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LE CHABOT DE RIVIÈRE

Dkr Kàulkopf '. — Cazzuola *.

CoTTCS GoBio, Linné.

Oris, brun, jaunâtre, verdâtre ou roussâtre,en dessus et sur kscôtés,avec des taches brunâtres ou noirâtres, irrégulières ou rhinies en bandes transverses; blanchâtre ew dessous. Nageoires ornées plus ou moins de macules brunes, volontiers distribuées en lignes parallèles. Tronc cylindroconique. Aims situé mtiblement plus près du bout du museau que de V extrémité de h caudaU. De fines squamules en gouttih'e le long de la ligne htérale. Tête massive, plus ou tnoins déprimée et plus ou moins hrgement arrondie en avant Dents en velours sur Vinter maxillaire, le maocillaire inférieur, les pharyngiens et le vomer. Une épine préaperculaire simple, moyenne, dirigée en arrière et recourbée en haut; une seconde épine plus petite découpée dans

* Ueber den Flossenbau der Fische, V, 1861, p. 58. Cet auteur parait n'âToir pas remarqué, chez le Cottus Gobio, le rayon osseux des ventrales enveloppé dans la peau avec le premier articulé.

* Le Chabot faisant ainsi, comme certains Percoïdes, les Aspro entre autres, une sorte de transition entre les Pseudo-Acanthoptérygiens et les Trais Âcanthoptérygiens, on ne peut guère attacher une bien grande importance à cette subdivision des Anarthroptérygiens adoptée par plusieurs ichthyologistes.

* Aussi, en allemand, Gemeiner Groppfiseh.

* Eu italien, aussi GhiozzOj comme le Gobie.

le bord île V inieropprv.Hle an-dessous de la première. Pedorah's larges, snlKirrondies, à rayons tous simples on en partie dirisés, et atteignant à peu près à l'ouverture anale ou la dépassant légèrement. Ventrales étroites arrivant, r abattues, plus ou moins près de Vanus (Taille moyenne des Heux : lOO-lSo*'*).

I D. (5) 6-9, II D. i5— 19 (20), A. (9) II— !i (13), V. I,(î)3— 4,

P, 13—16, C. 8-9 div.

S4. lig. lat. 26—33 (35). Vert. 32-33.

Corns Oomo, Lhiné, Syst. Nat, I, p. 452; éd. XIII, (hnel, I, IIK, p. 1211.

— Bloch, Fische Deutschl., II, p. 12. — Bazoum. Hist. Nat., Joi-at,

I, p. 126. — Lacep^ Hist Nat, III, p. 252. — Junnne, Poissons du I^man, Soc. Phys., III, p. 152, pi. 2. — 5/eiiimri//er, N. Alpina,

II. p. 33i. — Hartmann^ Helvet Ichth., p. 57. — Eckstrôm, Fischi» in den Scheeren von MÔrkû; UeberseU. p. 106. — Cictî. ei Vu/, Hist. Nat., IV, p. U5. — Senning, Fische des Bodensees, p. 11.- Yon^U, Brit Fishes, p. 71. - Schinz, Fauna HelveU, p. 152, » t Europ. Fauna, II, p. 115. — Holatidre^ Faune de la Moselle, p. 237.

— De Selys, Faune belge, p. 186. — Bonaparte, Cat Met, p. 62, n* 545. — (ittnthet\ Fische des Neckiii-s, p. 17. — Rapp, Fische des B<xlensees, p. 5. — Boniforti^ Guida, p. 31. — Heckel et Knfi\ Sùss\\*asser6sche, p. 27, fig. 9 et iO. — Frit se h^ Fische Bôhmen<, p. 4. Ceske Ryby, p. 48. - tifuithcr, CaUl. of Brit Mus.. H, p. 156.

— Lavizzarû Kscursioni, p. 350. — de SteboUl^ Su*»swassertis<.'he, p. 02, — De Betta^ Ittiol. veronese, p. 47. — Jcitteles^ Fische der March, p. 13. — .Von/i, Notizie dei IVsci di Como, etc., p. 16. — JiÈckel, Fische Bayerns, p. 11. — Canestnniy Prospet crit p. lOîK

— BUmchard^ Pois&ons de Franco, p. 161, lig. 23. — Lunel^ Poissons du I^nian, p. lit pi. I'* ~* Pavent , Pesci e pescadel cantoiie Ticiiio, p. 20.

• LAFvi-i, Ji/(ii*«f<//i, Danuh. pan.. IV, 1726, tib. 24, fig. 2.

• MiNiTt s, Pa//as, Zoo^i-nphta Kos. As., 1831, III, p. 145, pi. 20, lî^. 5

et 6. — Ctiv. et Val., IV, p. 152.

• \rnxis *, ihrkt'l, Ann, Wien. Mus., II, 1840, p. 150, taf. 8. — Botia^

IMrte, Cat Met, add. p. 94, n« 832 .545 hi? .

' Lo Cùttku aaqael Heckel a donné le nom de C ajfinii n*est pas autre choie que le Cottm Gobio de& auteurs du nord, d*.\rtedi, de Linné et d^EkstrOm. Bien que n'ayant rencontré aucun cas de bifurcation dans les rayons des ventrales, chez nos Chabots du centre et du sud de PEurop**, et n*ayant pu peser de visu la valeur de ce caractère distinctif, je suis ce* pondant d'accord avec Gûnther, Conestrini et quelques autres icbtbyolugistes, dans le rapprochement que je fais ici de cette forme septentrionale avec notre Chabot de rivière.

COTTUS GOBIO. 107

CoTTus MiCROSTOMLS, Heckel, Ann. Wien. Mus., II, 1840, p. H7, Taf.8, lig. a

et A. — Heckel et Kner, Siisswasserfische, p. 32, fig. lâ-13. » Bo-

iK^Mrtc, Catal. Met., p. 6i, ii* 547.

) FERRUGINEUS, Heckcl, in litt. ad Bonaparte, Cat. Met., p. 63, n9 548,

> Heckel et Kner, SûsswasserAsche. p. 34, fig. 14. — Z>e Betta,

Ittiol. veronese, I86i, p. 40.

^ULisGoDio, Prévost^ Génération chez le Séchot Mém. Soc. Phys. et S. N.

de Genève, IV, i8â8, p. 171-183, pi. fig. 1-11 et 16.

^'ojis VULGAIRES, EN SuissE : S. F.: Séchot (Genève), Chasaot (Vaud), Sassot' (Neuchàtel), Têtu (Savoie); S. A.: Gropp, GrœppU^ Groppe ou Gruppe; T.: Scazzôny Côzzôn^ Téatôn, Bentt^ Bôttrisitt ; Grisons : Scàzzuyx (Poschiavo), Ramboz (Basse-Engadine), Rambottel (Vallée de 1 Âlbula).

C<>n>s cylindroconique et plutôt court, large et subarrondi en ^vant, graduellement atténué et un peu comprimé en airière. La hauteur maximale, généralement située sur la nuque *îe vant la première dorsale ou au-dessous de celle-ci, à la lonfÇeur totale du poisson, comme 1 : 5 V5 — 7 V« ou, à la longueur sans la caudale, comme 1 : 4 V4— 5 — 6 selon, Tâge plus ou moins avancé. La hauteur minimale, vers la naissance de la caudale, à l'élévation maximale, comme 1 : 2 Va— 2 V4, suivant les individus jeunes ou vieux, soit variant entre Vis ^t */„ de la longueur totale, selon l'âge plus ou moins avancé. L\»paisseur la plus forte du tronc, vers les pectorales, à peu P>*ès égale à la hauteur au même endroit ; de là la forme à Peu près ronde d'une section verticale en ce point.

