‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 5)Chapitre 77 sur 91 · LE CHAMOIS Die Gemse · texte numérisé non relu

LE CHAMOIS Die Gemse

Capella Rupicapba, Linné

D'un fauve roux ou d'un brun noirâtre en dessus; d'un fauve jaunâtre ou blanchâtre sous le ventre ; une large bande fono-c, de V oreille au museau, Quetie, sans le pod^ beaucoup plus courte que V oreille. Oreille à peu près égale à la moitié de la tête. Cornes situées au-dessus de VœU, plus courtes que la tête, verticales à Tare du crâne et fortement recourbées, en arrière et en bas, vers leur extrémité. Longueur totate moyenne 1300'^.

Capra RiPiCApRA, LÀnné, S. N. XII, p. 95, n. 4. Antiu)PE RiPiCAPRA, PallWy Spic. XI, p. 42; XII, p.J2. Capella Rlpicapra, Ke\j$, et Bios, VVirbelt. Eui-op. p. 28, n. 15.

En tout 32 dents.

Mâchoire supérieure : six molaires présentant une arête externe plus élevée et une interne plus basse. Les trois premières les plus petites et formées d'un seul prisme ; les suivantes composées de deux prismes juxtaposés, munies sur la face externe de colonnettes verticales et limitées par des tranches de Témail; la surface des couronnes offrant, chez ces dernières, Faspect de doubles croissants (Voyez PL VIII, fig. 12). La sixième en arrière constamment plus faible que les deux précédentes.

Mâchoire inférieure : les quatre incisives médianes larges, longues, en palettes et creusées à la face interne ; les quatre externes toujours beaucoup plus petites. Les molaires plus étroites que les correspondantes supérieures et divisées, à la face externe, par des sillons au lieu de crêtes saillantes. Les trois antérieures beaucoup plus faibles que les postérieures ; la première, avec une seule arête et à peine aussi grande que la moitié de la seconde ; celle-ci et la suivante croissant en dimension, comme à Tautre mâchoire, d'avant en arrière. Les trois dernières molaires, enfin, affectant la forme de doubles croissants juxtaposés et présentant, sur la couronne, une pente contraire à celle de leurs opposées supérieures ; le bord externe étant plus bas que Tarête interne. La quatrième et la cinquième composées de deux prismes ; la dernière, pourvue en arrière d'un troisième élément toujours plus petit et plus bas que les deux précédents.

Crâne relevé vers l'emplacement des cornes, au-dessus de la courbe postérieure du cercle osseux orbitaire ; la boite crânienne arrondie et prolongée en arrière ; la partie antérieure des frontaux déprimée et légèrement creuse ; les os nasaux presque droits.

Cornes situées au-dessus des yeux, formant un angle droit avec la ligne du nez, rapprochées par le bas et un peu divergentes ; presque droites d'abord, puis recourbées en arrière et en bas, de manière que l'extrémité, très acérée, devient à peu près parallèle à la base. La première partie, cerclée de petits anneaux saillants, incapables de fournir une donnée

exacte sur Tftge de ranimai; de fines stries longitudinales sar tonte la longueur. Leur élévation moyenne, chez les adultes, à peu près égale à la distance qui sépare le coin postérieur de Tœil de Textrémité du museau. La hauteur atteignant quelquefois à 190 ou 200^; la longueur mesurant, suivant la courbe entière, jusqu'à 240 ou 250"-.

Les cornes des femelles constamment plus minces que

celles des mâles et d'ordinaire plus parallèles vers la base.

La courbure se montrant dès le bas âge, et la pointe se

rapprochant d'autant moins de la verticale que individu

est plus jeune •.

Des ouvertures glandulaires derrière les cornes.

Membres et pieds à la fois longs et robustes ; les onglons postérieurs aplatis en dehors ; les sabots légèrement tranchants et plus forts au côté externe qu'au bord interne.

Des pores inguinaux.

Oreille acuminée et à peu près égale à la moitié de la tête ; blanchâtre ou grisâtre en avant, brune ou noirâtre en arrière et au sommet.

Queue plus courte que Toreille, d'un gris brun ou brune et terminée par quelques poils presque aussi grands qu'elle.

Museau velu, à l'exception d'une petite raie médiane et du pourtour immédiat des narines.

Pelage fourni, assez rude, gris à la base et toujours beaucoup plus long en hiver qu'en été.

