‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 5)Chapitre 75 sur 91 · dents · texte numérisé non relu

dents

6 8 6 ^vuwo.

Les femelles ne portent que deux mamelles.

Ces animaux se répartissent dans des genres peu nombreux, mais assez riches en espèces et variétés.

Les Caprins existent, à l'état sauvage, en Europe, en Asie et en Afrique ; ils vivent à l'état de domesticité en Amérique et en Australie.

Genre CHÈVRE

CAPRA, Linné

Frontaux fortement rélevés. Nez p'esque droit. Cornes longues, arquées en arrière, noueuses, comprimées et quadranffulaires. Pas de larmier, ni de glandes interdigitales. Lèvre supérieure presque entièrement velue.

Les frontaux sont fortement relevés et le nez presqae droit. Les intermaxillaires pénètrent entre les maxillaires et les os nasaux. Les palatins postérieurs sont très courts.

Les incisives sont épaisses et arrondies.

Les cornes sont longues, arquées en arrière, noueuses, comprimées et quadf angulaires.

Aucune trace de larmier.

Pas de grandes interdigitales.

Les sabots sont larges et de forme à peu près carrée.

La lèvre supérieure est entièrement velue, sauf un très petit espace entre les narines.

La queue est généralement courte et velue.

Les poils du menton s'allongent et se réunissent souvent pour former une barbe plus ou moins accentuée.

Les animaux de ce genre habitent principalement les montagnes.

L'Europe centrale ne compte que deux espèces de Chèvres * : Tune sauvage, le Bouquetin, Capra ibex (Linné),

^ Le Bouquetin des Pyrénées, Ckipra Pyrenaica (Schïnz, Neue Denks.

l'autre privée, notre Chèvre, Capra Hircus (Linné). Deux antres, les Oapra camaska (Guldenst.) et Cap. 2Elgagrus (Gmel.) ne se montrent gnère qu'à Textréme orient sur les frontières asiatiques. Cette dernière semble être la souche de notre espèce domestique.

La Chèvre (Oapra Hircus) a été abondamment représentée dans toutes les stations des Palafittes ' ; et, dès l'âge de pierre. déjà, comme animal domestique.

LE BOUQUETIN Der Steinbock

Capiu Ibex, Linné

jymi brun mclangé de gris et de rôtissoire en dessus ; Uatichâtre sur le ventre. Queue, sans le poil, légèrement plus longue que VoreiHe. OreiUe acuminée et mi peu plus grande que le tiers de la tête. Sabots courts et larges. Cornes longues^ noueuses, franchefnent quadrangulaires,penchées en dehors, infléchies en arrière, ef, jusqu'à leur extrémité, constamment divergentes. Longueur totale moyenne 1450'^'^.

Capra Ibex, Linné, S. N. XII, p. 05, n. 2.

» ALPiNA, Girtan, Journ. de Phvs. XXVIII, I, p. 224. Ibex âlpinus, Get'vais, Hist. nat. des Mamm. 1855, p. 188.

der Schw. Gesell., vol. Il) présente une taille un pea supérieure à celle du Bouquetin des Alpes et une courbure des cornes un peu différente ; aussi est-il considéré par plusieurs zoologistes comme une espèce parfaitement distincte. Oervais (Zool. et Paléont. Franc.) en fait son Ibex Pyrenaica et Gray (Brit. Mus. Cat. Mamm. 3) en fisût VAegoceroe Pyrenaiea. Une autre forme encore a été observée, dans le midi de l'Espagne, par M. Schimper qui en a fait la Capra hispanica.

< Ratimeyer, Untersuchungen, 1860, p. U— 32.^ Pfahlbauten, 1861, p. 124.

Uhlmann, J. Ueber Thierreste in dem Schutt. der Tinière. MittheîL der Bem. nat Gesell. 1868.

370 FAUNE DBS VERTÉBRÉS.

Considérant cette espèce comme perdue pour la Suisse, je la décrirai brièvement, sans lui attribuer de chiffire d'ordre.

En tout 32 dents. Les incisives médianes un peu plus fortes que les autres. La première molaire inférieure avec une légère encochure au côté interne ; la suivante beaucoup plus profondément entailléa La sixième molaire inférieure pourvue de trois arêtes au côté externe et mesurant, à peu près, deux fois les dimensions de la précédente.