L'ouverture anale légèrement saillante et située toujours notablement en avant du milieu de la longueur totale du poisson, quoique, suivant les individus, l'âge et les conditions, au milieu de la longueur sans la caudale ou plus ou moins en avant ou en arrière.

Tète massive, large et déprimée, avec un museau généralement court et arrondi, bien que souvent moins obtus chez les ' femelles que chez les mâles, et plutôt subconique chez les jeunes.

La longueur latérale de la tête, sur l'angle de l'opercule, à la longueur totale, comme 1 : 3 V4 — 4 'A ; la longueur supérieure, soit du museau h T occiput, comparée à la longueur

10S FxVUNE DES VEKTÉBRÉS.

céphalique latérale, comme 1 : 1 Vs — 1 '/,o, suivant les individus, Tftge et les conditions d'existence, ou selon les formes plus ou moins ramassées ou subconiques de la tète \ La plus grande largeur, sur l'épine préoperculaire, plus forte que l'épaisseur du tronc, à peu près égale à la longueur céphalique latérale et presque double de la hauteur sur les pariétaux, chez l'adulte; cette même largeur, par contre, souvent égale seulement aux deux tiei*s de la longueur de la tête, chez des jeunes.

Bouche tenninale, un peu protractile, oblique et grande, bien que plus ou moins étendue sur les côtés, suivant les individus et la forme plus ou moins large ou subconique du museau; fendue, par exemple, jusqu'au-dessous des yeux et mesurant notablement plus que l'espace séparant les bords exteiTies des orbites, chez les uns, ou n'arrivant pas jusqu'au-dessous de Tœil et égalant au plus en largeur l'intervalle compris entre les dits bords orbitaires externes, chez les autres •. — Lè\Tes épaisses. — Langue lisse et charnue. — Des pores sous-maxillaires bien apparents ; d'autres, eu diverses places, sur la tête et en pai*ticulier en continuation de la ligne latérale.

Deux orifices nasaux de chaque côté, bordés, saillants et très distants Tun de l'autre : le premier situé en avant de l'œil à peu près à égale distance de celui-ci et du maxillaire, le second plus haut et plus en amère, au-dessus de l'orbite. Œil de grandeur moyenne, placé non loin du sommet de la tête et assez mobile pour pouvoir, suivant les circonstances, ou saillir un peu latéralement, ou au contraire se retirer dans une position oblique sur la tête, en regardant vers le haut. Le diamètre horizontal de l'œil, à la longueur latérale de la tête, comme 1 : 4, chez les jeunes, à 4 Va ou 5, chez les adultes, jusqu'à 5 Va chez de grands sujets '.

^ Je trouve, par exemple, le minimum de différence à Genève, chez de gros Cbabots, et le maximum à Lugano sur de petits individus.

' Le premier cas m'a paru assez constant chez les gros sijgets du Rhône h Genève; le second est par contre plus fréquent chez les jeunes et surtout chez les Chabots de petite taille des lacs du Tessin.

' Cancstrini donne, pour ce rapport de Toeil à la tête, 1 à 4 Vj-6 «/lo ; je

€OTTUS 60BI0. 109

L'espace préorbitaire égal à peu près à 1 diamètre de l'œil, chez les jeunes, à 1 Vs ou 1 Vj chez les vieux et, par le fait, à la longueur latérale de la tête, comme 1 : 3 V4 — 4, selon l'âge plus ou moins avancé. L'espace postorbitaire égal à deux diamètres oculaires, soit à la moitié de la tête, chez les jeunes; un peu plus grand chez les adultes. L'espace interorbitaire (y compris les parties molles de l'arcade susorbitaire) à peu près égal à 1 ou 1 V4 diamètre de l'œil, chez l'adulte, parfois même jusqu'à 1 V2J chez de vieilles femelles*; mais toujours notablement plus étroit chez les jeunes. Arcade sous-orbitaire formée de quatre pièces : un premier os ou sous-orbitaire antérieur, trapézoïdal un peu plus long que haut et d'une surface un peu plus faible que celle de l'œil, chez l'adulte ; un second un peu plus petit que le précédent et de forme plutôt triangulaire ; un troisième, le plus grand, développé en longue palette sur la joue et s'appuyant sur le préopercule, vers l'angle épineux de celui-ci ; enfin, une quatrième pièce postérieure très petite, mobile et de forme oblongue.

Préopercule armé, à l'angle postéroinférieur, d'une épine ou corne subconique dirigée en arrière, recourbée vers le haut et plus ou moins allongée '.

Au-dessous de cette première épine, l'interopercule découpé sur le bord, de manière à former une seconde dent plus petite, soit une sorte de crochet dirigé obliquement en bas et en avant.

L'opercule plutôt petit, subtriangulaire et terminé en pointe mousse en arrière. Le sous-opercule mince et peu apparent.

Toutes ces pièces céphaliques du reste dissimulées sous un revêtement continu de la peau du corps. Membrane branchiostège soutenue par six rayons et rattachée,

Q*ai jamais rien observé d'approchant de ce dernier chiffre en Suisse, ni au nord ni au sud des Alpes.

^ Lunel (Poiss. du Léman, p. 12) donne à Tespèce interorbitaire jusqu'à nne largeur de deux diamètres oculaires, chez de très vieilles femelles .

' Ce sont des individus de petite taille et à museau subconique, provenant des environs de Luceme, qui m'ont paru porter la plus forte épine.

par le haut et le bas, de manière à laisser aux ouïes une ouverture relativement assez réduite *.

Maxillaire supérieur étroit, allongé, très faiblement courbé, légèrement développé en palette à Textrémité inférieure et armé d'un fort genou d'articulation au sommet.

Dents en velours sur rintermaxillaire, sur le maxillaire inférieur, sur les pharyngiens et, en bande transverse étroite, jusque sur Tavant du vomer.

De très petites dents distribuées aussi sur les tubercules peu élevés et assez distants des arcs branchiaux, ainsi qu'entre ces petites saillies.

IVemière dorsale naissant presque au-dessus de Torigine des ventrales, ou légèrement en arrière, et s'étendant à peu près jusqu'au-dessus de Tanus, avec une tranche plus ou moins convexe, selon la longueur du dernier rayon, et une élévation maximale variant entre le tiers et la moitié de la plus grande hauteur du corps.

Six à neuf rayons non articulés, simples, un peu infléchis en arrière et assez mous, soit plutôt pseudoépineux • (Voy. IM. II, fig. II). Le plus souvent, le quatrième le plus long, plus rarement, le troisième ou le cinquième ; le premier, suivant les individus, égal aux deux tiers ou aux trois quarts du second, selon les cas aux trois cinquièmes ou aux deux tiers forts du plus grand ; le dernier tantôt égal seulement à la moitié du premier, tantôt presque de même longueur*.

Seconde dorsale souvent rattachée à la précédente par une petite anse membraneuse, et d'une longueur double environ de cette premiêrt», soit «'étendant, en arrière, jusqu'à une faible distance de l'origine de la caudale, ou laissant, entre la base de son dernier rayon et le premier basilaire de celle-ci, un int(Tvalle susceptible de varier entre la moitié et les trois

' Heckel et Kner (SUsswasserfische, p. 32) disent avoir trouré quelquefois cinq rayons seulement chez le Cottus peocilopuê^ du reste très roisiii du nôtre.

