LE SANGLIER ORDINAIRE Das Wildschwein
Sus ScEOFA, Linné
D'un gris brun mâangé de noirâtre et de jaunâtre. Une crinière depuis le front jusque sur le haut de T échine. Queue à peu près égale à la tête. Oreille bien vdue et un peu plus longue que le tiers de la tête. Pas de saillies sur la face en dessous des yeux. Longueur totale moyemie 1780'^.
Sus ScROFA, Linné, S. N. XII, p. 102, n. 1.
» EUROPiEUS, PalUu, Zoogr. I, p. 265.
» DOHESTicus, Brisson, Reg. anim. p. 74.
En tout 44 dents.
M&choire supérieure : les deux incisives médianes les plus fortes et inclinées Tune contre Tautre ; les deux suivantes situées en arrière, à une petite distance, tranchantes et allongées sur la ligne dentaire ; les deux extrêmes mesurant la moitié des précédentes, séparées d'elles, tranchantes et légèrement penchées en dehors. Les canines très fortes, triangulaires avec des angles émoussés, striées et recourbées en dehors et en haut. Des quatre premières molaires, considérées comme prémolaires, la première, en contact avec la suivante, de beaucoup la moins élevée et la plus étroite ; les trois autres relevées au bord externe en deux lobes tranchants et munies sur le côté interne de tubercules plus bas et plus ou moins saillants. Les trois molaires postérieures composées de quatre principales collines disposées en carré et parsemées de plus petits mamelons sur le pourtour et au centre (Voy. PL VIII, fig. 11); la dernière de ces dents prolongée, en arrière, en un talon plus ou moms déprimé.
Mâchoire inférieure : les quatre incisives médianes allongées.
étroites et fortement penchées en avant ; les deux latérales, parmi ces premières, marquées d'un sillon longitudinal au côté interne. Les externes, enfin, séparées de ceUes-d, couchées aussi, et beaucoup plus courtes. Les canines très longues sans être très larges, triangulaires avec des angles vife, recourbées en arrière et penchées en dehors ; constamment plus développées chez les mftles, et arrivant, chez ces derniers, jusqu'à toucher par leur face postérieure le c6té antérieur des opposées supérieures. La première prémolaire étroite, petite et située à distance de la suivante et de la canine. Les trois prémolaires suivantes relevées, tranchantes et multilobées ; le lobe médian aigu et le plus saillant. Les trois molaires un peu plus étroites que les correspondantes de Tautre mâchoire, mais de formes assez analogues ; la dernière pourvue d'un fort talon mamelonné.
Crftne étroit et allongé ; la boite osseuse très petite, plate en dessus, anguleuse sur les côtés et prolongée, en arrière et en haut, bien au delà du trou occipital. Les intermaxillaires atteignant jusqu'à la Jiauteur de la troisième molaire. Les maxillaires su^rieurs présentant une arête longitudinale au-dessus des dernières dents. Un siUon arqué de chaque côté, entre les os frontaux et nasaux. Les arcades zygomatiques courtes et fortes. Le maxillaire inférieur étranglé entre les molaires et les canines.
Tôte conique en avant et sans développement latéral devant les yeux; museau allongé et terminé en forme de groin.
Oreilles très velues à la face antérieure, mesurant un peu plus du tiers de la tête et redressées, chez les individus sauvages.
Pieds courts et minces.
Queue étroite, souvent tordue, pourvue à l'extrémité d'un fort mouchet de poils et légèrement plus courte ou un peu plus longue que la tête.
Pelage assez fourni, rigide, plutôt long, formant une sorte de crinière, depuis le front jusque sur la première partie de l'échiné, et dirigé, la plupart du temps, en avant, sur le dessous du tronc.
Faces supérieures d'un gris brun mélangé de noir&tre et de jau* n&tre ; la tête souvent parsemée de poils blanchâtres ; les oreilles, les pieds et la queue noirâtres.
Faces inférieures, en général, assez semblables aux supérieures.
Jeunes ordinairement d'un brun plus clair, avec des stries et des macules blanchâtres et noirâtres.
