0. Urwelt, p. 543.
* Favre, Â. Station de l'homme à Veirier. Archiv. Phys. et Nat. 16 mars 1868, p. 251. — Ossements de Yeûier. Rûtimeyer in Thioly. Rev. Sav. 25 ami 1868.
* Rûtimeyer, L. Untersuchungen, 1860, p. 13-32. — P&hlbauten, 1861, p. 122.
^ Rûtimeyer, Pfahibauten, p. 122.
350 FAUNE DES VERTiBRÉS.
FamîUe des SUINIDÉS
SUINlDiE
Les divers représentants de la £etmille des Suinidés ont on cou large et ramassé, avec un tronc gros et recouvert par une peau épaisse. La tête est, chez eux, généralement allongée, quoique élargie ou acuminée en avant, suivant les genres. Les membres sont courts. Les doigts sont au nombre de quatre et ongulés ; la disposition de ces derniers est variable, de manière que deux seulement ou tous également peuvent reposer sur le sol.
Les dents sont constamment de trois sortes, quoique en nombres différents; les molaires présentent Tapparence que nous avons dite semi-composée. Les yeux sont petits. Les oreilles sont d'ordinaire redressées * . La queue est courte et souvent presque nue.
Les Suinidés vivent, la plupart du temps, en société ; les uns dans les forêts épaisses ou dans les prairies, les autres dans l'eau ou la vase des rivages. Leur régime est principalement végétal. Ils sont exclusivement marcheurs ou nageurs.
L'on trouve des représentants de cette famille dans les différentes parties du monde, à l'exception de l'Australie. On peut les répartir dans diverses tribus, d'après la dis-
* Sauf ches certaines races domestiques.
position des doigts, le nombre des dents et les formes particulières de la tète et des membres.
L'Europe ne possède plus actuellement qu'une seule espèce dans cette famille.
Tribu des PORCINS
PORCINA
Les Porcins sont caractérisés par Fétroitesse comparée des membres et la disposition des doigts, dont les deux médians, pourvus de sabots, reposent seuls sur le terrain; les externes sont, pour ainsi dire, rudimentaires, trèscourts et situés en arrière et en haut.
Les canines sont, chez eux, constamment bien développées ; le maxillaire présente au niveau de ces dents un élargissement très-accentué.
Les molaires, nombreuses et en rangées parallèles, croissent en dimension d'avant en arrière .
La tète est plus ou moins acuminée du côté de la face et terminée par un museau en forme de groin.
Les oreilles sont de dimensions variables.
Le corps est recouvert de poils d'ordinaire assez rudes.
Les mamelles sont ventrales et les portées toujours nombreuses.
Ces animaux sont omnivores, sauvages et farouches. Ds vivent en société et de préférence dans les forêts ou les broussailles.
L'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique possèdent également des représentants de cette tribu.
On divise généralement ce groupe en genres divers, d'après le nombre des incisives et des molaires ; ainsi que suivant les formes un peu variables de la tète et des membres.
Genre SANGLIER
sus, Linné
-jr- Incisives. Canines triangulaires, les supérieures re-
œurbées en haut. — Molaires. Crâne droit et acuminé ; os nasaux plus longs que la moitié de la tête. Deux sabots reposant sur le sd. Museau en forme de groin. Oreilles pointues.
Les Sangliers possèdent quarante-quatre dents. Les incisives, au nombre de six sur six, présentent une disposition très particulière ; les supérieures sont courtes et distantes les unes des autres, les médianes étant les plus fortes ; les inférieures sont allongées et couchées en avant, les deux externes étant les plus courtes et légèrement éloignées. Les canines, sur les deux mâchoires, sont toujours bien développées ; les supérieures sont recourbées en haut. Les molaires, au nombre de sept sur sept, croissent, comme je l'ai dit, régulièrement en dimension d'avant en arrière; les plus reculées offrant une forme, pour ainsi dire, mamelonnée.
La formule générique sera :
= 44 dents.
Le crâne est comprimé, conique en avant et de profil généralement droit. La face est allongée ; les os nasaux mesurent plus de la moitié de la tète entière. La botte cr&nienne est plate en dessus, étranglée en arrière et prolongée bien au delà du trou occipital. Les apophyses frontales sont moyennes et presque verticales , mais toujours bien éloignées de clore la cavité orbitaire. Les maxillaires sont forts et élargis, en arrière comme en avant, au niveau des molaires et des canines.
Les doigts médians sont enveloppés par des sabots ; les externes, également ongulés, sont situés sur la face postérieure du pied et à distance du sol.
Les oreilles sont de dimensions variées et généralement acuminées.
La queue est moyenne et terminée par une touffe pileuse.
Les Sangliers vivent dans les forêts, établissant leur demeure dans les épais fourrés, et de préférence dans les localités humides. Ces animaux, d'un naturel farouche et sauvage, se multiplient très promptement et exécutent souvent, en grandes troupes, des ravages considérables dans les plantations de tous genres.
n y a des Sangliers en Afrique, en Asie et dans diverses îles. La Suisse et l'Europe ne possèdent , à l'état vivant, que le seul Sanglier ordinaire, Stis Scrofa (Linné). Brisson a distingué autrefois, sous le nom spécifique de Sus domesticuSy quelques-unes de nos races domestiques ; mais il est bien prouvé maintenant que notre espèce sauvage actuelle est la souche de la grande majorité d'entre elles.
S5i PAUNE DES VERTÉBRÉS.