* Cancstrini, Prospet, p. lOH, donne cinq à huit rayons.

' Les cas de quasi égalité entre les premier et dernier rayons de la dorsale m'ont paru surtout fréquents chez les petits Chabots des lacs du Tfssin.

COTTUS GOBIO. 111

quarts de la longueur de ladite caudale. Cette seconde dorsale toujours notablement plus élevée que la première, soit d'une hauteur maximale égale au moins à la moitié, parfois même aux deux tiers de Télévation la plus grande du corps, avec une[tranche légèrement oblique et presque droite, ou faiblement convexe \

Quinze à dix-neuf rayons, le plus souvent, chez nous, seize ou dix-sept *. Ces rayons, tous articulés et la plupart du temps tous simples ; les derniers cependant quelquefois plus ou moins bifurques dans le haut. Le plus grand rayon, selon les individus, entre le cinquième et le dixième. Le premier, articulé le plus souvent dans le haut seulement, variant entre la Vi et les V4 de la hauteur du plus grand; le dernier d'ordinaire notablement plus court que le précédent et variant en longeur entre la moitié du premier et la parfaite égalité. Autant de différences de rapports contribuant à modifier, pour cette seconde nageoire comme pour la précédente, la courbe de la tranche.

Anale prenant naissance, selon les individus et les conditions, au-dessous du second ou du quatrième rayon de la seconde dorsale, et s'étendant, en arrière, un peu moins loin que cette dernière, soit atteignant avec l'extrémité de son dernier rayon rabattu, très légèrement plus loin seulement que la base du dernier de ladite dorsale, et occupant, par le fait, im espace égal, suivant les cas, aux V4 ou seulement aux Va de la longueur de la nageoire opposée. Quant à la hauteui*, de 7j à */3 plus haute, vers le milieu, que la seconde dorsale, *vec une forme à peu près semblable, bien que souvent légèrement plus convexe ^

Le plus souvent, onze à quatorze rayons tous articulés, ^*ïnples, assez distants et séparés à l'extrémité par des dé-

. -^ dorsales m'ont, il est Trai, paru relativement plus élevées chez

^Hiets du Tessin, généralement de taille petite ou moyenne; mais, il

^^Uible que les jeunes de notre Chabot du nord des Alpes sont aussi,

, ^Q rapport, plus privilégiés que les adultes.

j . ''^ n'ai jamais rencontré, en Suisse, le maximum vingt donné par

^«les (Fische der March) et par Canestrini (Prospet. deiPesci d'Italia).

^^f»t surtout parmi les petits Chabots du Tessin que j'ai trouvé la plus

^ ^^e proportion de nageoires anales à la fois courtes et hautes.

pressions de la membrane notablement plus accentuées qu'à la dorsale opposée *. Le dernier, selon les individus, un peu plus coiut ou plus long que le premier, mais d'ordinaire sensiblement plus fort que le dernier dorsal. Ventrales implantées enti'e les bases des pectorales et, rabattues, occupant, selon Tâge plus ou moins avancé, les conditions et les individus, des Vs seulement aux Ve on même aux ^/, de l'espace compris entre leur origine et l'anus '. Ces nageoires, assez étroites, composées de trois à cinq rayons : un premier épineux ou osseux plus ou moins apparent et de grandeur variable, et trois à quatre, exceptionnellement deux, d*ordinaire quatre, rayons mous articulés, généralement non rameux chez les Chabots de notre pays ' (Voy. PI. II, fig. 9). Le rayon osseux enveloppé, avec le premier articulé, dans une même gaîne membraneuse épaisse, et appliqué en avant entre les deux tiges articulées et accolées composant ledit premier mou. Ce rayon rigide, par le fait malaisé à distinguer à première vue, plus ou moins adhérent au premier articulé et variant en longueur entre Va ^t Va de celui-ci, selon les individus, l'âge et les conditions d'existence *. Gttnther * semble penser qu'il ne faut compter que pour un seul rayon ce composé d'un rayon osseux et de deux tiges articulées accolées ; toutefois,

^ Jeitteles, 1. c. attribue neuf à quinze rayons à ]a nageoire anale.

' Très souvent les ventrales sont relativement plus longues chez les jeunes que chez les adultes ; toutefois, il arn've de trouver, dans certaines conditions, des jeunes qui ne diffèrent pas, sous ce rapport, de leurs parents.

^ Ces rayons mous sont quelquefois un peu fourchus chez certains Chabots du nord ; ce serait, par exemple, le cas pour le Cottus Gobio d'Artedi, de Linné et d'Ekstrôm, soit pour le Cottu» affinis de Heckel.

* Il m'a paru, en particulier, que le rayon osseux est souvent plus adhérent et un peu plus court chez les Chabots du Rhône, et, par contre, plus apparent et un peu plus long chez mes sujets du lac Majeur. Cette différence, du reste un peu variable selon Page dans les deux conditions, peut expliquer comment la plupart des auteurs français, Cuv. et Val., Blanchard, etc., n'attribuent que quatre rayons aux ventrales, en regardant comme une seule épine le rayon composé antérieur, tandis que les auteurs allemands et italiens, Heckel, Siebold, Canestrini, etc., comptent an contraire cinq rayons, 1/4.

* Fische des Neckars, p. 19.

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je dois faire remarquer que, bien que noyée dans une même enveloppe avec un rayon mou, cette épine- présente à la base une structure analogue à celle des épines ventrales de notre Perça (Voy. PI. II, fig. 10).

Le premier rayon mou le plus souvent de même longueur à peu près que le dernier ou quatrième * ; le second le plus grand de tous ou de même grandeur que le suivant. Le premier et le second généralement composés de deux tiges accolées facilement séparables ; le troisième le plus souvent simple, quelquefois double aussi, mais alors dé deux pièces plus intimement unies ; le quatrième volontiers simple et à peu près égal au premier articulé, comme je l'ai dit, bien que de longueur un peu variable *.

Pectorales larges, subarrondies, prenant naissance en avant entré la corne du préopercule et l'angle de Topercule, et rabattues, atteignant en arrière à peu près jusqu'à Tanus ou un peu plus loin, selon les individus.

Treize à seize rayons articulés, tantôt tous simples, tantôt en partie rameux ou bifides ; les cinq ou six derniers inférieui-s au moins assez généralement simples. Le premier rayon ou rinférieur à peu près égal à la moitié du dernier ou supérieur, et mesurant au plus Vs ^^ plus grand. Les rayons inférieurs croissant graduellement jusqu'au huitième ou au dixième.

Les individus à rayons tous simples m'ont paru de beaucoup les plus communs chez nous, tandis que ceux à rayons ^n partie divisés se montrent, au contraire, dans une bien plus grande proportion dans d'autres pays. Toutefois, c'est à tort que quelques auteurs ont voulu trouver un caractère spécifique dans le fait de l'absence ou de la présence de rayons rameux; cette différence de développement paraît varier un peu avec l'âge, se montrer plus souvent chez les

* Jarine, en 1825, avait dit déjà que le premier rayon des ventrales est ^<MBposé de trois filets osseux, mais il ne comptait cependant que quatre "yona à ces nageoires.

' Ce dernier rayon ventral serait, selon Heckel, chez son Coiim poeci- *'^} égal seulement à '/« du plus long.

Iti FAUNE DES VERTÉBRÉS.

vieux que chez les jeunes, et s'accrottre plus ou moins dans des conditions différentes.