Longueur totale (la queue tendue) 1*,740 à 1",850
> de la tète 0,420 0,460
» de l'oreille (avec le poil) 0,180 0,190
» de la queue (avec les poils) 0,S70 0,490
Hauteur moyenne (sur le dos) 0,800 0,900
Le poids moyen des sigets adultes varie de 250 à 350 livres.
Le Sanglier habite surtout l'Europe moyenne et méridionale ; cependant, il est devenu très rare en Suisse. Le plus grand nombre des bandes qui exécutent de temps à autre des ravages dans nos cantons limitrophes, nous viennent de l'étranger pour y retourner bientôt. La plupart d'entre elles se montrent à l'ouest et dans le nord de notre pays, arrivant le plus souvent de France, quelquefois de l'Allemagne. Il est difficile de dire si quelques paires passent encore régulièrement l'année entière sur notre soL Toutefois, ces animaux étaient moins rares, il y a 30 ou 40 ans, dans le voisinage du Jura et du Rhin, et particulièrement en Argovie; en 1835 encore, plusieurs Laies mirent bas dans ces derniers parages. Dans ce même canton, les Sangliers furent entre autres si nombreux, vers la fin du dix-huitième siècle, que les paysans en étaient venus au point de parcourir les bois au son des tambours pour les épouvanter. Il est probable que, sans les forêts jurassiennes, nous ne pourrions plus compter cette espèce dans notre faune ; car elle ne s'aventure plus guère dans les plaines et les vallées centrales. Quoi qu'il en soit, il ne se passe presque pas d'année où Ton ne signale quelques-uns de ces animaux dans les montagnes ou les bois de plaine les plus voisins, dans les cantons de Bftle, d'Argovie, de Soleure, de Berne, de Neuchfttel, de Vaud, ou même près de Genève. Pas plus tard qu'au mois d'avril de l'année 1868, une bande nombreuse vint exercer de grands dég&ts dans le Jura bernois. On m'écrit de Luceme qu'un ou
deux Sangliers isolés ont été vus encore, il y a quelques années, dans les enwons de cette ville. Ce sont, je pense, les derniers qui se soient montrés si avant dans le centre de notre pays. Cysat * disait, du reste, cet animal, commun, il y a deux siècles, dans les bois qui avoisinaient le lac des Quatre-Cantons.
Les Sangliers habitent en famille jusqu'à un certain ftge, puis en compagnies plus ou moins nombreuses, dans les forêts humides et sur les montagnes, comme dans les plaines. Les vieux m&les deviennent d'ordinaire très farouches et se retirent de leur bande pour vivre seuls à Técart dans quelque épais fourré où ils établissent leur demeure, connue généralement sous le nom de bauge. Ces animaux restent, le plus souvent, dans leur retraite pendant le jour; couchés sur la mousse ou sur le sol battu, ils attendent la tombée de la nuit pour sortir à la recherche d'herbes, de graines, de racines, de Vers, d'Insectes et même de petits Vertébrés. Il suffit souvent d'une seule nuit à une bande de ces quadrupèdes pour dévaster une riche récolte.
L'accouplement du Sanglier a lieu durant l'hiver ; à cette époque, les mâles se livrent volontiers de terribles combats. Seize à dix-huit semaines après, la femelle met au monde de 4 à 6 Marcassins, qui bientôt se promènent avec leur mère dans les bois.
Quelques débris fossiles trouvés dans les graviers stratifiés des environs de Genève ", ainsi que de nombreux ossements recueillis dans les tourbes et les restes des stations humaines ', attestent suffisamment l'abondance de cette espèce sur notre sol, dans un temps bien éloigné maintenant. Dès l'âge de pierre des Palafittes, il a existé deux races de Sangliers. L'une, plus forte, que l'on a distinguée sous le nom de Sus Scrofa férus, est la souche du Sanglier sauvage aussi bien que du Cochon ordinaire domestique ; l'autre, désignée sous le nom de Sus Scrofa pciustris, est plus petite et plus faible, et parait avoir été plus ancienne-
' J.-L. Cysat, Besch. des BerOhmbten Lucerner, etc. 1661, p. 169. * Pictet, F.-J. Ossements de Mattegnin. Soc. Phys. XI, 1846, p. 91. ^ RQtimeyer, L. Untersuchungen, 1860, p. 9— 82. — Pfahibauten, 1861, p. 26, 88 et 119.
ment domestiquée. Cette dernière prospère encore de nos joars^ sans avoir subi d'altérations sensibles, dans quelques cantong de la Suisse orientale, dans les montagnes dTJri et des Grisons, par exemple *•
* Plus particulièrement le petit Cochon ronge. — Rfttimeyer, L. Neae Beitrftge inr Kenntniss des Torftchweins. Yerhindl. der Natorf. Gesell* Base], nr, I, 1864.