Faces supérieures, en été: d'un fauve roux, avec une raie dorsale noirâtre ; les membres plus foncés ou brunâtres ; le pied noirâtre, avec un espace plus clair autour du sabot. La tête d'un roux jaunâtre clair, avec une large bande noirâtre s'étendant depuis l'oreille, entre le dos du nez et le bas des joues, jusqu'au museau et sur la moitié postérieure de la lèvre supérieure; une tache claire au-dessus de l'œil.

' L*on peut observer, à tout &ge, des formes anormales dans les cornes ; ainsi elles peuvent être entièrement droites, ou bien recourbées en aTint ou sur le côté. Ces anomalies sont dues, le plus souvent, à des accidents qoi ont atteint Torgane pendant sa croissance.

En hiver et en aatomne, les parties supérieures d'un brun noirfttre; le bas des membres plus clair qu^en été ou roussfttre ; les pieds noirâtres. La tête d'un fauve très clair, avec une bande latérale très foncée. La livrée transitoire du printemps plutôt grisâtre.

Faces inférieures, en été : d'un fauve jaunâtre moins foncé que les faces dorsales ; la gorge jaunâtre et claire ; les fesses blanchâtres.

En hiver et en automne, la gorge plus ou moins roussâtre; le ventre et les fesses blanchâtres.

Jeunes assez semblables aux adultes, avec des teintes plus sombres et moins franchement opposées.

Des variétés parfaitement blanches ont été trouvées à plusieurs reprises dans notre pays.

Longueur totale (jusqu'au bout des poils de la queue) 1*,250 à l'>,450

» de la tète 0,256 0,280

» de l'oreille 0,130 0,146

* de la queue (sans le poil) 0,095 0,100

Hauteur moyenne (sur le dos) 0,780 0,800

Un mâle adulte pèse, en moyenne, de 70 à 90 livres, parfois jusqu'à 120 livres.

Les Chamois ont été connus dès les temps historiques les plus reculés. Ils étaient autrefois beaucoup plus nombreux dans nos Alpes qu'ils ne le sont maintenant. Suivant Gessner et Wagner, cet animal était partout très abondant en Suisse, dans les XV!""* et XVU"* siècles. Au commencement du dix-neuvième, il était même assez commun dans certaines montagnes, pour qu'un seul chasseur, Golani de Pontrésina, ait pu en tuer près de 3000 individus, dans les Grisons. Mais de pareils abattis se sont promptement fait sentir et l'on a compris la nécessité de protéger ces gracieux habitants de nos Alpes. La chasse a été interdite dans quelques localités ; ailleurs, les chasseurs eux-mêmes ont pris soin de ménager et de protéger leur gibier. S'il existe certaines parties de nos montagnes où la passion aveugle et peu prévoyante a presque détruit les Chamois, il en est aussi d'autres

OÙ le nombre de ces animaax semble, par contre, s'accrottre de nouveau.

Il n'arrive plus guère de rencontrer, comme autrefois, des troupeaux de cent Chamois réunis ; mais Ton peut encore en voir quelquefois jusqu'à trente ou quarante pâturant sur les gazons ou traversant lentement un glacier. Malheui'eusement, ce ne sont pas seulement les hommes, les Carnassiers et les grands Rapaces qui font la guerre à ces Antilopes de nos montagnes ; la nature elle-même les poursuit aussi de ses rigueurs. C'est ainsi qu'en quelques instants, et sur un espace de deux cents pas environ, j'ai pu trouver, sur les pentes du Zinkenstock, dans les premiers jours de juin 1863, les restes de trois Chamois tués probablement par quelque avalanche du printemps.

Le Chamois, qui s'élève en été sur les crêtes mêmes les plus élevées de nos Alpes, descend en hiver jusque dans les bois, parfois même dans les vallées. Il aime la société ; il n'y a que les vieux boucs qui, chassés du troupeau par les jeunes m&les, s'en aillent vivre, sombres et isolés, dans quelque pente rocailleuse et écartée ou dans quelque épaisse forêt.

Cet animal, agile et gracieux, mène, lorsqu'il n'est pas dérangé, une vie très régulière. Il passe la nuit à Tabri de quelque anfractuosité de rocher, dans la région élevée ; reposant durant l'obscurité, contrairement aux habitudes du Bouquetin, que nous avons dit se comporter tout autrement. Au matin, il descend en broutant de droite et de gauche, jusqu'au-dessous de la limite des neiges, pour aller bientôt se coudier dans quelque endroit abrité et ombré. La sieste matinale dûment prise et savourée, le milieu du jour arrivé, le Chamois remonte lentement en paissant, pour s'étendre encore, et ruminer, sous quelque roc, i la fraîcheur et dans le voisinage de la neige ou du glacier. Le soir, enfin, avant de gagner sa retraite, il retourne encore un moment à la pâture.