Caudale légèrement convexe sur la tranche et plus ou moins grande par rapport à la longueur totale du poisson, soit, visà-vis de celle-ci, comme 1 : 5—6 Vt selon la taille des individus jeunes ou vieux *. Huit à neuf rayons majeurs divisés, le plus souvent bifurques, appuyés d'ordinaire par trois à cinq rayons décroissants, simples mais articulés, en dessus, et par deux à quatre décroissants de même nature, en dessous (Les rayons décroissants simples étant apparents en plus ou moins grand nombre et, par là, plus ou moins allongés, les divers auteurs ont compté, en faisant abstraction des plus petits, onze, douze, treize ou même quatorze rayons à cette nageoire).

Peau dépounue d'écaillés, soit nue, revêtant les nageoires, recouvrant et dissimulant plus ou moins toutes les pièces céphaliques et constamment lubréfiée par un mucus abondant. Des pores nombreux, de chaque côté du corps, en dessus et en dessous de la ligne latérale.

Li^ne latérale quittant la tête un peu au-dessus de Tangle de Topercule et gagnant le centre de la caudale, sous la forme d*un léger sillon passant un peu au-dessus du milieu du corps. Cette ligne suivant d*ordinaire une direction générale presque droite, bien que décrivant souvent, au-de^sus de l'extrémité de Tanale, une légère courbe convexe, parfois même un coude assez accentué *.

De petites coques, squamules semi-membraneuses, en nomhtv variable de 2(5 à 33 ', distribuées le long de la ligne laté-

* Bien qae de la taille du Càilusferrtégineug de Heckel et Kner, et parfaitement propres à la reproduction, comme me Ta montré le développement des testicules et des ovaires, mes petits Chabots du Tessin sont cependant loin d'avoir acquis tout leur développement, ainsi que le prouvent les dimensions extrêmes qu'attribue Canestrini à cette esi)èce dans le nord de r Italie ; leur caudale pré2»ente les mêmes rapports que celle des jeunes d'autres provenances.

* Ce coude m'a paru soivent un peu plus accentué sur le côté droh de ranimai que sur le côté gauche.

* Le maximum 33 plus fréquent chez mes petits Chabots dn lac Higenr, ou chez les jeunes du lacdeLuceme,que chez mes gros st^jeti du Rhône.

COTTUS GOBIO. 1 1 5^

raie, parfois presque bout à bout, plus souvent à une distance Tune de Tautre à peu près égale à leur longueur, et correspondant plus ou moins aux cloisons des faisceaux musculaires sous-cutanés '. Ces squamules noyées dans le derme, tenant lieu de^ tubules des écailles absentes, de forme subelliptique, d'une longueur variable de un à deux millimètres au plus, volontiers percées à l'une des extrémités et se repliant extérieurement de manière à embrasser le canal latéral ( Voy. PI. m, fig. 5).

Coloration des faces supérieures et latérales brune, d'un gris verdâtre, roussâtre ou blanchâtre, jaunâtre et plus ou moins pâle ou foncée suivant les individus et les conditions, avec de grandes taches, des marbrures , ou des bandes transverses brunes ou noirâtres plus ou moins apparentes. Les flancs volontiers plus clairs que le dos et la tête. Faces inférieures d'un blanc jaunâtre ou rosées et généralement sans macules. La gorge souvent noirâtre, chez les mâles en noces surtout.

Certains individus comme marbrés de taches confluentes brunes et grises entremêlées; d'autres couverts de macules iiTégulières avec un semis de points noirâtres ; d'autres, enfin, franchement traversés, sur le dos et les flancs, par de larges bandes brunes ou noires, en nombre variable, souvent cinq entre l'occiput et l'origine de la caudale. De vieux sujets parfois d'une teinte uniforme grisâtre, binine ou noirâtre, en dessus. Les mâles souvent plus sombres que les femelles.

Les nageoires dorsales, la caudale et les pectorales grisâtres, d'un gris enfumé, ou jaunâtres, avec des macules brunes ou noirâtres distribuées volontiers en bandes concentriques, superposées et plus ou moins accentuées. La première dorsale parfois immaculée et presque transparente, d'autrefois sombre de couleur avec une fine bordure blanche sur la tranche. L'anale tantôt presque sans taches, tantôt irrégulièrement maculée. Les ventrales d'ordinaire très pâles et sans taches ou très légèrement maculées.

L'Iris grisâtre ou noirâtre et doré ou rouge autour de la pupille.

* On distiogae assez facilement ces squamules sur une peau desséchée.

Dimensions variant passablement avec les individus et suivant les conditions. Mes Chabots adultes de la Suisse, au nord des Alpes, varient entre 100 et 135 millimètres de longueur totale, avec un poids de 20 à 80 grammes ; par contre, la plupart de ceux que j'ai du Tessin, au sud, demeurent entre 60 et 80 millimètres. Cette dernière dimension est celle que Heckel et Kner attribuent à leur Cottns Jerrtigineus du nord de T Italie et de la Dalmatie ; toutefois, il paraît évident que le Chabot peut atteindre à une taille bien plus forte, dans le midi, puisque Canestrini dit avoir trouvé, en Italie, ime femelle qui mesurait jusqu'à 140 millimètres de longeur totale.

Mâles présentant une tête plus largement arrondie en avant, avec une taille volontiei-s un peu moindre que celle des femelles *.

Jeunes munis de nageoires impaires un peu plus hautes par rapport au corps, avec une caudale relativement plus longue. Les ventrales aussi volontiers plus allongées, bien qu'avec quelques exceptions. La tête moins large ou plutôt subconique en avant, avec une bouche plus étroite, un front moins développé et un œil plus grand. Enfin, une li\Tée d'ordinaire plus terne ou plus rousse que celle des adultes, avec la première dorsale, l'anale et les ventrales souvent quasi-immaculées .

N'ertèhres au nombre de 32 à 33. Pas de vessie natatoire.

Tube digestif à deux courbures et un peu plus court que l'animal. L'estomac en large sac ; trois à cinq appendices pyloriques assez larges •. — Ovaire profondément bilobé, avec une enveloppe noire. Testicule double.

Une rangée de filaments pseudo-branchiaux au sommet de la cavité branchiale.

Cette espèce varie beaucoup, comme nous venons de le voir,

* Quelques auteurs, Lunel entre antres, ont indiqué une pins grande largeur de l'espace interorbitaire chez les femelles que chez les m&Ies; je n'ai pas trouvé cette différence constante chez des adultes de taille moyenne.

* Canestrini donne le chiffre constant de cinq pour les Chabots d'Italie ; j'en ai trouvé très souvent quatre chez ceux du Tessin.

COTTUS GOBIO. 117

soit dans la livrée, soit dans les divei*ses proportions, avec rage, le sexe et les conditions d'existence.

La coloration peut subir des modifications très apparentes, sous Faction de divers agents intérieui-s ou extérieurs. En effet, la peau nue du Cottus, qui affecte de préférence telle ou telle teinte dans telle ou telle condition, est en même temps très sensible à toutes les influences tant physiques, que morales pour ainsi dire. Les passions, la colère, Tamour, la crainte et les appétits agissent, suivant les circonstances, aussi bien que la nature ou la température de l'eau et le degré d'alimentation, pour modifier plus ou moins rapidement le coloris, soit en éclaircissant ou en assombrissant la teinte fondamentale, soit en faisant apparaître ou disparaître ou des bandes ou des taches.