Ordre VI. RUMINANTS
RUMINANTIA
Les Ruminants sont beaucoup plus semblables entre eux que les divers membres de Tordre précédent. Quoique l'étude des espèces éteintes dans les époques antérieures semble présenter quelques points de contact entre ces animaux et les Pachydermes, il existe cependant, chez les Ruminants, un ensemble de caractères communs qui permet de les distinguer et de les grouper.
L'estomac est^ chez eux, divisé en plusieurs loges. Us n'ont jamais que deux doigts ongulés reposant sur le sol. Les os du métacarpe, comme ceux du métatarse sont généralement soudés, pour former un tronc unique ou canon. La couronne des molaires postérieures semi-composées est développée en double croissant. L'articulation des maxillaires est disposée de manière à permettre le mouvement de rotation ou l'acte de ruminer. Le cerveau est pourvu de circonvolutions assez nombreuses.
A ces premiers traits principaux, l'on peut en joindre encore bien d'autres qui, pour être d'une application moins constante, n'en sont pas moins très caractéristiques. La plupart des Ruminants sont, par exemple, munis de cornes; la majorité manque d'incisives supérieures, ainsi que de canines ; les oreilles offrent l'aspect d'un cornet ; le pied
est bifide et très fourcha chez le plus grand nombre ; les deux doigts extrêmes sont entièrement enveloppés par des sabots. Les Lamas et les Chameaux, qui font exception à la règle sur ces divers points, doivent être réunis dans une famille à part * . Le tronc des représentants de Tordre qui nous occupe est porté par des membres comparativement minces et plus ou moins élancés ; le cou est toujours allongé et bien distinct. Enfin, chez la majorité d'entre eux, le placenta est dififusV
Les Ruminants, pourvus d'un petit nombre de mamelles, font des portées peu abondantes et ne mettent, le plus souvent, au monde qu'un ou deux petits seulement. Ils sont dépourvus de sommeil hivernal et vivent, la plupart du temps en société.
Ds sont répandus sur toute la surface de la terre et dans des conditions très diverses *.
L'on répartit assez généralement les différentes espèces
* Les Lamas et les Chameaux ne portent pas de cornes ; ils possèdent des incisives sapérieores et des canines aux deux m&choires. Les deux doigts sont, chez eux, garnis en dessous d'une semelle calleuse.
' Quelques espèces de la tribu des Moschins possèdent un placenta zonaire. Cette particularité, jointe à l'absence des cornes, a engagé plusieurs auteurs à distinguer ces petits animaux dans une famille à part ; cependant, Tensemble de leurs autres caractères les rapproche trop des Cervoles pour que Ton puisse, semble-t-il, les séparer des Cervidés.
' Parmi les nombreux auteurs qui ont traité spécialement de cet ordre je pourrais citer: Geoffroy St-Hilaire, Pander et d*Alton, Ogilby, Gray, Sundewall, Pucheran, Cobbold, Bergmann, etc. A ces quelques noms, jV jouterai la citation de divers ou\Tage8 généraux dans lesquels le lecteur trouvera à compléter les données, nécessairement très insuffisantes, de cette faune de la Suisse. Je signalerai, en particulier: Schinz, H. Synopsis Mam* malium, 1844. — Gray, J.-E. Catalogue of the spécimens of MammaKa in the British Muséum, P. III, 1852. — Pictet, F.-J. Traité de paléontologie ou dllist. nat. des animaux fossiles considérés dans leurs rapports zoolo* giques et géologiques, 1853. — Gervais, P. Histoire naturelle des Mammifères, 1854. — Harting, p. Lecrboek van de Grondbeginselen der Dierkunde, 1863. ^ Cabus et Ger8t.ccker, Handbncb der Zoologie, Idi^a.
vivantes dans quatre familles qui se distinguent par plusieurs caractères tirés, entre autres, du crâne et des cornes, ainsi que de la dentition et de la structure des membres.
