‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 5)Chapitre 78 sur 91 · LE DAIM · texte numérisé non relu

LE DAIM

CcRvus Daiu, Uaaé

La présence du Daim, dans les temps anciens, sur le sol suisse semble très douteuse. En effet, les quelques débris de oomes qui ont été attribués d'abord à cette espèce, ont été reconnus ensuite comme appartenant simplement à des individus du Cervus Elaphus^ chez lesquels les bois avaient acquis, dans un âge avancé, un aplatissement devenu bien rare de nos jours. La plupart des zoologistes s'accordent à reconnaître dans le Daim un animal originaire des bords de la Méditerranée; fl reste à savoir maintenant, si son extension au nord des Alpes, dans les contrées septentrionales de notre continent, est due à Faction de rbomme, dans des temps comparativement récents, ou si elle doit être attribuée à une migration naturelle.

Gessner s'est très probablement trompé, quand il a cité le Daim comme vivant au XVI"* siècle dans les forêts de la Suisse et en particulier dans les environs de Luceme K Cysat et Wagner après lui n'en disent pas im mot.

La ville de Berne conserve toujours dans ses fossés quelques individus captifs de cette espèce.

Je crois devoir dire quelques mots du Cerf et du sousgenre auquel il appartient, à cause de la date encore très récente de son habitat en Suisse.

eurycertu, Aid. a été reconnue, non loin de Bàle, dans les graviers du Rhin, à Wiehlen (Heer, 0. Urwelt, 1865, p. 542).

> Gessner, de Quad. viviparis, 1561, p. 335. Ncetra vero Daaiaetmultis aUis m locis eapitur, et in Eehetia sylvis, ui circa lÀioema.

SOUS-GENRE 1. CERF Elaphus, Sm.

Par le fait de la présence ou de l'absence de canines à la mâchoire supérieure, le nombre des dents varie, dans ce groupe, de 32 à 34.

Le larmier accuse une forme allongée.

Un premier andouiller basilaire est dirigé en avant audessus de l'œil.

La queue existe constamment, quoique dans de petites proportions.

Ce sous-genre ne compte, en Europe, qu'une seule espèce, qui a disparu de la Suisse depuis quelques années seulement.

LE CERF Dkr Edelhirsch

CBEVX78 Elafhus, Linné

D'un brun fauve, grisâtre ou roftësâtre, avec un miroir postérieur jaunâtre. Queue^ sans le poil, égale environ à la moitié de VoreUle. Museau nu en dessous et entre les narines. Oreille mesurant à peu près la moitié de la tête. Bois cylindriqueSf à pointes multiples; un andouiller basUaire simple dirigé en avant. Longueur totale d'un adulte Dix-cors = 2480'^.

Cervis Elaphus, Unné, S. N. XII, p. 93, n. 3. » vt'LOARis, Linné, Mus. Ad. Frid. I, p. il.

» NOBius, Klein, Quad. p. 23.

C£Rvus OERM ANicus, Brissoti, Reg. anim. p. 87, 3. » CORSICANUS, Buffon, Hist. Nat. VI, p. 95.

En tout 34 dents. Des canines à la mâchoire supérieure. Les dernières molaires développées en doubles croissants et ofirant des aspects divers, suivant l\isure de la couronne. — Le maxillaire en contact avec les os nasaux sur les deux tiers de la longueur de ces derniers. — Le larmier, partant du coin antérieur de roeil d'abord ovale et s'allongeant de plus en plus, avec Tftge. — Les bois munis d'un nombre d'andouiUers qui se multiplie par fourches successives bifides et triades; depuis la pointe unique ou dague du jeune Cerf dans sa seconde année, régulièrement un andouiller de plus, par an et par corne, jusqu'aux dix pointes du mâle parfaitement adulte et appelé Dix-cars *. Chez de très vieux sujets. Ton peut encore voir un ou deux andouillers de plus et parfois un élargissement en palette des empaumures supérieures'.— Les membres longs, minces et terminés par deux sabots effilés que réunit jusqu'au milieu im puissant ligament — Le cou très allongé ; la tête acuminée en avant et aplatie vers le front — Les oreilles pointues et mesurant à peu près la moitié de la tête. — La queue conique et couverte de poils courts, égale environ, sans ceux-ci, à la moitié de l'oreille — Le museau coupé à angle presque droit en avant et nu sur tout l'espace qui sépare les narines en dessous. Les lèvres dentelées intérieurement et en arrière. — Le pelage du tronc et de la tête assez ras et dessinant un revers vers le milieu de la poitrine ; celui du cou, par contre, plus allongé, surtout en dessous. — Coloration d'un brun fauve ou roussàtre, en été ; d'un gris brun, en hiver ; une sorte de miroir jaunâtre à la partie postérieure du tronc, sous la queue et sur les fesses.