Lorsqu'un troupeau est occupé à reposer ou à brouter, il est d'usage qu'une vieille femelle fasse la garde ; sitôt que la sentinelle, perchée sur quelque roc élevé, aperçoit un danger, elle sififie et toute la bande s'enfuit en bondissant. Un Chamois effrayé peut grimper, à l'aide de ses sabots tranchants, contre des parois rocheuses en apparence presque verticales; ou bien il peut

fournir, avec ses membres nerveux, un bond de plus de vingt pieds par dessus quelque crevasse. L'ouïe, la vue et Todorat sont développés à im très haut degré chez ces animaux. Les amours ont lieu, généralement, au mois de novembre. Les mftles se livrent alors de terribles combats ; il est même arrivé parfois que deux boucs, ainsi acharnés Tun contre Vautre, se sont poursuivis jusque dans la vallée, où ils ont été surpris et capturés. La femelle met bas, en avril ou en mai, un ou deux petits qui la suivent bientôt partout. SteinmûUer ' et Tschudi ' donnent tous deux d'intéressants détails sur les mœurs de ces animaux et sur leur chasse.

Le Chamois se rencontre encore presque partout, plus ou moins abondamment dans les Alpes suisses, au-dessus de 5000 pieds environ; mais il fait entièrement défaut dans toute la chaîne du Jura. Les cantons du Valais et des Grisons me paraissent ceux qui possèdent, de nos jours, le plus grand nombre de ces animaux.

Nos chasseurs font, à tort, deux espèces des Chamois qui se tiennent sous bois et à un niveau constamment inférieur, et de ceux qui demeurent, plus haut, dans les rochers ou les prairies supérieures. Il n'y a rien de fondé dans cette distmction purement gratuite. Il est inutile de dire qu'il n'existe entre ces animaux aucune différence spécifique, et qu'il ne faut pas attacher trop d'importance à une diversité d'habitat nécessitée, bien souvent, par les conditions plus ou moins favorables de la nature environnante.

L'on a trouvé, à l'état libre, et obtenu aussi en captivité, des métis du Chamois et de la Chèvre. Le professeur Théobald m'écrit, entre autres, qu'il en vient souvent à Coire du Oberhalbstein ; qu'il y en avait, en particuUer, en 1863, un joli exemplaire vivant dans cette ville.

Quelques débris fossiles de Capéfla Bupicapra ont été trouvés

* Ueber die Gemsenjagd in der Schweiz, von Pfarrer Steinmttller. AIpina, 1807, vol. II, p. 130.

* F. voD Tschudi, das ThierlebeD, etc.

çà et là dans notre pays; dans les graviers stratifiés des environs de (Genève \ par exemple, dans la caverne de Wildkirchli, en Appenzell % dans la station terrestre de Veirier *, enfin, quoique rarement, dans les restes des Palafittes *. I<a découverte des ossements de cet animal dans la plaine laisse à présumer que le Chamois vivait alors, comme bien d'autres espèces, à un niveau plus inférieur, et qu'il s'est petit à petit retiré sur la hauteur avec les neiges et devant la civilisation.

FamîUe R CER\TDÉS

CERVIDiE

Les frontaux présentent^ en général, deux prolongements bas et aplatis au sommet, destinés à supporter des cornes osseuses, plus ou moins rameuses et toujours pleines. Les bois sont, la plupart du temps, l'apanage des mâles seulement, et sont d'ordinaire renouvelés chaque année. Le cercle orbitaire est complet. La perforation crânienne du larmier existe chez la grande majorité des Cervidés. Beaucoup ne possèdent pas de canines ; cependant, quelques genres en portent à la mâchoire supérieure ; il en est même chez lesquels ces dents prennent des proportions considérables *•

* Pictet, F.-J. OssemenU de Mattegnin. Soc. de Pbys. 1846, XI, p. 92.

• Heer, 0. Urwelt, HS66, p. 642.

^ OssemenU de Veirier. Ratimeyer in Thioly. Rev. Sav. 25 anil 1868. ^ ROtimeyer, L. Pfablbauten, 1861, p. 67.