Cavicornidés (Bœuf,AntUqpe), Cervidés (Cerf, FMemusc), Camelopardalidés (Girafe) y Tylopodidés (Chch meau, Lama). Les espèces éteintes, les plus distantes de. nos formes actuelles, constituent une cinquième famille à part ; celle des Anoplotherioïdés (Anopldherium) * .
La Suisse, comme l'Europe entière, ne renferme plus actuellement, à l'état sauvage, que des représentants des deux premières familles seulement; nous possédons des Cavicornidés et des Cervidés. Nous n'avons plus même, en dehors de nos animaux domestiques, que deux espèces dans cet ordre. Si nous remontons dans l'époque quarte* naire, nous y rencontrerons, cependant, plusieurs espèces perdues maintenant pour nous ; mais nous ne trouverons, dans ses limites, aucun membre d'une autre famille.
Ici, comme pour les Pachydermes, la pauvreté de notre pays, dans cet ordre, ne me permet d'aborder ni l'observation des mœurs en général, ni l'étude des caractères comparés des Ruminants. Je me bornerai donc à relever brièvement quelques-uns des points les plus importants de leur caractéristique ; avant que de parler, très succinctement aussi, des principales subdivisions dans lesquelles doivent rentrer nos deux espèces.
L'estomac des Ruminants est cloisonné ou multiloculaire, et, chez la grande majorité d'entre eux, il est divisé en quatre loges
* Les 08 du métacarpe, ainsi que ceux du métatarse, n'étaient pas soudés chez ces animaux.
362 PAUNE DES VERTÉBRÉS.
désignées sous des noms dififérents : la panse^ la plus grande et dans laquelle se déverse Toesophage ; le bonnet^ la plus petite, faisant suite à cette première; le feuillet^ qui fait quelquefois défaut, et la caittette, qui rejoint Tintestin. Les aliments imparfaitement m&chés sont d'abord promenés dans la panse et le bonnet, puis remontent dans la bouche, sous forme de boule, pour être triturés plus complètement une seconde fois ; de là ils redescendent enfin dans le feuillet, et passent, jusqu'au canal intestinal, au travers de la caillette, où ils se mélangent avec les principaux sucs digestifs.
Le canon de nos Ruminants consiste en un tronc unique plus ou moins allongé, composé aux dépens des os métacarpiens oa des métatarsiens réunis et soudés. A Textrémité inférieure du canon s'articulent les deux doigts qui reposent sur le sol ; contre la &ce postérieure de cet os, de droite et de gauche, se voient deux autres doigts latéraux plus ou moins développés et terminés par de petits sabots élevés au-dessus de terre.
Les incisives supérieures sont remplacées par un hourrdet calleux, chez la majorité des représentants de Tordre qui nous occupe ici. Les molaires sont, conrnie je Tai dit, semi-composées seulement. Les postérieures présentent, sur leur couronne, une disposition en doubles croissants juxtaposés, dont la convexité est tournée en dedans (Voy. PI. Vin, fig. 12). Ces dents sont, le plus souvent, au nombre de six sur six.
Une considération de grande importance dans l'étude des Ruminants réside dans les développements divers des os frontaux fournissant aux cornes des modes de fixation très différents. En effet, les cornes, qui existent sur le front des m&les principalement, peuvent être persistantes et pourvues d'un axe osseux, ou caduques et simplement développées au sommet d'un prolongement particulier de l'os frontal. Dans le premier des cas, et au dedans des cornes creuses qui persistent durant toute la vie de l'animal, l'on trouve un tronc osseux plus ou moins cloisonné à l'intérieur, et qui, partie intégrale du frontal, offre un solide point d'appui à la matière cornée formée tout autour, aux dépens des poils. Dans le second cas, les hais qui tombent et se renouvellent généralement chaque année, croissent simplement à l'extrémité d'une apophyse firontale, sur une base élargie nom-
méemetde. C'est sur le ponrtour de cette dernière qu^arrivent les différents vaisseaux qui nourrissent la peau protectrice du bois osseux et entièrement plein ; c'est également par Tétranglement croissant des canaux nutritife, en cet endroit, que la première enveloppe de cet organe se dessèche graduellement, et que celui-ci meurt et finit par tomber, pour être renouvelé.