Après cette variabilité continuelle d'apparences, occasionnée par les circonstances et permise par la mobilité des cellules pygmentaires, je signalerai encore quelques variétés plus stables, les unes soumises aux conditions de milieu, les autres plutôt individuelles ou accidentelles : l'on rencontre, par exemple, des Chabots roux tachés de brun, des Chabots gris ou verdâtres, maculés ou non, des Chabots presqu'entièrement noirs en dessus et sur les côtés, des individus barrés de noir sur fond blanchâtre ; eufiu, des Chabots entièrement blancs sur toutes les faces, véritables albinos à yeux rouges, comme ceux qu'a trouvés Lunel dans le Foron, non loin de Genève *.

La distribution, le nombre, l'absence même ou la présence des taches sur les diverses nageoires ne m'ont pas paru avoir beaucoup plus d'importance que le reste de la coloration.

 côté de grandes disproportions dans les rapports de dimensions du tronc, de la tête et du pédicule caudal nous avons vu aussi des formes de la tête souvent très différentes : des têtes, par exemple, largement arrondies ou, au contraire, plutôt étroites et subconiques et, avec cela, des différences correspondantes dans le développement de la bouche, dans la grandeur de l'œil et dans les proportions du front et du museau. Nous avons constaté également de grandes dissemblances dans Textention des nageoires, dans la forme simple ou bifurquée des rayons de

^ Poiaions dn Léman, p. 13.

celles-ci, et dans le nombre des squamules de la ligne latérale. L'étude comparée que j'ai faite des deux sexes et des âges différents, dans des conditions diverses, m'a montré comment la plupart des caractères invoqués par Heckel et Kner, pour distinguer leurs Cottfîs microstomus et Cottiis ferruf/ineKS, perdent de leur valeur en face de la grande variabilité de notre Cottua Oohio. Je me demande même quel degré d'importance spécifique il faut attacher à l'extension des ventrales jusqu'à l'anus dans le Cottus poecilopus (Heckel M de Hongiîe et de Galicie, ou à la forme bifurquée du rayon de ces mêmes nageoires chez le Cottus affinis (Heckel) de Scandinavie, dès l'instant que l'on a reconnu que la longueur des ventrales varie beaucoup, et que les rayons d'autres nageoires, des pectorales entre autres, peuvent être indilférenmient simples ou bifurques, en plus ou moins grand nombre, selon l'âge ou les individus, jusque dans une même race et dans une même localité '.

Un auteur très compétent dans cette question, le docteur Gunther, a d'al)ord réuni les espèces précitées au Cottus Gobio, dans ses Fische des Neckai-s, puis a séparé spécifiquement le Cotius poecilopus et réduit au rôle de variété septentrionale du Chabot ordinaire le Cottus affinis, dans son Catalogue ofFishes. N'ayant pas eu moi-même en main des types des C, poecilopus et C. affinis, ie ne puis discuter ici, de visu, l'opinion de ce dernier auteur ; toutefois, je ne saurais passer sous silence les deux circonstances suivantes : d'abonl, que la longueur des ventrales varie énormément chez le Cottus Gohio, non seulement en Suisse, mais encore dans les divers pays, ainsi que le prouvent certaines phrases de différents auteurs ' ; ensuite, que la forme bifurquée

» Ann. Wieu. Mus. II, 1840, p. 145. Taf. 8, fig. 1-2.

* Je ne suis pas le seul qui ait fait remarquer cette variabilité de structure des rayons des pectorales; de Siebold, Blanchard, Lnnel et bien d'antres ont déjà cité le fait, chez le Cottus Gobio, Steindachner (Fisclifaïua des Isonzo; Icbthyol. Mittbei). II, n<> YII, pi. 143), signale aussi, chez un Cottus ferrugineus qvd, snvruii Heckel, devrait avoir tous les rayons pectoraux constamment simples, le quatrième à gauche, ainsi que le quatrième et le cinquième à droite comme divisés.

* Voyez, entre autres : Jeitteles (Fische der March, p. 14) : c Sie erreichen mit ihrer Spitze htinahe die Afttr-Offffmng ; et Canestrini (Prospet.

COTTUS GOBIO. 119

des rayons ne mérite peut-être pas plus d'importance dans les ventrales que lorsqif il s'agit des pectorales. Il est vrai que la subdivision des rayons ventraux n'a guère été observée jusqu'ici que dans le nord de notre continent, mais, cette bifurcation plus ou moins accentuée doit-elle peser davantage dans la balance spécifique que le nombre de ces rayons articulés, variable , en effet, de trois, exceptionnellement même de deux à quatre Jusque sur les deux côtés d'un même animal; et ne se pourrait-il pas que. dans certaines conditions, les deux tiges plus ou moins facilement séparables, que j'ai montré constituer les deux ou les trois premiers rayons articulés de ces nageoires, se détachent et se déplacent un peu au sommet, en se mettant l'une derrière l'autre, comme cela se voit, par exemple souvent, soit aux ventrales, soit au dorsales de la Lote.

Je rappelle, en passant, qu'il ne faut également pas attacher trop d'importance à la constatation ou à la non-constatation d'un rayon épineux aux ventrales par les divers auteurs, les uns ayant reconnu, les autres ayant méconnu ou négligé ce premier osseux, pourtant constant quoique de longueur variable.

Il suffit de jeter un coup d'œil sur les tableaux comparés des diverses formes, donnés successivement par le docteur Gûnther, dans ses Fische des Neckars ' et dans son Catalogue of Fishes ', pour voir combien cet auteur a attribué trop de poids à la forme, au nombre et à la coloration des rayons.

Revenant, maintenant, aux Cottus microstonms (Heckel) et C ferru4jineu8 (Heckel et Kner), comparés à notre C. Oobio, nous verrons bientôt que l'on ne doit pas attacher une importance spécifique plus grande aux dimensions comparées du tronc et du pédicule caudal, aux différences de forme et de proportions de la tête, de la bouche et de l'épine préoperculaire, et à l'extension des nageoires anale et caudale qu'aux caractères distinc-

crit. p. 109) « La punta ddie ventraîi dista dalV ano per quanto importa la meta ddla lungheiza di queate pinne. » Je suis convaincu qu'après avoir observé dans les mêmes localités nn plus grand nombre d'échantillons, ces deux auteurs n'auraient pas pu donner aux ventrales de leur Chabot (Cottus Gobio pour les deux) une limite d'extension aussi précise.

' Fische des Neckars, p. 25.

' Catal. of Fishes, II, p. 166.

tifs que Ton a voulu tirer des pectorales et des ventrales. Loin de pouvoir considérer comme espèces différentes ces deux derniers Chabots des auteurs du volume sur les Siisswasserjische der Oestreichischen Monarchie, je ne crois pas même que l'on puisse, en comparant ces formes aux précédentes, établir, comme Jeitteles *, deux races constantes, l'une dite C. macrostomus, l'autre C. mkrostmms. J'ai dit que les formes de la tête et le développement de la bouche varient beaucoup avec le sexe et surtout selon l'âge plus ou moins avancé. J'ajouterai que les caractères de l'enfance disparaissent, ou persistent au contraire, plus ou moins, non seulement dans des conditions variées, mais encore jusque chez les divers sujets d'une même race locale;, qu'il ne faut par conséquent pas s'étonner de rencontrer, dans des bassins différents, des Chabots de faciès au premier abord très dissemblables. Les rapports de proportions du corps et des nageoires, qui diffèrent, soit selon la taille, soit d'individus à individus, tendent aussi à varier, comme la coloration, avec les circonstances d'habitat et de nutrition. Toutes ces tendances modificatrices, plus ou moins accentuées dans des conditions diflérentes, constituent à peine des races constantes, pour qui a étudié la variabilité de l'espèce, et il est bien difficile de trouver un seul caractère fixe pour distinguer spécifiquement toutes ces prétendues espèces de notre Chabot de rivière, pris à divers âges dans des milieux différents. Qu'il me suffise de renvoyer aux détails de ma description, pour montrer sur tous les points l'extrême variabiUté du Cottus Oohio.