Les jeunes, avant la première mue, tachetés de blanchâtre.

Cette espèce varie du brun noirâtre au blanchâtre et présente même quelquefois un albinisme parfait.

' Blasius (Xaturg. der S&agcth. Deutsch. 1857) donne d'intéressants détails sur la croissance des bois et la manière d'y reconnaître sûrement Tàge de chaque individu.

' Quelquefois aussi de très vieux Cerfs, qui ont dépassé la moyenne nnmérique des andouillers, finissent par pousser des bois moins complexes.

Chez un mâle Dix-cors : longueur totale moyenne = 2" 480"*"; longueur de la tête = 588"^; de l'oreille = 270""* ; de la queue, sans le poil, = 145"™; hauteur moyenne, sur le dos, = 1"'450*".

Les mâles adultes, toujours beaucoup plus grands que les femelles, varient en poids de 300 à 500 livres, atteignant rarement à six quintaux.

Le Cerf habite, en plus ou moins grand nombre, suivant les localités, notre continent presque entier, depuis le midi de l'Europe, jusqu'au sud de la Sibérie et en Asie. Ce superbe animal résidait et prospérait encore, en Suisse, il y a 80 ans environ ; mais il en a été maintenant petit à petit entièrement extirpé, et ce n'est plus que rarement qu'un individu pourchassé en Allemagne vient encore, de nos jours, se jeter témérairement sur notre sol inhospitalier. Du temps de Wagner *, non-seulement les Cerfs étaient communs dans plusieurs endroits, mais encore les sujets de la Suisse étaient, suivant cet auteur, plus beaux et plus grands que ceux de l'Allemagne.

Au commencement de notre siècle, il y avait, dit-on, encore quelques Cerfs dans la forêt du Gumigel, près de Thoune, et l'on m'assure que sept individus de cette espèce furent pourchassés dans le bois de Grauholz, près de Berne, il y a trente-cinq ans environ. Tschudi cite qu'un Cerf a été abattu dans le canton de Soleure en février 1851; un autre, qui pesait 400 livres, fut aussi tué, en 1854, dans la forêt de Kaiseraugst, en Argovie '. Enfin, le professeur Théobald me signale que, dans ces dernières années, quelques Cerfs ont passé la frontière grisonne pour se montrer à Malans, dans le Prattigau, et dans la Basse-Engadine, jusqu'à Zemetz, à 1500 mètres d'élévation à peu près.

Cette espèce habite les forêts et pâture surtout la nuit. Ses amours ont lieu en septembre et en octobre ; les femelles mettent au monde un ou deux petits au plus, en mai ou en juin.

Le Cervtis Elaphus a été très abondant en Suisse, dans les temps anciens. L'on a trouvé, en effet, des dents de cette espèce

• Wagner, J.-J. Hist. nat. Helvet., 1680, p. 173.

* Basler Intelligenzblatt, 1854, p. 279.

au sein des ligmtes de Dilrnten ^ ainsi que quelques débris fossiles dans les graviers stratifiés *. Des bois et divers ossements sont également fréquents dans certaines cavernes et dans plusieurs stations humaines terrestres ' et lacustre8^ aussi bien que dans les tourbes et les alluvions récentes.

Sous-GENRE 2. CHEVREUIL

Capreolus, h. Smith

Les Chevreuils ne possèdent pas de canines ; aussi le chifire total de leurs dents s'élève-t-il à trente-deux seulement.

La formule simplifiée sera donc :

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