■ Dans les genres Cervulm (Blain?.) et Moêchm{UDné) ces dents sortent de la bouche.

Les membres et le cou sont allongés ; le pied est grêle et muni d'un sabot petit et étroit. La jambe postérieure est pourvue, généralement, de bourrelets' couverts de fortes touffes pileuses.

Ces animaux, répandus sur toute la surface de la terre, sauf l'Australie, peuvent être répartis dans deux tribus et plusieurs genres, d'après la présence ou l'absence des cornes et du larmier, ainsi que d'après quelques particularités, de la dentition entre autres '.

L'Europe ne renferme que des Cervins ; la Suisse est même, actuellement, ti%s pauvre en espèces de cette tribu.

Tribu des CERVINS

CERVINA

Les nombreux représentants de cette tribu possèdent, chez les mâles ' , des cornes annuellement caduques ' et plus ou moins rameuses*. Le crâne offre, chez eux, de

* Le genre Maschus (Linné) faisant, sur plusieurs points, exception à la règle générale, et n'offrant, en particulier, ni cornes ni larmier, forme, pour plusieurs zoologistes, une fiimille à part ; cependant, comme je Tai déjà fut remarquer, les nombreux points de contact qui le rapprochent des petits Cervules, les canines supérieures, par exemple, semblent devoir en faire plutôt une tribu, sous le nom de Moschins (Moschina)^ dans la grande famille des Cervidés.

* Chez les Rennes seulement la femelle porte des cornes comme le mâle. ' L'on a observé, chez les Cerfs et les Chevreuils, que les femelles très

vieilles, ou qui sont devenues stériles, prennent des cornes, comme les mâles, ot que ces bois persistent chez elles, ainsi que ceU se remarque chez les m&les châtrés ou impuissants.

^ La corne ne forme d'abord, chez le jeune Cerf, qu'une seule pointe

chaque côté de la face, une fissure entre les os maxillaires, nasaux et frontaux, correspondant à Touverture externe qui se voit au-dessous de l'œil et que Ton nomme larmier.

Les dents varient un peu en nombre ; quelques espèces sont armées de canines plus ou moins développées à la mâchoire supérieure.

On subdivise cette tribu en plusieurs genres, d'après la dentition, les formes différentes des empaumuresS plates ou arrondies, des cornes et les aspects divers des bourrelets velus des jambes.

Les membres de la sous-famille qui nous occupe habitent de préférence les forêts, et se trouvent souvent dans des climats très opposés.

L'Europe ne compte maintenant que trois genres parmi les Cervins : le genre Cervus figure seul en Suisse ; les genres Elan (Alces) et Renne (Tarandus) sont perdus pour nous depuis longtemps.

nommée dague ; mais, depuis la troisième année, elle acquiert, à chaque renouvellement, une pointe ou andouiUer de plus. Le bois est, pendant sa croissance, recouvert d^une peau velue dans laquelle circulent les vaisseaux sanguins qui lui apportent le phosphate de chaux nécessaire à son déreloppement; mais petit à petit ces canaux sont étranglés entre les pknrts de la meule, et la peau s'en va naturellement. Le bois, après être resté quelque temps dénudé, meurt aussi et tombe, sous la double action d'une nouvelle croissance qui se fait en dessous de lui et des coups redoublés que l'animal y porte lui-même en battant contre les arbres.

* On nomme empaumures les points de naissance des embranchements du bois.

Genre ÉLAN

ALGES, 8m.

L^Elan (Akes pcimalus^ Klein), Cervus Jlces de Ldimé, qui ne se rencontre plus guère, en Europe, qu'en Suède et en Russie, vivait dans les forêts de la Suisse, durant les temps reculés de répoque quaternaire. L'on a, en effet, trouvé des ossements de cette espèce sur divers points de notre sol; dans les lignites S les graviers, les tourbes et les restes des Palafittes *. Heer cite même que Ton a découvert des squelettes entiers de cet animal dans le Jura, au val de Travers '.

Genre RESUE

TARANDUS. Og.

Le Renne (Tarandus rangifer, RajO) confiné maintenant, en Europe, dans Textréme nord, habitait la Suisse durant l'époque glaciaire. Des ossements fossiles de cette espèce ont été signalés dans les graviers de diverses localités \ et dernièrement jusque dans les restes de la station humaine de Veiner, près Genève '. Le Renne a donc vécu dans notre pays, en même temps que lliomme,|à ime époque où il y trouvait encore des conditions analogues à celles qu'il a été forcé d'aller chercher chez les Lapons et les Samoyèdes.

