‹ Faune des vertébrés de la SuisseChapitre 12 sur 77 · BUNA · texte numérisé non relu

BUNA

Les espèces réunies sous ce titre sont caractérisées par deux nageoires dorsales séparées et par des ventrales réunies en disque ou très rapprochées l'une de l'autre.

Dans divers genres et chez plusieurs espèces on peut remarquer souvent des différences sexuelles fort apparentes.

Sur une quinzaine de genres rangés dans cette tribu, quatre seulement peuvent être considérés comme européens '. Le genre Gobius^ représenté en Suisse au sud des Alpes seulement, est du reste le seul qui figure dans les eaux douces de notre continent.

Genre GOBIE.

GOBILS, Linné.

Deux dorsales distinctes : la première occupant un espace notablement moindre que la longueur de la seconde et formée exclusivement de rayons pseudo-épineux. Anale assejs semblable de forme à la seconde dorsale et composée, comme celle-ci, d'un rayon pseudo-épineux suivi de rayons arti^ culés divisés ou non. Ventrales comptant chacune un rayon pseudo-épineux et généralement cinq rayons articulés, mais soudées sur toute leur longueur, de manière à composer un disque unique non attaché au ventre. Dents dis-

' Genres, en Europe : Gobitu, principalement dans les régions néridionales; Latntneul^u^ côtes d'Ecosse; Ocbiosoma^ Nonrége, et BenÈkophUiti, mer Caspienne.

GOBIUS. 13t

trUmées en plusieurs séries sur VintermaxiUaire et le meml^ laire inférieur, celles de devant volontiers les plus grandes j sauvent aussi des dents sur les pharyngiens; parfois des canines. Oorps subcylindrique , un peu comprimé en arrière et plus ou moins recouvert d'écatUes^ de structures et dimensions différentes. PapïUe urogénitale bien distincte. Tête forte j plttë ou moins arrondie en avant et élargie sur les joues. Des barbiUons oupas de barbillons. Ouverture branchiale verticale et moyenne. Oinq rayons branchiostèges. La vessie natatoire, quand éUe existe , sim]^ et plutôt petite . GénércUement des pseudo-branchies * .

Ce genre, très riche en espèces variées, est abondamment représenté sur toutes les côtes des régions tempérées et tropicales \ Les Gobies sont, en grande majorité, marins ; plusieurs cependant remontent dans les eaux douces, quelques-uns même y sont entièrement confinés. Ce sont, ai-je dit, des Poissons de taille généralement petite, exclusivement carnivores et qui vivent, près des rives, au fond des eaux. Quoique quelques Gobies aient été observés sur les côtes océaniques de notre continent » ce sont cependant les bords de la mer Caspienne et surtout les rives de la Méditerranée qui comptent, en Europe, le plus grand nombre d'espèces. A la suite du Gobius fluviatiiis (Bonelli), qui seul figure en Suisse, je pourrais citer, comme se rencontrant dans les eaux douces de notre continent, le Gobius Panizzae (Verga), ainsi que les Gobius pundatissimus et G. arvenensis (Canestrini), qui habitent

' Les rayons divisés des pectorales et des ventrales sont assez profondêmem qaadrifurqués et très rameux au somm et, avec des articalations f«»rt apparentes.

* On compte à peu près 155 espèces de Gobies, parmi lesquelles 30 environ, pour la plupart marines, dans les eaui ou sur les côtes de l'Europe.

,i3t FAUNE DES VERTÉBRÉS.

avec lai les lacs et les rivières d'Italie ^ Signalons aassi le Gobiusïota (Va\eïïC.)j signalé par Cuvier près de Bologne \ le G. minutus (Penn.)» qui remonte, dit-on, la Tamise, le G. lacteus (Nordm.) soit fluvicUilis (Pallas), propre aux rivières de la Russie méridionale, et quelques autres pure* ment orientales ou limitrophes.

Le docteur GUnther fait avec raison remarquer combien il est difficile de baser un fractionnement de l'immense genre Gobius sur la présence ou l'absence des barbillons « ou sur la structure et les proportions des écailles, en raison des nombreuses transitions graduelles qui unissent 1rs formes en apparence les plus opposées '.

Je rappelle ici ce que j'ai dit, à propos du genre Cottuit, sur la subdivision des Acanthoptérygiens en vrais et faux Acanthoptéry^iens. En effet, les rayons de la première dorsale de notre Oohius sont tout aussi soudés et fermés à la base que ceux du Chabot, et Ton se demande si le seul fait d'une rigidité plus jçrande et d'une fermeture un peu plus complète d'un premier rayon ventral, méconnu du reste par plusieurs ichthyologisti^, doit suffire à faire ranger le Cottm dans un sous-ordre différent que le Gohins, Bien que le premier rayon de la seconde dorsale et de Tanale ne soit pas toujours, chez le Gobie, dépourvu de toute trace d'articulation, il n'en est pas moins vrai qu*il est cependant d'ordinaire plus simple que le correspondant chez le 0)ttuit et, par le fait, moins éloigné de la structure épineuse. La division en Aletho et Pseudo-Acanthoptérygiens, naturelle à première vue, se justifie difficilement dans les détails.

* Ces deux dernièrefl espèces sont très Toisines de la première.

' Canestrini (Prospet., p. 121) ne croit pas que cette espèce remonte dans les eaux douces.

* Far contre, cet auteur est dans Terreur, quand il donne le chiffre six comme maximum des rayons de la première dorsale; pour ne citer qu*uD exemple, les trots seules espèce» décrites par le pror. Canestrini, dans » *n Prospt. crit., varient sous ce rapport de cinq à huit.

GOBIUS FLUVIATILIS. 133^

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