Si je n'avais cherché qu'à enrichir la Faune Suisse et à ajouter des noms nouveaux à notre catalogue ichthyologique, par la constatation, dans nos eaux, de sujets porteurs de divers traits proposés comme distinctifs.j' aurais peut-être admis, comme spécifiquement différents, le C mia-ostomus de Hongrie et du sud de la Russie et le CJerrugineus du nord de l'Italie et de la Dalmatie. J'aurais rapporté à ces deux nouveaux Chabots des individus, à première vue assez différents du gros C. Oohio de la majorité de nos courants au nord des Alpes, de celui du Rhône

entre autres; individus provenant, les uns du lac de Luceme et

* Archîvioper la Zoologia, ecc, vol. 1, fasc. 1, 1861.

COTTUS GOBIO. 121

de quelques-uns de ses petits tributaires , les autres des lacs de ^ugano et Majeur, ainsi que de quelques petites rivières, dans le dessin. Chez les premiers, j'ai trouvé, en eifet : avec une taille audessous de la moyenne, une bouche étroite, une épine préoperculàire très développée et un pédicule caudal fort peu élevé; chez te seconds : avec une taille petite et une livrée roussâtre, j'ai reconnu une tète à la fois grande et subconique, un pédicule caudal ^^z élevé, une anale haute et des ventrales allongées*. Mais, Ifs nombreux degrés transitoires que j'ai constatés, en Suisse, im le bassin du Rhône, dans divers cours dépendant du bassin diiHhin, à des niveaux très différents, et dans les eaux du Tessin aumd des Alpes, ne me permettent pas de tracer une limite ^atre ces formes variées d'un même type. A peine pourraiton établir des tendances ou des prédominances bien constan- ^^^ en rapport avec une distribution géographique diiiérente. ies caractères invoqués jusqu'ici pour la distinction de plusieurs t'spèces de Chabots d'eau douce en Europe, non seulement sont «Jsse^ sujets à varier dans la race même à laquelle ils sont attriliués, ïxtais encore se retrouvent tous plus ou moins, à des degrés (lifférients, dans une proportion variable des représentants des uutres formes. J'ai en vain cherché à mettre en parallèle, dans u^ tableau, les principaux traits distinctifs et la distribution géographique des divers Chabots de notre continent. Je ^'^^^"^ presque toutes les formes dans la zone moyenne de l'EuroV -^ ^tjenepuisjuger delà constance ou de l'importance de la tV^ ^ oiiité des rayons ventraux dans le nord. Enfin, je ne sais ^^^>ael caractère attribuer aux Chabots du sud, quand je trouve, ^2S5^^ la description du Cottiis Oobio en Italie, par Canestrini' : rt Tutti i raggi délie pettorali sono articolati ed i 8uj>eriori, ad ercezione del primo^ sono inoltre divisi; » tandis que cette description s'applique parfaitement, sur la plupart des autres

* J'ai signalé plus haat, dans la description et en notes, quelques autres petites différences dans la largeur du corps, dans la position de l'anus, daos les deux longneors de la tête et dans la forme des dorsales, ainsi que dans les proportions de Panale et de la caudale, auxquelles je ne crois pis devoir attacher plus d'importance qu'à ces premiers traits caractéristiques.

' Prospet. crit., p. 109.

122 FAUNE DES VEBTÉBRÈS.

points, à mes petits Chabots roussâtres du Tessîn, au sud des Alpes, lesquels rappellent, à s'y méprendre, le prétendu Cottus Jerniginens que Heckel croit propre à l'Italie et auquel il attribue des pectorales petites et simples * a Die im Verhdltnisse weni^er entwkkelten Briistjlossen... besitzen nur ungetheilte Strahlen. »

J'en reviens, en terminant, à te que j'ai dit dès le commencement : quand on a fait abstraction des dissemblances individuelles ou accidentelles, plus ou moins exagérées ou reproduites par les circonstances, o)i voit bientôt que ce sont, en fait, Tâge et les conditions, ainsi que les nécessités du milieu, hâtant ou ralentissant plus ou moins le développement de la taille ou des organes de locomotion, qui sont pour la plus large part dans les diiférences que présentent les diverses formes. Selon Heckel et Kner, les Cottus Gobio et C.iioerilopus arriveraient, par exemple, tous deux à 4 à 5 pouces, soit jusqu'à 135"" de longueur totale; le C. microstomus atteindrait au plus à 4 pouces, soit 108""; enfin, le C. ferrugineus ne dépasserait guère 3 pouces, soit 82"". Ces chiffres comparés suffisent déjà à expliquer bien des différences prétendues spécifiques dans les descriptions ; et on comprend mieux l'opposition des deux citations que je viens de donner textuellement, quand on connaît les deux limites de tailles attribuées au Chabot, dans le nord de l'Italie, par les auteurs des deux phrases en question : 82"" au plus, par le second, jusqu'à 140"" par le premier.

Il m'a semblé, enfin, que la proportion des individus à nageoires pectorales et ventrales allongées est d'ordinaire plus forte chez les Chabots des courants rapides et accidentés de nos Alpes, que dans ceux des eaux plus calmes de la plaine. J'ai, par exemple, trouvé, dans ces premières conditions , bon nombre d'individus de taille petite ou moyenne chez lesquels les pectorales dépassaient l'anus de deux millimètres au moins, et chez lesquels les ventrales rabattues ne laissaient plus, entre leur extrémité et l'ouverture anale, qu'un intervalle égal seulement à V7 au plus de leur longueur.

Si, après cela, j'hésite encore à ranger le C. poerilopus, de Heckel, dans ma synonymie du C. Gr>&io, c'est uniquement faute

* Stisswassc rfische, p. 31.

COTTUS GOBIO. 123

de m'expliquer la disproportion qui paraît exister chez lui entre les pectorales et les ventrales, et à cause des petites dimensions attribuées au dernier rayon de celles-ci (*/* seulement du plus ^rand), deux caractères dont la constance demande encore à être étudiée et suivie ; Heckel et Kner, du reste, ne relèvent déj{\ plus ce dernier caractère dans leur vol. sur les SUsswassertische.