FamiUe I. CAVICORNIDES
CAVICORNIDiE
Les nombreux représentants de cette famille sont pourvus, de chaque côté de la tète, d'un prolongement du frontal autour duquel se développe une corne pileuse persistante. L'œil est, chez eux, entouré par un cercle osseux complet ; ils n'ont ni incisives supérieures, ni canines ' ; le sabot, enfin, est large, plutôt court et constanmient plein en dessous.
Les formes diverses du corps, de la tête et des membres, aussi bien que la structure des cornes et de quelques organes spéciaux que nous aurons l'occasion de remarquer, aux pieds, près des yeux et ailleurs, permettent de diviser, en tribus et en genres, cette grande famille répandue sur toute la terre.
Nous distinguerons les quatre tribus suivantes : Bovins, Ovins, Caprins et Antikipins*.
' Je ne regarde pas comme canine la petite dent qoi se trouve, au maxillaire inférieur, de chaque c6té des incisives principales ;je préfère attribuer, avec plusieurs auteurs, 8 incisives inférieures aux membres de cette fiunille, plntM que de leur en donner 6 avec une prétendue canine, ainsi que le font quelques naturalistes.
* Quelques zoologistes ne font de ces quatre subdivisions que des genres seulement.
36i FAUNE DBS TCRTÉBRÉS.
Dans les trois premières, nous trouvons nos Ruminants domestiques ; dans la dernière, la seule espèce sauvage qui nous reste encore.
Tribu des BOVINS
BOVIXA
La tribu des Bovins, qui ne compte plus dans notre pays que des animaux domestiques, a été représentée autrefois, en Suisse, par deux espèces du genre Bœuf, primitivement sauvages et bien distinctes. L'Urus et le Bison ont, en effet, tous deux habité nos forêts, dès les temps les plus reculés de Tépoque quaternaire, et pendant longtemps encore avec les premiers hommes.
Quelques débris fossiles de FUrus, Bos primigenim (Boj.), ont été trouvés dans les lignites de Durnten et dans les graviers de Bàle '. Des ossements bien plus nombreux de la même espèce, indiquant une taille énorme *, ont été découverts aussi dans les tourbes et dans les stations humaines, tant terrestres ' que lacustres \ Uon a reconnu, dans les restes des Palafittes, des preuves, anatomiquement de plus en* plus accusées, d'une domestication de ce grand animal, dès Tftge de pierre, et Ton a pu
* Rûtimeyer, Pfahibauten, 1861, p. 71 et 72.
Heer, Urwelt, 1665, p. 499 et 542.
C'est très probablement aussi à qaelqae race de cette espèce qu'il £iat rapporter les ossements de jennes Bœufs que le prof. Pictet a reconnn dans les graviers stratifiés de Mattegnin, près Genève. Soc. de Phys. XI, 1846, p. 91.
* J. César, parlant de TUnis, dit de sa taille: MagmUêâim pouh ùrfra Elephanioe*
> Favre, Station de Thomme à Veirier. Arch. Phys. Kat. 15 mars 1868, p. 251.
Ossements de Veirier. Rûtimeyer in Thioly. Rcv. Sav. 25 avril 186S.
« RûUmeyer, Untertuchnngen, 1860, p. 15— 32. — Piàhlbaoten, 1861, p. 67, 70 et 180.
constater ainsi la création de races distinctes, de formes et de taiUes différentes ^ Les races variées de notre Bas Taums (Linné) domestique actuel, descendraient donc, pour la plupart, de ces premières branches divergentes '. L'une de ces dernières, connue sous le nom de Brachyceros^ s'est conservée, presque sans altération, jusqu'à aujourd'hui, dans une grande partie des Alpes suisses, notamment dans les cantons des Grisons, d'Uri et de Schwytz ' ; tandis que le type du Bos primigenius a depuis longtemps disparu et n'y est plus représenté que par quelques autres races dérivées et désignées actuellement sous le nom commun de frmtosus *.