Les cornes très longues et très fortes, croissant, entre les oreilles, sur le sommet du front, et décrivant, en arrière, une courbe d'un très grand rayon quoique toujours bien accentuée; régulièrement comprimées et quadrangulaires, le seul angle interne supérieur fortement accusé, les autres d'ordinaire plus ou moins arrondis ; garnies de nœuds saillants, pouvant permettre, jusqu'à un certain point, de supputer Tftge de l'animal. Toigours plus courtes, plus faibles, moins anguleuses et moins courbées chez les femelles que chez les mftles ; souvent, enfin, peu infléchies chez de très vieux boucs.

Les oreilles pointues et mesurant un peu plus du tiers de la tête. — Les membres forts ; les sabots larges et courts. — La queue en général redressée, noir&tre et terminée par un mouchet de poils, sans lequel elle mesure un peu plus que la longueur de l'oreille. — Pelage assez rude, souvent plus long sous le ventre que sur le dos et toujours beaucoup plus développé en hiver qu'en été. Les poils du menton et de la gorge parfois légèrement plus longs que les autres, mais formant rarement une barbe comme en portent d'autres Chèvres. — Les parties supérieures d'un brun plus ou moins grisâtre ou rouss&tre. La face, ainsi que la poitrine, d'une teinte plus foncée, et la gorge, par contre, souvent plus claire. Les oreilles, les joues et le menton plus clairs aussi ou plus jaunâtres. Le ventre blanc ou blanchâtre, jusqu'à la base de la queue.

Les livrées d'hiver et d'été peu dissemblables; la dernière seulement un peu plus claire ou plus rousse *.

* F. ?on Tschadi, dans la 3"* édition de son Tbierleben, donne la det« cription de trois individus d'âges et de sexes différents. L*on peut troorer également dans cet ouvrage beaucoup d^observations intéressantes sor le Bouquetin.

Les jeunes, d'ordinaire, plus clairs que les adultes, avec des teintes plus nettement opposées et souvent une bande dorsale noir&tre.

Dimensions moyennes des m&les adultes: Longueur totale = 1- 400~» à 1" 550—, de la tête = 319"-; de l'oreille = 120— ; de la queue, sans le poil = 120*" à 130"". Hauteur moyenne, sur le dos « 830~ à 860"-. Les cornes sont, naturellement, très variables avec rage. J'en ai vu, par exemple, qui mesuraient 700—, et d'autres qui atteignaient à 850— le long de la courbure. Il en existe, dit-on, qui arrivent jusqu'à 1". La femelle est toujours bien plus petite que le m&le; sa longueur totale mesure entre autres près de 380— de moins. Un beau bouc pèse environ 200 livres, la femelle beaucoup moins.

Le Bouquetin, qui habitait autrefois diverses parties de nos montagnes, est maintenant entièrement extirpé du sol suisse. Toutefois, il en existe encore quelques petites troupes dans les Alpes piémontaises, où cette chasse a été sévèrement prohibée ; il pourrait, par conséquent, arriver que, pourchassés, malgré la défense, sur le versant italien, ces animaux se montrassent, une fois ou l'autre, encore sur nos frontières, dans les environs du Mont-Rose, en Valais. Un chasseur d'Aoste apporta à Genève, en 1866, deux Bouquetins qu'il avait tués de contrebande dans les montagnes voisines de Courmayeur. M. Nager, d'Andermatt, qui a conservé vivants plusieurs de ces superbes animaux, en a reçu un grand nombre et en reçoit toujours, presque annuellement, de ces mêmes Alpes piémontaises.

Plusieurs cantons, comme Berne, Un et Glaris, ont possédé autrefois des Bouquetins; mais, dès longtemps, ceux-ci ont quitté ces localités, pour se retirer plus près de la chaîne principale, dans le Valais et les Grisons. Gessner' et Wagner* représentent ces animaux comme encore assez abondants dans notre pays durant les XVI-* et XVII-* siècles. Cependant, ce fut en 1550 que l'on tua le dernier Bouquetin dans le canton de Glaris, et de-

* Oenner, de Quad. viviparis, 1561.