Le Chabot est répandu, sous diverses formes, dans presque toutes les eaux douces de l'Europe. On le trouve à peu près partout dans les lacs et les rivières de nos divers bassins en Suisse, toujours de préférence sur les fonds pierreux ou graveleux, et cela jusqu'à de grandes hauteurs dans les Alpes. Ne recherchant pas les grands fonds, vivant même, au besoin, dans les moindres petites flaques d'un ruisseau presque à sec, ce petit poisson remonte, en effet, facilement, sautant pour ainsi dire de pierre en pierre, jusque dans bon nombre de nos petits lacs alpestres. On le rencontre très souvent, avec la Truite, dans les eaux puri'S et froides, jusqu'à un niveau de 2200 mètres environ au-dessus de la mer. Qu'il me suffise de citer quelques-uns seulement des nombreux points élevés oii l'existence de ce poisson a été constatée dans notre pays. On trouve le Chabot dans le lac d'Amon, sur la frontière de Vaud et Berne, à 1546 mètres. Dans la vallée de la Reuss, dans le canton d'Uri, à environ 1500 mètres. Dans les Grisons, aux sources du Rhin antérieur, à environ 1650 mètres ; près d'Alveneu,dans la vallée de l'Albula, à 1300 mètres environ ; dans la Poschiavine, sur le versant méridional des Alpes, à peu près à la môme hauteur, et dans le lac de Poschiavo ; dans le Partnuner See, au Prâtigau, à 1876 mètres; dans le Loenzer See,à 1600 mètres; et dans Tlnn en Engadine, près de Tarasp, à environ 1300 mètres'. Hartmann^ a déjà cité cette espèce

* Bien qae deTschodi (Trad. franc, du Thierleben, 1870, p. 332) attri- Irae le Chabot et le Yéron à la Haute-Engadine, je dois dire que, ni moî, ni le doct. BrQgger, qui a collecté les poissons de cette localité, n'avons rencontré ces deux espèces dans cette partie supérieure de la vallée de VInn. Cette exception, si eUe existe réellement, parait, en effet, assez corieuse.

' HeWet* IchthyoL p. ^^.

Mi FAIWC DKS VKRTÉBnÊS

dans les Ffthler See et Trûbli See, des cantons d'Appenzell et d*Uuterwaldeu, à 1435 et 17G5 mètres. Tschudi ' Tattribue aussi au lac du Sentis, au-dessus de 1200 mètres. Le même petit poisson m'a été signalé dans le lac de Lucendro, au Saint-Gothanl, ù 2080 mètres , et se rencontre aussi, dit-on, aux sources même du Tessiu, au fond du val Bedretto, à 19(K) mètres. Enfin, selon Pavesi*, le Chabot se trouverait encore, dans le même canton du Tessin, au val Piora, dans les lacs Kitom, à I82î> mètres, et Cadagno à 1921 mètres; dans la Verzasca au-dessus de (îordola, dans le Vedejîjrio au-dessus d'Isone, dans le lac de Tremorfçio, à 182H mèti-es, et jusque dans le lac de la Sella, à 2231 mètn*s au-dessus de la mer.

L'époque des amoure du Chabot varie passablement avt»c les conditions et la température des eaux. L'on voit souvent des femelles commencer à fraver dans le courant de mai-s ou au commencement d'a\Til, dans le Rhône et le bassin du Léman: la ponte s'opère même quelquefois déjà dans la seconde moitié de février, dans les eaux basses du Tessin. Toutefois, cet acti* de la reproduction est volontiei-s retardé jusqu'en mai. bien qu'en plaine, dans les eaux froides de quelques-uns d(*s tributain»s de nos lacs centraux, Thouue et Brienz par exemple ; il est reculé même souvent jusqu'à la fin de ce mois ou aux premiers jours de juin, à des nivaux plus élevés, dans les courant^ rapides et jçlacés, ainsi que dans quelques petits lacs supérieurs de nos Alpes.

Le Chabot prépare d'ordinaire, sinon un véritable nid, du moins un berceau protecteur i)our sa famille future. C'est, en effet, généralement dans une petite cavité creusée sous quelque pierre *, au fond d'une eau de préférence courante et peu profonde, que la femelle, sous la conduite du mftle. Aient s'établir pour se débarrasser du pesant fardeau qui lui dilate éuonnément les flancs. 11 est bien probable que c'est en fouillant, la tête la pn*mièn% et s'a^itant que le Chabot réussit ù creuser le sable ou le «ravier au-dessous de la pierre qui doit senir d'abri à sa cellule :

* Thierleben, 1870, p. 331.

• IVsci e Pesca del Cantone TicÎQo, p. 20. ' Plus rarement sous une racine.

COTTUS GOBIO. 125

cependant, il semble que bien souvent ce petit poisson doit trouver, dans le fond graveleux de nos rivières, des cachettes naturelles qu'il n'a plus qu'à accommoder à sa guise. Rarement les œufe sont déposés sur le plancher de la cellule ; ils sont collés et suspendus d'ordinaire, en petite grappe, à la face inférieure de la pierre qui forme le plafond de la chambre nuptiale. Comment la femelle du Chabot peut-elle fixer ainsi ce paquet au-dessus d'elle, privée qu'elle est du disque ventral qui permet aux Gobies de pondre dans les mêmes conditions, en se maintenant accrochés sans dessus dessous; peut-elle, en effet, se tordre suffisamment, ou bien se tient-elle plutôt cramponée avec ses nageoires paires et presque renversée sous le bord de son toit ? C'est ce que des observations directes ne m'ont point encore permis d'apprendre.

Les œufs du Chabot sont assez gros, deux millimètres de diamètre à peu près, et, par là, en nombre peu élevé, 280 à 750 environ, selon l'âge des femelles et leur état *. J'en ai compté jusqu'à 761, à des développements divers, chez une femelle de 105 millimètres de longueur totale.

La ponte terminée, la femelle partie et les œufs fécondés, le mille s'érige en défenseur de sa progéniture et fait, pendant près de quatre à cinq semaines, une garde vigilante à la porte de sa demeure. Les œufs d'abord, puis les petits Chabots sont ainsi protégés, durant les premiers temps de leur existence, contre la curiosité et la gloutonnerie des voisins de diverses sortes, par la surveillance incessante d'un père qui se jette, pour eux, avec rage, à la rencontre de tout intrus ^ Assez bien anné et doué d'un grand courage, le père, bien que petit, réussit cependant le plus souvent, soit à tenir à l'écart les indiflférents et les curieux, soit à repousser les agressions d'autres poissons beaucoup plus gros, que lui. Les jeunes Chabots,' qui ont enfin quitté l'abri qui les a vu naître, se sont répandus autour de leur berceau, et on les

* Voyez, snr ce sujet : De la génération chez le Séchot (Mulus Gobio) parle doct. PreTost; Mém. Soc. Phys. et H. N. de Genève, IV, 1828, p. 171-182, PI. fig. 1-18 et 16.

' Heckel et Kner (SUsswasserfische, p. 30) racontent que l'on voit quel* qnefoif , dans ces circonstances, un mâle Chabot tenant, dans sa gueule fortement distendue, un individu de son espèce qu'il a pris en défendant la place, mais qu'il ne peut ni l&cher ni avaler.

voit, pendant quelque temps encore, réunis en famUle. Mais bientôt chacun, en s'écartant de plus en plus, a élu domicile sons une pierre diflférente et, poussé par ses instincts, se condamne volontairement à Tisolement. Â Tâge de deux ans \ nos jeunes poissons sont devenus capables de reproduction, et recherchent alors, à leur tour, une compagne pour propager leur espèce.