^ Rûtimeyer, L. Lignites de Gammiswald (St-6all).

* Rûtimeyer, L. Untersuchongen, 1860, p. U— 32.— PfEthlbaaten, 1861» p. 68.

' Heer, 0. Urwelt, 1865, p. 542. — Dans une profonde fissure près des Verrières.

* Heer, 0. Urwelt, 1865, p. 542.— Rûtimeyer, L.Herkunft, 1867, p. 50.

* Favre, A. Station de Veiner. Arch. Phys. Nat. 15 mars 1868, p. 251, Rûtimeyer in Thioly, Ossements de Yeirier. Rev. sav. 25 avril 1868. —

Le prof. Rûtimeyer ne saurait encore dire si le Renne était alors sauvage ou domestique.

Les grands services que la domestication de cette espèce rend journellement à ces peuplades du nord, a engagé les habitants de la Haute-Engadine, dans les Grisons, à faire dans ces dernières années Fessai de la réacclimatation du Renne dans cette vallée supérieure de nos Alpes. Une paire de ces animaux a été, à cet effet, établie dans le fond du val Rosseg, près du glacier ; mais, après plusieurs mois d^observations attentives, les Engadinois ont pu s'assurer qu'il n'y avait pas de multiplication possible dans ces conditions. Soit que les Rennes ne trouvassent pas suffisamment de nourriture, soit que la femelle fût trop vieille ou que le mftle eût besoin pour être stimulé de la présence d'un troupeau autour de lui, les deux bêtes ne prospéraient pas suffisamment et aucun accouplement n'avait lieu. Ce premier essai n'a pas réussi ; mais il est à souhaiter que, cet apprentissage fait, une nouvelle tentative soit entreprise dans de meilleures conditions, pour ramener, si possible, dans leur ancienne patrie ces superbes animaux qui seraient^ j'en suis sûr, fort appréciés durant les longs hivers de ces régions élevées •.

Genre CERF

CERVUS, Linné

Les incisives médianes foriemeni élargies au sommet. Larmier bien accentué. Bois cylindriques dans leur moitié inférieure. Un bourrelet velu au haut du tarse. Le mus(*au nu entre les narines, aurnlcssous et sur leur jmaiour .

Les palatins postérieurs sont très courts ; la fissure lacrymale présente des développements divers.

' Voy. Der Venuch zar Renuthierzucht im Oberengadin. Kach brieflichen Mittheilungen von Herrn Grossrath J. Sarraz in Pontresina (Jabresbericbt der Nat Gesell. Graubûndeus, XIII, Jahrg. 18G7— 18G8, p. 207).

Le total des dents varie de 32 à 34. Les incisives sont constamment au nombre de 8, en bas ; les deux médianes très élargies au sommet. Quelques espèces possèdent des canines à la mâchoire supérieure. Les molaires sont toujours au nombre de 6 sur 6, de chaque côté.

La formule du genre sera donc :

T-(TO'»-r)-r-(-FO'» i)-T = 32 ou 34 dents.

Les bois sont granuleux, généralement cylindriques dans leur moitié inférieure et constamment Tapanage des mâles seulement.

Les membres sont minces et allongés ; chez la plupart des espèces, la jambe postérieure est pourvue d'un bourrelet velu vers le haut du tarse.

La queue et les oreilles sont de longueur variable.

Le museau est nu en avant entre les narines, comme audessous de celles-ci et sur leur pourtour.

Ces animaux, d'une tournure élancée, vivent en troupeaux ou isolés, dans les forêts des deux hémisphères. Les mâles se livrent de violents combats au moment des amours.

Le genre Cenms peut être divisé en plusieurs sous-genres, suivant certaines formes de dentition et les développements variés du larmier, ainsi que d'après la nature des empaumures, la disposition des andouilliers inférieurs et les proportions de la queue.

L'Europe ne compte plus de nos jours que trois espèces de Cerfs, réparties dans trois sous-genres différents; le Cerf, le Daim et le Chevreuil. La Suisse ne possède plus maintenant que le dernier *.

* Une espèce de très grande taille portaot des bois immenses, le CervM

388 FAliNB DIS VBRTBBRB8.

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