Des ossements du second Bœuf signalé en Suisse, du Bison, Bos Bison (Linné), ont été retrouvés, sur quelques points, dans les graviers de l'époque diluvienne, près de Zurich et de Bftle ^ ainsi que dans les tourbes et les restes des Palafittes '. Cette espèce, de plus petite taille que la précédente, demeura constamment sauvage dans nos forêts. Elle est dès longtemps entièrement éteinte dans notre pays, et a disparu petit à petit de presque tout le continent, à l'exception toutefois des forêts du Caucase et de Bialovictz, en Lithuanie, où on la rencontre encore, toujours farouche et indomptable \
* Rûtimeyer, Beit. za einer paleont Gesch. der Wiederkauer. Mittheil. d. Nat Gesell. in Base!, 1865. — Versuch einer Naturl. Gesch. des Rindes in seiner Bezieh. za den Wiederk. in Allg. 1867.
* Forme primitive Priwigmiu8\ races dérivées de cette soache, Drocluh cène et Frmtosus. La forme dite Brackyceroe est, pour le pro£ RQtimeyer, one soache indépendante, dont les descendants ont été soavent croisés avec les dérivés du Jhimigemue.
' Plus particaUèrement les Vaches grises des cantons sas-nommés.
« RQtimeyer, Pfahlbaoten, 1861, p. 142.
» Heer, 0., Urwelt, 1866, p. 542.
RQtimeyer, Herkunft d. Thierwelt, 1867, p. 50 et 54.
* RQtimeyer, Untersachangen, 1860, p. 21—32. ^ P&hlbanten, 1861, p. 67.
^ Le Baffle, Boe Bubalua (Brisson), qai se voit en Italie, n'a rien de common avec les espèces précitées, et a été importé d'Asie.
366 FAUNE DBS YERTÉBRiS.
Tribu des OVINS
OVIKA
De nombreux débris du Mouton, Ovis Aries (Linné), ont été trouvés sur notre sol, au milieu des restes des Palafittes '. Les ossements fossiles de cette espèce indiquent toigours, chez elle, un état de domesticité dès ces temps reculés *. Ce sont encore les Moutons de VOberland grisou qui, suivant le proL Riitimeyer, rappellent le mieux la race ancienne de T&ge de pierre.
Une espèce de cette tribu se trouve, à Fétat sauvage, en Europe; c^est le Mouflon, Ovis Musmon (Bonap.)> qui habite les montagnes de la Corse, de la Sardaigne, de la Grèce et de l'Espagne.
TRffiu DES CAPRINS
CAPRINA
Je crois devoir entrer, à propos de cette nouvelle tribu, dans un peu plus de détails, par le fait qu'elle a compté, en Suisse, jusque dans les dernières années, à côté de
* Ratîmeyer, Untenachongen, 1860, p. 15—82, — Pfahlbaoten, 1861, p. 127.
Uhlmaïui, Ueber Thicrreste in den SchntUbL der Tinière. ICttlidl. der Bern. nat Oesell. 1868.
* Le prof. Pictet (Soc. de Phjrs. 1846) a cm reconnaître one vertèbre cervicale de Mouton oo de ChèTre dans les graviers stratifiés de Matt^gnin, près Genève.
la Chèvre domestique Gapra Bxrcus (Linné), une espèce sauvage, le Bouquetin, Capra Ihex (Linné), qui, connue je Tai dit, est extirpé maintenant de nos montagnes.
Les Caprins ont le front très relevé, de manière à pouvoir porter des cornes de fortes dimensions; de plus, ils se distinguent constamment des Ovins par la forme moins busquée de leur nez.
Leurs cornes sont plus droites aussi et jamais récurrentes.
Ils n'ont pas davantage le larmier, ni les glandes interdigitales qui caractérisent les membres de la tribu précédente.
Us ont, presque toujours, quelque trace d'une barbe plus ou moins accusée au menton.
Les dents sont, chez eux, régulièrement au nombre de
La formule dentaire est la suivante :