Le Chabot adulte aime, comme je Tai dit, la solitude et, quand il a trouvé quelque abri qui lui convient, il ne s'en écarte pas beaucoup, tant que la place lui paraît suffire à ses goûts et à ses appétits gloutons. C'est principalement de nuit qu'il déploie le plus d'activité et qu'il fait les plus grandes excursions; presque toujours, cependant, pour revenir à sa pierre de prédilection après ses tournées de chasse. Ses allures sont très variées dans les diverses circonstances, tantôt il reste immobile sur le fond, toutes les nageoires, sauf les ventrales , largement déployées ; tantôt il s'élance comme un trait, pour happer quelque proie ou échapper à quelque danger. Bien que doué d'une promptitude extrême dans la nage et tous les mouvements, il ne soutient guère une longue course et se laisse bientôt retomber sur le fond, ou se blottit sous quelque abri momentané. Souvent, les yeux grands dilatés, la joue gonflée et les ouïes largement ouvertes, il épie, immobile dans sa cachette, le bon moment pour se jeter sur la proie qu'il convoite et qui, si elle est un peu grosse, sera de suite entraînée dans son repaire. Quelquefois, il fouille méthodiquement et par petits bonds toutes les places des environs. D'autres fois encore, il grimpe au sommet de quelque grosse pierre ou de quelque racine, s'accrochant avec ses pectorales et ses ventrales aux moindres aspérités, pour se tapir comme un chat aux aguets, jusqu'à ce qu'un banc de jeunes poissons inexpérimentés qu'il a vus vienne passer k sa portée. Il attend patiemment et sans faire le moindre mouvement qu'un imprudent vienne de lui-même se livrer à sa gueule ; d'un bond il sera alors sur le malheureux gobé avant même qu'il ait reconnu le danger. Si la proie est grosse, un petit goujon ouunvéron, par exemple, l'animal avalé, la tête la première, disparaîtra petit à petit dans le gouffre qui l'attire, sans

* Selon Hartmann, Helvet. Ichthyol., p. 59.

COTTUS COBIO. 127

que le Chabot ait F air d'opérer la moindre mastication avec les maxillaires, probablement sous T action et la traction des dents pharyngiennes. D'autres fois, enfin, mieux nourri ou plus paresseux, notre Coitus usera de petits subterfuges pour amener jusqu'à lui les miettes qu'il désire; sans prendre la peine de bouger, il projetera ou soufflera, par exemple, un courant d'eau contre tel ou tel petit corps suspendu au-dessus de lui et qu'il veut détacher pour le faire rouler jusqu'à lui. Cette petite manœuvre» que j'ai eu l'occasion de voir exécuter plusieurs fois, rappelle, jusqu'à un certain point, l'adresse du Toxotesjaadator de Java qui projette, souvent à une distance de trois à cinq pieds, une «goutte d'eau sur les insectes posés au-dessus de la surface, dans le but identique de les faire tomber et de s'en emparer*.

La mobilité ainsi que la position souvent oblique et en dessus des yeux de ce poisson doivent avoir pour but de lui permettre de voir plus facilement, tandis qu'il se tient au fond, tout ce qui se passe au-dessus de lui, lés dangers à fuir comme les proies à observer. '

L'alimentation de ce glouton à grosse tête est exclusivement animale et consiste principalement en vers, larves ou insectes mous, œufs de poissons ou batraciens et menu fretin. Quoique doué d'appétits voraces ce petit Carnivore paraît, en effet, ne pas «coûter beacoup les proies à enveloppes dures; du moins, je l'ai vu souvent happer par inadvertance et cracher de suite diverses sortes d'articulés.

Le Chabot est assez recherché, non seulement comme amorce par les pêcheurs, mais encore comme met agréable par les amateurs de fritures. Ce petit poisson constitue un excellent appât' pour la Lote, l'Anguille, le Brochet, la Truite, la Perche et le Chevenne. On le pêche soit avec la ligne amorcée d'un ver, soit avec des filets traînants remorqués contre le courant, soit encore simplement avec une fourchette dont on le transperce pendant qu*il est immobile à demi caché sous une pierre, soit enfin, avec la Trouble, espèce de filet, monté en forme de sac sur un manche, que l'on pousse devant soi, en remontant la rivière, et dans lequel le courant entraîne les Chabots chassés de leurs retraites avec le pied ou au moyen d'un bâton.

^ Lunel (Poiss. du Léman, 17) avait déjà fait, ane fois, et rapporté cette obserration qae j'ai, depuis lors, plusieurs fois répétée.

tt8 FAUNE DES VERTÉBRÉS.

Le Cottus a, comme Ton dit, la vie assez dure : souvent il vit longtemps encore après avoir été percé de part en part par les dents de la fourchette, et d'ordinaire il remue encore une ou deux heures après avoir été sorti de Peau, pourvu qu'il n'ait pas été tenu trop au sec. Comme tous les poissons, il a aussi ses parasites : quelques Helminthes' à Tintérieur et, suivant Hartmann, un petit crustacé suceur à Textérieur '.

Famille IV. GOBIIDES

(.OBIID.E '

Les (robiidés ont un corps plus ou moins allongé, relativement peu élevé ou quasi-subcylindrique et, suivant les genres^ nu ou écailleux. Les dents sont, chez ces poissons, eu majorité petites ; quelques-unes cependant, à Tavant des mâchoires, sont souvent un peu plus fortes que les autres. Quelques espèces seulement portent des canines. Le sous-orbitaire n'est point articulé avec le préopercule. Les deux dorsales sont tantôt séparées, tantôt plus on moins réunies ; la première, ou la partie antérieure de ces nageoires composées, occupe toujours moins d'espace que la suivante, et est formée uniquement de rayons simples, non articulés mais flexibles, soit pseudo-épineux. L'anale ressemble assez, en forme et structure, à la seconde dorsale, ou à la partie articulée des dorsales réunies. Les ven-

* EchinorhytKhua ançuttaha (Rud.), dans les intestins. EMh. Proteus (Westr.), dans les intestins. — SeoUx (Otfmnoêeokx) poiymarphm (Bnd.), dans Pestomac et les intestins. — Triae$iophoru$ noduUmu (Rnd.), dans le foie.

* Selon Hartmann (Helvet. Ichthyol, p. 61) la Ltmoea OMma.

* GOnlber, CaUl. of Fishes, III, 1861, p. 1.

GOBUDÉS. 129

traies, jugulaires ou implantées un peu en avant des pectorales, sont plus ou moins distantes l'une de l'autre ou, au contraire, plus ou moins réunies et portent à l'avant un premier rayon simple et souple ou pseudo-épineux. L'ouverture branchiale est plus ou moins étroite. Les pseudobranchies existent généralement * . Une papille urogénitale, plus ou moins apparente, se fait d'ordinaire remarquer, en arrière de l'ouverture anale. La vessie natatoire fait défaut chez beaucoup d'espèces; elle existe, par contre, chez quelques autres^ et est alors généralement simple et plutl^t petite. Pas d'appendices pyloriques.

Les nombreux représentants de cette famille sont, pour la plupart, de taille relativement petite, tous également carnivores et propres surtout aux régions tempérées et tropicales. Ils vivent de préférence au fond des eaux, non loin des rives, soit dans les mers et l'océan, soit dans les lacs et les rivières. Plusieurs espèces offrent le fait intéressant d'être représentées, à la fois, par des individus confinés dans l'eau douce et par des sujets vivant exclusivement dans l'eau salée.

Les Poissons de cette riche famille ont été répartis dans quatre groupes basés principalement sur le fait de la séparation on de la réunion des deux nageoires ventrales ou des deux dorsales ^ La première de ces sous-familles, celle des Gobiina, devra seule nous occuper ; les autres ne comptent guère de représentants dans les eaux douces de notre continent.

* Même remarque à propos de ce caractère de famiUe qu*à propos des Triglidés. Voyez plus haut, p. 101, note.

* Gûnther; Catal. of Fishes, m, p. 2.

130 FAUiNE DE8 VERTÉBRÉS.

Tribu des GOBIINES

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