' Wagner, Hist. Nat. Helv. Cur., 1680.

37f FAUNE DES YERTBBIUSS.

puis ce temps Ton a pu voir Tespèce diminuer rapidement dans le centre de la Suisse, fuyant, par petites troupes, du côté de nos frontières et vers les sommets glacés. Les poursuites continuelles ont acculé dans les névés supérieurs ces quadrupèdes qui n'étaient pas aussi bien constitués que le Chamois pour supporter le climat rigoureux des régions glaciales. La nature et les frimats ont ainsi trop aidé à la destruction de cette belle espèce. Tschudi ^ assure que Ton trouvait le Bouquetin au St-Gotbard vers le milieu du siècle passé. Le même auteur signale dans le Valais, près de la Dent-Blanche, un pic nommé Dent des Bouquetins, dans les environs duquel ces animaux se sont maintenus longtemps, et près duquel ils ont fait encore quelques apparitions, il y a trente ans à peu près.

Le professeur Théobald m'écrit de Coire que le Bouquetin a été commun autrefois dans les Grisons ; mais que, de mémoire d'homme, il n'en a pas été vu dans ce vaste canton. Ce ne sont plus que des récits et des dépouilles de ces animaux qui attestent encore leur ancienne présence dans le pays *.

De nos jours, aucun chasseur suisse n'a aperçu cette espèce dans nos Alpes; elle est donc perdue pour nous, et il est bien à craindre que le même sort ne l'attende aussi bientôt sur le versant méridional des Alpes pennines. On peut voir, en Suisse, de beaux sujets de ce Caprin, dans les musées de Zurich, de St- Gall, de Berne, de Neuchfttel *, etc.

Le Bouquetin habite de préférence à un niveau moins élevé que le Chamois ; il vit en petites troupes, et déploie beaucoup de force et d'adresse pour grimper et sauter. Son naturel paraît moins sauvage que celui du Chamois, et, contrairement aux habitudes de celui-ci, c'est principalement la nuit qu'il se rend à la pâture. L'accouplement a lieu en hiver, puis, en mai ou en juin, la femelle met bas un seul petit qui de suite commence à courir après elle.

> F. Ton Tschudi, Thierleben der Alpenwelt.

' Le prétenda Bouquetin conservé longtemps Tivant à lli6tel da Steinbock, à Coire, n'était autre chose qu'un vieux bouc de Chèvre (Capra Hirats} qui trompa beaucoup de gens par son aspect étrange.

' n y a aussi plusieurs Bouquetins dans les collections vendues par M. Chalandes, à Neuchàtel et à Winterthur.

Le croisement des Capra Ibex et Capra Hircus a créé des métis capables eux-mêmes de reproduction, toujours très méchants et pourvus d'une barbe beaucoup plus développée que celle de l'espèce sauvage. Un exemplaire de ces hybrides figure dans le musée de Berne.

De rares débris du Bouquetin ont été trouvés dans les tourbes et les restes des Palafittes ^ ; ainsi que dans la station terrestre de Veiner '. Des ossements plus nombreux ont été découverts dans quelques cavernes des cantons de St-6all et d'Appenzell '.

TwBu DES ANTILOPINS

ANTILOPINA

Cette tribu renferme des animaux de forme et de taille si variées, que plusieurs d'entre eux rappellent quelquefois les représentants d'autres tribus, ou même d'autres familles.

C'est une agglomération de genres divers rapprochés par un petit nombre de traits conmiuns et qu'on a groupés, parce qu'ils ne peuvent cadrer parfaitement avec la caractéristique d'aucune autre subdivision.

L'axe osseux des cornes, droit ou courbé, est cependant généralement plein, sauf à la base, chez les Antilopins, contrairement à ce qui a lieu chez les Bovins ; le même

* Rûtimeyer, Untereachungen, 1860, p. 28.

* Ossements de Veirier. Rûtimeyer in Thioly, Rev. Sav. 25 ami 1868. ' Rûtimeyer, Herknnft d. Thierwelt, 1867, p. 50.

374 FAUNE DBS VERTÉBRÉS.

fait se présente, toutefois, chez quelques Ovins et certains Caprins.

La formule dentaire est la même que dans d'autres tribus :

600 6 on A 4.

Page 1